La Pura… quoi ?

DSC_0877(on the top of the volcano)

Avant notre départ, j’avoue avoir été un peu dubitative quant à cette expression relative au Costa Rica : Pura Vida. Je voyais bien l’idée de vivre sous les cocotiers, de végétation luxuriante et de plages, mais en quoi cela différenciait le Costa Rica de Tahiti, de Hawaï ou encore de la Réunion… ? Après deux semaines d’immersion dans ce petit pays d’Amérique Centrale, je comprends mieux ce concept de Pura Vida, expression quasi intraduisible dans notre langue, mais présente dans la bouche de tous les Ticos* que j’ai pu croiser lors de notre voyage !

Alors la Pura Vida, pourquoi ? Laissez-moi vous planter le décor : un pays plutôt très petit, pas beaucoup peuplé, mais très disparate. Là, une jungle dense et humide, à cent kilomètres, une forêt sèche aux arbres noueux et gigantesques, encore plus loin un volcan au cône pointu embrumé, et à deux pas un large cratère de vieux volcan à l’allure de petite colline… Entre ces différents endroits, quelques petites villes aux habitations branlantes, beaucoup de « sodas », des snacks au bord de la route qui proposent des plats « tipicos », des routes défoncées et serpentantes, encore plus de jungles et de forêts, et des côtes sauvages. Au Sud-Est, les plages des Caraïbes sont restées « dans leur jus », wild et tropicales, hantées par une population afro-jamaïcaine qui ne renie pas ses origines rastas et vit au rythme tranquille du reggae (cela semble cliché, mais je vous assure, c’est exactement comme ça vers Cahuita et Porto-Viejo!). La nourriture sent le lait de coco et les volets des maisons ne s’ouvrent que tard dans la matinée.

DSC_0584(a shop in Porto Viejo)

À l’Ouest, les plages lumineuses et immenses de la côte Pacifique sont des paradis pour les surfeurs et les yogis. Là, Robinson et moi sommes tombés sur un endroit complètement magique : un petit hôtel/auberge, tenu par deux frères surfeurs, blonds et bronzés, qui, lorsqu’ils n’accueillent pas les clients de la résidence, partent avec leurs chiens et leurs boards tâter de la vague à quelques mètres de là. Dans le jardin de l’hôtel, une piscine alambiquée fait scintiller ses mosaïques multicolores, les cocotiers abritent de nombreux hamacs en cordes, des planches de surfs sont alignées contre le mur du fond, et quand il fait trop chaud, le « pool-bar » permet de se rafraichir d’une bière tout en restant dans l’eau… Des chapelets de coquillages nacrés tintent entre les palmiers, et on entend le bruit des vagues à quelques mètres du portail. Le paradis je vous dis… mais des endroits comme celui-là, le Costa-Rica en regorge ! Des cabanes dans les arbres, des chalets perdus dans la montagne, des villas en pierre et en bois, avec patios, terrasses dans la jungle, hamacs…

DSC_1163 (me and my surf teacher ^-^)

A San José, l’ambiance est différente, plus urbaine… La Pura Vida y est, de fait, moins évidente, mais cependant bien présente. Les rues de la ville brassent une population assez mixte, des ticos côtoient des « nicas » (Nicaraguayens) et tout un flot d’expat’ venus goûter à la Pura Vida le temps d’un échange ou d’une mission, mais jamais repartis, finalement conquis par la simplicité de la vie à la Costa-ricienne, une vie proche de la nature (souvent), au rythme calqué sur les éléments naturels : le soleil se lève toute l’année vers 6h, se couche toute l’année vers 18h… Les ticos se couchent peu après que la nuit soit tombée, et se lèvent avec l’aurore, respectant ainsi leur rythme naturel, habitude précieuse qu’on néglige bien trop dans nos régions aux variations solaires plus marquées.

DSC_0662 (jungle everywhere)

Au Costa-Rica, il ne fait jamais froid. Il pleut beaucoup en août et en septembre, mais pas plus que dans ma région natale, la Lorraine. Au contraire. Nos deux semaines de séjour là-bas ne nous auront permis d’assister qu’à deux ou trois véritables averses tropicales. Impressionnantes, les averses, cela dit. La Pura Vida, c’est aussi ça, du coup : n’avoir jamais à enfiler un pull, et ne compter que des sandales dans son shoesing… mais accepter de se faire tremper jusqu’aux os de temps en temps. En même temps, tout ce vert, toute cette végétation, ça ne pousse pas tout seul…

DSC_0795 (hanging bridge)

Ce que j’ai particulièrement aimé, moi, au Costa Rica, outre les décors exotiques et enchanteurs, et les animaux sauvages à tous les coins de cocotiers, c’est la gentillesse simple, pure, des costa-riciens. Une gentillesse parfois brute, rugueuse même, dans le Nord du pays, une gentillesse presque indécente dans d’autres endroits, quand on ne sait plus comment remercier les gens de l’hôtel ou du restaurant tellement la bonté se lit dans leurs comportements, dans leurs yeux, dans leurs paroles… Les ticos se mettent en quatre, souriant et abordables, prévenants sans être envahissants… et cette qualité devient trop rare pour ne pas être soulignée. Tout du moins en tant que touriste dans un pays étranger. J’ai malheureusement souvent l’impression d’être une manne financière plus qu’un individu doué de sensibilité et de sentiments mais d’une autre langue natale… enfin, il ne faut pas généraliser, heureusement cette impression n’est pas constante. Et cela ne nous a pas empêché de tomber sur des personnes mal-intentionnées ou profiteuses lors de notre séjour au Costa-Rica. C’est un passage quasi obligé quand on voyage, non ? Mais peu importe : de ce voyage, je ne veux retenir que le meilleur, que l’essence, que le « pur ». Les gens, la beauté sauvage des paysages, les volcans, la nourriture, la campagne embrumée et verdoyante… Nous nous sommes étourdis de belles images, gavés de « café negro » et de « gallo pinto », shootés de chlorophyle et ennivrés de photos et de vidéos… J’avais envie de vous donner un peu de ce beau voyage, de soulever un tout petit coin du rideau pour vous laisser entrevoir les merveilles dont regorge ce pays, de vous donner envie de partir le découvrir vous aussi. Il en vaut la peine. Pura Vida !

DSC_1166

* Ticos est le surnom que ce sont attribués les Costa-riciens

DSC_0675 (giant tree)

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

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5 réflexions sur “La Pura… quoi ?

  1. Et voilà comment en quelques mots tu viens de me faire ajouter « Costa Rica » à ma liste des endroits à voir lorsque j’irais au Mexique (quelque part entre Janvier/Février/Mars). Envie de goûter à la Pura Vida.

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