Yummy sunday

 J’aime bien cuisiner. Je prends de plus en plus de plaisir à m’activer dans ma cuisine, mais aussi à chercher de nouvelles recettes, à rédiger la liste des ingrédients pour les courses, à parcourir les rayons pour trouver de nouvelles saveurs, de nouveaux produits… Internet est une source d’inspiration infinie et je me réjouis d’avance à l’idée de tous ces terrains inexplorés qu’il me reste à découvrir en matière culinaire. 

Aujourd’hui, j’avais simplement envie de mettre la main à la pâte, littéralement : mélanger, concasser, enfourner, mixer et faire griller… J’ai mis mon tablier vers midi et ne l’ai enlevé qu’à 18h pour profiter de la lumière encore présente en me baladant à vélo, le nez au vent. J’ai préparé différentes choses, pour anticiper sur les repas de la semaine qui vient, mais aussi pour apporter des douceurs à mes proches… Les cookies sont pour mes pauses-goûter de la semaine à venir, le carrot cake est un cadeau de remerciement pour une amie, le granola est pour une collègue, et les croquettes de quinoa vont accompagner tous mes lunchs pour les jours qui viennent, je crois !

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Carrot cake aux noix de Pécan

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Granola vanille, amandes, noisettes, noix de coco
Variation autour de ma recette de base, celle de la jolie Victoria

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Croquettes quinoa – citron – courgettes – champignons – noisettes
Recette extra de ma Fanny, toujours aussi inspirante

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La préparation du granola

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Cookies aux pépites de chocolat, thym et fleur de sel
La recette ici, en anglais

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La fille qui aimait les graines…

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Un jour, je vous raconterai comment ma vie a changé le jour où je me suis achetée une balance de cuisine

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L’heure du goûter

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Et vous, ça vous arrive de passer une journée entière à cuisiner ? Avez-vous des blogs fétiches regorgeant de bonnes recettes à me conseiller?

Bonne semaine !

Let’s talk about hair baby

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Cette histoire de coiffeur, cela faisait des semaines, des mois même que j’y pensais. Je laisse pousser mes cheveux depuis mon année de seconde, c’est-à-dire depuis plus de 10 ans ! A l’époque, je rêvais d’avoir une crinière longue et épaisse, des cheveux en bonne santé, brillants… Sauf que la nature ne nous donne pas toujours ce qu’on veut, n’est-ce pas? Alors, pendant 10 ans, j’ai entretenu à grands renforts de shampoings miracles et de crèmes hors de prix, des cheveux certes longs, mais surtout fins, et constamment abîmés. Et qui dit cheveux fins dit no volume. J’ai bien essayé de changer un peu de tête au cours de ces 10 années, mais sans jamais envisager la case « ciseaux », simplement en nuançant la couleur de ma tignasse. De châtain, je suis devenue brune, un marron presque noir lors de mon année à Dublin. Et puis des balayages successifs qui m’ont rendue de plus en plus blonde. Le summum a du être atteint l’été dernier, après un mois de soleil à Tahiti puis dans les déserts californiens. Depuis mon retour de voyage, je laissais mes cheveux vivoter, tellement concentrée sur ma blessure à la jambe et mon envie de reprendre le sport que le reste de mon apparence importait relativement peu.
Et puis, je ne sais pas ce qui s’est passé, d’un coup, d’un seul, j’ai ressenti un gros besoin de changement. Un genre de burn out capillaire. Un « non mais là, il faut VRAIMENT faire quelque chose ma fille… », c’était au mois de janvier (nouvelle année, nouvelle tête ?). Bien sûr, au départ, je n’envisageais qu’un petit changement : éclaircir encore un peu ma couleur, ou refaire une bonne grosse frange seventies. J’ai pris rendez-vous chez un excellent coiffeur, recommandé par une copine qui était ressorti de son salon ravie et surtout canon. Habituellement, je vais toujours chez MON coiffeur, lorsque je rentre voir ma famille en Lorraine. Jamais d’exceptions, j’ai eu trop de mauvaises surprises avant de tomber sur la perle rare qui comprenait ce que « balayage californien » voulait dire (non, un balayage californien ne doit pas ressembler à l’alternance marron et blond de mèches épaisses comme des touches de piano) (true story). Cette fois-ci, j’ai eu un bon pressentiment, je me suis dit qu’une petite infidélité à Julien (c’est mon coiffeur messin) ne serait pas dramatique. J’ai donc pris un rendez-vous. Pour fin janvier. Et puis je l’ai annulé.
Acte manqué, sans doute.
(God ! On parle de cheveux, je suis irrécupérable…)
Je n’avais pas eu assez de temps pour véritablement déterminer ce que j’allais lui demander. J’ai donc fixé un autre rendez-vous, pour le mois de février.
Là, j’ai réfléchi. Qu’allais-je demander ? Une frange ? Un blond encore plus blond ?
En voyant les photos de Timai, et en lisant les envies capillaires de Fanny, l’idée du blond platine s’est insidieusement fait un chemin en moi… Blond platine… blond-blanc… blond nordique… Est-ce que ça allait le faire, avec mes sourcils foncés ? Mes pointes sèches ?

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 Timai

Finalement, j’ai compris qu’envisager cette option radicale n’était qu’une étape de ma réflexion. A partir du moment où je projettais un changement si important, tout devenait possible. J’ai mis de côté l’idée de la frange, du balayage par-dessus la dizaine de balayages que j’avais déjà fait, et j’ai commencé à songer à une transformation plus sérieuse. Raser la moitié de mon crâne, couper, couper, couper, foncer, faire une mini-frange un peu punk… Tout était envisageable.
Pour vous donner une idée de mon état d’esprit à ce moment là, voici les photos que je compulsais dans mes dossiers « coiffeurs » ou mon tableau « hair » sur Pinterest :

Les petits changements

– une grosse frange :

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– des longueurs ondulés, et/ou une légère variante dans la couleur :

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foncer un peu…

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 … ou éclaircir encore

– on ne touche à rien mais on change radicalement la couleur :

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Les gros changements :
– on coupe ! :

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– la petite frange de punkette :

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version pixie

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version carré flou

A ce stade de ma « réflexion », je réalisais que le changement risquait d’être un peu trop radical pour que je puisse l’assumer en 24h… Au boulot, je veux dire. Car, prof des écoles, c’est un métier où l’on est tout le temps en contact avec tout un tas de personnes, et toujours un peu en représentation… surtout en maternelle. Je peux assumer plein de choses, mais je m’imaginais avec la moitié de la tête rasée, ou avec une mini-frange platine, et je me disais : le regard des gens risque d’être lourd, seras-tu capable de le soutenir tout en assumant un changement auquel tu ne seras pas encore habituée ?
La réponse est : non. J’avais envie de m’accorder du temps, de savourer d’abord en solo ce nouveau moi, avant de le présenter aux autres, de le déballer et de le livrer aux regards et aux jugements de l’extérieur. Je m’en moque, que les gens trouvent ça joli ou non. Mais j’avais envie de pouvoir profiter un peu, m’accoutumer, avant d’être obligée de m’exposer de manière trop… brutale.
(Vous devez me prendre pour une folle… Cent-dix lignes de blabla psychanalytique pour parler de cheveux… Une vraie dingue!)
J’ai donc appelé le salon une nouvelle fois, pour décaler encore le rendez-vous. Une date en plein milieu des vacances, mi-mars. Comme ça, j’avais quelques jours pour m’habituer à mes nouveaux cheveux avant de reprendre le chemin de l’école et d’affronter les remarques relatives au changement. (Oui, j’ai complètement exagéré le truc, seules mes ATSEM et collègues ont remarqué, aucun parent d’élève n’a émis le moindre commentaire, et mes élèves, qui me semblaient être les juges les plus cruels, n’ont absolument rien capté… ^^)
Le jour J, je ne savais toujours pas quoi demander à Guillaume. (Guillaume, c’est l’homme aux doigts de fée qui commence à faire parler de lui dans le 6ème arrondissement, apparemment… A suivre !) Dans ma tête, j’avais un petit scénario tout prêt :
– Bonjour monsieur le coiffeur, je veux un nouveau look pour une nouvelle vie. Faites ce que vous voulez vous avez carte blanche.
– Très bien mademoiselle. J’enlève tous les miroirs, et je vous fais LA coupe qui vous ira troooooop bien, qui correspond à votre forme de visage mais surtout à votre personnalité. Vous serez enfin VOUS !
– Let’s do it !

Et c’est exactement comme ça que ça s’est passé. Ou presque. On a gardé les miroirs…
Je n’ai rien demandé à Guillaume. Je lui ai dit :  » je veux changer. J’ai les cheveux longs depuis dix ans, pas de volume, et à cause de mon job (et de ma peur des poux) je fais la plupart du temps un chignon ou une tresse… Finalement, j’ai les cheveux longs mais je n’en profite même pas… »
Guillaume m’a expliqué ce qu’il avait saisi de ma personnalité lorsque j’étais entrée dans le salon, que j’avais l’air d’être volontaire, déterminée, et de ne pas trop cacher mes sentiments. Ses intuitions étaient bonnes, et je me suis sentie entre de bonnes mains.
Il m’a dit que je me cachais derrière ces longs cheveux, que le blond ne m’allait pas, que le long affaissait ma silhouette… Il n’arrêtait pas de s’excuser d’être si franc, si cash, et moi je jubilais, ne pouvant retenir un sourire-banane plein d’espoir et d’enthousiasme.
Guillaume a fait venir tout un tas de spécialistes, coloristes, etc, pour leur demander leur avis. C’était vraiment comme à la télé. Chacun y allait de son petit commentaire, et surtout, entre deux avis, j’avais droit à des remarques adorables. Les minutes passaient et déjà, sans même être passée par la case shampoing ou coupe ou couleur, je me sentais mieux, plus jolie. (efficace, non?)…
Finalement, Guillaume n’a pas coupé aussi court que ce à quoi je pensais. Je voulais un vrai changement, radical, il m’a proposé une nouvelle coupe, actuelle, vive et moderne. Il m’a dit de profiter déjà quelques mois de cette nouvelle longueur, aux épaules, de ma nouvelle couleur. Et puis, après, de revenir pour couper encore plus court. Je lui fais confiance, je sais que ce sera réussi aussi.
Au final, je suis ressortie avec un carré long, plongeant, et une couleur plus foncée, un marron chaud. Guillaume m’a montré comment donner du volume et un aspect froissé aux longueurs, et je me retrouve avec un « wavy bob », en somme. Voici exactement à quoi cela ressemble (imaginez-le dans des tonalités plus cacao):

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J’ai essayé de prendre quelques photos, mais mon envie de rester encore un peu anonyme m’oblige à cacher mon visage et rend ces clichés beaucoup moins parlants que ce que je souhaiterais… Allez, petit jeu : à vous de vous imaginer le résultat final, à partir de tous les éléments incomplets que je vous ai donnés. Rassemblez-les, mixez le tout, vous obtiendrez à peu de chose près ce wavy bob que Guillaume m’a fait !
😉

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NB : exceptées les 4 dernières (non libres de droits), les photos proviennent
toutes de mon Pinterest où vous pouvez retrouver les liens d’origine pour chacune d’elles.

Les débutantes, J. Courtney Sullivan

Les débutantes, J. Courtney Sullivan

Quatrième de couverture : Occupant des chambres voisines sur le campus de l’Université féminine de Smith, quatre jeunes filles venues d’horizons très différents font connaissance. Cette rencontre est le début d’une belle et solide amitié entre Celia, écrivaine en devenir élevée dans la foi catholique, Bree, beauté solaire qui se languit de son fiancé, Sally, jeune fille bon chic bon genre qui doit faire face à la disparition de sa mère, et enfin April, féministe radicale et tête brûlée. Ce roman d’initiation relate leurs années de formation sur le campus de la mythique Université de Smith, célèbre à la fois par la qualité de son enseignement et par l’esprit féministe et libertaire qui y règne, dont l’ambiance particulière avait déjà inspiré Sylvia Plath ou Joyce Carol Oates ; il nous fait aussi découvrir leurs débuts dans la vie. Le mariage de l’une va conduire à leur éloignement mais la disparition d’une autre les réunira de nouveau. Aussi captivant qu’intelligent, ce premier roman drôle et émouvant sur la place et le destin des femmes – entre choix et contraintes – dans la société américaine contemporaine, a obtenu un succès critique et commercial aux États-Unis.

Ce roman, dès sa sortie en grand format, j’ai eu envie de le lire. Mais j’ai toujours un peu de mal à débourser 25 euros pour un livre (et pourtant…), ça doit être le côté «usage unique » qui me bloque un peu, et puis, un gros et beau livre, on a peur de l’abîmer, alors on ne le trimballe pas partout sur soi et du coup il devient juste un bel objet auquel faire attention, loin de l’idée de partage partout-tout-le-temps à la base de mon envie de lire. Bref, je ne l’avais pas acheté alors, et j’ai donc attendu sa sortie en poche pour me l’offrir, juste avant de partir en voyage l’été dernier. J’étais ravie à l’idée de l’emporter avec moi pour ce micro-tour du monde, je me délectais d’avance des heures savoureuses que j’allais passer en sa compagnie. Je m’étais interdit de l’ouvrir avant notre départ, et c’est avec impatience que j’ai attendu d’être dans le train Lyon-Paris pour p’y plonger. Je ne sais pas si ça vous fait ça aussi, mais parfois on se fait une idée très précise de ce qu’on va trouver dans un livre, on a une vision nette de ce qui nous y attend… et paf, on se retrouve dans quelque chose de totalement différent et on est déçu. Eh bien, comme vous pouvez le deviner, l’idée que j’avais des Débutantes était complètement à côté de la plaque. Et, sans exagérer, ça a été un peu la douche froide pour moi.

La couverture, très réussie, féminine sans faire chick-litt (détail très important à mes yeux), contemporaine et actuelle, mais aussi un peu bucolique (des shorts, de la pelouse… oui, pas de doute, on est en été) et plutôt très américaine, m’avait conquise dès le premier regard. Le résumé de la quatrième de couverture évoquait des liens très forts entre amies, et un roman suivant ses protagonistes à travers différentes étapes de leur vie. Un roman fleuve, un roman d’ambiance, donc. En tous cas, pas un roman à suspens, rien qui se cristalliserait autour d’un événement perturbateur. Les Débutantes était donc le genre de livre qui nous plonge dans le quotidien de ses héroïnes sans essayer de nous en mettre plein la vue à chaque détour de chapitres. Et ça, moi, j’aime… J’ai essayé de trouver à quel genre de roman je m’attendais alors, pour vous montrer l’ampleur du fossé qui séparait mes expectations et la réalité, mais j’avoue avoir un peu de mal à trouver un exemple. Peut-être que, dans l’idée, j’imaginais lire un nouveau Virgin Suicide, vous voyez ? Mais Les Débutantes n’a rien de poétique, et encore moins de bucolique, sachez le. J’ai même été assez surprise du côté « trash » que revêtait parfois ce roman de filles. En fait, je dirais que toute la nuance vient du fait que c’est sans esthétisme que ce roman met en scène la vraie vie de jeunes femmes au moment de l’université et de leur entrée dans le monde adulte. C’est un quotidien sans phare, et dans un langage parfois brut, qu’on découvre au fil des pages. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Peut-être que si j’avais su cela avant de commencer ma lecture, j’aurais été moins déçue. Ce n’est pas tant le contenu, je pense, qui m’a surprise, mais bien mes attentes en complet décalage avec ce que j’ai découvert dans ce roman.

Alors, après 100 pages de lecture, je me suis arrêtée. A ce moment là, j’étais dans le 2ème avion de notre vol Londres-Sydney, et nous en étions à notre troisième journée de transport. Je me souviens avoir rangé le bouquin, déçue, et m’être dit : « bon, que vont donner les autres livres que tu as embarqué dans ta valise pour les 2 mois à venir ? J’espère que tu t’es moins plantée pour ceux là… » (heureusement, j’avais un Harry Potter glissé au fond de mon sac, une valeur sûre  »au cas où »…)

Au gré de notre périple, j’ai entamé et dévoré d’autres romans, sans jamais avoir envie d’ouvrir à nouveau Les Débutantes. Nous sommes rentrés en France deux mois plus tard, et le roman n’avait pas bougé du fond de la valise. Et puis il y a eu ma blessure à la jambe, cet arrêt de travail, et beaucoup, beaucoup de temps devant moi en repos forcé. Et que fait-on, en repos forcé, si ce n’est lire ? (et épinglé des looks et des intérieurs de rêve sur Pinterest, bien sûr) J’ai alors eu envie de redonner une chance à ces Débutantes trop vite jugée, et qui payaient pour une faute dont elles n’étaient pas responsables : n’avoir pas correspondu à mes attentes, non en terme de qualité de littérature, mais en matière de scénario. Et cela, on ne peut pas le reprocher à un roman. En octobre, j’ai donc repris ma lecture et rapidement dévoré les 442 pages restantes. Cette fois-ci, j’étais prête, je savais à quoi m’attendre, et sans doute cela m’a aidée à entrer plus facilement dans la vie de Celia, Bree, Sally et April. Alors l’aspect  »trashouille », sans me désarçonnée, m’a tout de même parfois étonnée. Peut-être est-ce du à la traduction en français ? Peut-être est-ce simplement le style de l’auteur ? En tous cas, je ne l’ai pas vraiment aimé, ce style trop direct, parfois trop simpliste mais sans s’assumer vraiment comme oral… Autant j’aime l’oralité littéraire des romans de Nick Hornby, autant l’écriture sans fioriture des Débutantes m’a semblé un peu quelconque, un peu légère. Presque un roman sans style.

Bon, et si on laissait de nos côtés ces histoires  »d’expectations » et de traduction… ?

Car en réalité, contre toute attente, j’ai beaucoup aimé cette lecture. J’ai fini par me laisser prendre au jeu. Les personnages, qui me paraissaient trop caricaturaux au départ, gagnent en épaisseur au fil du roman, dévoilant des complexités inattendues, et cela m’a bien plu. Et la tournure que prennent les événements dans le dernier quart du livre était bienvenue et intéressante ; en tous cas, cela m’a plutôt bien tenue en haleine. Finalement, ça a été avec une pointe de nostalgie que j’ai fermé ce livre et quitté mes héroïnes, auxquelles j’ai fini par m’attacher.

Alors voilà… et si le propre d’un bon livre, c’était aussi ça : nous surprendre, pas forcément de manière positive, mais en nous poussant dans nos retranchements, en nous titillant, pour mieux laisser se révéler la saveur de son propos ? Cet étonnant revirement de situation m’a agréablement surprise et, finalement, m’a laissé un souvenir marqué de cette lecture, plus marqué que d’autres qui, justement, m’avait d’emblée conquise. Et, pour l’anecdote, c’est de la même manière que j’étais  »tombée » dans les romans de Bret Easton Ellis, avec dégoût et stupeur, et la promesse qu’on ne m’y reprendrait plus. Aujourd’hui, B.E. Ellis est l’un de mes auteurs favoris, et j’avais même proposé l’étude d’un de ses livres comme sujet de recherche pour mon mémoire de Master… ! Un revirement d’opinion mémorable, et le début d’une grande histoire d’amour littéraire…

La joliesse

C’est fou comme on a conscience du chemin qu’on parcourt au fil des années, comme on réalise à quel point on grandit, on vieillit, on mûrit, et surtout, à quel point on continue d’apprendre. On a parfois l’impression d’avoir tiré toutes les leçons de vie possibles de nos diverses expériences, on croit dur comme fer « qu’on ne nous y prendra plus », et pourtant on s’étonne à découvrir de nouvelles facettes de notre personnalité, on se surprend à mettre à jour des ombres encore inconnues de l’Homme avec un grand H, des autres, autour de nous. Cette impression, je l’ai souvent connue : j’ai eu des fois le sentiment d’avoir « tout compris », et à chaque fois une donne nouvelle est venue perturber cette certitude, alors mon apprentissage reprenait, toujours plus loin. Nos réflexions s’arrêtent, on est persuadé d’être allé au bout de notre raisonnement, d’avoir épuisé toutes les observations faites, d’avoir une vision claire et exhaustive de la question… et puis non, une rencontre, une bougie de plus sur notre gâteau d’anniversaire, une lecture nous font prendre conscience que nos certitudes sont faillibles et que, dans la vie, on n’a jamais « tout vu tout vécu», jamais « tout compris ». On est capables de faire la même erreur une fois, deux fois, trois fois, sans que la conclusion qu’on en tirera soit jamais la même. On avance, on évolue, on progresse, on change, et nos réflexions avec nous.
Avant, j’avais une idée très claire de la beauté. De la femme. De la mode. Du bonheur. Les petites cases de mon tableau mental étaient bien délimitées, claires et correctement remplies. En voici les grandes lignes :
Selon mon moi âgé alors de 15 ans, pour se sentir belle, il fallait plaire aux garçons. (Négation totale de l’idée d’habiter harmonieusement son corps et son « moi »)
A 20 ans, pour se sentir belle, il fallait être fine et cool, correspondre aux critères universellement établis, rentrer dans du 36. (Le bien être n’est toujours pas l’objectif premier, et on reste dans la dépendance à l’altérité, dans l’attente du jugement, du regard d’un autre)
A 25 ans, pour se sentir belle, il fallait mettre les vêtements qui correspondent à notre silhouette mais qui sont « à la mode » aussi. Il faut être sexy. Mettre ses atouts en avant.
(On avance, certes, vers l’idée de bien-être, d’habiter son corps et de le regarder avec amour, mais ce n’est pas encore ça).
A 30 ans, j’ai l’impression qu’on accepte un peu mieux ce qu’on a. Les critères imposés sont toujours bien présents et nous mettent encore beaucoup trop la pression, mais on parvient plus facilement à dire stop. Et même : à dire fuck. Oui, trente ans, c’est un peu la rébellion de la nana biberonnée à Grazia. Vers 30 ans, on a envie de dire : mais pourquoi, pour être jolie, devrais-je être sexy ? Pourquoi, pour m’aimer et me sentir bien, devrais-je « me mettre en valeur » ?
Fanny, sur son blog Une touche de rose (que j’adore), en a très furtivement mais très justement parlé dans ce billet. Elle y décrit le « passage à l’acte » (pas d’action dramatique, rassurez-vous, juste un passage chez le coiffeur pour un changement radical) (je suis la reine du teasing n’est-ce pas?), le passage à l’acte donc, d’une brune qui devient blond platine. Et elle nous raconte, entre autres, les remarques et réactions de son entourage. Parmi ces réactions, forcément, le très attendu: « tu étais plus jolie en brune, ça t’allait mieux ».
Soit.
Normal.
Rien d’exceptionnel, rien de choquant, me direz vous.
Mais c’est là que se pose la fameuse question : and. so. what. ?.
Non mais parce que, et alors, ça change quoi, d’être plus jolie en brune ?
Cela voudrait dire que notre but en tant que femme, ce serait d’atteindre la beauté ultime, c’est-à-dire notre propre summum de la beauté, le point culminant de notre joliesse ?
Voilà où on en est aujourd’hui. Oui, les mentalités changent et on accepte de plus en plus l’idée qu’une femme, pour être belle, doit avant tout être heureuse. Donc, qu’une ronde qui assume ses formes est plus jolie qu’une mince obsédée par la nourriture (cette idée n’est pas de moi, j’enfile les perles de ce que les grands magazines nous servent et resservent à loisirs entre deux couvertures « spécial maigrir pour l’été »). On essaie moins de nous faire entrer dans des canons drastiques et rigides, inatteignables, pour nous parler plus d’harmonie, de bien être, on nous exhorte à assumer (ah ça oui, « assumer » on ne le sert à toutes les sauces). On nous bassine moins avec des credos de minceur, mais à la place on nous encourage à mettre en valeur nos atouts. On nous dit : peu importe que vous ayez une taille de mannequin, l’important c’est que vous misiez tout sur ce que la nature vous a donné.
Mais pourquoi ?
Et si une femme à la poitrine généreuse n’avait pas forcément envie de nous faire sauter sa féminité au visage en portant des décolletés pigeonnants ? Et si une ronde n’aimait pas les vêtements hyper féminins et ne voulait pas porter des jupes crayons qui allongent les jambes et des tailles hautes qui galbent sa silhouette ? Et si une brune, très jolie, avait envie de devenir blond platine même si « ça lui allait mieux avant » ? Finalement, on a agrandi les cases, on a modifié les moules, mais on continue de nous imposer des codes…
Voilà ce qui m’ennuie. Voilà ce dont j’ai pris conscience. Et si on n’avait pas envie d’être jolie ? Et si on ne cherchait pas tout le temps, à tout prix, à être belle ? Et pourquoi ne devrait-on évoluer que vers ce qui nous va le mieux, ce qui nous met le plus en valeur ? Est-ce qu’on fait encore bien la différence entre « se sentir belle » et « être sexy » ?
La dernière fois, dans le métro, trois jeunes d’une vingtaine d’années se sont assis en face de moi. Parmi eux, une fille, jolie, mais à qui son maquillage et ses vêtements donnait l’air un peu vulgaire. Elle donnait l’impression de vouloir se rendre désirable, en misant sur tous ses atouts à la fois : poitrine mise en avant dans un décolleté, jambes et fesses moulées dans un skinny brillant, baskets compensées fuselant et galbant les jambes, cheveux brillants, lissés et posés sur les épaules de part et d’autres du visage, regard charbonneux, teint glowy, bouche glossée, et des bijoux un peu partout qui cliquetaient à chaque mouvement. Chaque détail pris individuellement correspond effectivement à ce qui se fait en ce moment, sans aucun mauvais goût.
Mais TOUT ensemble ??
Cette fille m’a donnée l’impression horrible… d’être à vendre. C’était comme passer devant l’étal du boucher au marché : regardez-moi cette belle cuisse, et tâtez moi ce beau mollet… !! Plus rien à deviner, plus aucun mystère, juste une fille, très jolie, qui confond « se sentir belle » et « être sexy, donc objet de désir, donc considérée par autrui comme « belle » ». Un bon gros mélange, quelques amalgames, et plus beaucoup de repères pour les filles aujourd’hui.

Mon billet vous paraîtra peut-être virulent, mais ne me jetez pas la pierre, je me sens la première concernée par cet amalgame. Cela fait peu de temps que j’ai réalisé que, se sentir bien, ce n’est pas forcément synonyme d’être belle aux yeux des gens. Et cela ne fait pas longtemps que je suis convaincue que le principal réside ailleurs, peu importe si tel vêtement est considéré comme « beau » ou importable, si « ça ne se fait pas » ou si c’est « politiquement correct », peu importe si ça me va ou si « ce n’est pas mon style », que ça ne me met pas en valeur… Se sentir bien, se sentir belle, n’a rien à voir avec « être considérée comme belle » ou faire saliver les hommes. Si je suis ronde et que j’ai envie de porter un mini-short parce que j’aime ce genre de vêtement, si je suis petite mais fan de jeans flare ou « patte d’eph », si je suis grande et mince et que j’aime les salopettes mais que ça me donne l’air d’un clown… et bien and so what ? Ce vêtement ne me met pas en valeur ? J’ai l’air d’un sac à pommes de terre ? D’une punk ? D’une ado attardée ? D’une mamie ? D’une chanteuse allemande des années 80 ? et. a. lors ?
Notre objectif, en tant que femme, n’est pas d’être désirée par les hommes, si ? Ou d’être enviées par nos comparses de même sexe, si ? Notre objectif n’est pas d’être regardée comme un bout de viande, ou comme un objet, si ?
La vie est trop courte, ne la vivons pas dans ce que le regard des autres nous renvoie de nous mêmes, mais montrons ce que l’on veut faire voir. Donnons la direction des regards, imposons NOTRE vision de nous même et ne nous laissons pas imposer une image faussée. Nous sommes uniques, et le temps file à la vitesse de la lumière. A quoi bon chercher à plaire, à correspondre à ce qu’on attend, à rentrer dans les moules, dans les cases, dans le rang ? Amusons nous, plaisons nous à nous même, et c’est cela qui plaira, ou pas, aux autres.
Non ?

Le vendredi c’est yoga #3

Vous connaissez ces challenges Instagram, des défis photos autour d’un thème précis, basé sur la régularité : poster une photo par jour, pendant un mois, un an, ou chaque semaine sur une année… ? Je n’ai jamais vraiment participé à ce genre de challenge, non pas par manque d’intérêt, car je trouve l’idée très chouette mais plutôt par manque de temps, et parfois d’inspiration. Peut-être, aussi, attendais-je LE défi-photos qui me parlerait…

Je ne sais pas si le challenge YogaADay est celui là, celui qu’il me fallait, mais en tous cas, il me plaît bien et m’a donné envie de me lancer !

Alors cette année, c’est décidé, je vais essayer de prendre une photo par jour, une posture de yoga chaque jour de l’année, pour me motiver à approfondir ma pratique, pour le fun, pour la souplesse, et pour me lancer enfin, moi aussi, dans un challenge photos qui correspond à mes envies et à mes résolutions de cette année !

Le principe est simple : le site GrowSoulBeautiful propose chaque mois une planche de 30 ou 31 postures, une par jour. Et chaque participant se prend en photo dans la posture du jour et la publie sur Instagram avec le hashtag #YogaADay

Le petit plus de ce challenge, outre le côté ludique qu’il donne à la pratique du yoga, et le fait qu’il s’adresse à tout le monde sans distinction, novices aussi bien que yoginis confirmés, c’est que la prise régulière de photos permet aussi de voir notre évolution, si on le souhaite. Depuis que j’ai commencé le yoga, d’abord en dilettante, puis de manière plus disciplinée, j’ai acquis plus de souplesse, il y a des postures que je ne parvenais pas à faire ou dans lesquelles je ne me sentais pas bien et qui sont aujourd’hui comme « débloquées », plus simples à tenir… Cette évolution, je la sens physiquement, mais la prise de photo au quotidien me permettra de constater visuellement les progrès accomplis, et même si le yoga n’est pas une discipline basée sur la performance, quel plaisir de se voir évoluer, avancer dans sa pratique, apprendre et « réussir »… non ?

Allez, c’est décidé, je me lance cette année ! On verra bien si je m’y tiens, en tous cas c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je vais commencer cette année de yoga ! Et voici la première photo que j’ai prise pour le challenge, la pose de l’enfant, réconfortante et délassante, une asana tout en douceur pour le premier jour de la nouvelle année :

 

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Et vous, quel challenge-photos vous emballerait ? Pratiquant confirmé ou novice, seriez-vous tenté(e) par celui de GrowSoulBeautiful ?

Today is the first blank page of a 365 pages book. Write a good one.

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Ce matin, c’est detox et cocooning pour se remettre tranquillement du repas gargantuesque de la veille. Dehors, il fait beau, grand soleil et ciel bleu… Zut, un peu de neige n’aurait pas fait de mal. Tant pis, je peux toujours imaginer qu’un tapis blanc recouvre les trottoirs et les bords de fenêtres. Et le plancher qui craque, ce matin, let’s imagine que c’est le bruit des bûches qui se fendent dans la cheminée sous l’effet de la chaleur d’un bon feu ronronnant. Ahhh, voilà, on s’y croirait… Maintenant qu’on est bien installé(e)s, il est temps de faire un petit bilan de l’année qui vient de s’achever…

2013 a été une année bizarre. J’attendais beaucoup d’elle, après un 2012 pas folichon. Mais il s’est avéré que 2013 n’a pas été à la hauteur de mes espérances. En tous cas, j’ai vu beaucoup trop d’amis tristes cette année pour avoir le sentiment qu’elle fut belle et heureuse.

Malgré cela, des choses joyeuses, voire incroyables, se sont passées en 2013…

Parce que 2013 a été, avant tout, l’année de notre merveilleux voyage. Un voyage dont on a du mal à se remettre, et dont on regrette chaque minute. Pas un jour sans qu’on y pense, qu’on en parle, Robinson et moi… Ce voyage a été un moment magique dans notre vie, un pur moment de liberté. On en avait conscience à l’instant même où on le vivait, et heureusement, car cela nous a permis d’en profiter au maximum, de prendre tout ce que l’on pouvait prendre, de nous étourdir de toute cette beauté et du sentiment de liberté absolue qu’on a ressenti.

En 2013, j’ai gagné confiance en moi et j’ai osé. J’ai assumé les regards interrogateurs ou carrément jugeurs, j’ai souri des piques et des critiques, et j’ai trouvé mon mantra : DON’T TAKE IT PERSONNALY. Un mantra en anglais, of course, mon côté Jean-Claude Van Damme ne pouvait pas s’en empêcher… Mais surtout, un modjo rassurant et libérateur. Arrêter de prendre personnellement un regard de travers ou une remarque sans tact. Arrêter de me demander si j’ai bien fait, si c’est de ma faute, si « c’est moi ou…? ». Arrêter de douter de moi et de croire que je fais tout de travers. Juste, avancer, foncer même, en ne heurtant rien ni personne, mais sans se poser mille questions. Et accepter que tout ne peut pas être toujours parfait, surtout moi.

2013, ça a aussi été l’année du sport : un besoin de plus en plus présent, une pratique de plus en plus intensive, et la certitude que cela fait partie de ma vie et me rend heureuse. Et puis la dégringolade, le yang de mon yin, la blessure qui a mis fin au crescendo de mes entraînements. Depuis cinq mois, j’apprends la patience, et je relativise. Rien n’arrive par hasard, et si mes muscles ont lâché, il y a une raison à cela, et surtout une leçon à tirer. Arrêter le running, je ne vais pas mentir, ça a été difficile et flippant. Aujourd’hui encore, courir me manque. Enormément. Mais cette blessure m’a poussée vers d’autres horizons sportifs. Je fais plus de yoga, et ça me fait du bien aussi. J’apprends à ne plus être dans la toute-puissante, dans le contrôle absolu de mon corps. Je laisse aller, je laisse filer. Jean-Claude Van Damme dirait : let it go… 🙂

En 2013, enfin, j’ai entamé ma troisième année en tant que lyonnaise d’adoption. Et je ne regrette pas ce choix, celui d’être partie de ma Lorraine natale, qui, même si j’adore cette région, ne me va pas et ne correspond pas du tout à la vie qu’on se construit. Je suis heureuse d’être en Rhône Alpes, de savoir les montagnes toutes proches, de vivre dans un cadre où la nature est centrale, où le sport fait partie de la routine de beaucoup de gens, et où la culture est présente à chaque coin de rue. Le mix parfait, l’équilibre qu’il me faut. Un peu de danses folks, du yoga, des randonnées, des concerts et des expositions, saupoudrées de sorties snowboard et de restaurants succulents (Lyon capitale de la gastronomie ^-^). Peut-être qu’un jour, nous nous éloignerons de la ville tourbillonnante pour vivre un peu plus à la campagne, dans un village ou une ville plus petite… Mais toujours dans cette belle région, dynamique et respectueuse de la nature, ça c’est sûr.

Voilà pour le bilan de l’année qui s’achève. Beaucoup de positif malgré tout, et l’envie que 2014 soit encore plus belle et plus sereine.

Et vous, 2013 ? A-t’elle été une belle année ? Une comme les autres ? Une pas terrible ?