Culture confiture

Ces derniers temps, dès que j’ai un moment (et franchement, ce n’est pas gagné, avec ce rush de la rentrée qui me ponctionne toute mon énergie!) je m’immerge dans tout ce qui peut me faire oublier les soucis du quotidien ; films, livres, musique, séries… J’ai eu quelques coups de cœur que je ne veux pas garder pour moi ! Les diffuser, les partager avec vous, et attendre vos retours en espérant que ça vous plaira autant qu’à moi, voilà l’idée de ce billet « culture confiture ».

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Un film attrape-coeur

Le prix du jury de Cannes 2017 était passé inaperçu chez moi. Et puis la dernière fois, en errant sur OCS, je vois ce titre et une image qui m’accroche, American Honey. Je me laisse tenter (c’est un soir où je suis seule, tant pis si je regarde un navet, je pourrais toujours zapper sans me faire chambrer par Robinson…^-^) et là, grosse claque. Je ne m’attendais pas du tout à ça.
American Honey, c’est l’histoire d’une bande de jeunes un peu paumés qui arpente des zones pas très sexys des USA pour vendre des abonnements de magazines en faisant du porte à porte. Drivés par une patronne aussi magnifique que vulgaire, ils sillonnent les villes dans une camionnette qui les déverse dans des lotissements, des quartiers huppés ou des terrains de forage de pétrole. Le soir, ils s’entassent des motels, ou parfois dans une cabane perdue dans la nature. Ils fument, boivent, écoutent de la musique très fort, s’insultent, se battent, se draguent, font n’importe quoi. American Honey m’a fait l’effet d’un immense souffle de liberté à l’odeur de souffre. Moitié film aux images sublimes, moitié documentaire où les acteurs n’en sont pas et improvisent leur texte tout du long, c’est un film qui m’a subjuguée et transportée.
J’ai hésité à vous en parler ici car je sais qu’il est loin d’avoir fait l’unanimité ! Tout d’abord au niveau des critiques officielles, mais aussi de la part de Robinson, qui, absent le soir où j’ai visionné le film pour la première fois, et m’entendant en parler durant toute la semaine qui a suivi, a voulu le voir lui aussi. J’ai donc regardé American Honey une seconde fois sept jours plus tard, toujours aussi emballée par ce long long métrage (2h40 !). Mais Robinson a été déçu, il n’a pas du tout accroché, et surtout n’a pas compris mon emballement.
Un film qui divise mais qui fait parler, donc. Regardez la bande-annonce avant de vous laisser tenter, vous saurez tout de suite si le film peut vous attraper vous aussi, ou vous laisser de marbre.

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Une musique qui me hante

On connait tous Moriarty, et on connait tous Jimmy. Peut-être même que vous, vous connaissez tous les autres morceaux de Moriarty. Mais moi, je découvre seulement depuis peu A history of violence, un de leurs titres que je trouve fascinant, mystérieux et sinistre tout autant que poétique. Les paroles ne cessent de résonner dans ma tête et me rappellent des choses enfouies aussi. Je trouve le texte brut sans qu’il ne révèle vraiment rien. C’est beau et douloureux, je trouve cela incroyable que certaines chansons, aussi courtes soient elles, aient autant de puissance d’évocation. En quelques mots, le décor et l’histoire sont là sous nos yeux, alors que rien n’est dit. L’imagination se charge de combler les zones d’ombres et voilà comment une chanson résonne aussi fort qu’un roman.
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Je ne peux pas mettre la vidéo ici mais voici le lien pour écouter cette merveille :
ici

Une série qui ne quitte pas mes pensées

Vous connaissez tous, j’en suis sûre, la première saison de True Detective. Immanquable, un chef-d’oeuvre, un bijou. Tout le monde est d’accord là-dessus, je crois. Par contre, la saison 2 est loin d’avoir déchainé les mêmes passions. Casting et décors différents -> exit Mathew Macgonaughey, bonjour Colin Farell. Fini le bayou collant et poisseux, bienvenue dans une cité industrielle sale et miteuse. Les deux premiers épisodes peinent à convaincre et je comprends aisément que ceux qui ont voulu y gouter aient été décontenancés, voire même aient abandonné. Une de mes amies m’avait assuré que, si si, cette deuxième saison valait largement le coup, et heureusement car sinon je n’aurai pas été plus loin que ces deux premiers – laborieux – épisodes de la deuxième saison.
Mais True Detective 2 prend le temps d’installer son décor hostile et gangréné, ses personnages amochés, cruels et ambivalents, son intrigue complexe et simpliste à la fois. Et la magie opère. La belle étincelle de cette saison deux, c’est Rachel McAdams en flic sauvage et brutale. j’étais habituée à la voir jouer des rôles de femme souriante et épanouie, des amoureuses, des anglaises pleine de vie. La voir dans ces oripeaux de femme acérée a été une révélation. Elle crève l’écran. Et l’ambiance glauque, l’impression de tragédie irréversible qui se dégage de cette série, ne me lâchent plus. Les détails font tout : le bar sinistre tenu par une femme défigurée, où chante une jeune femme dépressive à la voix entêtante – Lera Lynn, une chanteuse qui a été embauchée sur la série pour en créer les chansons originales, des petits diamants lancinants qui collent parfaitement à l’intrigue, à écouter ici – , la vie de plus en plus ratée du flic pourri incarné par Colin Farell, les paysages sinistrés par l’industrie et l’emprise dévastatrice des puissants, les magouilles minables de crapules ordinaires… sont autant de touches de peinture formant un ensemble magnétique et troublant. J’y pense encore…

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Je vous laisse découvrir ou re-découvrir ces trois petits trésors en espérant qu’ils plairont à certain(e)s (mais le choix est risqué, éclectique et ambitieux, je ne suis pas sûre de faire carton plein ^-^). N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et à me suggérer d’autres musiques entêtantes, d’autres séries envoûtantes, d’autres films surprenants, je suis preneuse et à l’écoute de vos bons conseils !

 

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6 réflexions sur “Culture confiture

  1. Je vais me laisser tenter par American Honey alors.
    Il est inscrit depuis quelques temps dans ma liste de films à voir. J’ai repoussé jusqu’à présent sans trop savoir pourquoi, mais ton avis m’a donné envie de m’y immerger

  2. Je suis si admirative de ta faculté à poser des mots sur les œuvres qui te touchent ! Je me sens toujours tellement maladroite quand je veux parler de mes œuvres cultes. Je n’ai jamais regardé True Detective, j’ai hâte de découvrir, du coup, ainsi que American Honey (dont je ne regarderai pas la bande annonce, justement ;))

  3. Excellente idée, ce billet culture-confiture !! Je vais peut-être me laisser tenter par le film, je ne suis pas convaincue mais la BA m’interpelle… Les séries, je n’accroche jamais, ha si j’ai adoré Breaking Bad ! Merci pour la découverte du morceau de Moriarty, j’adore aussi !! Tu ne nous as pas raconté la rentrée de Little, à propos ! (ou plutôt pas à propos du tout !)

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