Book crush (Lectures #64)

3 joyce maynard

Cela faisait longtemps que j’avais envie de découvrir Joyce Maynard. Tout d’abord et tout bêtement parce que j’adore son patronyme. Voilà, c’est dit. Et puis les images de couvertures de ses romans sont toujours belles et inspirantes et je me souviens avoir souvent lorgné sur ses bouquins en librairie ou à la bibliothèque, attirée par la beauté des premières de couvertures. Et aussi, Joyce Maynard m’intriguait car son histoire d’amour, toute jeune, avec Salinger (L’attrape-coeur!!!!), a éveillé ma curiosité envers elle, envers sa vie, et donc forcément envers son œuvre. Enfin, les titres de ses romans m’ont toujours donné envie d’en feuilleter les pages ; on y imagine aisément les grands espaces américains, les atmosphères surannées ou étouffantes des petits bleds figés dans le temps, les personnages complexes et les relations profondes, les grands drames des petites vies simples… Les filles de l’ouragan, Long week-end, L’homme de la montagne, Baby Love… Il y a un peu de mystère et un air d’évasion dans ces titres, vous ne trouvez pas ?

A force de prendre un de ses romans sur les rayons de la bibliothèque puis de le reposer, à force de lire des articles plein de louanges sur ses derniers romans publiés, à force de compulser ces articles dans mon petit Moleskine tout gonflé de découpes de magazines et de journaux, j’ai fini par capituler et filer à la librairie pour acheter Long week-end. Que j’ai dévoré en 3 jours (fait exceptionnel qui n’arrive habituellement que pendant les grandes vacances, lorsque j’ai deux longs mois devant mois et autant de temps à consacrer à la lecture). C’est vous dire si j’ai aimé ce livre ! Alléchée par les promesses de cette première découverte, j’ai ensuite filé chez Gibert Joseph où j’ai acheté Baby Love et Les filles de l’ouragan. Lus d’une traite eux aussi. Et mon envie d’en découvrir plus s’accroit au fil de ces lectures. Je m’immerge dans l’univers de cette auteure captivante qu’on a surnommée, à ses débuts, « la Françoise Sagan américaine » (rien que ça…) (et elle le vaut bien) (Eva Longoria sort de ce corps).

Ce que j’ai aimé dans ses livres et dans son écriture ? J’y ai trouvé une écriture de l’adolescence très fine, très juste, mais jamais pathétique. Maynard est aussi particulièrement douée pour dépeindre les relations intensément fortes, viscérales, qui lient les familles, ce lien du sang entre un père et sa fille, une mère et son fils, à l’intérieur d’une fratrie… ces liens parfois douloureux, tendus, fusionnels, effilochés, anéantis, étouffants, incompréhensibles… La relation de Ruth, l’héroïne des Filles de l’ouragan, et de sa mère, froide mais forte et présente, m’a marquée. Le regard exclusif et tendre que porte le héros de Long week-end sur sa mère célibataire et solitaire, un peu lunaire, m’a profondément touchée. L’amour dévorateur et physique que voue Tara à son bébé Sunshine, dans Baby Love, m’a remuée…

Bref : lire Joyce Maynard ne m’a pas laissée de marbre.

J’ai été subjuguée par l’ambiance de ses romans, prise par son écriture fluide, assez riche pour donner la quantité de détails nécessaires à créer des univers tangibles, et assez légère pour que le lecteur ne peine pas à entrer dans le roman. Je me suis laissée porter par les mots, les décors, et les intrigues qui lient les personnages.

Je ne saurais pas vous dire lequel de ses trois livres j’ai préféré. Après avoir lu Long week-end, je pensais qu’aucun autre n’égalerait celui-là. Puis Baby Love a tout emporté sur son passage, créant pourtant un peu plus de malaise que le premier. Baby Love est plus dur, certaines scènes étaient difficiles à lire, surtout enceinte (le roman traite essentiellement de la maternité, à travers l’histoire de quatre adolescentes, filles-mères ou en passe de le devenir, mais aussi par le biais d’autres personnages, leurs mères, grands-mères, et par le regard des hommes sur la maternité, et le prisme de la paternité). Baby Love, c’est la littérature américaine comme je l’aime. Sans fard, crue mais pas si brutale. La vraie vie, transcendée par la beauté de l’écriture et la poésie de la mise en scène. Pendant ma lecture, il m’était impossible de lâcher le livre, et lorsque je ne lisais pas, mon esprit sans cesse y revenait.

Et puis Les filles de l’ouragan, malgré un titre et une couverture extrêmement « catchy », me semblait ne pas pouvoir concurrencer les deux précédents. D’autant plus que, sur internet, les critiques étaient élogieuses pour Long week-end et Baby Love, mais plus mitigées pour Les filles de l’ouragan. J’appréhendais un peu cette nouvelle lecture, j’avais peur d’être déçue. Quelle idée ! J’ai été toute entière happée par l’univers de ce roman : une ferme, où se dessinent les portraits croisés de deux familles des années 50 à nos jours, à travers le récit de deux adolescentes (filles, puis femmes) nées le même jour dans une toute petite ville où l’on cultive des fraises et des petits pois. L’amour pour les grands espaces, pour la terre, les plaisirs simples d’une vie à la campagne, les relations compliquées au sein des familles, les liens avec le père… Autant de détails qui m’ont fait dévoré ce roman en une bouchée. Quel plaisir de s’immerger totalement dans cette ambiance, dans ces deux familles si différentes, si extrêmes, si fascinantes…

Bref, je ne sais toujours pas lequel je vous conseillerais en priorité… Je les ai tellement aimés, tous les trois ! En fait, cela dépendra surtout du thème que vous souhaitez découvrir. De ce qui vous parle le plus.

Et puis, n’hésitez pas à vous laissez guider, pour une fois, par ce que vous ressentez en regardant la première de couverture. Autant, parfois, les images de couvertures ne reflètent pas le contenu du bouquin (et alors généralement, on est plutôt déçu(e)s), autant dans le cas des romans de Joyce Maynard, je les trouve assez cohérents et ils sont de bons indicateurs de ce que l’on va découvrir à l’intérieur… Et pour vous faire une idée plus précise de ce que vous allez découvrir en ouvrant ces petites pépites de littérature américaine, vous pouvez aussi lire les résumés de quatrième de couv :

long weekendLong week-end

Cette année 1987, une chaleur caniculaire s’abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day.
Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s’améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles.
Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne l’est pas. Encore jeune et jolie, Adèle vit pratiquement retirée du monde et ne sort qu’en de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial.
Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter Playboy, Henry se heurte à Frank, ou plutôt Frank s’impose à Henry: Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre…
Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se révélant un peu plus au fil des heures. Et, vingt ans plus tard, avec émotion et humour, Henry révélera les secrets de ce long week-end qui lui a appris à grandir…

(Et n’hésitez pas à aller lire cette critique parue dans Télérama, qui parle avec grâce et subtilité de ce roman que j’ai adoré)

babyloveBaby Love

Fin des années 1970, quatre adolescentes confrontées à la maternité: Sandy, mariée à un paumé de dix-neuf ans peu concerné par son rôle de père; Tara, produit d’une famille désunie, seule avec son enfant; Wanda, toujours fêtarde malgré un bébé de trois mois; Jill, enceinte, et dans la peur de l’annoncer à ses parents.

Un même amour maternel unit ces jeunes filles: leur bébé, c’est leur seule réussite, l’unique preuve de leur importance. Elles le nourrissent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec comme à la poupée, le malmènent, aussi. Sur les marches d’une laverie automatique, leur lieu de rendez-vous favori, elles se racontent leurs histoires et parlent télé, cinéma, magazines… Jusqu’à ce que la venue de deux femmes en quête d’enfants fasse basculer ces vies d’une banalité à la fois touchante et terrifiante.

Avec ce premier roman paru en 1981 aux États-Unis, Joyce Maynard signe un subtil portrait – toujours d’actualité – de l’Amérique profonde.

filles de l'ouragan

Les filles de l’ouragan

Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche.

Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir.

Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, ce récit suit les itinéraires personnels de deux « soeurs de naissance », des années 1950 à aujourd’hui.

Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Joyce Maynard raconte les voies étranges où s’entrecroisent les vies de ces deux femmes, de l’enfance et l’adolescence à l’âge adulte – les premières amours, la découverte du sexe, le mariage et la maternité, la mort des parents, le divorce, la perte d’un foyer et celle d’un être aimé – et jusqu’au moment inéluctable où un secret longtemps enfoui se révèle et bouleverse leur existence.

Voilà. Maintenant, j’attends avec impatience la sortie en poche de L’homme de la montagne, et dès que je tombe sur Prête à tout et Et devant moi, le monde, je les embarque ! J’espère aussi que Joyce Maynard écrira encore de nombreux romans de cette qualité, en tous cas, moi, je suis HEU-REUSE car cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de cœur littéraire !

Et vous, cette auteure, vous l’avez déjà lue ? Tentées par un de ces romans ?

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19 réflexions sur “Book crush (Lectures #64)

  1. C’est marrant, je suis en train de lire une adolescence américaine, un peu pour les mêmes raisons que toi : fascination pour l’écrivain, son histoire d’amour et le côté Françoise sagan américaine. Je n’ai pas encore lu ses romans mais ton article m’a donné une folle envie de le faire.

  2. Coucou 🙂
    J’ai entendu parler de cette auteure de part sa relation avec Salinger mais je n’ai jamais lu ses livres :/
    Ton article me donne envie de la découvrir. Je vais vite installer Baby Love sur ma liseuse 🙂
    je voulais te remercier pour ta réponse pour le perfecto, celui que j’ai actuellement est en faux cuir je l’adore mais il commence à fatiguer 😉
    Bisous
    A bientôt

  3. Je ne connais absolument pas ! Mais j’aime autant te dire que je vais m’en souvenir lors de mon prochain passage à la bibliothèque !

  4. Tu me donnes SUPER envie ! Je n’ai lu qu’Une adolescence américaine, d’elle, que j’avais assez aimé, mais qui n’a rien à voir. Je la note tout de suite dans mes idées pour alimenter ma PàL ! Merci !!

  5. Ah j’ai justement eu Baby Love dans les mains il n’y a pas longtemps, j’ai hésité, finalement je l’ai reposé! Mais ton avis me donne envie 😉 Bon, ce sera ma prochaine lecture! Je suis en train de lire Demain est un autre jour de Lori Nelson Spielman! Après une longue pause lecture pour cause de bébé relou 😃 ça se lit bien!

  6. Je viens de finir Baby love, je l’ai dévoré en 4 jours ( sans être en vacances, donc c’est plutôt exceptionnel ) : j’ai adoré ! Merci, tu es une vraie source d’inspiration pour mes lectures!

  7. Oui j’avais tout de suite acheté « Long week-end » ;-), mais malgré la tentation de le commencer de suite je pense intercaler un roman d’un autre auteur entre ^^ (j’ai toujours peur d’être déçue par le deuxième quand j’enchaîne deux romans du même auteur).

  8. Pingback: Sunday Morning # 26 | hellozadig

  9. Coucou, ton article sur joyce maynard m’avait donné envie de découvrir ses livres j’ai commencé par long weekend je m’y suis reprise à 2 3 fois pour le lire je n’accroche pas vraiment je trouve que l’histoire est très lente,pourtant l’histoire est intéressante! je suis arrivé à la page 70 mais je pense que je vais arrêter est-ce que c’est le même style pour ses autres livres? Bonne lecture pour tes livres en cours.

    • Hello ! Tout dépend de ce que tu aimes lire et de ce que tu as l’habitude de lire… c’est sûr que J. Maynard est moins « catchy » que Outlander ou Hunger Games par exemple, ce n’est pas du tout le même genre de littérature… Il faut aimer les romans d’ambiance, où tout l’intérêt est de suivre le développement des personnages et la mise en place d’une atmosphère particulière… ça fait voyager, je trouve.
      Ses autres romans sont semblables, même si Baby Love est peut-être un peu plus pêchu…
      Dommage, mais pas grave, il en faut pour tous les goûts! Tu lis quoi, du coup, en ce moment?

      • Salut pour le livre long weekend je n’ai peut-être pas accroché car je l’ai lu en plusieurs fois comme je n’avais pas forcément beaucoup de temps à consacrer à la lecture à ce moment là. Maintenant j’ai commencé les filles de l’ouragan la quatrième de couverture m’a donnée envie car l’histoire de ces deux filles nées le même jour m’a intrigué, pour le moment ça me plaît bien!

      • Merci pour ton retour! Les filles de l’ouragan, j’ai beaucoup aimé, mais attention !! Certaines personnes l’ayant lu lui ont reproché son intrigue, disant que finalement la résolution du mystère est bateau, qu’on devine vite le pot aux roses. Or, je pense que c’est fait exprès, car J.M s’en fout à mon avis de maintenir le mystère ou non, encore une fois ce qui lui importe c’est tout l’univers qu’elle construit autour de ses personnages et par le prétexte de cette intrigue… Voilà, j’espère que mon « avertissement » t’empêchera de trouver l’histoire trop facile ou cousue de fil blanc et de l’apprécier à sa juste valeur 😉

        N’hésite pas à me dire ce que tu en as pensé surtout!!! Bises, bonne soirée!

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