Education, bienveillance, école et maison

Bonjour !

Ce billet, je dois l’écrire depuis un moment mais j’avoue ne as savoir par où commencer tant j’ai à dire, à expliquer, tant le sujet m’inspire.

L’école et l’éducation. Tout a commencé lorsque je suis devenue enseignante, sans doute. Je me suis intéressée à la transmission du savoir, et le monde de l’enfance s’est ré-ouvert à moi. Au fil des années, l’enfant et son bien-être est devenu quelque chose de fondamental à mes yeux. Évidemment, lorsque je suis devenue maman, cela a pris une tout autre dimension, c’est devenu une évidence : l’éducation et la pédagogie sont devenues comme une passion. Lorsque je repense à mes premiers pas d’enseignante… j’étais enfermée dans ma vision traditionnelle de l’école et j’ai fait beaucoup d’erreurs. Heureusement, j’ai depuis appris plein de choses, rencontré des personnes merveilleuses et intéressantes, enrichi ma vision de la pédagogie, et le plus fabuleux dans tout ça c’est que je ne suis qu’au commencement de ce cheminement! Il me reste encore des tas de choses à apprendre, à approfondir.

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J’ai rencontré des enseignants extraordinaires qui dépoussiéraient notre métier et posaient un œil bienveillant sur leurs élèves. J’en ai aussi rencontré beaucoup dont les méthodes me choquaient et les propos moqueurs sur les enfants me mettaient hors de moi. Petite fille, j’ai été très bonne élève, mais l’école n’a pas toujours été facile pour moi. Je crois que c’est grâce à cela, en partie, que je mesure aujourd’hui l’importance de créer une bulle où les enfants vont se sentir bien, en confiance, et apprendre à leur rythme.

Après sept ans d’enseignement, plusieurs années en REP mais aussi dans les beaux quartiers de Lyon, après un passage par la pédagogie Freinet qui m’a ouvert les portes des pédagogies dites alternatives, et surtout après beaucoup, beaucoup de lectures, de rencontres et d’expérimentations, je sens aujourd’hui que j’approche de mon objectif : trouver l’équilibre dans ma manière d’appréhender l’instruction.

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Mon but est simple, surtout depuis que j’ai moi-même un enfant et son éducation à charge : je suis convaincue que l’autonomie et le respect du rythme naturel de l’enfant sont la clé des apprentissages heureux. Bien sûr, j’ai lu Céline Alvarez et je rejoins ce qu’elle énonce, j’étais déjà convaincue par la pédagogie Montessori auparavant et je trouve que l’éclairage moderne d’Alvarez (grâce aux neurosciences) est plus que bienvenu pour relancer le débat au sein de notre société. Vous remarquerez que je ne dis pas « au sein de l’éducation nationale ». Non. L’éducation des enfants devrait concerné tout le monde, parents ou non, enseignants ou non. N’oublions pas qu’il s’agit des électeurs de demain. De futurs citoyens. Ce sont les enfants que nous éduquons aujourd’hui qui gouverneront dans le futur, qui feront des choix pour notre planète, qui décideront quoi faire de l’héritage qu’on leur laissera. Souvent, j’ai le sentiment que les débats sur l’école et l’éducation sont relégués auprès d’un public ciblé : les trentenaires et quadragénaires, parents, et les enseignants. Alors que l’avis d’un jeune bachelier ou d’un cadre célibataire sont tout aussi importants, et qu’il est nécessaire qu’eux aussi se sentent impliqués dans la question de l’éducation.

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Bref, je m’égare.

L’éducation, comme l’a dit Nelson Mandela, est l’arme la plus puissante que l’ont ait pour changer le monde. Une arme de paix, disait Maria Montessori. Je trouve cela si juste, si vrai, mais aussi si impressionnant! Grâce à l’éducation, on peut tout. Tout se joue lors de ces premières années. Bien sûr, la résilience permettra qu’une fois adulte, un enfant qui a été traumatisé, violenté, mal éduqué, pourra toujours se remettre sur les rails, se re-sociabiliser et apprendre la douceur. Heureusement, la nature a pensé à tout, et elle permet les corrections tardives (croyez moi, je suis passée par là). Mais il est tout de même indispensable de mieux penser l’éducation de nos jeunes, et de prendre enfin mesure de l’ampleur de l’enjeu actuel. Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans l’actualité, on se rend bien compte que ce ne sont pas les actions correctives, à-posteriori, qui ont un impact sur l’évolution de notre société (attentats, climat…). il faut agir à la base, à la racine. Diffuser les valeurs justes et humanistes le plus tôt possible plutôt que réprehender, incarcérer, punir lorsque les fautes sont commises.

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Plus je vis l’école au quotidien, plus je m’en éloigne. Je ne comprends plus cette institution, qui, je m’en rends compte, ne correspond pas aux valeurs primordiales pour moi. A ceux qui me disent qu’un enfant a besoin de se sociabiliser et que l’école joue ce rôle de sociabilisation, je réponds, oui bien sûr l’enfant doit côtoyer d’autres humains. Mais quel adulte vivrait bien de passer de longues journées avec trente autres adultes exactement du même âge que lui, assis à écouter puis faire ce qu’on lui demande (je grossis le trait bien sûr, mais la réalité n’est pas si éloignée). Personnellement, j’ai des amis de tout âge : l’une des personnes que je fréquente le plus est mon petit frère, de trois ans mon cadet. Je dîne souvent avec d’anciennes collègues qui ont entre 40 et 45 ans. J’adore les longues discussions que j’ai avec parents, sexagénaires. Mes amis ont souvent un, deux ou trois ans de plus que moi. Je suis très proche d’une de mes cousines qui a dix ans de moins que moi. J’adore faire la fête avec mes oncles, qui ont entre 45 et 50 ans. Le grand-frère de Robinson a douze ans de plus que moi et on est très proches, je discute énormément avec lui, on partage beaucoup. Bref, pas la peine de vous faire un dessin : personne ne se se contente de se sociabiliser avec des gens nés uniquement la même année. Tout simplement parce-que ce n’est pas enrichissant. Pourtant, on impose cela à nos enfants. Des classes surchargées composées uniquement d’enfants du même age. Évidemment, ça tourne en rond, ça se dispute, ça n’avance pas, on a l’impression de tirer de force une mule bien têtue qui a décidé d’aller dans la direction opposée à la nôtre. Celine Alvarez évoque cela dans son livre et je suis tout à fait d’accord avec elle. Je me suis « battue » avec mes collègues deux rentrées de suite pour que l’on compose des classes à plusieurs niveaux, pour diversifier, brasser nos groupes d’élèves, dynamiser et rendre nos classes plus vivantes, plus réelles. En vain, mes collègues n’étaient pas prêtes à travailler plus et à changer leur vision traditionnelle de l’école. Cela m’a un peu découragée, et, même si je suis restée en très bons termes avec cette équipe, c’est en partie l’une des causes de mon changement d’école.

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Donc, je disais : nous, adultes, vivrions très mal de devoir passer nos journées enfermés dans de petites salles avec trente autres personnes. Pourtant, on l’impose aux enfants. Souvent, cette situation s’étend sur plusieurs années : de la petite section au CM2, les classes restent les mêmes (sauf dans les grosses écoles où il y a plusieurs classes de CM1 par exemple, et où l’on peut rebrasser les groupes chaque année). Ce qui signifie qu’un enfant peut passer 8 ans entouré uniquement des mêmes vingt-cinq autres enfants, sans en connaitre beaucoup d’autres. En terme de sociabilisation, on a vu mieux, non ? Ce système aurait plutôt tendance à rendre fou plutôt qu’à développer les facultés sociales de n’importe quel être humain (ou animal même !).

Cet argument de sociabilisation n’est pas valable à mes yeux. Il y a plein d’endroits et de moments pour créer du lien, sauf qu’aujourd’hui, dans notre société, on les a un peu perdus de vue. La famille est le premier, mais aussi le voisinage, ainsi que l’implication dans la vie locale, ou encore les infrastructures culturelles, bibliothèques, ludothèques… Les aires de jeux ou squares sont bien sûr de hauts lieux de sociabilisation pour les enfants. Et puis, n’oublions pas les activités périscolaires : sport, musique, activités manuelles… Autant de moyens de rencontrer d’autres enfants, sans passer par la case « école ».

Je suis de moins en moins d’accord avec l’institution scolaire, le rôle que l’on attribue à l’école et surtout, surtout, les méthodes utilisées. J’avais vu une vidéo, une fois, d’un homme qui mettait en regard l’évolution de plusieurs éléments de nos vies, depuis une cinquantaine d’années. Il montrait comment la technologie avait évolué, avec les voitures très différentes de celles de l’époque, ou l’arrivée de l’informatique. Il montrait l’évolution des vêtements, des conditions de travail, etc (je ne sais plus exactement, c’était il y a plusieurs mois déjà!) et puis il montrait l’école il y a cinquante ans, et l’école aujourd’hui. Et on pouvait constater que rien n’avait changé : le maitre debout face à ses élèves assis, sommés de rester tranquilles, d’écouter, de comprendre et de retenir. Le savant déversant le savoir. Et, même si de plus en plus d’enseignants innovent et s’éloignent de ce modèle traditionnel, croyez-moi, ce que j’ai vu durant sept ans à droite et à gauche, au gré de mes diverses affectations, m’a fait comprendre que l’école avait très peu changé et qu’on imposait encore et toujours aux enfants de se « tenir », de faire ce qu’on leur demande, et de refréner leurs pulsions de curiosité, leur spontanéité, leur élans pleins de fraîcheur et d’innocence, leur soif d’apprendre et de savoir. Si l’on se place du point de vue de l’enseignant, on peut comprendre cela : comment gérer vingt-cinq à trente enfants, en même temps? Comment leur faire comprendre et apprendre TOUT le programme de l’année alors même que les programmes sont intenables (tout le monde vous le dira)? On demande aux instits de faire des miracles, alors ils font ce qu’ils peuvent : et ce sont les enfants qui en pâtissent.

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Depuis que je suis maman, je pense avec angoisse au moment où Little va devoir aller à l’école (oui, c’est une enseignante qui vous dit ça, et je ne suis pas la seule instit terrifiée à l’idée que ses enfants aillent à l’école) : le système me déplait, le rythme infernal me déplait, la non-considération des besoins propres à chaque enfant me déplait, l’éducation de masse me déplait, le moule dans lequel on veut enfermer les enfants me déplait, le carcan imposé par notre société me déplait. Bien sûr, mon discours est souvent mal reçu, puisque notre société ne tolère pas de penser qu’on puisse faire différemment. Qu’on puisse être normal, équilibré, humain, tout en n’entrant pas dans la norme. Je ne le vois que maintenant. Même si je sais que la petite graine de ces idées-là germe depuis bien longtemps en moi.

Il faut être très courageux pour oser défier la norme. Je suis admirative de ces familles qui osent franchir le pas. Je les envie. Et depuis la naissance de Little, je travaille doucement mais sûrement Robinson pour que ces mêmes-idées germent aussi en lui ^-^

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Céline Alvarez, qui a publié un désormais célèbre livre : Les lois naturelles de l’enfant

Après ma prise de conscience « pédagogique » (Freinet, puis Montessori, les pédagogies alternatives et innovantes pour faire bref), je suis entrée dans une phase plus familiale, plus maternelle de ma réflexion. Et ce, d’abord, en lisant un billet sur le blog de Bambichoses. C’était la première fois que j’entendais parler du unschcooling. Ou plutôt, la première fois que quelqu’un de « normal », une femme moderne bien dans ses baskets, avec des aspirations et une vie qui ressemblent aux miennes, évoquait ce sujet. Pour moi, l’école à la maison (l’IEF – instruction en famille, pour le jargon), le unschooling, était un truc de hippie, de personnes marginales vivant en rejet total de la société (coucou les idées reçues, hein !?!). J’ai lu l’article de Bambichoses (et un second là) avec passion et étonnement, et quelque chose a résonné en moi, cette idée s’est mise à m’obséder. C’était la suite de mon cheminement, ce processus enclenché avec le constat de l’échec de l’institution scolaire.
Ce jour là, je me suis mise à considérer l’IEF d’un autre regard, avec compréhension, empathie, et envie. De fil en aiguilles, j’ai découvert et lu d’autres blogs de familles qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école, et j’ai découvert tout un monde parallèle que j’avais pas soupçonné, des gens tout à fait normaux, éduqués, humains et généreux, qui décidaient de retirer leurs enfants de l’éducation nationale en désaccord avec leurs principes de vie, leurs valeurs. J’ai trouvé ça très beau et surtout courageux. Et puis, évidemment, j’ai trouvé ça excitant. Imaginez, le challenge !
C’est là aussi, que j’ai découvert le blog d’Eve Hermann, qui vit à Lyon, prend des photos sublimes de ses deux filles « non-sco » et de leurs activités et escapades dans la nature. Son blog est magnifique, inspirant, bien écrit, il donne vraiment envie d’envisager un retour à un état plus naturel de l’éducation, une éducation en famille, en petit groupe, qui suivrait le rythme de l’enfant et respecterait ses envies, ses besoins, sans pressions extérieures, sans carcan, sans moule à intégrer à tout prix.

J’ai eu la chance de croiser Eve il y a quelques jours, sur le chemin du parc. Elle était avec ses deux filles, ce sont elles que j’ai reconnues. Je me suis arrêtée pour discuter cinq minutes avec elles, j’étais très heureuse de la rencontrer, et je voulais lui dire que son blog m’inspirait beaucoup. Liv et Emy sont deux petites filles magnifiques, sauvages et pleines de vie.

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Peut-être que vous me prenez pour une dingue. Peut-être que vous avez été le/la bonne élève étant enfant, que l’école ne vous a pas traumatisé(e). C’est aussi mon cas. C’est difficile, dans ce cas, de comprendre le point de vue que j’expose aujourd’hui. C’est en rencontrant de plus en plus d’enfants « hors du moule », des jeunes malheureux car incapables de s’adapter au système (coercitif) de l’institution, des élèves en échec, qui progressivement s’isolent de cette même société qu’on veut leur imposer à tout prix. Des enfants incompris qui finissent par ne plus comprendre, et parfois par ne plus pouvoir empathir. Évidemment, les bons élèves ne vivent pas toujours mal l’école, ils en comprennent les codes, les attentes, ils respectent le moule, ils l’intègrent. Mais combien d’enfants n’y parviennent pas? Et se sentent responsables de ne pas y parvenir? Alors que les responsables, c’est nous adultes, acteurs de l’éducation, parents, citoyens. Laisser perdurer notre école vieillissante, notre système traditionnel et poussiéreux, sous prétexte que ça a toujours été ainsi et qu’on ne voit pas pourquoi ça changerait, c’est notre erreur à nous et la cause du mal-être de certains enfants, de l’échec de beaucoup d’entre eux, mais aussi de la radicalisation de certains, de la souffrance et de la rage que d’autres peuvent ressentir à l’égard de la société, à l’égard de l’autre, des institutions, de la République, etc… Comment pouvons-nous croire que nos enfants deviendront des adultes capables de penser, de prendre les bonnes décisions, de contrôler leurs émotions, de dispenser douceur et amour et empathie, de respecter l’autre et la planète, si on n’agit pas de la sorte avec eux? Nos écoles manquent de souplesse, manquent de temps, manquent d’amour, manquent d’empathie, manquent d’émotions. Le cadre est rigide, l’élève doit s’adapter, pas l’école. Les moutons doivent suivre le troupeau, parce-que c’est comme ça. Les enfants doivent tous apprendre la même chose au même moment (alors que, bon, un enfant de CP né en janvier n’a pas la même maturité intellectuelle et motrice qu’un enfant de CP né en décembre, on est d’accord??!), sans aucun respect pour leur besoin, leur rythme, leur envie, leur préférence, leur situation personnelle, leur vécu, leur intelligence. Je ne vois pas nos élèves développer empathie et compétences relationnelles dans les écoles. Je vois des enfants subir des rythmes effrénés, des enfants bouillonner sur des chaises, des enfants qui ne rêvent que d’aller courir dehors ou d’apprendre naturellement, en jouant, en se questionnant, en rencontrant. Tout est dématérialisé, tout est superficiel dans les classes d’aujourd’hui. Je me revois, en REP, tenter d’enseigner les différents paysages géographiques à mes élèves : paysages maritimes, montagnes, campagnes, déserts… Alors que la plupart n’étaient jamais sorti du quartier bétonné, hyper-urbain, qui les avait vus grandir! C’était tellement décalé! Il aurait fallu les emmener là-bas, sur place, les faire voyager, découvrir, toucher, expérimenter ces différents paysages. Mais comment? Et donc, à quoi leur servira ce genre de connaissances? Je ne sais pas, je me pose encore la question… Peut-être à quelque chose oui, je ne vois juste pas encore quoi.

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Aujourd’hui, je suis sûre d’une chose : j’ai envie que mon fils apprenne librement, quand il se sent prêt, quand il en ressent l’envie. Je l’observe depuis deux ans : il est curieux, volontaire, il veut comprendre, il veut savoir. Tous les enfants qu’on n’aura pas préalablement abrutis devant des écrans, ont cette soif de savoir. J’ai de plus en plus l’impression que c’est l’école (et la société) qui bride cette pulsion de connaissances, cette vitalité chez l’enfant. Franchement, il n’y a rien de moins naturel que de forcer un enfant à s’assoir et à apprendre. « Tiens! Apprends. Connais. Comprend. » Ce ne sont pas des verbes qu’on peut conjuguer à l’impératif… ( <- ce n’est pas de moi, je crois que c’est Céline Alvarez qui disait cela. Tellement vrai !).

J’ai envie de préserver l’innocence et la spontanéité de Little, d’encourager sa curiosité, de la nourrir, de la respecter, pas de la brusquer et de la forcer. J’ai envie qu’on prenne le temps, chaque jour, d’apprendre ensemble, de manière naturelle. Je rêve de journées passées au rythme de mon enfant, ponctuées de découvertes imprévues, d’activités rassurantes et connues et aimées, de lectures choisies par lui, en fonction de son centre d’intérêt du moment. J’aimerais qu’il développe les talents qu’il souhaite, et pas ceux qu’on attend d’un enfant de son age, de son sexe, ou de son milieu. Je rêve de journées passées au grand air, à contempler, observer, étudier le nez en l’air selon l’inspiration du moment, en fonction de l’étincelle qui jaillira, inattendue, dans le regard de mon fils. J’aimerais tant qu’il n’apprenne pas trop tôt les réveils aux aurores, les longues journées fatigantes, les contraintes incohérentes… Pourquoi nos enfants devraient-ils avoir si tôt des vies de petits adultes, des horaires de cadres, du stress et de la pression….? Je ne comprends pas…

J’ai peur pour Little, j’ai peur que l’école n’éteigne sa flamme, j’ai peur qu’il ne se mette la pression pour rentrer dans le moule. Je sais qu’il aura la chance d’avoir eu une maman enseignante qui sait exactement ce qu’il est censé apprendre à tel ou tel age. Évidemment, je lui donne déjà des billes, je le nourris intellectuellement, car il est demandeur et que j’adore passer du temps à partager avec lui. Je sais que faire des puzzles déjà si petit, va développer tout un tas de compétences primordiales pour la suite (motricité fine, coordination motrice, logique, structuration de l’espace, entre autres…). Je suis sûre qu’il réussira à l’école, scolairement je veux dire, je ne me fais pas de doute. Ce n’est pas ça qui m’inquiète. C’est simplement : est-ce-que les valeurs de l’école, son mode de fonctionnement, ce système, correspond à mes valeurs et à ce que j’aimerais transmettre à mon enfant? Est-ce qu’on ne va pas le brusquer, le pousser pour qu’il suive les apprentissages « de son age », ou au contraire, le freiner sur certains apprentissages qu’il maitrisera déjà mais par lesquels il faut passer car c’est de son age? Je le constate quotidiennement à l’école : chaque enfant est unique, avance à son rythme, est intéressé par des choses diverses, variées, mais surtout différentes de celles de son voisin. Impossible de mettre tout le monde dans le même sac, de secouer bien fort pour que le groupe s’imprègne de manière homogène de ses connaissances « imposées », et de s’imaginer qu’on peut passer à la compétence suivante, hop le tour est joué. Non, impossible. On le sait bien. Tout le monde le sait. Et pourtant, ce système perdure. Le changer, le repenser, demanderait trop de travail. Trop fatigant. Laissons les choses telles qu’elles sont. Envoyons nos enfants au casse-pipe. Il y en aura toujours bien un ou deux qui s’en sortiront.

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Je ne supporte plus ce système, je cherche des solutions, des alternatives. Pour moi, aujourd’hui, une éducation LIBRE et HEUREUSE se fait hors de l’école. Je rêve de faire l’école à la maison, comme ces familles : Add fun and mix, Bambichoses, Liv et Emy, entre autres… Je trouve ça alarmant que des enseignants tiennent un discours pareil, c’est bien le signe que quelque chose ne va pas. Si j’ajoute que mes deux seuls amis enseignants (c’est-à-dire, qui n’ont pas été au préalable des collègues mais que je connaissais avant l’éducation nationale) ont démissionné 4 ou 5 ans après avoir débuté dans le métier, je pense que mon tableau s’assombrira davantage encore. Je sais que mes propos peuvent surprendre, voire choquer, ou même faire sourire. Mais pour une fois, je suis sûre de moi. Je suis certaine que les valeurs humanistes et environnementales sont les plus importantes. Et clairement, l’école n’est pas leur lieu de propagation.

Voilà, je vais m’arrêter là, ce billet est on ne peut plus décousu, je l’ai écrit comme ça venait, avec mes tripes comme on dit 🙂 En tous cas, il me tenait à cœur de vous en parler , car je suis sûre que beaucoup ne savent pas ce qui se passe dans nos écoles aujourd’hui, au XXIème siècle. Voilà, maintenant vous savez : il ne se passe rien de plus qu’à votre époque, au XXème, et ce n’est peut-être même pas très différent du XIXème ! (Ah, si, on n’a plus le droit de taper sur les enfants! Ouf!). Peut-être aussi que certain(e)s d’entre vous partagent en partie mon opinion (radicale, oui je sais). Peut-être enfin que je vais faire définitivement fuir quelques uns d’entre vous. J’assume. Je sais que c’est un peu extrême, mais ça me semble si important… J’ai besoin de semer des graines autour de moi, même si je sais que je ne m’y prends pas forcément de la meilleure manière qui soit (trop vindicative, non?).

Si vous avez envie d’en savoir plus sur le sujet, je vous invite à lire Céline Alvarez et tous les blogs cités plus hauts. Et il y en a plein d’autres, faciles à trouver sur internet.

N’hésitez surtout pas à me laisser votre avis, je suis curieuse de voir l’effet de ce pavé (dans la mare) que j’ai écrit aujourd’hui. Bravo si vous avez réussi à me lire jusqu’au bout. Même moi, je n’ai pas le courage de me relire! Désolée pour les fautes!

Et, en attendant, portez-vous bien, et à bientôt !

PS : non, mais, sinon, j’aime bien mon métier hein? Ce sont juste les conditions de travail et les mentalités poussiéreuses qui me font hurler ^-^….

 

 

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Soir d’automne

Oh que j’aime ces dimanches soirs d’automne… Là, je sirote un verre de vin rouge ouvert hier pour un apéro entre voisins (il est délicieux, Robinson est parti ce matin en racheter deux autres bouteilles ^-^), une savoureuse odeur de beurre fondu et de persil emplit la pièce et me fait saliver à l’idée de déguster la poêlée de champignons que prépare Robinson. Little est couché, j’ai allumé une bougie, étalé sur la table une jolie nappe blanche et noire à grosses fleurs. Ce matin et cet après-midi, nous sommes sortis nous promener à vélo, profiter du soleil revenu après la météo apocalyptique d’hier. Pendant la sieste de Little, on a rangé et emballé des affaires, le déménagement se prépare tranquillement, mais la douceur de notre cocon actuel est toujours bien agréable. J’ai hâte de le quitter, mais je profite des derniers moments, avant que les cartons n’aient envahi l’espace, avant que le stress ne sature de ses tensions l’atmosphère de notre petit foyer.

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Pour accompagner ces jolies journées d’automne (mes préférées ! ), je lis un Fred Vargas, je trouve ces romans tellement doudous, tellement réconfortants (plutôt étrange d’utiliser ces adjectifs, lorsqu’on parle d’un polar, non ?… °-°), je tartine mon pain de gelée de coings pour accompagner mon thé du matin, je fais des tartes aux pommes et des gâteaux à la vanille. Je regarde des films anglais, parce-que j’adore ça, et que ça va tellement bien avec l’ambiance paisible, élégante et surannée de cette saison particulière.

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En automne, comme tous les ans, j’ai envie d’une paire de bottes en caoutchouc pour affronter la pluie sans avoir peur de me salir (mais, à vrai dire, je ne suis pas du genre à avoir peur de me salir… #teamgarçonmanqué), de la fabuleuse parka qui me fait rêver depuis plusieurs années à présent, de bottines à lacets, en cuir marron, toutes souples et gavroches, de rouge à lèvres aubergine et bordeau foncé, de me teindre les cheveux en roux, de ne plus sortir de chez moi sauf pour passer au marché me ravitailler en champignons et en châtaignes (mais qui ne se nourrit que de ça…?), de dormir et de lire, et de regarder des films en amoureux. L’automne, saison hautement cocooning…

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D’ailleurs, si vous avez envie d’un petit film parfait pour la saison, j’ai vu et beaucoup aimé Mémoires de Jeunesse (Testament of Youth en VO), avec le très beau Kit Harrington (John-Ohmygod-Snow de Games of Thrones), et l’irrésistible Alicia Vikander, que je découvrais ici et dont j’ai envie de regarder tous les films (belle, talentueuse, intelligente… Cette fille est impressionnante !). C’est une histoire vraie, d’amour et de guerre, de littérature et de femmes intelligentes et indépendantes. Ça se passe en Angleterre au début du siècle, et rien que ça, c’est suffisant pour me faire aimer ce film (les paysages de campagne m’ont fait rêver…).

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Je vous laisse, la poêlée de champignons est servie, Robinson a re-rempli mon verre, et un vieux film nous attend (on va même faire éclater du pop corn ! #commeaucinémaquandtuasunenfant). J’espère que vous profitez vous aussi de ces belles journées rousses et or, et que ce rapide billet vous a plu.

A très bientôt,