Écrire dans le cadre d’un concours

Bonjour !

J’en avais parlé ici quelques fois : trois années de suite j’ai participé à un concours de nouvelles organisé par une association d’écriture à Lyon, l’Eveil Plumes. Il se trouve que cette asso a été créée par des enseignants lyonnais à l’âme d’artistes, et elle bénéficie d’un large groupe de lecteurs motivés pour dépouiller toutes les nouvelles reçues et élire leurs trois préférées. Peu importe qu’on habite Lyon, Paris, Bruxelles… tout le monde peut participer, il suffit d’envoyer la nouvelle par mail ou courrier ! Souvent, des belges, des gens du Sud, des gens du Nord… ont participé aux différents concours auxquels j’ai assistés.

L’année dernière, je n’avais pas participé au concours car le sujet ne m’avait pas inspirée, et puis surtout parce-que je voulais réserver un maximum de temps à l’écriture de mon projet de roman. Je suis actuellement en train d’en écrire le dernier chapitre, après cela il me restera beaucoup de travail pour remodeler la matière brute qu’est ce premier jet, mais une grosse part aura déjà été accomplie. Je me suis donc autorisée, cette année, à prendre un peu de temps pour participer au concours de nouvelles. Écrire cinq pages (le maximum autorisé) n’est pas insurmontable, et ça me permettra de vagabonder quelques temps hors du cadre de mon roman qui me passionne depuis plus de deux ans.

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Pourquoi je vous en parle ici ? Pour deux raisons !
Tout d’abord, pour vous encourager à participer vous aussi à ce concours. Lancez-vous, même si vous n’avez jamais écrit ! On se prend vite au jeu, et le cadre contraignant du sujet imposé est souvent une source d’inspiration lorsqu’on débute. Et puis, quelle chance de soumettre un texte personnel à un jury de lecteurs ! A chaque fois que je suis allée à la remise des prix, j’ai eu la chance de discuter avec des lecteurs qui avaient très envie d’échanger, de donner leurs avis sur nos écrits, de dire ce qu’ils avaient aimé et pourquoi. Ce retour critique est rare lorsqu’on écrit pour soi, sans être publié…
Allez, venez ! 🙂 Plus on est de participants, plus le recueil final sera diversifié et riche. Car, oui, les trente premières nouvelles classées sont (auto)publiées par l’asso dans un joli petit livre qu’on peut garder en souvenir et dans lequel piocher des récits de toutes sortes et de toutes plumes. Chouette objet qu’un livre où se trouve notre texte, non ?

La deuxième raison est que cela me permet de faire ce que je projette depuis longtemps : vous proposer de lire une de mes nouvelles. Car, c’est bien pratique, la dernière nouvelle que j’avais écrite et qui m’avait permis de gagner le concours se trouve sur le site de l’Eveil Plumes (et hop, je fais d’une pierre, deux coups !). J’espère pouvoir vous proposer très bientôt mes deux autres nouvelles, dans un genre un peu différent. Et puis, un jour peut-être… un roman !

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En attendant, j’espère que ce petit billet vous donnera envie de vous lancer (entre nous, qu’avez-vous à perdre? Un peu de temps, peut-être ? Mais le temps passé à créer n’est jamais perdu, même si ça n’aboutit à rien… non ?…). Surtout, si vous participez, faites le moi savoir, je serai tellement contente d’avoir pu motiver quelques personnes à s’inscrire ! Et puis, bien sûr, n’hésitez pas à me donner votre avis sur ma nouvelle, si vous avez envie de la lire. Tous les retours, quels qui soient, sont toujours extrêmement constructifs et permettent de s’améliorer. J’ai un peu le trac car, même si j’écris tout le temps ici pour vous, vous donner à lire mes nouvelles me semble un pas supplémentaire dans le dévoilement personnel, j’ai l’impression d’en révéler beaucoup plus.
J’espère, très sincèrement, que ça vous plaira. Ou, en tous cas, que ça ne vous déstabilisera pas trop…?
Dans l’attente de vos réactions, que ce soit au sujet du concours ou de Conte de ma Grand-Mère, je vous dis à très vite, prenez bien soin de vous !

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(^-^. le site de l’association n’est pas des plus modernes et jolis, je vous l’accorde… ^-^ Un petit coup de frais serait le bienvenu !)

Ma nouvelle : Conte de ma Grand-Mère ICI  (si vous ne tombez pas directement sur la page, cliquez sur « concours 2016 » puis « les nouvelles primées« ).

Le site de l’association, avec le sujet du concours 2018 ICI
(le sujet de cette année : de A à Z…   Les inscriptions sont ouvertes jusque début février, puis les nouvelles sont à envoyer avant le 13 mars, ce qui vous laisse encore deux mois pour écrire… 😉 )

Alors, à vos plumes ?

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Bye bye 2016, welcome 2017 ! (Mes coups de coeur lectures de 2016)

Hello !

D’abord, tout d’abord, un immense IMMENSE gigantissime MERCI pour tous vos mots depuis l’arrêt du blog, j’ai été surprise et très touchée par vos réactions, vos commentaires, vos encouragements, wahou… Internet, ça peut quand même être ouf, quand on a la chance de vivre ce genre de choses – avoir un blog et partager avec des gens bienveillants, tolérants et ouverts sur le monde.
Merci.

Depuis quelques temps le clavier me démange et le blog me manque. Je sais pourtant que je n’ai vraiment pas le temps de recommencer à bloguer, mais je me dis que rien ne m’empêche de passer de temps en temps par ici pour publier un billet qui me tient à coeur. Par exemple, j’avais envie de partager avec vous mes coups de coeur lectures de 2016, et de publier quelques billets sur l’éducation, ainsi que des propositions de livres pour les petits… Quelques idées de billets me traversent l’esprit de temps en temps, et il n’y a aucune raison pour que je les bride, si ce n’est le temps. Alors aujourd’hui, comme j’avais un tout petit peu de temps pour moi *, j’ai voulu en profiter, et revenir vous saluer, vous souhaiter une belle année, et papoter un peu des livres que j’ai découverts en 2016.

(* parce-que j’ai fini 2016 et commencé 2017 avec une bonne grosse grippe de fou ! Eh oui ! Lucky me… ^-^ Donc, je suis à la maison aujourd’hui, à grelotter comme une dingue pour, dans deux minutes, me mettre à suer comme si je chauffais à 200 ° degrés…. Youpi.)

Bon, tout d’abord, comme vous vous en doutez, j’ai lu… trop peu. Avec la reprise du travail, notre bébé, mes douze mille passions et le reste, difficile de se trouver du temps pour lire. Heureusement qu’il y a eu les vacances où le rythme s’est ralenti… Mais mon palmarès 2016 n’est pas brillant : 17 lectures au compteur (et encore, j’ai pris en compte les BD !!). Bon, pour ma défense, j’ai aussi lu beaucoup de magazines et de Hors-séries, notamment le super chouette Harry Potter à l’école des Philosophes (Hors-Série Philosophie magazine) et le très inspirant LIRE dédié à Roald Dahl, lecture qui m’a beaucoup marquée et, je ne vous le cache pas, motivée pour me remettre à écrire et me lancer dans un projet de roman.

Je vous propose un petit top et flop, en essayant de ne pas être trop longue pour chaque lecture ! J’espère que cela vous plaira et que vous aurez envie de découvrir certains titres !

— MON TOP —

La maison de Sugar Beach, de Hélène Cooper

Ce récit autobiographique d’un enfance dorée au Liberia bercée par la musique de Michael Jackson est brusquement interrompu par la guerre civile de 1980. 
Fille, petite-fille et arrière-petite fille des fondateurs du pays, H. Cooper est ce que l’on appelle une congo : elle appartient à la famille d’anciens esclaves affranchis venus reconquérir leur ancienne terre africaine.

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Merveilleuse lecture, que j’ai beaucoup conseillée autour de moi après l’avoir dévorée. Ce roman a reçu le prix ELLE du documentaire, et même si je me méfie des prix attribués par les magazines féminins (je suis toujours déçue…) j’ai bien fait de me laisser tenter par la couverture et le titre de cet ouvrage. Hélène Cooper y retrace l’histoire de sa famille et du Liberia, petit pays d’Afrique qui a connu beaucoup d’atrocités. J’ai découvert ce pays et son histoire qui m’étaient absolument inconnus (oui, je suis assez nulle en géopolitique…), et je me suis laissée entrainée par la jolie plume de l’auteure. Ce livre n’est pas un documentaire pur et dur, sec et froid, car Hélène Cooper parvient à nous faire vivre avec elle son enfance colorée et bruyante, elle a ce don de parvenir à nous faire sentir les odeurs de sa ville natale, nous faire entendre l’accent et les intonations de sa langue dans la bouche de ses personnages, et nous mettre l’eau à la bouche en décrivant les plats qui la faisaient elle-même saliver enfant. On est en totale immersion dans le Liberia des années 70. Et puis brusquement une guerre civile éclate en 1980 et le chaos s’installe. Même si on n’aime pas les livres de guerre ou les documentaires, cet ouvrage peut plaire. Il m’a fait voyager, il m’a appris des choses, il m’a transportée, il m’a un peu fait pleurer aussi… bref, tout ce qu’on attend d’un bon bouquin, non ?

L’armée furieuse, de Fred Vargas

– Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l’Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.
– C’est une association ?
– L’armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?
– Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.
– Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle ?
– Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l’Armée furieuse, vous connaissez cette bande ?
Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc.
– Votre fille l’a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ?
– Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.
Veyrenc retint discrètement le commissaire.
– Jean-Baptiste, vraiment, tu n’as jamais entendu parler de ça ?
– Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.
– Pourquoi ?
– Parce que, pour ce que j’en sais, c’est l’annonce d’une secousse. Peut-être d’une sacrée secousse.

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JE RAPPELLE QUE JE N’AIME PAS LES POLARS.
Voilà, maintenant que ça, c’est dit, je peux ajouter que ce polar est mon coup de coeur incontesté de 2016. Inexplicablement… Ou, si, explicablement. Fred Vargas est tellement douée pour créer des ambiances … Je suis admirative de ce talent là. Bien sûr, comme tous les lecteurs de Vargas, je suis très attachée aux personnages, notamment au génialissime commissaire Adamsberg. Et puis, il y a toujours ces petits détails qui font la différence, qui font qu’on s’imprègne des lieux, qu’on entre presque physiquement dans le bouquin. Cet opus là se passe en Normandie et, très sincèrement, j’avais juste envie de prendre ma voiture et de partir découvrir cette région si tranquille, de m’asseoir sous un pommier et de regarder la fumée s’échapper d’un toit voisin… Fred Vargas est aussi très douée pour saisir et retranscrire des caractères : le côté un peu bourru, brut de décoffrage des campagnards normands est délicieusement distillé dans tous les personnages que croise Adamsberg… Et puis, l’intrigue, comme d’habitude, haletante, passionnante, avec son petit enracinement historique qui nous donne l’impression de finir cette lecture en étant un peu plus intelligent… ^-^ Bref, un coup de coeur…

Temps glaciaires, de Fred Vargas

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Je vous épargne un second rappel (non, je n’aime toujours pas les polars). Mais CE livre… Comme le précédent, un coup de coeur, dévoré en un rien de temps mais savouré avec délectation… Cette fois, Adamsberg nous emmène en Islande ET au coeur d’une société secrète adepte de Robespierre… Hum, pas banal n’est-ce-pas ? Et même si vous n’aimez pas Robespierre, vous aimerez ce roman j’en suis certaine. Comme d’habitude, Fred Vargas fait des ronds concentriques encore et encore, mais jamais pour rien. Et comme d’habitude, Adamsberg, surnommé « pelleteur de nuage », semble s’attacher à des détails et faire des digressions (savoureuses, toujours) mais ne perd jamais de vue son objectif. Et nous, comme d’habitude, on est complètement emportés, sous le charme de cette équipe de policiers si particuliers, ces doux-dingues, sous le charme du froid polaire et de la beauté brute de l’Islande, sous le charme de la petite auberge au bord de la mer et balayée par le vent,…  sous le charme du roman tout simplement.

Harry Potter et l’enfant maudit

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Nul besoin de le présenter, celui-là, n’est-ce-pas ?

En grande grande fan d’Harry Potter que je suis, je savais que j’aimerais cette pièce de théâtre, même si, bien sûr, elle me laisse sur ma faim : trop courte, trop peu détaillée… J’aurais aimé que JK Rowling écrive réellement ce 8ème tome, mais je suis déjà heureuse d’avoir pu repasser un peu de temps dans le monde merveilleux d’Harry Potter. Je m’en suis rendue compte en lisant cette pièce de théâtre : l’ambiance si particulière de cette série m’avait beaucoup manquée. Après cette lecture, j’ai eu envie de me replonger dans cet univers et c’est pourquoi j’ai acheté le Hors-Série Philosophie dédié à Harry Potter. Dans la foulée (ou presque) je suis aussi allée voir le film « Les animaux fantastiques » que j’ai adoré (oui, je suis sans demie mesure, vous le savez… ^-^) et j’ai passé un peu trop de temps sur le site Pottermore pendant les vacances de Noël, pour dévorer les textes que Rowling poste par ci par là (j’ai énormément aimé lire l’histoire de la création d’Ilvermorny, par exemple) ou pour créer mon Patronus et essayer le choixpeau magique… ^-^
Et vous, êtes-vous des puristes qui ne jurez que par le vrai de vrai Harry Potter et refusez tous les dérivés, ou bien des fanatiques qui aimez tout ce qui touche à cet univers ? 

— MON FLOP —

Retour à Little Wing, de Nickolas Butler

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« Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages. »
Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l’âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d’autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.
Une chose les unit encore : l’attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute…
Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d’une magnifique amitié et véritable chant d’amour au Midwest américain.

Même si j’ai bien aimé le « véritable chant d’amour au Midwest américain », je n’ai pas trop compris où voulait en venir ce livre… Pas de début, pas de fin, pas d’intrigue, pas d’élément perturbateur, une narration chorale qui fait que tous les personnages sont des personnages principaux… Oui, l’ambiance est sympa, et on pourrait argumenter dans cette direction : n’est-ce-pas un livre qui nous immerge dans une atmosphère atypique (le Midwest américain de nos jours) plutôt qu’un énième roman d’amour ou d’aventure ? Je ne sais pas. Et quand je ne sais pas… ça m’embête.
J’avais lu sur un blog une critique au sujet de ce bouquin, et je pense que cela a en partie biaisé ma lecture. Cette critique disait que ça sentait le roman écrit selon tous les codes appris à l’université (ben oui, parce qu’aux USA, ils ont cette chance là : des cours d’écriture pour tout le monde ! On t’apprend à devenir écrivain à l’université…! Nous, en France, on est bien loin de cela… on mise tout sur le talent inné et on ne donne pas leur chance aux autres… :-/  #scrogneugneu ). En gros, le roman sans âme, écrit avec les bons outils, en suivant bien les codes et les règles du genre, donc pas un mauvais roman, mais pas un bouquin mémorable non plus.
Bon, et pour l’épargner un peu, j’ajouterais quand même que cette lecture a été assez agréable, hein ! Ce n’était pas du tout un moment de torture. C’était chouette, simple et doudou, et ça fait du bien aussi de temps en temps…

Les quatre saisons de l’été, de Grégoire Delacourt

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Été 99, dont certains prétendent qu’il est le dernier avant la fin du monde.
Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil. Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d’amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, se rencontrent, se croisent et s’influencent sans le savoir.
Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d’amour.

Pfiou, qu’est-ce-que c’était naze ! Je me suis forcée à le finir (parce qu’il était très court, ouf) mais j’ai trouvé ça cucul… Typiquement le genre de bouquin qui me fait fuir la littérature française contemporaine (alors qu’il y a des tas de très bons auteurs). J’ai toujours peur de tomber sur des romans un peu naïfs et pleins de poncifs. Et là, j’ai été servie… C’est niais, irréaliste, ça se veut poétique mais c’est lourd, c’est prévisible, sans rythme, les stéréotypes s’enchainent, et le côté « je me regarde écrire » de ce genre d’auteur m’horripile. On dirait qu’il a fait des phrases juste pour se relire et se dire « ah ouais, là, ça sonne bien, c’est onirique, on ne comprend pas tout mais c’est beau… ». Je me moque, mais ce genre écriture ampoulée m’énerve un peu ah ah… A ce genre d’écrivain, j’ai envie de rappeler l’adage : le mieux est l’ennemi du bien. Parfois, il vaut mieux être sobre et efficace que trop lyrique et tombé dans le ridicule. Surtout lorsque, comme ici, on n’a rien d’intéressant à dire.

Les filles de Hallows Farm, d’Angela Huth

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Octobre 1941. Trois jeunes filles volontaires se retrouvent dans une ferme isolée du Dorset pour remplacer les hommes partis à la guerre : Prue l’effrontée, coiffeuse à Manchester ; Stella, la romantique, qui se croit amoureuse d’un enseigne de vaisseau ; Agatha, l’étudiante rêveuse de Cambridge. 
Leur intrusion bouleverse la vie des fermiers – et notamment celle de Joe, leur fils, réformé pour raisons de santé et très officiellement fiancé à Janet qui travaille dans une usine d’armement. 
Dans cet univers rustique déroutant, Prue, Stella et Agatha nouent entre elles et avec leurs hôtes des liens compliqués et intenses qui dureront toute la vie. Le décor d’une campagne apparemment paisible peut favoriser les jeux ou les feux de toutes sortes de passions.

J’attendais sans doute un peu trop de ce roman, dont j’avais entendu parler sur le forum Whoopsie Daisy (qui est un peu mon Télérama à moi… ^-^) et j’ai été déçue. Bon, il se lit bien, vite, on est bien dans l’ambiance, etc… Mais le côté bucolique de ce roman champêtre qui s’égare même de temps en temps dans le roman-passion, le manque de profondeur dans l’étude des caractères psychologiques, et le côté très téléphoné (voire lourd) de certains actions m’ont un peu gâchée la lecture. A lire si on a envie de légèreté, de frivolité même, bref, si on n’a pas envie de se prendre la tête avec de la vraie littérature (OH MAGAAD elle a osé le dire… !!! ^-^)

Faut-il manger les animaux, de Jonathan Safran Foers

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons? Convoquant souvenirs d’enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête. 
Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d’une ferme où l’on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l’abomination contemporaine et se penche sur les derniers vestiges d’une civilisation qui respectait encore l’animal. 
Choquant, drôle, inattendu, ce livre d’un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe.

Ce n’est pas que je n’ai pas aimé, mais j’ai mis un temps fou pour le lire (deux mois !) car il est vraiment très indigeste. Evidemment, c’est une bible en terme de données scientifiques et si l’on veut devenir incollable sur le végétarisme, il est préférable de le lire (et de retenir ce qui y est dit ! ). Mais j’avoue que le soir après ma journée de classe puis mon rôle de maman-faire-la-cuisine-la-lessive-ranger-coucher-bébé-tout-ça je n’ai plus la tête à lire de longs longs longs chapitres sur des sujets aussi douloureux. Souvent, le soir, dans mon lit, je lisais quelques pages, horrifiée par la cruauté décrite, je voulais en parler avec Robinson, du coup après je ne dormais plus, révoltée par tant de sauvagerie. C’est clairement un livre intéressant, très bien fait, très documenté, et si l’on veut approfondir ses connaissances sur le thème il est indispensable. C’est juste qu’il a été trop indigeste pour moi.

Et voilà ! Cela fait plus de deux heures que j’écris et je me souviens donc pourquoi j’ai du arrêter ce blog ! Je repasserai sûrement de temps en temps poster un billet sur des sujets qui me tiennent à coeur et/ou que je ne peux pas développer sur Instagram ! Je ne sais pas si vous serez au rendez-vous, j’espère que oui !

En attendant, je serai bien curieuse de connaitre votre propre TOP-FLOP de 2016, et de découvrir vos conseils lecture pour 2017 ! J’ai commencé une petite liste de livres que j’aimerais lire cette année, et je l’agrémenterai volontiers de vos suggestions ! Si cela vous intéresse d’ailleurs, j’ai fait un tableau Pinterest pour ne pas oublier les livres et films qu’il faut que j’ai lus/vus en 2017 (si je ne les note pas, je les oublie, j’ai une mémoire de petit poisson rouge!). Vous pouvez voir ça ici. (bon, pour l’instant, il n’y a pas grand chose, surtout des films, mais je n’ai pas d’inspiration pour mes lectures !! Help !)

Je vous souhaite encore une très belle année 2017 avec plein de paillettes, de couchers de soleil sur les montagnes, d’apéros entre potes et de soirées pizza-bière en amoureux ! Je vous embrasse !

Il était une fois…

Je repoussais ce billet, faute de temps et peut-être aussi pour retarder ce point de non-retour que je vais franchir aujourd’hui. Pour me laisser la possibilité de…
A la rentrée, j’ai réalisé que je ne pouvais plus avoir exactement la même vie qu’avant, maintenant que j’étais maman. Maman ET de retour au travail, un travail très prenant qui mobilise les 3/4 de mon cerveau à peu près 6 jours sur 7 et 22h/24. Ces dernières semaines la vie est trop intense, trop tourbillonnante, et éreintante, et pourtant je ne fais pas grand-chose d’autre que bosser, préparer mes journées de classe, m’occuper de Little, et faire les tâches du quotidien, les repas, les lessives, le ménage, les courses… Wahou, quelle vie de foufou, paillettes et cotillons sur moi, n’en jetez plus.

Quand on a la tête sous l’eau, on réalise qu’on doit faire des choix, et prioriser… tout. Repenser toute sa vie. C’est donc ce que j’ai fait, à la fin des vacances cet été ; je me suis demandée quelles allaient être mes priorités pour les mois à venir, et à quoi j’allais, forcément, devoir renoncer.

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Mes priorités ont été évidentes, pas la peine de chercher longtemps : ma vie de famille avec Robinson et Little, et puis autour de nous mon frère, mes parents, nos amis proches. Un peu de sport, du yoga et de la randonnée, et puis nager quand je peux. Et enfin, écrire. Le tout, saupoudré de bonnes bouffes et de vin, de bières et de frites, de feux de cheminée et de lectures, et d’un peu de couture ou tissage dans les heures creuses, devant un film ou une série. Rien de bien extravagant, quoi. Sauf que, forcément, et comme vous pouvez le constater, ce blog n’entrait pas dans mes priorités. Pas que je n’aime plus bloguer ou qu’il ne soit pas important pour moi, au contraire. Mais, dans l’ordre de mes priorités, il ne pouvait pas faire le poids face à ma vie de maman ou à mon besoin de faire un exercice physique qui me vide la tête, par exemple. Le blog, c’est un loisir que j’adore, et surtout un exercice d’écriture régulier qui m’a fait beaucoup de bien tout au long de ces 9 années (et même plus). Mais aujourd’hui, dans cette vie de trentenaire pleine de tracas banals et de questions existentielles (mon nounou me fait-il la gueule ? Ethan D. va-t-il apprendre à lire cette année ? Ma directrice soutient-elle obstinément ma collègue qui a tort ? Faut-il que j’arrête ma méthode de lecture pour faire de la phonologie pure ? Si je lave ces body à 40°C vont-ils rétrécir ?… Little rentre-t-il encore dans ses chaussons ? A quelle heure ferme la pharmacie ? …), il n’y a plus de créneau disponible pour une activité si  »inutile » que bloguer. Je déteste être devenue cette caricature qui désormais réfléchit à tous ses achats, à l’argent à mettre de côté pour acheter une maison, aux demandes de crèche à faire dans les temps, à « est-ce que je prends ces chaussettes à 9,99euros ou alors je me débrouillerai avec les vieilles chaussettes dépareillées qui me restent » parce-que 9,99euros, c’est quand même 9,99euros… Alors prendre 3 ou 4 heures par semaine pour écrire sur internet, même si ça me fait du bien, ce n’est plus envisageable. Car le temps c’est de l’argent, et car le temps s’est réduit de moitié, voire de 3/4, depuis que Little est là. Exactement comme tout le monde le disait avant que j’ai un enfant, et quand alors moi, je pensais « non, je ne deviendrai pas comme ça, je ne laisserai pas le temps me dicter ma vie, je ne courrai pas après les heures qui défilent, je ne me plaindrai pas sans cesse de ne pas avoir le temps de…  » Je pensais fièrement que je serai une maman qui aurait le temps de penser à elle, à son couple, de faire un peu de sport et de voir ses copines. Et même, de se mettre du vernis une fois par semaine (gros LOL… C’est absolument impossible. Sachez-le). (Du coup, là, je viens de faire une pause pour en mettre. Oh la la le kiffe…!) (heureusement que c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas…).. Bref, je pensais tout ça, sûre de ne pas devenir un cliché ambulant, mais en réalité ben, on n’a pas le choix. J’ai essayé de négocier avec Robinson, pour ne plus travailler et m’occuper de Little, mais bon, il a été catégorique, il ne me voit pas mère au foyer et de toutes façons on ne gagnerait pas assez d’argent. Eh oui, tout cela est si trivial, si peu élégant, tout est dirigé par l’argent et on a beau vouloir être au-dessus de ça, on a besoin de manger et de payer notre loyer comme tout le monde. Je suis donc devenue un stéréotype, le truc le plus commun qui existe : une jeune maman qui bosse, qui n’a plus le temps de rien, et qui court partout tout le temps avec trois mots à la bouche : nounou, manger, fatiguée (et zut, je viens de saboter le vernis sur mon majeur droit!… C’était sûr… Ça ne pouvait pas être si facile…)

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Donc, je n’ai plus de temps, je cours partout, je ne m’épile plus assez souvent, j’ai perdu le numéro de mon coiffeur (qui d’ailleurs a revendu son salon. Donc : mon coiffeur n’existe plus…) et mes 3 heures de pause pendant la sieste de Roméo les jours où je ne suis pas à l’école sont dédiées à la préparation de mes journées de classe. Je suis payée à 80% pour, en réalité, bosser 40 vraies heures par semaine, minimum. (Haaaannnn, ce billet est un véritable mur des lamentations, excusez moi, ce n’était pas mon but initial. Je vais essayer de raccrocher les wagons de mon discours et de ne pas trop m’éparpiller (mais j’ai tellement de choses à vous dire !)).

Bloguer, donc, je n’ai plus le temps. Je suis triste, mais c’est comme ça. Sinon, il faudrait que je dorme moins, mais je dors déjà trop peu pour supporter tous les soucis du quotidiens et pour accepter sans broncher les irritations des petits problèmes de tous les jours. Ma patience n’est pas un merveilleux puit sans fond, et si je n’ai pas de soupape de décompression (=sommeil et sport et copines) pour recharger ce puit, à un moment on va toucher le fond. Donc, dormir moins = mauvaise idée. Donc, je dois arrêter de bloguer (mon dieu que mes démonstrations logiques sont absurdes, ah ah…).

Mais il y a autre chose. Quelque chose d’un peu moins commun, d’un peu moins terne, d’un plus foufou avec des paillettes (la paillette, le leitmotiv de ce billet ?) : je veux continuer à écrire.

??? Mais que raconte-t-elle ??? (que ceux qui auront lu ce billet jusqu’au bout se voient gratifiés de mon éternelle admiration béate (vous n’avez rien d’autre à faire de plus utile ??!!) …)

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Allez, je vous raconte.

Depuis toujours, mais genre toujours, je veux devenir écrivain. Petite, mon idole absolue n’était pas Dorothée (ni Hélène), mais Sophie Rostopchine alias la Comtesse de Ségur. Puis, il y a eu Shaïne Cassim, et puis tous les grands, Zola, Hugo, Flaubert et Balzac, et puis Emily Brönte et Jane Austen, et aujourd’hui Bret Easton Ellis et Joyce Maynard, Paul Auster (dieu sur terre) et les autres… Ces personnes qui me font rêver, ces artistes, ces créateurs qui touchent les étoiles. Dieux et déesses de mon Panthéon perso. Et écrire des histoires, c’est ce que je veux faire depuis toujours.
Vous savez, ce vieux rêve qu’on traîne depuis l’enfance, quand on dit « nan mais, un jour, de toutes façons, je serai écrivain… ». Ça coule de source. C’est juste une question de temps. Et quand tu es petit(e), tu sais que, à trente ans (quand tu seras vieux, donc), tu auras atteint ton objectif.
Et puis le temps passe, et puis même il file ce coquin ! De plus en plus vite. Et tout à coup, tu as 30 ans, et ton vieux rêve qui te paraissait si possible, si faisable, juste une question de temps… ne s’est pas réalisé. Tout simplement parce que tu ne t’es pas assez bougé pour essayer de mettre les choses en branle dans cette perspective. Hé, oh, les étoiles et les astres ne vont pas s’aligner tout seuls, et aucun éditeur ne peut publier le livre que tu n’auras jamais écrit. Voilà où j’en suis. Je me suis rendue compte que ce rêve que j’avais toujours, toujours, toujours en moi depuis que je sais écouter des histoires, il fallait aujourd’hui lui donner les moyens de devenir concret. Et comment écrire un livre, si on n’écrit pas d’histoire ?

Petite, dès que j’ai su écrire, j’ai commencé à écrire des histoires. Des livres pour mon frère, des pièces de théâtre que je jouais avec mes cousines ou mes amies, des BD, et puis adolescente, j’ai continué et écrit les vies que j’aurais aimé avoir, des filles fantastiques à qui il arrivait des choses incroyables prenaient vie dans mes cahiers, de belles filles blondes et indépendantes, aimées et courageuses, qui vivaient seules à Paris entourées d’amies et de garçons énamourés. Ah ah, ces bêtises que je relis parfois en rougissant de honte…
Ensuite, il y a eu les blogs, et puis celui-ci, Zadig, que j’ai tenu avec beaucoup de régularité (pour une fille aussi papillonnante que moi, c’est une énorme fierté d’avoir su être si fidèle à un seul blog, et m’astreindre à y venir pendant toutes ces années, sans jamais laisser tomber, ou presque).
Ce blog a été merveilleux pour cela. Toutes ces années, j’ai pu entretenir l’écriture en couchant ici mes bêtises, mes questions, mes coups de coeur, mes angoisses. J’ai écrit écrit écrit et je n’ai pas perdu la main, j’ai retravaillé mes phrases, gagné en rythme et en vitesse, mon cerveau trouve plus facilement le mot que je cherche, le synonyme, la nuance voulue… c’est agréable de constater ces progrès. Et tout cela, c’est grâce au blog, et à vous qui m’avez lue. Se savoir lu force à plus de rigueur, plus de créativité, on se relit avec un oeil plus sévère et on ne laisse rien passer. On s’engage.
Et puis, il y a 3 ans, un collègue apprend que je tiens ce blog, et me parle d’un concours de nouvelles. Un concours organisé par des instits soixante-huitards et arty, un peintre, un écrivain, et un champion de BMX et d’échecs et d’autres choses encore. Un petit concours lancé par des passionnés, je me suis inscrite et j’ai participé. La 1ère année, le sujet était : 7 secondes, 7 minutes, 7 heures, 7 jours, 7 semaines, 7 mois, 7 années… Votre nouvelle s’inscrira dans cette temporalité etc… ». J’ai écrit le moment où ce groupe de rock australien rentre de sa première vraie tournée, au tout début de leur ascension vers la gloire, quand se cristallisent les premiers vrais désaccords entre eux et quand une fille, LA fille, n’en finit plus de semer le trouble et la pagaille parmi les membres du groupe. Je rentrais de notre voyage et Sydney m’avait marquée, je voulais raconter l’ambiance de cette ville.
La 2ème année, le sujet était « une couleur ». Tout simplement. J’ai hésité entre le blanc de la neige et de l’hiver qui me fascinent, et le bleu de l’océan qui m’attire encore et toujours. J’ai écrit l’histoire de ce surfer et de sa petite soeur adorée, la prunelle de ses yeux, en Californie. Encore nos voyages qui hantaient mes écrits. Pour la dernière session du concours, cette année, le sujet était « Et si la fin n’était que le commencement ». J’avoue que ce thème un peu biblique ne m’a pas inspirée. Et puis finalement, j’ai puisé dans nos souvenirs d’Ecosse pour écrire deux histoire entremêlées. Et j’ai gagné le concours. Le truc de dingue non ? Ça signifie beaucoup, beaucoup, pour moi. Je me dis que mon rêve n’est pas fou.
Pour la prochaine édition du concours, je ne peux pas participer (ou alors, hors compétition, ce qui n’a pas trop d’intérêt) alors je me suis dit que c’était aussi un signe : si je ne peux écrire une nouvelle cette année, je mettrai ce temps à profit pour écrire mon livre, ce livre dont je rêve depuis toujours.

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Voilà, vous savez tout. Désormais, les heures consacrées aux billets pour le blog ou au concours de nouvelles, je voudrais les utiliser pour écrire autre chose. Il faut que je le fasse, il faut que je me lance. Sinon, toute ma vie, je regretterai de n’avoir pas essayé. D’avoir gardé ce rêve inaccessible, de l’avoir confiné à son statut de rêve en quelque sorte. Mais j’ai besoin de concrétiser tous mes rêves, même quand autour de moi les gens me trouvent excessive ou insatisfaite. Jusqu’à présent, c’est ce désir de viser l’impossible qui m’a donnée cette belle vie que je chéris (malgré tous les petits soucis). Je me suis accrochée à la lune pour ne jamais me contenter de peu, et je ne regrette rien. Alors je me dis, pourquoi pas cette fois encore ?

Hello Zadig sera donc en pause pour quelques temps, je ne le ferme pas définitivement car je sais que, peut-être, un jour où j’aurai plus de temps, je reviendrai par ici. Mais en attendant, c’est sur des pages Word que je vais écrire, en essayant d’utiliser la régularité que j’ai acquise grâce au blog et à vous. Mon vernis a séché et on ne voit pas trop la trace sur l’ongle du majeur, j’ai réussi à rattraper la catastrophe. Et Little se réveille de sa sieste. Je vous remercie un milliards de billions de fois pour votre présence ici, vos mots toujours gentils et encourageants, votre bienveillance et votre patience. J’ai eu énormément de chance d’avoir des lecteurs/lectrices et je l’ai mesurée chaque jour depuis que c’est le cas. Je peux vous dire que j’étais très fière de cela, et que tout cela a et a eu beaucoup d’importance dans ma vie.

A bientôt pour d’autres aventures !

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Ah, mais vous pouvez tout de même continuer à nous suivre et avoir quelques nouvelles de Little, Robinson et moi, en suivant mon compte sur Instagram (@arrow_meow), où je serai forcément un peu plus présente pour compenser l’arrêt du blog (oui, cela va à l’encontre des principes que j’avais évoqués il y a quelques mois mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être à cheval sur les principes, il faut savoir abdiquer… ^-^) (mais ne vous attendez pas à un truc folichon et chiadé, mon Insta ressemble à ce blog et les photos sont toujours aussi anonymes/floues/coupées ah ah …).

Plein de coeurs à paillettes (forcément) sur vous, des bisous, des câlins, des mercis et quelques larmes refoulées dans la gorge. Ciao !

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Sunday Morning #48

Bonjour ! Je sais, j’ai un peu déserté depuis 10 jours, j’aurais aimé avoir plus de temps pour écrire ici mais les fins d’années dans les écoles sont partout pareilles : intenses. Il y a les évaluations à faire passer, les spectacles à préparer, les répartitions de classes à envisager, les rendez-vous avec les parents, les sorties de fin d’année, le programme à terminer…!! Et je ne parle pas des cadeaux de fête des pères, des mères, les costumes et décors de la pièce de théâtre à peindre, les répétitions de chant, de danse, le dernier conseil d’école, etc etc… Un tourbillon, n’est-ce pas?
Aussi, vous comprendrez mieux pourquoi je suis si peu présente par ici. Ce n’est pas l’envie qui manque, la preuve ? Je prends toujours autant de plaisir à photographier les petits instants sympas de mon quotidien. J’ai juste moins de moments où me poser pour les partager avec vous, mais toujours autant le besoin de le faire… Dans trois semaines, le rythme va ralentir et je pourrais à nouveau bavarder par ici sans compter les minutes de sommeil que cela me fait perdre ^-^ D’ici là, je vous souhaite de belles journées d’été (ça y est, il est presque là, non ??)

Le look de la semaine

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Lorsque la pluie et le froid reviennent, je ressors mes boots d’hiver et les associe à mes blouses adorées et intemporelles, une bonne manière de mixer les saisons sans véritablement ressortir les fringues d’hiver de leurs cartons. (Et en prime, je vous offre un petit aperçu du sol de ma classe, qui devrait bientôt être refait à neuf!!!)

La recette de la semaine

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On a bien souvent la flemme de cuisiner ces derniers temps, alors la recette de la tarte soleil est devenue notre meilleure alliée pour les soirs sans inspiration : une pâte brisée, des légumes, de la moutarde et de la crème fraîche en fond de tarte, du chèvre, des olives noires, des graines (ici, des graines de courge, mes préférées), et hop le tour est joué. C’est joli, bon, et ça fait un repas complet et plus ou moins équilibré ( à accompagner avec un peu de salade verte, et voilà!). Le truc cool avec les tartes calées, c’est qu’on peut les adapter au contenu de notre frigo : légumes verts ou rouges, n’importe quel fromage, sauce tomates ou au pistou, crème fraîche ou moutarde, tout est possible !

La famille Véli-vélo de la semaine

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Notre surnom risque fort de changer et les Blonds deviendront la famille vélo ou quelque chose du genre… C’est bien simple, Little fait du vélo tous les jours, vu que c’est notre moyen de transport pour les trajets maison-travail-nounou, et le week-end nous partons faire de grandes balades en vélo tous les trois. On profite qu’il adore ça ; assis dans son petit siège à l’arrière de nos vélos, il observe tout et garde ses petites mains cramponnées au rebord de son siège. On part visiter le Lyon un peu éloigné de notre centre-ville, l’Ile Barbe, les quais de Saône côté Monts d’Or, Confluence… Depuis qu’on se déplace à vélo tous les trois, je ressens moins cette oppression de la ville bétonnée, car on arrive plus facilement à s’échapper de notre quartier pour prendre un peu l’air là où on va plus rarement.

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L’album de la semaine

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On a emprunté notre trentaine de livres hebdomadaire à la bibliothèque, et parmi eux j’ai découvert de joli album : Papa, maman, bébé. Une suite d’illustrations d’objets/décors du quotidien associés à la famille. Ma page préférée ? Celle où papa est une montagne, maman un volcan, et bébé une petite colline. Ça nous ressemble bien : Robinson solide et inébranlable, moi et mon tempérament explosif et un peu imprévisible, et Little, tout doux, tout rond, tout frais, tout mignon… D’autres exemples du livres : papa brosse à dents, maman brosse à cheveux, bébé brosse à ongles – papa grue, maman tractopelle, bébé brouette – papa soleil, maman lune, bébé terre – papa théière, maman cafetière, bébé biberon… Les illustrations sont jolies et les couleurs très douces, les annotations sont en cursive ce qui apporte un côté « carnet de vie » à cet album. Un joli livre à offrir ou à s’offrir.
(Papa, maman, bébé, d’Anaïs Vaugelade).

Les sandales de la semaine

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Depuis deux ans, je passe toute la belle saison en Birkenstock, et même si je trouve ces sandales toujours aussi pratiques, confortables et stylées, j’avais envie cette année de m’offrir une nouvelle paire de chaussures d’été. Lorsque j’ai vu cette paire soldée sur Asos, je n’ai pas hésité !! Elles sont tout ce que j’aime : du doré, du léopard, du cuir, une semelle épaisse ressemblant à celle des Birkenstock, elles sont parfaites pour moi ! Et vont avec tout !

Le cadeau de la semaine

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Je suivais les blog de Deborah et d’Aloÿse avant qu’elles ne créent en commun Atelier de Curiosité, et j’adore lire leur nouveau bébé (enfin, nouveau, nouveau, ça fait un moment qu’il existe, maintenant !) J’adore ces deux filles, simples et natures, amoureuses des belles choses et bourrées de talent. J’ai eu la chance de rencontrer Aloÿse lors d’une de ses venues à Lyon, il y a 2 ans. On avait déjeuné ensemble au soleil, bavardé comme si on se connaissait depuis longtemps, et j’avais trouvé ce moment parfait, et cette fille adorable. Je pense que je considère Deborah et Aloÿse comme des amies alors qu’on se connait à peine, finalement. Mais on sait toutes les trois qu’on s’apprécie beaucoup, que nos univers se ressemblent, et que si on n’habitait pas si loin les unes de l’autre, on se verrait souvent. Bref, je les aime quoi. Et je ne perds pas espoir, on finira bien par passer un peu de temps ensemble bientôt !
Bref, tout ça pour dire que lorsque j’ai découvert dans ma boîte aux lettres ce petit paquet des studios ADC, j’étais très touchée et trop contente. Deborah, Aloÿse et Axel voulaient gâter Little et lui ont offert un assortiment de cartes dessinées par Aloÿse. Je suis tellement fan du coup de crayon de cette dernière, j’adore suivre son compte Instagram et découvrir tous ses petits bonhommes chevelus et tout nus, ses baleines crayonnées, ses végétations denses gracieuses… Je vais encadrer chaque carte et les accrocher dans la chambre de Little, ça va être magnifique. Les illustrations sont tellement poétiques, elles sont une invitation au rêve, au voyage, à l’imaginaire. J’imagine déjà Little, plus grand, rêvant devant ces dessins et laissant son esprit s’égarer dans des mondes peuplés de petits garçons chevauchant des animaux marins…

Merci encore les filles vous êtes des amours ❤

Le moisiversaire de la semaine

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Début juin, Little a fêté ses 10 mois ! Forcément, le thème de juin était la fête de la musique (je dis « forcément » alors qu’en réalité j’ai mis un temps fou à trouver une thématique pour ce moisiversaire ^-^).
Au programme donc : l’été, les apéros au soleil, les bouteilles de bières, les lunettes et la casquette, et puis un tee-shirt de Led Zep, un tatouage de rockeur et un casque pour écouter du métaaaaaal (« quand tu seras plus grand mon chéri »). Finalement, le décor était plus facile à réaliser que d’habitude mais le rendu de la photo est l’un de mes préférés !

Et voilà pour ces derniers jours. Je vais m’atteler à mes corrections, à présent (tant pis pour la sieste, qui aurait été la bienvenue mais qui ne rentre pas dans mon planning aujourd’hui!!). Merci d’être toujours là malgré ma présence en pointillé! Je reviens vite et bien, c’est promis.
A bientôt, bon dimanche !

PS : s’il y a des lyonnaises qui sont intéressées par les sacs de mon amie (dont je vous parlais dans le précédent article), sachez que j’organise une vente privée vendredi, chez moi, avec ma copine et ses magnifiques créations, et avec plein de copines et de copines de copines. Si cela vous intéresse, envoyez moi un mail : hellozadig@gmail.com

NB : les photos de ce billet sont toutes privées et non libres de droits, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation. 

Lectures de février et de mars 2016

La septième fonction du langage, de Laurent Binet

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« A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a échappé à une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »

Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L’hypothèse est qu’il s’agit d’un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l’époque, tout le monde est suspect…

Ce roman, c’est un des cadeaux de Noël que mes parents ont fait à Robinson. Alors, reprenons juste pour que ce soit bien clair… : JE suis la passionnée de bouquins de la famille. Robinson est MON mec, donc JE suis celle qui le connais le mieux, ou tout du moins qui est le plus à même de cerner ses goûts en matière de littérature. Non ?… Eh bien il faut croire que non, mes parents ont décidé qu’il était préférable de demander l’avis de la libraire… °_°
Donc, j’imagine ma mère, en train d’expliquer à la jeune libraire (extra embauchée pour prêter main forte face au rush de Noël?? Mmmh, mhm, qui sait…?) :  » Alors voilà, on voudrait un livre pour un trentenaire, qui aime les voyages et qui est très intelligent, qui s’intéresse à la politique, qui connait plein de choses… Vous nous conseillez quoi ?  » (j’imagine, là, bien sûr, mais ça devait être quelque chose de cette teneur, je connais mes parents… et je sais quelle image ils ont de Robinson ^-^). Et la libraire de les faire acheter CE livre. La septième fonction du langage, et sous le titre cette précision « Qui a tué Roland Barthes« …

Robinson connait plein de choses, certes, mais il est du genre scientifique politico-économiste, et pas trop porté sur la linguistique. Il a regardé le roman et m’a dit « Mais c’est qui Roland Barthes…? » Et là, j’ai su que la libraire et mes parents ne s’étaient pas compris.

Donc ce bouquin, je me suis dit qu’il fallait que je le lise, d’une part parce qu’on a pour principe de toujours lire les livres qu’on nous offre (ou du moins, d’essayer de les lire), d’autre part parce-que, la seule qui a fait de la linguistique dans la famille, c’est moi. Ça ne l’aurait pas fait que je me débine, n’est-ce pas ? « Eh toi alors, Sophie, tu peux le lire, tu as fait lettres pendant 5 ans…! » (sous-entendu : ta fac de lettres modernes n’a pas servi à grand-chose, alors pour une fois que tu peux mettre à profit une des UE que tu as bossée, tu ne vas pas rechigner !… ») (j’exagère évidemment. Mes parents sont fiers de mon cursus, de vous en faites pas. Je grossis le trait ^-^)

Et je l’ai lu. Sans enthousiasme au départ (les 100 premières pages m’ont laissée… pantoise) et puis de plus en plus prise par l’intrigue et la virtuosité du romancier. Bon, clairement, si je n’avais pas fait cinq ans de linguistique, je n’aurais :
1. rien compris
2. pas accroché
3. pas passé la 15ème page

C’est pourquoi j’ai hésité à vous présenter ce bouquin, ici. Je ne sais pas si je le conseillerais… en tous cas, je préfère être prudente et vous donner le maximum d’indications pour que vous soyez… prévenu(e)s !

Pour caractériser ce livre, voici quelques adjectifs qui me viennent : érudit – original – intense – ambitieux – barré – osé – provoc’ – intelligent – un peu prétentieux quand même… – élitiste – cynique – excluant…

Voilà. Du bon et du moins bon, en somme. Personnellement, j’ai aimé ce moment de lecture. J’aime bien ces livres qui nous donnent le sentiment d’avoir appris des choses, de ressortir de notre lecture plus intelligent, plus « savant ». Bon, ce n’est qu’une impression bien souvent, la preuve : je serai bien incapable, un mois plus tard, de vous expliquer les tenants et les aboutissants de toutes ces théories sur le langage que brasse le récit ! Mais sur le moment, cela m’a plu.

J’ai lu des critiques assez élogieuses de ce bouquin sur Babelio, et j’ai trouvé que certaines en parlaient mieux que moi, aussi je me permets de citer quelques phrases de différents avis glanés sur ce site, qui correspondent bien à ce que j’ai pensé de cette Septième fonction du langage.

Disons d’abord qu’il s’agit d’un hilarant pastiche de roman policier, qui se joue de tous les codes du genre : l’enquête y est menée par un attelage hautement improbable, composé d’un commissaire réactionnaire s’intéressant assez peu à tout ce qui s’apparente à la culture et d’un maître de conférence en linguistique gauchiste enseignant à la fac de Vincennes, embarqué bien malgré lui dans l’aventure. Nous sommes en 1980, Mitterrand est à la veille de gagner les présidentielles, et les sémioticiens tiennent le haut du pavé dans les milieux intellectuels parisiens. Voilà pour le décor.

Le propos est simple : « l’histoire d’un manuscrit perdu pour lequel on tue des gens ». C’est un sujet bateau qui nous valu le meilleur comme le pire. 
Ici , la légitimité est difficilement contestable, puisque le bout de papier précieux qui sera la cause de morts violentes, se réfère à la langue, au pouvoir des mots, à l’art de communiquer. Et qui cela peut-il intéresser, hormis les spécialistes du sujet qui en font leur fond de commerce? Les politiciens bien sûr : la langue comme arme de destruction dans des duels dont l’enjeu est le pouvoir.

L’enquête se déroule donc dans ces deux milieux. A l’exception des deux héros, on n’y rencontre que des personnalités existant ou ayant existé, tels Foucault, DerridaSollers, Kristeva, BHL, Umberto Eco, mais aussi Jack LangLaurent FabiusSerge MoatiRégis Debray, Mitterrand, Giscard et bien d’autres. Ce qui est d’un premier abord assez déroutant – mais néanmoins extrêmement jubilatoire – c’est que tous ces protagonistes sont traités comme des personnages de pure fiction: contrairement aux conventions généralement admises dans un roman mettant en scène des personnages publics, ils commettent des actes et se trouvent confrontés à des situations dénués de toute espèce de vraisemblance (heureusement d’ailleurs pour Sollers, qui a dû beaucoup souffrir s’il a lu ce livre, et pas uniquement dans son amour-propre !). Et pourtant, malgré tous les excès, grâce à bien des petites touches qui fonctionnent comme des signes, le portrait des différents personnages est saisissant de ressemblance, ce qui n’est pas le moindre des talents de Binet que de parvenir à cet exploit !

Bon. Je ne sais pas si cela vous donnera envie. Mais je ne regrette ni l’audace de mes parents (!), ni le mauvais conseil de la libraire, ni les 500 pages du roman, ni mes cinq ans de lettres !!

L’hotel New Hampshire, de John Irving

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Encore un drôle de roman… J’ai été dubitative les 200 premières pages. Clairement, une fois ce bouquin commencé (et mon enthousiasme réfréné), l’idée même de lire ce roman ne m’enchantait pas et je trouvais toujours autre chose à faire que l’ouvrir et me plonger dans ses pages. Donc j’ai laissé traîner. Et puis, Little a été malade et a dormi énormément, la nuit, mais aussi la journée. Dans mes bras, la plupart du temps. Il pouvait dormir jusqu’à 3 heures le matin et 3 heures l’après-midi. Et moi, avec bébé dans les bras, je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre que lire. Alors je me suis laissée embarquer par l’histoire de cette famille originale et j’ai rapidement lu les 300 pages restantes (3 semaines pour lire 200 pages, 2 jours pour lire les 300 suivantes… en gros…). Et je n’ai pas regretté, car lorsque j’ai refermé ce livre, j’étais touchée et marquée. L’apanage des belles histoires, non ?
Et puis, je ne dois pas oublier l’encouragement de Mlle Babooshka, une blogo-copine qui, voyant la couverture du roman apparaître sur mon instagram, m’a confié son amour pour ce livre et son enthousiasme en le découvrant lorsqu’elle avait 15 ans. Ce roman lui a laissé un souvenir marquant, à elle aussi, et son commentaire tombait à pic, il m’a reboostée et encouragée à poursuivre ma lecture, à laisser une chance à ce livre. Et grand bien m’en a pris.

Voici le résumé qu’un commentateur sur Babelio a très justement écrit au sujet du livre (je le trouve plus parlant et plus intéressant que le résumé de la quatrième de couverture, alors je préfère partager celui-ci) :

John Berry , la quarantaine, nous raconte l’histoire de sa famille. C’est une famille non conventionnelle composée de Winlows le père irresponsable et rêveur, Mary la mère fantaisiste, Franck le frère ainé homosexuel et passionné de taxidermie, Franny la soeur incestueuse, traumatisée par un viol collectif, Lilly la soeur naine qui a une volonté farouche de vouloir grandir, Egg le petit frère atteint de surdité, Iowa Bob le grand-père haltérophile porté sur la boisson, et pour couronner le tout Earl l’ours qui aime faire du side-car, et Sorrow le labrador qui souffre de flatulence incurable. 
Nous suivrons la destinée invraisemblable de cette famille hors du commun sur plusieurs décennies, de la rencontre amoureuse des parents à l’acquisition successive de 3 hôtels New Hampshire sur 2 continents différents. Nous ferons des rencontres improbables avec des personnages secondaires excentriques comme Freud le juif dresseur d’animaux et Susie l’ourse intelligente, mais nous croiserons également le chemin de prostituées extravagantes et de terroristes gauchistes complètement timbrés. 
Réservez une chambre à l’hôtel New Hampshire pour y découvrir un univers burlesque, désarmant, dérangé, fantasmagorique, fascinant, drôle mais également réaliste et tragique. Un hôtel occupé par des personnages touchants et atypiques où la normalité n’existe pas et où le paradoxe a toute sa place.
Lire du John Irving c’est partir dans une autre dimension au coeur d’une folie douce et atterrir complètement déboussolé. 

Ce roman est loufoque, parfois vraiment bizarre voire dérangeant, mais il s’en dégage, à la fin, une incroyable et poignante réalité. Je ne sais pas comment vous expliquer. C’est un étrange voyage que de lire ce livre, il faut être prêt à tout, ça part dans tous les sens et la logique n’a pas d’emprise sur cette famille de doux-dingues. Les choses les plus cruelles sont évoquées sans fard ni compassion (la mort, le viol…), l’inceste (entre un frère et une soeur) n’est ni vraiment tabou ni – fait étrange – vraiment répugnant dans cette histoire, et tous ces thèmes qui rendraient n’importe quel autre livre glauque, dur et hyper-réaliste, participent au contraire de la dinguerie et de l’extravagance surréaliste de ce roman…
Un classique de la littérature contemporaine, pour les amateurs de romans américains entre autres.

***

Et voilà, deux livres un peu étranges pour ce début d’année 2016… J’ai peut-être légèrement perdu mon modjo-livre de 2015 (où j’ai eu la chance de n’enchaîner que des pépites ! remember ici) mais, malgré tout, ce sont des lectures qui m’ont marquée.
Après elles, j’ai tout de même envie de plus de légèreté (mais je me suis embarquée dans un livre qui attend depuis trop longtemps que je l’ouvre… Alors la légèreté sera peut-être plutôt pour mai… !)
Que vous inspirent ces deux romans évoqués ici ? Connaissiez-vous John Irving ?

 

La littérature de jeunesse (+ sélection d’albums et livres pour tout-petit)

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A la maison, on est fans de bouquins : j’ai toujours voulu que mes enfants aiment les livres, que les manipuler, les voir, les avoir près d’eux, les feuilleter, les sentir, s’y plonger éperdument durant des heures, les prêter, en parler, y recourir lors d’un besoin de s’isoler ou au contraire de partager… devienne une habitude pour eux. Je m’étais toujours dit que je les familiariserais avec le monde des livres dès leur plus jeune âge. Et c’est ce que j’ai fait avec Little. Et même plus encore! Car, en réalité, je ne pensais pas lui mettre si tôt un livre entre les mains… Les deux premiers mois, le bébé a des espèces d’énormes pupilles qui prennent toute la place et en laisse peu au blanc de l’oeil, (c’est assez étrange à voir), et il ne voit quasiment rien : des ombres, des contrastes… Je me voyais mal présenter un album à Little alors que ses grosses billes ne lui permettaient pas encore de voir grand chose, mais j’ai lu (sur des blogs, et dans des livres) qu’en réalité, dès leur naissance, on pouvait lire des livres aux bébés. Oui oui ! Alors j’ai essayé. Et ça a marché!

Il est préconisé de proposer, au tout petit bébé qui ne voit pas grand chose, des livres avec de forts contrastes de couleurs (noir et blanc, par exemple) et surtout des formes géométriques. Histoire qu’il distingue un peu ce qui se passe, quoi…

A partir du moment où Little a semblé voir de mieux en mieux autour de lui, je lui ai proposé des livres plus élaborés, et j’ai véritablement commencé à lui lire des histoires. C’était vers ses trois ou quatre mois. Mes parents, entre autres, étaient bluffés de nous voir tous les deux allongés à plat dos sur le tapis d’éveil, en train de lire des livres, Little captivé par les pages qui se tournent, les images colorés et la poésie des sons et des mots qui sortent de la bouche de sa maman… ❤

Bon, c’est sûr, quand on adore l’objet livre comme je l’adore, et en plus quand on est maîtresse d’école, le milieu de la littérature jeunesse ne nous est pas inconnu… Lorsque j’ai passé le concours de professeur des écoles, c’est d’ailleurs la matière qui m’a le plus plue, forcément… littérature jeunesse. J’étais même allée au festival du livre jeunesse de Montreuil, qui est énorme et accueille tous les plus grands noms de la littérature enfantine… C’était vraiment un chouette moment !
Du coup, trouver de beaux livres à lire à Little n’a pas été compliqué, au contraire c’est un véritable plaisir pour moi que de chercher, de découvrir, de me faire conseiller, de farfouiller dans les bacs…

Pour celles et ceux qui ont peut-être moins le temps, ou qui ne se sentent pas trop inspirés, je me suis dit qu’une petite sélection de nos albums favoris pourrait être utile. Alors voilà une partie de nos derniers coups de coeur (beaucoup sont empruntés à la bibliothèque. Je fais à chaque fois une razzia à l’aveugle – j’embarque 40 livres cartonnés sans trop les feuilleter. Une fois à la maison, je les installe dans les bacs de Little, et au fil des jours on découvre ensemble tous les albums. On relit plusieurs fois ceux qu’on préfère, les autres je les rapporte vite à la bibliothèque pour libérer de la place sur ma carte d’emprunt et en embarquer d’autres. Ainsi, on a un bon turnover, mais on garde un peu plus longtemps ceux qui nous plaisent vraiment…)

Notre coup de coeur absolu : Mon amour, d’Astrid Desbordes et Pauline Martin

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Les illustrations sont magnifiques, douces, le texte est beau et touchant, j’ai eu les larmes aux yeux les premières fois que je l’ai lu. Je l’offre à toutes mes amies/cousines qui ont un bébé ou qui sont enceintes, et je le conseille à tous ceux qui cherchent un cadeau de naissance à faire. Une petite pépite extrêmement touchante…
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Notre deuxième coup de coeur : Un peu perdu, de Chris Haughton

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Des dessins très poétiques, des couleurs sublimes, et une histoire toute mignonne : bébé chouette tombe du nid et a perdu sa maman. Un gentil écureuil va l’aider à la retrouver. C’est un récit « randonnée » avec répétition d’un shème, ce qui est parfaitement adapté aux petits, qui peuvent ainsi se familiariser avec des tournures de phrases, et anticiper le déroulement de l’histoire. Les récits « randonnées » sont très appréciées en littérature de jeunesse (exemple : les trois petits cochons. Il se passe toujours la même chose avec les maison, le loup qui souffle, etc… jusqu’au final où l’élément perturbateur, la maison de pierre, amorce le dénouement du récit) (groooooosse explication de texte, là, fiou!)  😉
Ce petit tout petit livre est un cadeau de a marraine de Little, qui comme d’habitude a fait preuve de beaucoup de goût et de justesse (elle m’épate à chaque fois…) (ce n’est pas ma meilleure amie depuis 27 ans pour rien ^-^)
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Le récit de randonnée tout simple et bien illustré : Bloub bloub bloub de Yuichi Kasano

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Encore une fois, on a une accumulation de personnages rigolos au fil des pages, qui permettent au récit d’être très accessible, facile à comprendre, et simplement illustré. Les illustrations typiques de la littérature jeunesse nippone me plaisent beaucoup!
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La série de tout-petits livres trop trop choupis : la série des Joé, de Malika Doray

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Non mais ces illustrations !! Comment ne pas craquer ? Toutes douces, toutes simples et toutes mignonnes, je suis fan ! C’est l’histoire d’un papa et d’une maman qui attendent la naissance de leur bébé lapin, Joé. Ils lui préparent plein de choses, un bonnet avec de longues oreilles, un pyjama avec des ailes… et puis Joé né, mais il n’a pas de grandes oreilles du tout ! Pas grave, il a plein d’autres qualités que ces jolis petits livres énumèrent avec beaucoup beaucoup de tendresse et d’humour.

L’abécédaire zoométrique, de Najib : tout l’alphabet bestialement illustré 

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Pas facile de trouver un animal pour chaque lettre de l’alphabet, mais ce grand album cartonné relève le défi ! Et ces illustrations graphiques tellement belles !! La simplicité des formes et des couleurs capte bien l’attention de Little qui adore tourner chaque page et découvrir quel animal se cache sur la suivante.
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Le plus malin : A l’endroit, à l’envers, de Menena Cottin

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Ce petit livre se lit à l’endroit et à l’envers, comme son titre l’indique. Les illustrations sont parfaitement pensées pour suggérer tout et son contraire, selon l’orientation du livre! Et ça, c’est fort, non ??!

Le beau grand livre plein de couleurs et de poésie : Tout autour de moi, de Clotilde Perrin

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Ce livre se lit un peu dans tous les sens aussi, et les illustrations, foisonnantes de détails, peuvent être regardées par tous les angles. Chaque double page aborde un moment du quotidien de l’enfant (le coucher, le bain, la chambre, la rue…), et le petit texte de chacune suggère de rechercher un petit détail dans les images. par exemple, la double page concernant la nourriture évoque notamment la fraise qui est le fruit préféré du narrateur, alors nous voilà à scruter les illustrations pour chercher le petit fruit rouge perdu au milieu des dessins… C’est un livre agréable à lire pour l’adulte aussi car il y a toujours de nouveaux détails à repérer dans les illustrations, qui sont franchement sublimes.   Pour moi, ce grand album est un indispensable  de la bibliothèque d’un enfant, car quel que soit l’âge de celui-ci il peut prendre plaisir à se plonger et se perdre dans les superbes doubles pages fourmillantes de détails. Un livre qu’on a emprunté à la bibliothèque mais que l’on va très vite acheter, c’est sûr !
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Le petit livre hilarant : Catchman, de Stéphane Barroux 

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Raoul est un catcheur colossal et qui n’a peur de rien… il roule des mécaniques pendant quelques pages, nous impressionnant par son régime alimentaire et son hygiène de vie, puis, tout à coup, sa petite maman l’appelle et le houspille… Et là, plus rien, plus de Raoul le costaud, juste un gros balèse qui restera toujours le tout petit garçon de sa môman. Très drôle et un peu moqueur, ce petit album cartonné me fait rire et j’imagine que cela est contagieux car il fait rire Little aussi… un chouette petit livre qui met de bonne humeur
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Et voilà ! J’espère que ce billet vous aura plu, inspiré, aidé, donné envie… etc… J’en ferai d’autres à mesure de nos emprunts à la bibliothèque, de nos achats et de nos coups de coeur ! N’hésitez pas à nous en conseiller vous aussi dans les commentaires !! A très vite.

NB : toutes les photos de ce billet sont personnelles et non libres de droits merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation. 

Quatre hivers en Sibérie

Après Sylvain Tesson et son sublime essai : Dans les forêts de Sibérie, j’ai terminé 2015 et commencé 2016 plongée dans un énorme roman historique qui prend place au fin fond de la Sibérie : Le village oublié, de Theodor Kröger.

Au départ, c’est la 4ème de couverture et la belle illustration de la couverture qui m’ont appâtée :

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Que faire lorsque l’avenir ne propose plus que massacres, démences, colonnes de prisonniers et wagons à bestiaux ? À quoi se raccrocher lorsque triomphent les totalitarismes, les peurs et le froid ? Condamné à mort en 1914, puis au bagne, la pendaison étant «provisoirement commuée en bannissement perpétuel en Sibérie», le jeune Theodor Kröger, une fois libre, participe à l’extraordinaire aventure d’isoler un village russe du reste du monde. Cacher les chemins. Transformer les forêts en labyrinthes. Disparaître des cartes pour échapper au chaos… Combien de temps ? Le Village oublié, best-seller mondial à sa publication en 1950, témoigne de cette incroyable histoire. C’est aussi un chant dédié aux mystères de l’âme russe ainsi qu’à la taïga, seule capable de résister à la folie des hommes…

C’est cette volonté d’isoler du reste du monde un petit village enneigé qui m’a donnée envie de prendre ce livre, de l’offrir à Robinson, afin de pouvoir le lire moi aussi et d’en discuter avec lui. Mais les gros pavés au thème lourd et triste me découragent facilement, une fois que je les ai posés sur l’étagère de la bibliothèque j’ai tendance à les oublier un peu… Du coup, ce roman est resté un ou deux ans à attendre parmi ses congénères de papier, pour que finalement, après les attentats de novembre dernier, je le sorte de sa retraite forcée.

Et grand bien m’en a pris.

Avec du recul, je dirai que je ne suis pas tout à fait d’accord avec le résumé de la quatrième de couv’, car l’intrigue principale n’est pas juste celle d’isoler un village au milieu de la Taïga sibérienne. L’intrigue principale, c’est les péripéties et aventures dramatiques que vit Theodor Kröger, prisonnier de guerre, puis en liberté surveillée, dans un village tout au Nord de la Russie.

Les premiers chapitres nous font vivre le bagne, les tortures infligées aux prisonniers, l’horreur de la guerre. C’est dur et poignant, et dans le contexte où j’ai lu ces pages, tout prenait un écho terrifiant.

Puis, on suit la réinsertion sociale du héros : comment il parvient gagner la considération des autres villageois, à s’enrichir grâce au commerce des fourrures, et surtout, à développer le petit village en y apportant un souffle de modernité et d’ambition. Ces pages sont prenantes, grisantes : Theodor Kröger y raconte le besoin de travailler, le goût de l’effort, l’accomplissement atteint lorsqu’on devient utile dans une société. Ce colosse allemand va ressusciter son village en y faisant construire une école, un lycée, un cinéma, un café…

Lors de ses voyages dans les forêts sibériennes, le commerce de fourrures l’amène à découvrir un autre village, tout petit, perdu au fond des bois, et à se prendre d’amitié avec ses habitants. C’est ce village qu’il aidera à faire disparaître officiellement des cartes. Mais il n’y vit pas, il y passe seulement quelques périodes de sa vie. Ce « village oublié » est comme un eldorado pour l’auteur. L’humanité des gens, la puissance de la nature en font un véritable paradis sur terre, loin de la cruauté de la guerre.

Il y a des chapitres très durs, lorsque Kröger raconte les épidémies, les villages qu’il faut brûler pour endiguer les maladies, et puis ce terrible épisode de famine, des pages qui font froid dans le dos. Le pays est bouleversé par la Révolution, partout ce n’est que chaos et terreur, alors le village où Kröger vit finit par ne plus être approvisionné par les autorités russes… ses habitants sont oubliés. Voués à la mort par la faim. Voilà l’autre « village oublié » du récit.

Ce récit navigue entre horreur, massacres, cruauté de l’homme, et bonté pure, nature divine et toute puissante, paysages à couper le souffle, amour absolu et humanité poignante. La camaraderie, le courage, le dépassement de soi sont les valeurs insufflées tout au long des pages. J’ai tourné la dernière le coeur serré, bouleversée par différentes émotions. Mon envie de m’isoler dans une cabane au fond des bois est plus vive que jamais…