Mon école

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Atelier de grammaire Montessori : manipulation des formes de grammaire, jeu auto-correctif.

Le sujet de l’éducation revient régulièrement dans mes billets, j’en ai bien conscience, et j’ai d’ailleurs eu un certain nombre de questions à ce sujet. Après mon billet sur le pourquoi je ne veux pas scolariser mon fils (mais je le scolariserai tout de même car je n’ai pas, malheureusement, les moyens financiers pour faire l’IEF – et parce que Robinson n’est pas d’accord avec cette idée d’école à la maison, aussi), voici un petit (ah ah, petit… genre. Il va être beaucoup trop long, comme d’habitude) article sur ma classe, ou comment j’essaie d’appliquer mes principes pédagogiques au carcan parfois trop rigide de l’Éducation Nationale.

Multi-niveaux

À chaque réunion de répartition (celle où l’on décide du paysage de nos futures classes, où on se répartit le niveau et les élèves), je me BATS pour, au mieux faire uniquement des classes à niveaux multiples, au moins obtenir une classe avec un double-niveau. Dans mon idéal, tous les collègues travailleraient en niveau double ou triple, et pas forcément avec des classes d’âge qui se suivraient. J’ai vu, dans plusieurs écoles (en REP, notamment), des classes de CP-CM2 qui fonctionnaient merveilleusement bien. Les études actuelles le montrent : les enfants ont besoin d’être brassés avec des enfants d’âges différents. Comme je l’avais déjà dit dans mon billet sur l’IEF, nous-mêmes adultes, ne nous contentons pas de fréquenter des gens qui auraient uniquement notre âge, nous avons des amis plus jeunes, plus vieux, et cela apporte une véritable richesse dans nos échanges.
J’aime les classes à niveaux multiples car:
– je ne m’ennuie pas (j’ai le syndrome Carrie Mathison, j’ai besoin d’être en ébullition constamment, sinon, je tourne en rond et suis malheureuse comme une pierre)
– on est OBLIGÉS de différencier, c’est-à-dire de réflechir à une compétence développée dans plusieurs niveaux de difficultés, et cela est une richesse pour les élèves qui ont des difficultés MAIS AUSSI pour les élèves qui se baladent dans leur niveau et s’ennuient vite. Qu’un enfant de CP puisse, selon ses envies et réussites ou besoins, refaire un travail de Grande Section ou passer à une compétence de CE1, est pour moi juste INDISPENSABLE.
– une réelle entraide se met en place entre les élèves, le tutorat est aussi bénéfique pour celui qui a besoin d’aide que pour celui qui aide, voire même PLUS bénéfique pour le tuteur, car on n’apprend jamais mieux que lorsqu’on reformule une consigne ou qu’on essaie d’expliquer une compétence qu’on a soi-même comprise.
– il y a beaucoup moins de tensions entre les élèves que dans une classe où TOUS ont le même âge, et où ça tourne vite en rond. Prenons un exemple concret : cette année, j’ai une classe de CE1-CE2. Parmi mes CE1, il y  a un élève vraiment difficile, pénible, désagréable avec les autres, il a toujours le mot blessant, l’attitude méprisante, bref, vous voyez le portrait. Cet élève, typiquement, serait un véritable « parasite » (désolée si le mot vous choque, c’est juste une image) dans une classe de CE1 uniquement. Il prendrait toute la place, serait odieux avec tout le monde et s’approprierait le rôle du vilain petit canard, ce qui serait terriblement néfaste pour lui et pour la suite de sa scolarité. Or, dans ma classe actuelle, cet enfant côtoie des « plus grands », et il se permet donc beaucoup moins de choses. Il est pénible, oui, mais il ne joue pas la carte du « bad boy » à fond comme il le ferait avec des enfants uniquement de son âge. Le fait d’être avec des grands, des CE2, lui donne aussi envie d’être respecté par eux, de faire partie de leur bande, et donc de se montrer (parfois) digne de ces « grands ». Alors il fait parfois des efforts, et il se fait moins « vilain petit canard ». Des fois, il sait se faire oublier, ou même mieux, essayer de participer et d’être agréable (rarement, mais assez pour que l’effort ne passe pas inaperçu !). Bon, j’essaie de vous replacer tout cela dans ce que j’imagine de la mythologie mentale de ce petit garçon. En réalité je me plante peut-être complètement.

J’enseigne depuis sept ans (ou huit ? je ne sais plus), c’est peu, certes, mais ça m’a permis d’expérimenter les niveaux simples et multiples, et indéniablement, je trouve le niveau multiple plus riche, plus innovant, et plus apaisant pour les élèves.

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Les ateliers en libre-service

Ateliers et manipulation

Peut-être que mes premières années en maternelle m’ont appris à me détacher du sacro-saint combo « papier-crayon » car je ne suis pas du tout une adepte de la tradition en la matière. Des fiches d’exercices ? Beurk… Qu’on soit en grande section ou en CM1, pour moi, les apprentissages se font par la manipulation, l’expérimentation, le concret, et non par une fiche de préparation suivant le monotone déroulement : « découverte de la notion, exercices, leçon, évaluation ». C’est un point de vue personnel, discutable, qui ne plait pas toujours. Heureusement, pour l’instant, je n’ai pas eu de plaintes de parents ^-^ Parfois, certains me demandent un peu inquiets : « euh, vous les évaluez bien tous les trimestre, hein ? Il y aura un bulletin, et on pourra voir les fiches corrigées ? ». Je prends toujours beaucoup de temps en début d’année pour expliquer ma démarche. Généralement, cela plaît aux parents d’aujourd’hui, qu’on soit dans une école de bobos (comme la mienne actuellement) où les parents sont friands de pédagogie alternative et d’école ouverte, ou qu’on soit dans une REP (comme mes dernières années) où les parents veulent à tout prix éviter l’échec social à leurs enfants, et se fichent des programmes comme de l’an 40, tant que leur gamin se sent bien à l’école et ne se retrouve pas en décrochage scolaire. En fait, j’ai l’impression que tous les parents, ou presque, veulent la même chose pour leur enfant : le bien-être, le bonheur à l’école. Après, chacun l’adapte comme il veut ou peut. Personnellement, ma vision du bonheur et du bien-être ne passe pas par la réussite à tout prix et la concurrence (personnellement, j’ai très mal vécu mon année de concours, notamment). Quand je pense à Little, et à l’école que je souhaite pour lui, il s’agit d’une école libre, ouverte sur l’extérieur, où les enfants joueraient toute la journée, et apprendraient par la rencontre fortuite de leur curiosité et d’une question de la vie. « Tiens, la graine a germé ? Comment ça marche ! Je veux comprendre ! » ou bien  » Mais pourquoi faut-il dire Je veux que tu viennes et non Je veux que tu viens ?  » des questions qui émergeraient d’eux mêmes, sans fausse mise en scène pour les amener pile poil au moment où ça correspondrait au programme. Le livre de Céline Alvarez est passionnant sur ce sujet. LA curiosité des enfants est incommensurable, un puits sans fond, un moteur infatigable, qui rend tous les apprentissages possibles, même les plus complexes.

Le jeu, la manipulation, les ateliers autonomes permettent à tous les enfants d’être actifs, sur des compétences diverses et variées qui correspondent, ou non, aux programmes de leur tranche d’âge. Dans ma classe, mes élèves peuvent faire des Legos Technics très difficiles, des batailles de cartes sur les durées, reconstituer des frises historiques détaillées ou simplifiées, copier des poèmes qu’ils aiment, créer des lapbooks sur un sujet de leur choix, s’entrainer à conjuguer grâce à des jeux auto-correctifs, fabriquer des volumes à partir de plaques de construction emboîtables… Pour l’instant, je n’ai pas poussé ma démarche à fond comme je le souhaiterais, car je suis à mi-temps et partage ma classe avec une collègue à qui je ne peux pas imposer mon fonctionnement. Dans l’idéal, j’aimerais que nos journées se déroulent exactement comme C. Alvarez les décrit : les élèves manipuleraient en autonomie, tout le temps, et on ferait de longues pauses à l’extérieur pour développer la motricité et dépenser leur énergie. Pendant les temps de manipulation, je passerais parmi les élèves, regarderais ce qu’ils font, réussissent ou non, évaluerais tout cela de manière détachée, dédramatisée. Cela prendrait du temps mais c’est la meilleure façon, à mes yeux, de voir les progrès des enfants sans formaliser ce temps d’évaluation. Je me souviens de mes propres « contrôles » qui certifiait qu’à un moment T je savais faire ci ou ça. Oui, sur le moment, je savais, mais j’oubliais aussitôt le contrôle terminé et ma bonne note obtenue !! C’est pourquoi j’ai toujours bien réussi mes études tout en laissant grandir en moi ce sentiment de ne rien comprendre et de ne pas retenir grand-chose ! Aucun lien ne se faisait dans mon esprit, dans mes connaissances. J’apprenais, bêtement, et recrachais tout le jour J, bien comme il fallait. Ce système me paraît tellement absurde. Permettre aux enfants de faire et refaire cinquante fois un atelier, de le laisser s’ancrer en lui, de lui donner la possibilité d’être évalué plusieurs fois sur une même compétence, me semble bien moins illogique.

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Les ateliers de maths à gauche, de français à droite.

Travailler en ateliers de manipulation demande beaucoup, beaucoup de préparation, mais ce travail en amont permet aussi d’avoir beaucoup, beaucoup moins de corrections le soir ! Je passe toujours énormément de temps en début d’année à créer mes ateliers, imprimer, plastifier, découper, et dépense aussi beaucoup d’argent pour acheter de beaux jeux du commerce (type Montessori). Puis à chaque période de petites vacances, même chose, je créé de nouveaux ateliers. Mais le reste du temps, je suis plus tranquille. J’ai peu de corrections, (les dictées, tout de même…) et je peux prendre plus de temps pour réfléchir à des projets qui me portent : projet poésie, projet Histoire, projet théâtre… car comme je l’ai dit, je ne fonctionne pas non plus à 100% en ateliers, j’ai donc aussi des temps de classe plus traditionnels.
En gros, mon fonctionnement est le suivant :  je travaille avec des groupes de besoin, tous niveaux confondus. Je prends le 1er groupe en atelier dirigé pour découvrir  une notion (orthographe, maths…), pendant ce temps un 2ème groupe est en ateliers autonomes, et un troisième travaille de manière plus « traditionnelle », sur de la lecture, de l’expression écrite, ou des petits calculs en lien avec la notion étudiée. Puis, je fais une rotation, afin de voir tous les groupes en atelier dirigé, durant lequel j’adapte le contenu en fonction des besoins. C’est plus individualisé que de faire classe en grand groupe, mais moins individualisé que de prendre chaque élève un par un comme le préconise Alvarez en maternelle. Bon, il faut dire que le contenu des programmes est un peu plus lourd en cycle 2, aussi…

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Coin sciences dans ma classe

Les programmes officiels

Je les suis en pointillés. Mon but n’est pas que mes élèves soient en échec l’an prochain quand ils changeront de classe, d’enseignant et de méthode. Mon objectif est qu’ils soient adaptables, autonomes, et curieux (et bien sûr, heureux !). Je ne m’affole pas avec les programmes. Il y a des choses qui me semblent en parfait décalage parfois, comme le fait de devoir enseigner une grammaire très poussée alors que les élèves ont 8 ans et parfois ne maîtrisent pas bien la lecture, et l’encodage (écriture de mots). À quoi bon ? Qu’on ne me dise pas que la grammaire permet de mieux maîtriser la langue française. Je n’y crois pas une seconde. C’est le cas lorsqu’on maîtrise DÉJÀ la langue ! Pas quand on galère à avoir une syntaxe correcte et qu’on a un vocabulaire pauvre. Encore une fois, je peux parler de mon expérience personnelle en tant qu’élève : j’ai toujours été très bonne en français, je n’ai jamais fait beaucoup d’erreurs (orthographe, grammaire, conjugaison) et pourtant je n’ai JAMAIS RIEN COMPRIS à la grammaire française qui est, à mes yeux, une torture. C’est la lecture qui m’a permis de maîtriser la langue française, je lisais énormément et les règles de grammaire, d’orthographe, se sont imprimées en moi. De la même manière que j’ai appris l’anglais en vivant en Irlande et en baignant dans la langue, alors qu’auparavant toutes mes leçons théoriques de grammaire anglaise n’avaient jamais rien donné ! Bref, je m’égare… mais vous voyez où je veux en venir. Je me permets de prendre dans les programmes ce qui me paraît justifié et utile, et, oui, je l’assume et accepte qu’on puisse me le reprocher. Cette attitude n’est pas du tout recommandée par l’Éducation Nationale, mais en même temps j’ai la conviction que l’EN ne sait pas toujours ce qu’il faut faire et ce qui est bon pour les élèves aujourd’hui (les pontes décisionnaires ont tellement peu d’expérience du terrain…). Je suis persuadée que c’est le terrain qui fera bouger les pontes, et non le contraire. Alors je fais ma petite popote en me posant beaucoup de questions et avec la conviction de ne pas mal agir.

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Atelier d’histoire : la frise historique à reconstituer (événements, dates, titres, personnages importants…)

Les notes

Je ne note pas mes élèves. Les notes sont intéressantes et peut-être stimulantes pour les bons élèves, mais elles ne leur apportent rien cependant, tandis qu’elles sont néfastes pour les élèves plus faibles. Alors je ne vois pas vraiment quel est leur intérêt… Parfois, mes élèves ont un pourcentage de réussite, afin de se positionner par rapport à leur évolution. Exemple, en dictée : un élève peut avoir 87% de réussite une semaine, et la suivante 90%, et il sait alors qu’il a progressé. C’est un repère par rapport à lui-même, à son travail qui évolue.
Sinon, la plupart du temps, quand je dois évaluer les compétences, je note celles qui sont acquises, et je précise celles qui sont à renforcer, à revoir, en renvoyant directement à la page dédiée du cahier de leçons.

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Atelier de maths : grandeurs et mesures (la balance)

Culture humaniste

C’est un élément très important dans mon enseignement. À mes yeux, la Culture est une richesse que tous les enfants devraient recevoir à parts égales, et pas seulement ceux qui savent déjà bien lire, écrire, compter, ceux qui maîtrisent les bases quoi. En REP, j’avais monté un projet d’arts pour mes élèves les plus en difficulté : on écoutait de l’opéra, on observait des tableaux, on peignait, on modelait de l’argile, on allait au musée. C’était un renforcement pour ses « petits » élèves.
J’adore les arts et les enseigner : peinture, musique, photos, littérature, poésie… Dans ma classe, on fait beaucoup de danse, de théâtre, de lectures offertes, d’Histoire de l’art, de théâtre. Ça permet aussi aux élèves moins « scolaires » de se retrouver dans autre chose, de se révéler parfois. J’ai un élève assez difficile, un petit mec rude et brutal, qui m’a scotchée lors de notre cycle poétique de six semaines. Sa diction, sa finesse d’élocution, sa sensibilité se sont révélées lors de lectures offertes de poésie, ou d’écriture poétique. C’était magique, émouvant. Les arts sont essentiels car ils sont, d’une certaine façon, inutiles aujourd’hui, dans une société où tout se mesure, s’évalue, fait profit. Les études artistiques aboutissent rarement à un métier, comparées aux écoles de commerce qui enseignent comment bien vendre un produit et faire du profit. C’est dommage qu’on soit parfois si concentré sur les mathématiques qu’on en oublie à quel point un roman ou un tableau peuvent changer une vie. Je choisis souvent de faire des choses complexes, difficiles d’accès avec mes élèves, je leur choisis des livres pour les plus âgés, je leur montre des tableaux indéchiffrables, je leur parle de courants artistiques alambiqués (j’adore évoquer les Surréalistes avec eux, par exemple, et évidemment ils adorent!), je leur donne l’étymologie grecque ou latine de mots compliqués, et ils accrochent, ils en redemandent, ils s’ouvrent et attrapent toutes ces lianes pour grimper encore plus haut. C’est fantastique. Par exemple, on a lu Roald Dahl toute l’année, et pourtant ses livres sont très difficiles pour des CE1. Eh bien, après deux mois à étudier quotidiennement Roald Dahl, presque tous les élèves s’étaient achetés, sans que je leur demande bien sûr, un exemplaire d’un roman de cet auteur, et je les voyais plongés dans ces énormes livres à chaque moment libre de leur journée. Même les plus faibles, les CE1 qui entrent à peine dans la lecture et pour qui lire cinq lignes est laborieux, même eux avaient le nez dans les trois cents pages de Sacrées Sorcières, ou de Charlie et la Chocolaterie. Incroyable. C’est un exemple parmi tant d’autres, je pourrais vous en raconter plein, comment mes élèves déclamaient des poèmes dans la cour de récréation plutôt que d’aller jouer au foot, comment ils se sont passionnés pour Victor Hugo (qui est tout de même assez difficile pour de si jeunes enfants, même si certains de ses poèmes sont abordables), comment la Danse Macabre de Saint-Saëns n’a plus de secret pour eux…
Bref, l’art, l’art, l’art, ne doit pas être une pincée de sel sur le reste, mais bien l’ingrédient principal d’où tout part car les enfants sont incroyablement perméables à cela !

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Atelier de géographie : les continents (cartes de nomenclature Montessori)

Et voilà, je vous avais dit que mon billet serait court ah ah… Je ne sais pas s’il est très utile ni même intéressant, surtout pour des personnes qui ne travailleraient pas dans l’Éducation Nationale. Je voulais surtout montrer qu’il existe des alternatives aux pédagogies traditionnelles (et encore, je ne vous ai pas parlé de nos conseils de classe et de tous les ingrédients de la pédagogie Freinet qu’on utilise dans la classe…) et que, le plus important, est de prendre en considération tous les enfants, pas seulement les meilleurs bien sûr, mais pas non plus seulement les plus faibles, car les bons élèves qui s’ennuient en classe sont aussi un problème que l’on doit prendre en compte. Bref, je serais ravie d’avoir vos avis sur tout ça, que vous enseigniez ou non, que vous soyez parents d’élèves ou non, l’éducation des futurs citoyens est l’affaire de tous et nous avons tous notre mot à dire, n’est-ce pas ? En tous cas, une chose est sûre, il n’est jamais inutile de se poser des questions à ce sujet !

A bientôt !

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Atelier de géographie : les pays d’Europe (cartes de nomenclature)

 

NB : les photos de cet article sont toutes privées et non libres de droits.

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15 réflexions sur “Mon école

  1. Ohlala ! Qu’est-ce que ça fait du bien de lire un article comme le tien 😊
    Je suis d’accord avec toi et je pense qu’il faut revoir les méthodes d’enseignement traditionnelles. Je prépare actuellement le CRPE et je suis admissible. Ce qui me rend malade, c’est que je me prépare à recracher ce que le jury souhaite entendre, pour rentrer dans le moule de l’EN sans faire de vague. Il nous a été clairement conseillé de ne PAS parler des travaux de Céline Alvarez ni des pédagogies dites « alternatives ». C’est bien malheureux mais je me soumettrai à cet exercice car j’ai envie de devenir PE. Alors encore bravo et merci pour cette bouffée d’oxygène 😊

    • Je me permets… C’est quoi, PE ? J’ai beau enseigner (non titulaire) depuis quelques années, j’ai toujours du mal avec les abréviations… :/ À ma décharge, elles n’arrêtent pas de changer 😛

    • Bravo pour ton admissibilité !
      On nous avait appris la même chose : taisez vous devant le jury et l’inspecteur, soyez lisses, ne dites que ce qu’on attend de vous, pas de conviction personnelle. Gardez vos idées et vos principes alternatifs pour le jour où vous aurez une classe …
      C’est hallucinant ce genre de discours, comme s’il ne fallait pas trop réflechir à notre métier, en fait.
      Mais tant mieux si même des sortants, futurs PES, se posent déjà des questions et envisagent si tôt de ne pas subir le système imposé et de proposer autre chose, de manière raisonnée et engagée !
      Bon courage à toi pour l’oral !! Tiens moi au courant

  2. Article très intéressant ! J’espère que ma fille aura des enseignant.e.s aussi intéressé.e.s par les pédagogies alternatives !
    Connais tu le film « le maîtres est l’enfant » ? Je suis certaine qu’il te plairait !
    Et j’en profite pour te dire que je suis très contente que tu puisses à nouveau écrire des articles sur ton blog et que j’ai hâte de pouvoir lire l’intégralité de ton roman, les premiers chapitres m’ont donnés envie de connaître la suite !

    • Merci beaucoup Agathe, c’est adorable ! Je connais ce film de nom mais ne l’ai pas vu. J’aimerais le voir, ainsi que le film « etre et devenir » sur la non-scolarisation et le homeschooling, le connais tu ?
      Je suis très heureuse de savoir que tu lis mes billets et que mon histoire des trois soeurs t’a intéressée, ça me booste énormément ce genre de message ! Merci !

  3. « mais en même temps j’ai la conviction que l’EN ne sait pas toujours ce qu’il faut faire et ce qui est bon pour les élèves aujourd’hui (les pontes décisionnaires ont tellement peu d’expérience du terrain…). Je suis persuadée que c’est le terrain qui fera bouger les pontes, et non le contraire.  »

    Héhé, je me suis tellement reconnue dans cette phrase !
    Comme je te l’ai déjà dit (je pense), j’enseigne le français au collège. Depuis l’année dernière mais surtout cette année où je me sens pour la première fois parfaitement bien dans mes baskets de prof, je suis beaucoup moins obnubilée par le programme. Je me retrouve dans tes commentaires sur la grammaire (même si à l’inverse j’ai toujours adoré ça et toujours été douée) : au fond je me fiche pas mal que mes élèves sachent ce que c’est qu’un adjectif épithète, un COD ou pire… une proposition subordonnée relative 🙂 Je préfère qu’ils comprennent comment fonctionne la phrase et qu’ils fassent leurs accords. Y’a pas mal de questions dans les nouveaux programmes que je trouve capillotractées et j’essaie de les détourner pour les rendre plus attractives (genre : dire l’amour, dans le programme des 4e… Ces gens là-haut sont-ils conscients que les 4e ont treize ans ?!?)

    C’est vraiment cool que tu accordes autant d’importance à l’art ! J’essaie aussi d’en inclure dans mes cours, même si je ne peux pas autant que je le voudrais parce que je suis quand même un peu le programme ^^

    Pour mon mémoire, je travaille sur la question suivante : est-ce qu’apprendre à nos élèves à écrire ne les aiderait pas à lire mieux ? Ca rejoint un peu ton fonctionnement, dans le sens où je suis persuadée qu’il faut manipuler et s’investir pour mieux comprendre. J’ai remarqué aussi qu’à l’origine, aucun de mes élèves ne s’envisageait comme un auteur en puissance, comme si les livres et les histoires étaient l’apanage de cerveaux supérieurs. Je pense que c’est pour ça que ça ne les intéresse pas plus que ça : c’est détaché de leur quotidien, la lecture est juste une activité scolaire, pas un loisir ou une porte vers un ailleurs. J’ai commencé à les faire écrire et je suis plutôt satisfaite de la direction que ça prend. Affaire à suivre !
    (pardon pour le pavé !!)

  4. Bonjour ! J’aurais bien des choses à dire et des questions à poser sur cet article très intéressant ! Mais cela est impossible et il faudrait pouvoir discuter de vive voix… Bref, je te pose néanmoins 1 question : ton inspecteur est-il vraiment très cool et es-tu quand même bien dans les clous, côté IO ? Je m’explique, je suis TD, c’est-à-dire que je fais la décharge de directeurs ou de maitres formateurs ou de gens à temps partiel, comme toi par exemple. Je n’ai qu’un jour dans chaque classe, et j’hérite régulièrement par exemple de la géographie. J’ai vu des tas d’ateliers Montessori passionnants, mais n’ayant rien à voir avec le programme officiel. Non pas que je sois une dingue des IO et que je tienne à tout prix enseigner le réseau autoroutier ou le transport par frêt, mais ça reste quand même la ligne directrice… Bref, en tant que TD/TZR, dans des classes qui ne relèvent parfois absolument pas de pédagogies alternatives, cela me semble compliqué, pourtant j’essaierai bien…
    Sinon, absolument rien à voir, mais je planifie un voyage en Ecosse, ton article m’avait franchement donné envie il y a, pff, quelques temps maintenant. Si tu as un petit instant, est-ce que tu aurais un itinéraire à me conseiller et/ou des points de chute où loger… ? Tout conseil sera le bienvenu 😉
    Je suis également les aventures des soeurs Ponsard, mais je ne me sens aucunement capable d’émettre une critique, je trouve cela déjà assez prodigieux d’avoir écrit un roman entier… Perso, j’ai jamais dépassé le stade de la feuille blanche, c’est pas faute d’avoir essayé, mais je n’ai jamais réussi à écrire ne serait-ce que le premier mot. Trop illégitime.

    • Bonjour !
      Alors pour la première question, je comprends tes inquiétudes et interrogations, c’est sûr que c’est plus facile à mettre ne place quand on a sa propre classe… Bien sûr tu peux quand même expérimenter un peu le principe des ateliers, mais peut-être sur certaines matières seulement?
      Et pour être tout à fait honnête, comme je le dis dans l’article, non je ne colle pas TOUJOURS aux programmes, et parfois certaines notions ne sont pas vues, mais franchement, le transport par frêt, si on le zappe est-ce vraiment grave ? Ce sont des réponses toutes personnelles qu’on peut apporter à ça, et moi je choisis de ne pas me prendre la tête et de prendre des libertés, mais c’est sûr que je ne prône pas forcément cette attitude pour tout le monde, hein! Je comprends qu’on veuille respecter les IO et rester dans les clous. C’est un choix perso, je me demande toujours ce qui me semble le plus logique, le plus censé pour mes élèves, et je fais mes choix en fonction. Parfois dans parfois hors des clous…
      Pour l’Ecosse, je ne suis pas assez minutieuse pour noté les endroits où l’on va, les hotels ou B&B où l’on loge, du coup je ne peux pas trop t’aider (ça remonte à loin…)
      Nous avions un itinéraire vraiment chouette, Edimbourg, les Highlands (Glenn africa à ne pas rater !!), Inverness, Dornie (et son Eilean Donan Castle, le chateau du film Highlander), Plokton, l’Ile de Skye, (Portree), Glencoe, puis retour à Edimbourg.
      Tout était chouette, mais Inverness ne vaut pas la peine d’y passer la nuit par contre. A l’inverse, Glenn Africa et l’Ile de Skye sont magiques ! Mieux vaut prendre le temps d’y rester un peu.
      J’espère que ces petits conseils t’aideront ?
      Tu me diras ! Bises, à bientôt

  5. Je relis cet article et je voulais y réagir 🙂 J’ai lu le livre de Céline Alvarez (sur tes conseils d’ailleurs, il me semble bien !) et j’ai adoré aussi. Moi ma mère est instit (je l’ai peut-être déjà dit ? Je radote ?) et malheureusement, j’ai l’impression que dès qu’il est question de changer quoi que ce soit, tout le monde panique et refuse un peu par réflexe. Alors je me pose pas mal de questions sur la scolarisation de mon fils, même si pour l’instant il va toujours à la crèche. Mais ça me fait plaisir de voir qu’au sein même de l’enseignement, il y a des gens qui ont envie d’améliorer les choses… Et sinon j’attends avec impatience la suite des événements côté déco de la maison 😉

  6. Superbe article dans lequel je me suis beaucoup retrouvée!
    J’ai démissionné en janvier après 9 ans l’Education Nationale car je ne me sentais plus en accord avec ce système.
    Après un changement de mode de vie et une formation Montessori, accompagnée par de très bons ouvrages comme celui de Céline Alvarez et d’excellents documentaires (je te conseille vivement Etre et devenir!), j’ai tenté de changer ma façon de fonctionner en classe (même sur des postes fractionnés) et, malgré tout, je ne me sentais plus à ma place.
    J’ai plutôt très bien vécu ma scolarité, j’ai choisi le métier d’enseignante par passion, mais j’ai des enfants, j’espère plus que tout faire du unschooling (même si je redoute déjà un peu les remarques de ma famille d’enseignants!). Je suis convaincue de ses bienfaits pour l’enfant, pour son apprentissage et pour développer ce qui me semble très important dans la vie finalement : la confiance et l’autonomie.

    Sinon je redécouvre ton blog avec plaisir car je n’étais pas passé par ici depuis un moment et j’ai eu plein de lectures agréables et intéressantes d’un seul coup 🙂

    Belle journée!

    Cynthia

  7. Bonjour!!
    Cette année changement d’école, de circo et de collègues et je pars sur un enseignement en atelier. Je suis totalement d’accord avec toi sur la culture mais j’ai beau avoir des idées je ne sais pas toujours comment les mettre en pratique. As-tu des cartes mentales, des idées concrètes de projets culturels ou des idées d’ateliers pour m’inspirer, me guider. comment faire du théâtre avec des CP? Et aussi comment organises-tu tes ateliers avec un double niveau? J’aurai un CP/CE1 et quand faire atelier dirigé avec les CE1? Merci beaucoup!! Et toutes ces questions qui me viennent me permettent aussi de te dire à quel point j’aime ton site. Ce site qui rend zen…. Un peu de douceur …
    Belle journée!

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