Nourrir son âme

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Je vous le confessais dans ce billet, je n’ai pas fait de yoga depuis les attentats du 13 novembre. Cela fait donc 3 mois. Et je ressens ce manque.
Je ne vous parlerai pas que de yoga aujourd’hui, rassurez-vous (pour celles/ceux qui en ont marre de mes articles dédiés à ce sujet ^-^). C’est juste que ce manque est le point de départ d’un constat.

Trois mois sans yoga, donc, et je sens en moi de plus en plus de nervosité. Ce n’est pas le fruit de mon imagination, car Robinson a constaté la même chose. Alors bien sûr, l’hiver et ses courtes journées, le quotidien et sa routine, l’ambiance générale un peu morose de ces dernières semaines, sont autant d’ingrédients à prendre en considération pour expliquer mon état à fleur de peau de ces derniers temps. Mais je sais bien que je suis aussi, en partie, responsable de celui-ci ; n’ai-je pas un peu négligé d’entretenir ma spiritualité dernièrement ?

A être tous les jours à la maison avec mon fils, je passe finalement beaucoup de temps à papillonner, à ouvrir mon ordinateur et mes boîtes mails, à errer sur internet, à lancer des séries ou des films que je ne regarde que 5 minutes. Car c’est bien ça le coeur du problème : avec un bébé à gérer, on n’a jamais plus de 5 minutes devant soi. Alors on ne se lance dans rien, par peur d’être frustré(e) de ne pas pouvoir finir. C’est plus simple d’ouvrir Instagram et de faire défiler les images, que d’attraper mon livre et d’essayer de reprendre ma lecture là où je l’avais laissée ; le temps que je me remette dedans, bim, Little appelle ou s’impatiente, et je dois abandonner mon bouquin. Ou alors, parfois, tout simplement, je suis incapable de rester concentrée assez longtemps pour lire, car je surveille bébé en même temps, ou suis préoccupée par des soucis extrêmement terre-à-terre (la purée de bébé, le transit de bébé, le chauffage dans la salle de bain, l’aspirateur à passer, la Poste,  les courses… voilà en gros le tableau…!).

Je me suis aperçue que je négligeais de nourrir mon esprit, qui était donc constamment azimuté par les sollicitations des réseaux sociaux, des blogs, des vidéos youtube, des séries, des films sur Netflix… Au lieu de me poser pour lire, ou pour écrire, au lieu de prendre un peu de temps pour réfléchir, me documenter, m’inspirer, au lieu de mettre mon cerveau sur off, de m’octroyer une vraie pause réparatrice grâce au yoga, je m’éparpille, gaspille mon temps, papillonne.

Je ne m’auto-flagelle pas. C’est dur de tout faire, on ne peut pas contrôler chaque minute de son quotidien, et avec un bébé il faut être souple et s’adapter aux aléas : alors non, je ne vais pas m’imposer un emploi du temps avec des heures de yoga, d’autres de lecture, des siestes et un temps restreint sur internet. Je pourrais le faire et ça pourrait marcher, mais… commençons avec moins d’ambition ! Avoir pris conscience de cela, c’est déjà un grand pas. Aujourd’hui, je prends le temps d’écrire ce billet, et de cuisiner. Demain, peut-être, j’essaierai de faire une séance de yoga, ou de lire une heure. Pas de stress ni de contraintes, la culpabilité et la pression ne sont pas les alliées de quelqu’un qui essaie d’être plus zen, plus alignée, moins irritable, moins nerveuse.

Le yoga me calme physiquement, c’est sûr, mais il y a tout l’a-côté qui entre en jeu aussi, l’univers du yoga : les gens bienveillants, la philosophie du « ce qui doit arriver arrivera, c’est le destin/karma », le non-jugement… Quand je pratique plus régulièrement, je m’inscris durablement dans ce cocon apaisant, et surtout j’y trouve plus facilement refuge lorsque la réalité du monde m’agresse. Je suis alors capable de relativiser, mon cerveau parvient à court-circuiter les ondes négatives, bref, le yoga permet à mon corps de filtrer toutes les violences et le stress du quotidien, mon esprit ne se laisse pas envahir, et je reste plus zen. Tous ces automatismes, dernièrement, ce sont estompés : je n’ai pas entretenu ma spiritualité par la pratique, alors je suis à nouveau vulnérable, je le sens. Me voilà à m’énerver plus vite, à laisser l’irritation monter en moi, à ne pas supporter certains petits désagréments…. je déteste être comme ça, ce n’est pas moi, ni ce que j’ai envie d’être…

Alors voilà, je le sais, j’ai besoin de faire du yoga, et j’ai besoin de lire et écrire ; ce ne sont pas uniquement des loisirs plaisants, ce sont des sources de recentrage qui m’aident à être la personne que je veux être, quelqu’un d’équilibré et de bien dans sa peau. Je vais essayer de prendre un peu de temps pour m’y remettre sérieusement, il le faut, et pas seulement pour moi mais pour mes proches aussi…

Et vous, cela vous arrive-t’il de ressentir ce besoin de vous ré-ancrer, de vous ré-aligner ? Quels sont vos moyens de vous retrouver, de vous réparer ?

NB : la photo (prise au retour de notre week end au ski, le ciel était beau à couper le souffle) est personnelle mais libre de droits. La citation qui y figure est de Jorge Luis Borges

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11 réflexions sur “Nourrir son âme

  1. Hello !
    Je ne suis pas bien sûre d’avoir déjà commenté ici, quand bien même le formulaire est déjà complété, alors je me présente 🙂 Je te lis depuis environ un an je pense (je t’ai ajoutée à ma liste des blogs de l’année dans mon bilan 2015 :))
    Je me reconnais complètement dans ce que tu écris, quand bien même nos vies sont très différentes. C’est la raison pour laquelle je me suis mise à la méditation, très récemment. Rien de dingue ni de très spirituel, juste une appli, parce que j’ai besoin d’être guidée. Dix minutes avant de dormir au début, deux fois dix maintenant, une fois en fin de journée et une avant de me coucher. J’étais arrivée à un point où j’étais perpétuellement en état d’alerte, incapable de créativité (j’écri(vai)s depuis mon plus jeune âge), toujours anxieuse et speed. C’était la première fois que je ressentais à ce point combien je ne vivais plus dans l’instant présent. Pour quelqu’un dont la devise est « carpe diem » depuis la découverte, ado, du Cercle des Poètes disparus, c’était inimaginable 😉
    Tout ça pour dire qu’à mon sens tu prends la bonne décision, et que je te trouve très lucide (et donc courageuse) de ne pas te fixer d’objectifs trop élevés. C’est la bonne voie, j’en suis sûre 🙂

    • Merci Nathalie pour ton commentaire ici ! Et merci de m’avoir cité dans ta blogroll je suis très touchée !
      La méditation, c’est vrai que ça me tente depuis un moment mais je ne sais pas pourquoi, pour l’instant je n’ose pas encore franchir le cap!

  2. Je suis admirative de tout ce que tu arrives encore à faire avec un bébé à la maison. Je n’ai pas d’enfant, car c’est vrai que cela fait peur d’avoir tout son quotidien chamboulé. Car on sait que les enfants ça changent la vie, même si c’est un immense bonheur. Je pense (peut-être naïvement) que c’est la période que tu vis qui est la plus difficile car ils sont si petits à cet âge là que c’est dur de faire d’autres activités pleinement. Je suis sûre que quand il grandira cela ira mieux! Moi, quand j’ai l’impression de perdre pieds dans mon emploi du temps je vais me promener à la plage. Rien de tel qu’une longue marche de deux heures pour me sentir renaître. Je comprends ton besoin en lecture et en écriture, ce besoin de s’abandonner dans une activité pendant plus de 5mn. Courage, tu vas trouver ton équilibre. (mais quelle tartine j’ai écrit!)

    • Ouh la la mais tu sais je ne fais pas grand-chose et puis en plus je n’ai aucun mérite car pour l’instant je ne travaille pas ! 🙂
      Honnêtement la période n’est pas si difficile, c’est plutôt la situation qui impose cette impression de tourbillon : vivre en ville, faire des trajets, attendre que Robinson rentre le soir, avoir toujours mille choses à faire, devoir traverser des routes et des carrefours pour accéder au parc, le manque de nature…

      Merci pour ta « tartine » en tous cas 😉 j’adore les longs commentaires !!!
      Bisous

  3. J’admire ta façon de réfléchir sur toi-même et surtout d’arriver à mettre en place des petites choses pour revenir à un quotidien plus serein..
    Je constate moi aussi des périodes de nervosité, de papillonnage intensif d’une activité à l’autre, sans me concentrer pleinement sur une activité.
    J’ai vraiment du mal à me poser, et quand une tâche importante m’attend (genre, un mémoire à rédiger…^^) , je n’arrive pas à m’autoriser une vraie pause, et au final je n’y gagne rien, car je papillonne sur internet ou autre, et je repousse quand même ce que je dois vraiment faire. Alors que je gagnerai sans doute bien plus à m’octroyer un vrai moment de détente. Je le sais et je ne le fais pas !
    J’espère que grâce à tes constats, tu parviendras à retrouver plus de sérénité. Et je trouve ça génial de ne pas se mettre la pression.
    Merci pour ton article qui donne envie de faire de même !

    • Je vois tout à fait ce que tu veux dire, quand on a un gros truc à faire, sur le long terme, et que chaque minute passée à ne pas le faire nous fait culpabiliser alors qu’en vrai on ferait mieux de s’accorder de vraies bonnes pauses pour être plus efficaces… ^-^ On est tous comme ça je crois !

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