The book club – bilan 2017

J’aime beaucoup le titre de catégorie qu’a choisi ma jolie Louise (A pirate’s life for me) pour parler de ses lectures, alors je me permets de la copier et d’intituler mes rubriques lectures de la même manière, j’espère qu’elle n’y verra pas un plagiat mais un hommage ^-^

❤ cœur sur toi ma Louise

Alors, 2017 en lecture, ça donne quoi ?

En 2017, j’ai lu à peu près autant de livres qu’en 2016. J’ai un rythme assez constant, à savoir un livre par mois durant l’année scolaire (oui, oui, c’est peu…), puis une boulimie (enfin, 5 ou 6 par mois, quoi, pas de quoi casser trois pattes à un canard non plus…) pendant les vacances d’été ->  lorsque le rythme de nos journées s’apaise, qu’on prend le temps de prendre le temps…

J’ai surtout constaté que, ces derniers mois, j’allais de bon livre en bon livre, ce qui est franchement chouette car, quand on a peu le temps de lire, comme c’est mon cas, on n’a pas envie de lire de mauvais bouquins… pas de temps à perdre avec les navets, surtout que, pour ma part, une mauvaise lecture va refréner mon envie de dévorer d’autres livres, va retarder le moment où je choisirai un nouveau livre pour m’y plonger, en gros, une mauvaise lecture va venir ralentir encore plus ma cadence déjà pas bien rapide ! Si seulement mes journées durait 48 heures…
Ahhhh, dans un monde idéal, je passerai mes matinées à lire et mes après-midi à écrire… Une séance de yoga au réveil, un peu de jardinage à midi et un apéro en famille le soir, avant de regarder un épisode d’une bonne série ou d’aller au cinéma. Ça ne serait pas une journée parfaite, ça??  Bref, je m’égare…

En 2017, j’ai donc lu très exactement 20 livres. Oui, c’est peu, mais à ma décharge, certains étaient des pavés ! (J’aime bien les gros livres qui se dégustent lentement). Et puis, aussi, j’ai lu plein d’autres choses, notamment des ouvrages pédagogiques et des livres de jeunesse, pour Little ou mes élèves, mais je n’en tient pas compte dans mon bilan, bien sûr…
En 2017, il y a aussi eu beaucoup de relectures. Parfois, lorsque je ne savais pas quoi lire (oui, ça peut vous arriver lorsque vos journées sont si remplies que vous n’avez plus le temps de flâner en librairie ou de passer à la bibliothèque, et que vos amis ne vous ont pas prêté un bon livre la dernière fois que vous les avez vus…), plutôt que d’attendre sans rien lire, je prenais dans ma bibliothèque un de mes livres chouchous, pour être sûre de ne pas vivre ce fameux, tant redouté, moment de mauvaise lecture que j’évoquais plus haut.

Bref, je bavarde je tergiverse, mais venons-en à l’essentiel : un récapitulatif et un petit top et flop de mes lectures 2017.

Mes relectures:

♥ Les quatre tomes (qui sont, depuis, parus sous la forme d’un seul ouvrage réunissant les quatre) de Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh. A mes yeux, un classique de littérature jeunesse / young adult, qui me fait toujours autant sourire, rire et avoir les larmes aux yeux. J’adore le style de cette auteure, le rythme de ses dialogues, le vocabulaire imagé et hors du commun qu’elle utilise, et surtout l’ambiance très cocooning de ses romans. (PS : pour les amateurs de BD, l’adaptation du roman en format bulles existe en 4 tomes également, les dessins sont très beaux).quatre soeurs
Comme Les Trois Mousquetaires étaient quatre, les Quatre Sœurs Verdelaine sont cinq.
Il y a les plus jeunes, celles qui, chacune, donnent son titre à une partie de ce livre : Enid, 9 ans, se dévoue à la protection des pensionnaires du grand sycomore du jardin, Blitz l’écureuil et Swift la chauve-souris, et dialogue à l’occasion avec son ami Gnome de la Chasse d’eau. Hortense, 11 ans, passe le plus clair de son temps à lire, à tenir son journal et à se demander ce qu’elle va faire comme métier.
Architecte ? Chirurgienne ? Bettina, 14 ans, fait sa bêcheuse dans la salle de bains, se shoote aux 218 épisodes du feuilleton Cooper Lane, copine avec Denise et Béhotéguy, et enquiquine le reste du monde. Geneviève, 16 ans, prend des cours de boxe thaïe essoufflants tandis que les autres la croient occupée à baby-sitter. Mais il y a aussi Charlie, l’aînée, 23 ans, qui s’occupe de tout : bricoler, cuisiner ; travailler dans un labo, aimer Basile, tirer le diable par la queue et tenter d’élever ses cadettes depuis la mort des parents.4 soeurs
Tout ce petit monde habite la Vill’Hervé, une grande maison au bout du bout de la lande, au bord du bord de la falaise, pleine de recoins, de mystère, d’hôtes de passage et de pannes de Madame Chaudière. Il essaie de vivre (ça marche), il essaie d’aimer (bof, bof…), il essaie d’affronter les épreuves (tout est toujours à recommencer) et il essaie d’en rire (à tous les coups l’on gagne). 7 ans (de réflexion) après leur première sortie, et le plébiscite de quelques centaines de milliers de lecteurs, revoici les Quatre Sœurs, dans un habit neuf taillé sur mesure.

♥ Sept garçons, d’Anne Wiazemsky. C’est définitivement l’un de mes livres préférés, je le relis très régulièrement. En 2017, il a eu une saveur particulière puisque le film traitant de la relation entre Jean-Luc Godard et la jeune Anne Wiazemsky est sorti au cinéma, et surtout parce-que, un mois plus tard, Wiazemsky est décédée…
Je vous ai déjà parlé de ce roman et de ma rencontre avec lui… Une anecdote qui a marqué ma vie de lectrice, et que je vous re-raconte bien volontiers : j’avais 16 ou 17 ans, je venais au Salon du Livre de Metz pour y rencontrer mon écrivaine contemporaine favorite (Shaïne Cassim), il était midi et celle-ci venait de partir déjeuner au restaurant avec d’autres auteurs. J’étais très déçue de ne pas pouvoir la rencontrer, alors, me voyant dépitée, mes parents qui m’accompagnaient m’ont proposée de visiter les autres stands pour m’offrir le livre de mon choix. Par hasard, je finis par lire la quatrième de couverture de Sept Garçons, d’Anne Wiazemsky. Le résumé me plaît, je discute un peu avec l’auteure et je lui raconte ma déception de ne pouvoir rencontrer Shaïne Cassim. Ça me fait sourire aujourd’hui car je me trouvais face à une célébrité septmais je n’en avais aucune idée, je ne l’ai su que bien plus tard… Compréhensive, elle m’a écoutée et écrit une petite dédicace dans le roman que je lui ai acheté, et qui, je ne m’en doutais pas une seule seconde, allait devenir l’un de mes livres préférés. Elle y a écrit qu’elle me remerciait pour ma confiance (de la choisir aveuglément, en dépit d’une autre auteure qui aurait été mon premier choix) et qu’elle espérait que cette découverte me plairait. C’est drôle, non, quand on y pense ?…
Cette énième relecture ne m’a pas déçue, j’aime le rythme lent, indolent des vacances d’été qui y sont décrites, et l’histoire m’arrache toujours les mêmes larmes…

Voici le résumé proposé sur Babelio : C’est un livre attachant qu’Anne Wiazemsky vient de publier. L’un de ces romans dans lesquels une atmosphère émerge dès les premières pages. D’emblée, on sait que le livre nous conduira au cœur d’une énigme : ici, il s’agit de celle de l’enfance. Comme le titre Sept garçons ne l’indique pas, l’héroïne est une petite fille (Roséliane) qui, au cours de vacances où sept garçons l’entourent, va découvrir ce qu’il faut appeler sa féminité. Les garçons quant à eux joueront à être de vrais petits hommes : chacun voudra éprouver la demoiselle. Mais dans ces jeux enfantins auxquels les adultes décident de ne jamais se mêler, une curieuse ambiance règne. Il plane un « quelque chose » de grave. Comme si ce moment de l’enfance était le temps où toute la vie future prenait forme. Comme s’il fallait que les risques les plus terribles et les plus déterminants y soient pris. Au fond, à quel moment et pour quelles raisons l’enfance finit-elle ? C’est la question que pose Anne Wiazemsky. 

Mes « cycles » d’auteur :

♥ Vous l’avez peut-être remarqué, quand j’aime un auteur, je suis du genre à dévorer plusieurs de ses romans à la suite, pour bien m’imprégner de l’ambiance et du style. En 2016, cela m’était arrivée en découvrant Joyce Maynard, dont j’ai lu presque toute la bibliographie d’une traite. En 2017, c’est une auteure (au même prénom !) sur laquelle je lorgnais depuis trèèèèèès longtemps sans avoir le courage de me lancer, qui m’a emballée : Joyce Carol Oates.
On connait tous ce nom, son succès, mais je n’avais jamais rien lu d’elle. J’avais peur que ce soit trop… bizarre, ou trop noir, ou trop compliqué, je ne sais pas… Avec le recul, je me dis que je n’étais simplement pas prête pour cette auteure, et qu’il faut savoir écouter ce genre d’intuitions. Ses livres m’intriguaient mais, comment dire… je n’avais pas trop envie. Jusqoatesu’au jour où, finalement, à ma petite librairie adorée (La librairie du Tramway, dans le 3ème arrondissement de Lyon, pour ceux que ça intéresse ^-^) j’ai eu le déclic, inexplicablement, et j’ai donc demandé à une libraire par quel roman de J.C. Oates elle me conseillerait de commencer. Elle a proposé Les Chutes, mais ne l’avait pas, alors s’est rabattue sur La fille du Fossoyeur. Et encore une fois je me dis qu’il n’y a pas de hasard. J’ai A-DO-RÉ La fille du Fossoyeur. Ce roman m’a terriblement marquée. Puis, une fois terminé (et je peux vous dire que c’était long! JCO est très prolixe, ses romans sont énormes) j’ai enchainé avec un roman encore plus dense, plus énorme, Blonde, toujours de JCO.
Re ->  coup de cœur incroyable
Je me demande si ce roman ne m’a pas encore plus marquée que le premier.
Ensuite, j’ai lu un de ses premiers romans, assez court, Délicieuses Pourritures, pas mal. J’ai laissé passé deux mois pour digérer un peu tout cela, et lire d’autres choses (un autre cycle d’auteur dont je vous parle juste après) et en septembre j’ai repris ma découverte de JCO en lisant ce fameux Les Chutes que m’avait de prime abord conseillée la libraire. J’ai bien sûr énormément aimé, mais finalement moins que mes deux blondepremières découvertes. J’ai été franchement marquée (je ne trouve pas d’autres termes… ni secouée, ni ébranlée, ni bouleversée…) et fascinée par ses deux gros romans, La fille du Fossoyeur, et Blonde. Pour ce dernier, j’avais quelques a-priori car je savais qu’il racontait la vie (imaginée par JCO, donc sous forme de fiction) de Marylin Monroe et, personnellement, je n’avais jamais éprouvé un grand intérêt pour cette icône. Après la lecture (éprouvante, intense, incroyable) de Blonde, j’ai changé de regard sur le phénomène et, même si je ne l’idolâtre toujours pas comme l’égérie glamour que certains voient en elle, la sublime femme torturée à la vie mouvementée que j’ai découverte dans Blonde m’a franchement passionnée. Bref, ces deux livres sont vraiment les pépites de 2017 pour moi.

Voici le résumé de La fille du Fossoyeur : « J’ai su alors qu’un homme pouvait aimer. Avec sa musique, avec ses doigts, un homme peut aimer. Un homme peut être bon, il n’est pas forcé de vous faire du mal « : quand elle rencontre le pianiste Chet Gallagher, Rebecca ose à peine y croire.
Enfant de, juifs allemands réfugiés dans une petite ville américaine, elle a grandi dans la terreur et la misère.
Sa fuite éperdue à travers l’Amérique triomphante de l’après-guerre semble ne, jamais devoir s’arrêter. A moins que l’amour ne la rattrape…

Je ne vous propose pas le résumé de Blonde, mais plutôt le commentaire qu’en fait une lectrice sur Babelio, commentaire dans lequel je me suis tellement retrouvée que j’aurais voulu l’écrire moi-même, mot pour mot !
Attention, livre dangereux. Bombe à bord.
Pas celle que vous croyez, pas juste cette bombe-bombasse blonde dont l’éclat saisissant abasourdit pourtant encore, mais une bombe à fragmentation qui continue d’exploser dans la profondeur de l’être longtemps après avoir tourné chacune des pages de ce roman terrible.
Je ne sais pas pourquoi l’écriture de Joyce Carol Oates m’évoque toujours l’univers de l’eau, mais le fait est que « Blonde » n’échappe pas à la règle : la lecture de « Blonde » est une immersion, presque une noyade, dans les méandres dans l’esprit complexe, multiple et extraordinairement sensible de Norma Jean Baker.
Il faut tout le talent de JCO, dont la plume souvent un peu trop… vagabonde dirons-nous, colle cette fois-ci parfaitement à son sujet, et réussit à chaque ligne de ce gros pavé (1100 pages mais pas une de trop, une gageure !) à nous ancrer dans une profonde empathie pour cette lumineuse pauvre fille et nous faire entrer à l’intérieur même de ses fêlures. Et ce grâce aux deux plans de lecture qui s’entrecroisent pour nous ferrer comme des insectes dans une toile.
Il y a le plan linéaire déroulant les étapes de la tragédie : les pages terribles sur l’enfance et la mère toxique, les pages douloureuses sur l’orphelinat, les pages sordides sur Hollywood, les pages incandescentes sur la naissance de « Marylin », les pages belles à pleurer sur l’amour véritable et protecteur d’Arthur Miller
Et puis il y a le plan syncopé, brouillé dans lequel JCO superpose et entremêle plusieurs faces de Norma Jean, assez confusément pour que l’on ne sache pas parfois à laquelle l’on a affaire, assez inexorablement aussi pour que l’on comprenne que les plus noires finiront par définitivement polluer les plus pures, jusqu’à l’issue fatale.
Je ne suis pas à proprement parler une fan de Monroe, mais ce livre m’a profondément émue et troublée, et donné envie de voir ou revoir certains films de Marylin pour tenter de percevoir la profondeur quasi-monstrueuse de ces décalages de personnalités que JCO donne à voir dans le livre (si délicieuse dans « Certains l’aiment chaud », si dévastée sur le plateau ; si cavalière dans « Bus stop », si terrifiée dans la vraie vie ; si vénale dans « Niagara », si infantile entre deux prises)…
Ça donne envie de plonger, non ?!

♥ Je suis une grande grande fan (comme tout le monde, non ?) de Fred Vargas, dont les polars sont les seuls qui trouvent grâce à mes yeux de lectrice de romans non-policiers… ! J’avais déjà lu beaucoup de ses livres (il faut dire que, heureusement pour nous, Vargas est une grande bavarde qui produit beaucoup !) mais c’était sans compter sur l’une de mes amies qui m’a apportée une pile de presque tous les Vargas que je n’avais pas lus ! J’ai donc eu le loisir de me plonger dans un cycle d’auteur plus polars durant quelques mois.

J’ai adoré :
Un peu plus loin sur la droite
Sans feu ni lieu
Sous les vents de Neptune

J’ai beaucoup aimé :
L’homme aux cercles bleus

J’ai passé un moment agréable mais sans plus :
Dans les bois éternels
Coule la Seine (recueil de trois nouvelles)

Sous les vents de Neptune est clairement l’un de mes préférés (peut-être pour son ambiance glaciale et ses expéditions au Canada?), avec deux autres que j’avais lus l’année d’avant, L’armée furieuse (en Normandie, j’ai adoré) et Temps Glaciaires (en Islande, le kiffe total !) .
S’il est vrai qu’au bout de trois ou quatre Vargas, son style très particulier peut commencer à devenir lassant, j’avoue volontiers que cela ne m’empêche pas d’adorer ses romans, ses personnages truculents, ses atmosphères si typiques, et ses intrigues qui me laissent toujours abasourdie par les dénouements (je ne suis parvenue qu’une seule fois à deviner le « méchant » avant Adamsberg…! Le reste du temps, impossible pour moi de deviner, je me laisse toujours menée par le bout du nez par Vargas…!)

Des découvertes coups de cœur :

Je vous l’ai dit, j’ai lu beaucoup de livres qui m’ont énormément plu en 2017, alors désolée si tout ce billet vous semble une suite de superlatifs et de critiques enthousiastes…!

Camarades, de Shaïne Cassim. Si le nom de l’auteur vous semble familier, c’est normal, j’en parlais plus haut lorsque j’évoquais ma rencontre fortuite avec Anne Wiasemsky et mon rendez-vous manqué avec l’une de mes auteurs « jeunesse » chouchoute, Shaïne Cassim. J’ai lu la plupart de ses romans, et je crois que je suis très sensible à son style simple et élégant, et à la sensibilité de ses personnages et de leurs intrigues. Camarades est actuellement son dernier roman, on y suit plusieurs jeunes gens (qui ont quinzaine d’années mais semblent, clairement, plus matures et plus proches de la vingtaine…), à travers leur histoire, leur engagement, leur solidarité, dans leur pays respectif (ou non), au moment de la Révolution de 1870.
Ce roman fait voyager dans l’espace (Russie, Pays de Galles, Pologne…) et dans le temps, il m’a dépaysée et fait découvrir une période historique que, malgré mon amour pour le 19ème siècle, je connais finalement peu (et pourtant mon PPE en 1ère portait justement sur la littérature de Victor Hugo contre le pouvoir de Napoléon III… je sais, je sais, moi non plus je ne comprends pas comment je peux avoir une telle mémoire de poisson rouge…! Les choses passent dans ma tête et puis filent…).
camarades
Voici la quatrième de couverture : Dans une forêt enneigée, par moins trente degrés, en Russie, un jeune homme réussit à s’enfuir d’un bagne et à échapper à la police du Tsar. Au même moment, une jeune fille qu’on a battue perd connaissance dans une rue de Paris. En Normandie, une autre jeune fille commet un acte irréparable et trahit la seule personne qui lui soit fidèle. Dans un petit village du Pays De Galles, un garçon, perché au sommet d’un arbre, refuse obstinément de descendre. Il comprend qu’il vient de prendre sa vie en main. Ils s’appellent Evgueni, Gisèle, Eulalie, Eddie. Ils ont quinze ans, ils sont seuls au monde, ou presque. Chacun d’eux s’est accroché à un fil fragile que lui tendait tout à coup le destin. Nous sommes en 1870, et alors que grondent à la fois la guerre et la révolution, ils se rencontrent à Paris, où le pouvoir de Napoléon III met si facilement les gens en prison. C’est là que leurs vies vont se mêler. Et que leurs espoirs vont renaître. 

Au-revoir là haut, de Pierre Lemaître. Le prix Goncourt 2013 n’a pas volé son succès, ça a été un énorme coup de cœur pour ma part ! Et pourtant, il n’avait rien pour me tenter, ce roman : traitant de la Grande Guerre et de ses « gueules cassées », de politique et de misère sociale, je n’étais pas franchement emballée par le sujet. Comme quoi, il est parfois difficile de sortir de sa petite zone de confort, j’en suis la première convaincue ! Mais encore une fois, c’est mon amie Alma qui me l’a prêté (en plus de la pile de Fred Vargas) en m’encourageant à essayer malgré mon peu d’attirance. Comme elle a bien fait ! Ç’a été une lecture formidable, très différente de ce que je lis habituellement mais aussi, du même coup, rafraîchissante, surprenante, jouissive. Malgré le sujet qui peut sembler à certains rébarbatif (comme pour moi, par exemple !) le roman se lit très facilement, le style est fluide, drôle, mais aussi maitrisé et digne du prix que l’auteur a reçu ! J’avais très envie de voir le film qui est sorti cet automne (juste après que j’ai fini de lire le roman, justement…) mais je n’en ai pas eu l’occasion, j’espère me rattraper avec la VOD car l’adaptation ciné a l’air exceptionnelle, pour une fois.

aurevoirVoici le résumé du roman : « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »
Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec Ses morts…
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.
Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

Petit bonus :

Les notes qui s’aiment, de Jean-Pierre Chiron.
J’ai beaucoup de chance, dans mon école mes collègues sont des artistes, et l’un d’entre eux est écrivain ! Il a été publié à plusieurs reprises, notamment pour son cycle de polars dont le premier rôle est tenu par le personnage de Lou Grimaud, flic à la PJ de Lyon. notes qui s'aimentJ’étais très curieuse de découvrir les écrits de mon collègue, cette lecture m’a beaucoup plu, et surtout re-motivée à écrire alors qu’à ce moment là j’avais une petite baisse de régime. Le roman de Jean-Pierre Chiron est agréable à lire, bien écrit, fluide et ses personnages bien campés. J’ai beaucoup aimé que l’intrigue prenne place à Lyon, on sent le vrai lyonnais derrière la plume, connaissant chaque ruelle, chaque route, chaque place, chaque vue… C’est forcément pittoresque, et pour une lyonnaise de cœur comme moi, ce genre de lecture est rare et appréciable. Le style de l’auteur est simple et efficace, et l’intrigue prenante. Un polar bien écrit et haletant n’est pas si facile à trouver, surtout quand on ne veut pas se retrouver avec des romans sanguinolents et cruels (c’est mon cas, j’ai beaucoup de mal avec les thrillers trash et tous les polars nordiques plébiscités depuis quelques années, types Millénium ou Camilla Läckberg, au suspens certes insoutenables, mais au style absolument rédhibitoire pour moi, me laissent de marbre…)
J’ai passé un bon moment, je me suis laissée prendre par l’histoire et j’ai trouvé les personnages assez attachants pour repenser à eux à d’autres moments de la journée alors que je n’étais pas en train de lire (à mes yeux c’est un indice d’une bonne lecture, pas vous ?). J’espère avoir l’occasion de lire d’autres romans de mon collègue cette année, en attendant je peux vous dire que je me régale déjà de nos discussions autour du processus d’écriture, du monde de l’édition, de nos lectures diverses etc… c’est vraiment enrichissant de travailler avec des personnes telles que lui !
Voici la quatrième de couverture pour vous donner envie : Affectée à la P.J. de Lyon, le lieutenant Lou Grimaud est confrontée dès sa prise de fonction à une série de meurtres aussi subtils que violents. Comme si le tueur, mélomane et pervers, l’avait attendue pour la tester. La musique de Mozart, n’adoucit pas vraiment les mœurs. Jeu de piste noire sur fond d’opera seria, une sombre partition où la moindre erreur peut conduire à la mort du chasseur sur la trace du fauve, une partie d’échec entre un chef d’orchestre masqué et une inspectrice, aussi obstinée que séduisante, qui apprend vite la musique.

J’ai omis de parler de certaines autres lectures qui ne m’ont pas franchement marquée, sans pour autant avoir été désagréables. Ce billet est déjà bien assez long, j’espère que certain(e)s d’entre vous auront réussi à le lire en entier ?! Si c’est le cas, n’hésitez pas à vous faire connaître pour que je vous félicite  ^-^  mais surtout à me donner votre avis sur ces impressions et conseils littéraires. Connaissez-vous certains de ces titres ? Ai-je réussi à vous donner envie d’en lire certains ? Avez-vous eu des coups de cœur lecture en 2017 ?

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Une réflexion sur “The book club – bilan 2017

  1. Coucou !
    Trop BIEN, merci, je n’ai lu que les Vargas parmi tout ce que tu cites !!! Notamment pour Joyce Carol Oates dont j’ai lu qqs titres sans qu’ils ne me marquent plus que ça (remarque, c’est faux, il y en a un qui m’avait assez marquée) : il faut donc que je lise ceux que tu cites 🙂
    As-tu lu Alice Munro ? Je l’aime inégalement, mais son style me fait penser à JCO (il ne faut surtout pas la lire en VF, en tout cas).
    Moi je suis lassée de Fred Vargas. J’ai beaucoup aimé au début, et depuis 3-4 titres, je ne suis plus fan. Son style ne me plaît plus, je n’accroche plus aux personnages…
    En tout cas MERCI pour toutes ces références !
    Moi je te recommande Americanah et le nouveau Philip Pullman…
    Bisous

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