2014, on se regarde dans les yeux, on se dit tout

Il est temps ! On a dit au revoir à 2014 depuis quelques jours, et demain, avec la rentrée, 2015 me semblera effectivement bien amorcée. Lors de ces passages symboliques, j’aime bien l’idée de faire un petit bilan, histoire de ne pas passer à autre chose en un claquement de doigt sans même un regard en arrière, sans essayer de mesurer le chemin parcouru.

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2014 a été une année particulière, bizarre, éprouvante, riche d’enseignement. Cette année, je n’ai pas arrêté de vous parler de ma blessure à la jambe, et c’est parce-que cet événement a déclenché beaucoup de choses dans ma vie. Moi qui pensais avoir le contrôle absolu sur mon corps me suis retrouvée à ne plus pouvoir faire ce que je voulais de celui-ci. Il a fallu que j’adapte mes habitudes, mon alimentation, mes loisirs, à cette nouvelle donne dans ma vie. J’ai du tirer un trait sur la course à pieds, et cela n’a pas été sans mal. Au bout de plusieurs mois, j’ai finalement avalé la pilule et accepté que je ne pourrai plus jamais dépenser mon trop plein d’énergie en chaussant mes runnings et en allant m’éclater sur les chemins alentours, musique dans les oreilles. La course à pieds, comme beaucoup de sport très physiques, est une véritable drogue, qui créé un manque lorsqu’on en est privé trop longtemps. Beaucoup de runners peuvent l’affirmer, et lorsqu’on lit des blogs de filles qui se sont mises à courir et qui soudainement ne parlent plus que de ça, on se rend bien compte qu’il y a une certaine dépendance liée à la décharge d’endorphine lors de l’activité physique.
Bref, certains penseront que j’exagère, mais c’est la vérité : moi qui me définissais en partie par cette pratique physique intense que j’avais, ai vécu comme un deuil la nécessité de devoir y renoncer. Douloureux. Je ne pouvais plus être moi-même sans cette part de moi que j’abandonnais.

De là a découlé pas mal de choses. Une espèce de cascade d’actes manqués et de soucis. L’arrêt du sport m’a fait tellement peur, je ne savais plus comment vivre, et surtout comment manger. J’ai donc tout simplement arrêté de manger, ou presque. Je mangeais des portions de moineau. Je ne me rendais pas compte, je pensais vraiment pouvoir transposer le contrôle de mes baskets à mon assiette, et j’avais réellement moins faim. Sauf que ce que je prenais pour une grande et forte volonté de ma part était en réalité ce qu’on appelle de l’anorexie mentale. J’ai perdu 14 kilos et me suis retrouvée avec un IMC très très bas.
La blessure à la jambe ne se rétablissait pas (forcément, je n’avais plus d’énergie), et par-dessus le marché je n’avais plus mes règles, je saignais des gencives, et mes cheveux ne ressemblaient plus à rien. Une catastrophe. Et le pire, c’est que JE NE ME RENDAIS COMPTE DE RIEN. Alors que j’ai toujours été hyper au fait des troubles de l’alimentation, toujours sûre que je ne serai jamais concernée par ce genre de problème, et bien trop alerte pour me laisser sombrer dans ce genre de spirale. Mais tout ça ne me posait aucune problème, je me trouvais mince, et je pouvais porter toutes les fringues que je voulais sans me poser de questions.

J’ai réalisé ce qui se passait en me voyant sur une photo, au mois de mai. Je ressemblais à un épouvantail, toute dégingandée. Mes vêtements trop grands, mes cheveux transformés en paille, dévitalisés.
J’ai commencé à couper mes cheveux, de plus en plus courts. Avec le recul, je me dis que c’était l’ultime étape de négation de ma féminité. Plus de formes, plus de règles, plus de cheveux. Mais je continuais à jouer le jeu, j’étais très féminine dans ma façon de m’habiller, de me maquiller. C’est juste que, l’image que me renvoyait le miroir commençait à me devenir vraiment, vraiment étrangère. Surtout que, après des années de blond (ou presque) je suis repassée au brun. Autre gros changement.
J’avais l’impression de me perdre et de ne plus savoir qui j’étais.

Rassurez-vous, l’histoire se termine bien. Tout cela a duré plusieurs mois, mes amis ont commencé à s’inquiéter, et moi-même je n’ai pas pu ignorer tous les signaux bien longtemps. J’ai recommencé à manger, depuis cet été. J’ai repris 6 kilos et me suis stabilisée, je ressemble moins à un épouvantail. J’essaie de ne pas trop focaliser sur la nourriture et sur mon poids, j’essaie surtout d’accepter que je ne peux pas tout contrôler. Mes règles sont revenues depuis peu, et je laisse repousser mes cheveux. Pour ce qui est de la couleur, on verra, je resterai peut-être brune. J’ai juste envie de me retrouver, de ne plus faire face à une étrangère dans le miroir.

Quand on lit tout ça, on pourrait se dire que 2014 a été une année triste. Alors que non, pas du tout! Une année un peu labyrinthique, plutôt, mais ponctuée par beaucoup de belles choses. En 2014, j’ai voyagé et c’était génial. J’ai beaucoup vu mes amis, et je me suis sentie très aimée et entourée. En 2014, mon petit frère a emménagé à Lyon et je le vois heureux, près de moi, et ça ça me rend heureuse. En 2014, j’ai obtenu un poste définitif dans une école à côté de chez moi et j’ai réussi à avoir le niveau de classe que je désirais. J’ai une classe géniale, des élèves adorables, je savoure. En 2014, je suis allée souvent au cinéma, j’ai vu des films qui m’ont touchée (Boyhood), d’autres qui m’ont fait rêver (Interstellar)… Cette année aussi, j’ai découvert les séries les plus géniales du monde, qui se sont classées direct dans mon top 5 : Top of the Lake, The Slap, Broadchurch, True Detective, Treme… et j’ai dit au revoir à Jax et à ses frères, après 7 ans de Sons of Anarchy (et ça c’est triste…). En 2014, j’ai vu pour la première fois un de mes groupes préférés en concert, un groupe australien de rock prog, dans une petite salle à Paris, et c’était complètement ouf, le meilleur concert de ma vie. Surtout après être allée sur leurs traces à Sydney en 2013, et après avoir écrit une nouvelle imaginant leur histoire (fictive), sur les routes d’Australie. En 2014, je n’ai pas forcément lu assez, une vingtaine de livres en moyenne, mais j’ai beaucoup parlé littérature avec mes amis, beaucoup partagé, beaucoup prêté, offert, reçu des bouquins, et cette effervescence autour de la littérature a été vraiment inspirante. En 2014, il y a eu plusieurs week-ends qui ont fait partie des meilleurs de ma vie, dont un à Metz avec tous mes amis lyonnais, un week-end où l’on a oublié nos âges et nos obligations sociales et professionnelles pour juste profiter, profiter, profiter…
En 2014, j’ai aussi beaucoup repensé à notre voyage en Nouvelle-Zélande, et je crois que ça reste l’un des événements les plus marquants de ma vie. On a très envie de repartir. On en parle, on y pense, on verra… Tout est possible.
Enfin, en 2014, j’ai eu droit au plus beau réveillon de Nouvel An de ma vie, entourée de mes amis les plus chers, de Robinson, c’était simple et génial. Et ça n’augure donc que des belles choses pour 2015, ça, non?

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Voilà pour ce bilan. Pour moi, il est juste positif. Aujourd’hui, je suis sereine, confiante, heureuse. Je sens que les choses se remettent en ordre, les forces s’équilibrent, et j’ai hâte de voir ce que nous réserve 2015. Je sais bien qu’on est bâtisseur de notre propre bonheur, et je veux tout faire pour être heureuse, alors je vais retrousser mes manches, et embrasser 2015 comme il se doit, avec mon énergie retrouvée, avec mes blessures pansées, et avec le sourire. Je vous souhaite plein belles choses pour cette nouvelle année. L’amour et la santé, parce-que c’est trop important, et de chouettes projets, parce-que c’est motivant.

A très vite!

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25 réflexions sur “2014, on se regarde dans les yeux, on se dit tout

  1. Je suis très émue de te lire. Je n’avais rien deviné à travers tes mots, et pourtant, à regarder les photos sur ton blog d’il y a quelques mois, je vois que tu étais en effet très très mince. Je te trouve très courageuse de parler de tout ça avec honnêteté, tout en pudeur aussi. Et puis, ta capacité à ne retenir que le joli, le positif, c’est très inspirant à lire 😉
    Je te souhaite une belle année également, remplie d’amour et de douceur, et surtout, prends soin de toi ❤
    Bises jolie Zadig

  2. Je te souhaite une merveilleuse année 2015. Je te trouve très courageuse de parler de tout cela à coeur ouvert, signe certainement que tout cela est derrière toi et que l’avenir radieux est là. Je ne m’étais doutée de rien à travers tes articles toujours très inspirants et positifs. Alors vive 2015 et le bonheur retrouvé 🙂

    • J’espère effectivement que c’est derrière, même si l’obsession de la nourriture est sournoise et difficile à oublier pour de bon. Mais c’est certain que, maintenant que je sais tout ça, que j’ai identifié le problème et que je me bats, j’ai moins peur de me laisser surprendre à nouveau.
      Merci pour ton message, tout cela me fait énormément de bien, c’est vous qui m’apportez toutes ces ondes positives!
      Bonne année à toi. De grosses bises

  3. C’est très touchant …
    & ta manière de voir le positif malgré tout, me rappelle moi …
    Par expérience, c’est souvent les années où on est un peu malmené(e) qu’on avance à pas de géant sans s’en rendre compte tout de ssuite et que les années d’après sont juste jolies et toutes douces, pleines de bonnes surprises qu’on apprécie d’autant plus.
    Bonne année 2015 qu’elle soit riche en bonheurs.

    • Je suis complètement d’accord avec toi, je suis sûre que ces moments difficiles ont aussi leur lot d’enrichissement, de leçon, et qu’on en sort grandi comme jamais! Heureusement, car ça permet de voir les choses positivement.
      Je te souhaite une merveilleuse année 2015, pleine d’amour et de sérénité. Merci d’être toujours là, ça compte beaucoup tu sais.
      Grosses bises

  4. Ce billet m’a touché … Je crois que je pourrais dresser un bilan tout aussi mitigé de 2014, tout en gardant que le positif…
    En ce moment, tout le monde me dit que 2015 sera « mon » année et que beaucoup de choses vont se débloquer … alors je me force à y croire 🙂

    Je vous souhaite de vous « retrouver », de passer une année douce et heureuse, avec un lot de choses simples qui nous rendent heureux(ses)… Du haut de mes 21 ans vos articles me font du bien car cela me montre que l’on doit sans cesse, se poser des questions… et que ça ne m’arrive pas seulement qu’à moi 🙂

    Merci encore une fois, pour vos mots qui traduisent à chaque fois ce que je ressens également 🙂
    Vos mots me font du bien, je vais attaquer ma dernière semaine de révisions avant ces satanés partiels avec le sourire et plus de confiance en moi ! MERCI

    & Bonne année ! :))))

    • Oh la la merci quel beau message, comme je suis touchée de lire ça…!
      Je suis d’autant plus heureuse si ce « témoignage » peut aider ou redonner un peu d’enthousiasme à certain(e)s…
      Oui, se poser des questions, je crois que c’est ce qu’il y a de plus sain au monde, et rien ne fait plus avancer. Après, il faut être courageux et accepter la remise en cause de certaines certitudes, les chamboulements de la vie que les questions induisent parfois…
      Mais souvent, ça vaut le coup! Et ça permet de se trouver et d’être soi-même.
      Une belle année 2015 à toi aussi, bon courage pour tes partiels!! Je croise les doigts!

  5. c’est très émouvant.
    c’est dingue je ne me suis doutée de rien au fil de l’année , à travers tes articles.
    je te souhaite une nouvelle année pleine de joie, je suis sûre que tout ça t’aura rendu encore plus forte et ouverte à la vie.

  6. Comme quoi, l’anorexie reste une maladie sournoise, on ne s’en rend pas forcément compte soi même, heureusement que pour toi tout s’est arrangé au mieux. Je comprends ta détresse du à l’absence de pouvoir faire ton sport préféré (même si moi, je ne suis pas du tout sportive hélas!). La nouvelle zelande reste un de mes rêves, combien cela t’avais t-il couter en terme de budget pour l’avion? j’espère y aller un jour…bonne année 2015!

    • Oui, on croit que ça n’arrive qu’aux autres, comme souvent…
      La Nouvelle-Zélande, en terme de budget… pfiou, difficile à dire car comme tu le sais on était partis dans plusieurs pays pendant plusieurs semaines, cela rentrait donc dans le cadre d’un genre de tour du monde… Je ne pourrais pas te dire du coup… J’imagine que ça reste un budget conséquent, mais franchement, ça vaut le coup. Et il faut il y aller longtemps! Et pour ma part, je conseillerai vivement d’y aller quand c’est l’hiver là bas… magique!
      BONNE ANNÉÉ AUSSI!

      • ah oui l’hiver? j’hésitais justement entre l’hiver et l’été, sachant qu’en hiver je pourrais y rester plus longtemps, tandis qu’en été, vu les congés scolaires, je ne pourrais pas rester plus de 12 jours, mais j’avais quand meme envie de me baigner soit dans le parc de tasmanie, au nord de l’ile du sud, soit à kaikoura connu pour ses dauphins, et en hiver pas sur que les températures me permettent de faire trempette!! enfin pour l’instant, ce voyage tient plus du fantasme que de la réalité, même si je me suis renseignée, organisée, acheter des guides!!

  7. Une fois de plus, tu m’as émue dans cet article. Et je suis contente d’apprendre que ça s’arrange pour toi ! C’est déjà une grande étape que de reconnaitre la maladie. Je te souhaite le meilleur pour 2015 ! Le plein de voyages, de réussites professionnelles, de moments entre amis et puis de bonnes lectures aussi 🙂

  8. Oui c’est positif, plus que positif. Sortir la tête de l’eau ce n’est pas rien et ça présage une force de vivre assez incroyable !
    Je ne connais pas cet attrait pour le sport, encore moins cette passion mais j’imagine que ça doit être douloureux de se sentir diminué physiquement. Ca fait écho à ma petite maman qui a perdu l’audition assez tôt et qui s’est complètement replié sur elle-même pendant des années. Les choses changent bien sûr, on avance, on trouve des raisons de se battre.
    J’espère que 2015 sera une bulle de bonheur pour toi et Robinson. Je te souhaite beaucoup beaucoup de belles aventures.
    A bientôt.

    Deborah

    • Merci pour tes mots ma jolie Deborah. Quel plaisir de te savoir passée par ici! J’espère que ta petite maman va mieux, oui ça a du être difficile pour elle, j’imagine…
      Je te souhaite à toi aussi une magnifique année, pleine d’amour et de beaux projets.
      Grosses bises et à très vite

  9. Très belle année ma chère Sophie !
    Et merci pour tes messages de ces dernières semaines ! J’ai d’ailleurs fait une erreur de touche hier et ai appuyé sur « supprimer » au lieu de « publier » pour ton commentaire, j’en suis sincèrement désolée… après les commentaires que tu n’arrives pas à poster, voilà que maintenant je les supprime !!!! Enfin, une fois de plus ma maladresse légendaire fait des siennes.
    Je te souhaite que du bon pour 2015, beaucoup de bonheur avec Robinson, tes élèves, et dans ta vie en général, des voyages, une santé de fer, et de bons moments en famille et entre amis.
    A très vite sur nos blogs respectifs et belle semaine !

    Je t’embrasse

    Fanny

    • Ah ah mais pas grave ma Fanny, ça m’arrive souvent les erreurs de manip (je suis un boulet de maladresse aussi, rassure toi!)
      Je te souhaite une belle année à toi aussi même si elle a l’air définitivement bien partie pour l’être 😉
      Gros gros bisous ma Fanny! Merci pour ton petit mot ici, ça me touche

  10. Bon, alors moi j’arrive ici comme une fleur, ne me doutant de rien, et maintenant je suis toute triste. Ma jolie Sophie, tu ne peux même pas imaginer à quelle point je te trouve forte et inspirante, et je sais déjà que 2015 sera magique pour toi.
    Tout plein de bisettes ❤

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