Les réseaux sociaux – 2

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Je vous en parlais dans mon précédent billet, j’ai abandonné Instagram il y a quelques semaines (mois ?) car je n’en pouvais plus. Pardonnez-moi ma franchise mais je n’ai pas pour habitude de passer par quatre chemins (sauf pour la poésie).

Je ne renie pas internet et l’univers des blogs, qui sont bien trop vastes pour être réduits à une seule forme d’utilisation. C’est pourquoi, d’ailleurs, je me permets de repasser par ici, de reprendre du clavier, et de voir ce que ça donne. Peut-être que j’utiliserai à nouveau Instagram bientôt, qui sait? Peut-être aurai-je prochainement besoin de remettre ce blog en pause pour cause de manque de temps, qui sait? Pourquoi se faire ce genre de promesse ? Pourquoi s’engager pour tout et pour rien? Je me sais fluctuante et ce n’est pas un trait de caractère que je blâme, ni chez moi ni chez les autres. Encore heureux qu’on ait le droit de changer autant de fois qu’on veut, pour de petites ou de grandes décisions (tant qu’on ne fait de mal à personne).

Bref. Revenons à Instagram.

C’était aux alentours de mars, avril…

Il y a eu ce moment où je ne supportais plus rien dans ma vie, je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé. Je ne comprenais pas pourquoi. J’attribuais cela à des causes diverses ; le travail, le stress, la vie citadine trop intense, Little qui entrait dans une période difficile, la recherche trop longtemps inaboutissante d’une maison à la campagne… Petit à petit je suis devenue irritable, puis carrément déprimée. J’avais l’impression de subir ma vie, de perdre mon temps, de n’être pas au bon endroit, de gaspiller mes belles années de jeune trentenaire à galérer… bref, je broyais du noir. Et bien sûr, qui subissait de plein fouet cette humeur terriblement maussade ? Mon pauvre Robinson, toujours stoïque dans la tourmente, toujours prêt à me soutenir et à encaisser mes coups durs pour m’aider à doucement remonter la pente et défricher les terrains vagues de mes orageuses émotions.

Lors de nos discussions, Robinson a quelques fois évoqué le mal-être que me causait Instagram, mais je n’avais pas envie d’entendre et de le croire. Il fallait que je prenne consience par moi-même du mal que je m’infligeais avec ce réseau social.

Est venu un moment où, tout simplement, je me laissais totalement envahir par les images (et donc les vies) projetées par cette application. Moi qui étais persuadée de maîtriser assez internet et ses méandres pour ne pas être concernée par les risques inhérents aux réseaux sociaux. Moi qui pensais faire si facilement la part des choses. « On ne me la fait pas, à moi! », m’exclamais-je souvent avec un peu trop de confiance en mes capacités de discernement…

En réalité, il n’y avait plus assez de réalité justement. Je voyais toutes ces vies au bord de la mer, ces filles dont le job fait rêver et vendre, ces enfants parfaits vêtus en Bonton, en Numéro 74, ces mères faussement cools qui mitraillent leur vie aux tons pastels, photos faites de lin, de feuilles tropicales et de sandales Saltwater… Je me disais : non non non, je ne veux pas vivre ici, à Lyon, alors que je pourrais être à Bordeaux ! A Biarritz ? A Annecy ?! Pourquoi chercher une maison dans la campagne lyonnaise alors que la vie serait tellement plus cool au bord de l’océan? Tellement plus… photogénique ?

J’ai réalisé que ça n’allait plus lorsque, en visitant des maisons et en pensant à notre vie future entre ces différents murs, je me demandais comment rendre cette vie là attrayante sur Instagram. Comment rivaliser face aux maisons dans les Landes, face aux surfeuses passant leur vie à boire des smoothies sur la plage et à faire la fête dans des piscines pleines de flamands roses gonflables. Et ce projet de maison à la campagne, notre projet, m’apparaissait de plus en plus déprimant. Je n’arrivais plus à en avoir envie. Je voulais PLUS, je voulais MIEUX. Ma vie me semblait tout simplement nulle.

Et là, vous allez vous dire : WHAT ?! Comment peut-elle dire une connerie pareille ?! La nana a un job qu’elle aime, un petit garçon trop mignon, un mec plutôt génial, plein de hobbies, une belle bande d’amis, et une famille aimante et présente. Que veut-elle de plus? À quel moment a-t’elle cru qu’elle avait le droit de se plaindre…?!

Oui. J’avais beau relativiser, me dire qu’on était tous en bonne santé, qu’on n’avait pas de problèmes d’argent, que je n’étais en froid avec personne, je ne parvenais pas à me défaire de cette impression de nullité. Et forcément, dans cet état d’esprit, impossible pour moi de m’investir dans notre projet d’achat de maison. Mais, si vous suivez bien, je n’en pouvais plus non plus de la vie en ville, du bruit et de la pollution, de l’absence de verdure et de grands espaces… J’étais paumée, et je faisais tourner en bourrique mon pauvre Robinson qui essayait simplement de me rendre heureuse mais ne savait plus à quel Saint se vouer. Bref, à un moment, j’ai compris que le problème ne venait pas de ma vie. J’ai déconnecté Instagram avant de finir totalement déconnectée moi-même. Et croyez le ou non, ça m’a fait, très rapidement, un bien fou.

J’ai compris que je n’étais pas obligée de m’infliger ça. Que j’avais le droit d’être un peu envieuse, au fond on l’est tous et c’est plutôt normal, mais que je ne pouvais pas me dégouter du quotidien en me plongeant trop profondément dans des envies inatteignables. J’ai décidé d’accepter que d’autres aient des vies incroyables, de faire le deuil de mes grands rêves (la vie au bord de l’océan) et de me satisfaire de ce que j’avais. En discutant avec Robinson, j’ai pris conscience que déjà plusieurs fois dans ma vie j’avais voulu plus, visé mieux, et obtenu ce que je désirais. Et même si cela est plutôt positif, j’ai compris que le risque pour moi résidait justement dans ces ambitions toujours accomplies. N’allais-je pas passer mon temps à vouloir encore plus et mieux ? Et devenir éternellement insatisfaite. Une quête sans fin…
J’ai fermé les yeux et essayé d’imaginer : à quoi ça ressemblerait, si je réalisais tous ces désirs qui me rongeaient, la vie à l’océan (mais nous n’aurions pas assez d’argent pour avoir une maison là bas), un autre boulot plus zen et plus cool, et et et… et toujours plus, mais pas forcément mieux. Robinson, toujours si sage, m’a juste doucement dit : « et qui d’autre que toi peut être aussi fier de son boulot ? ( note = il parlait du corps enseignant en général hein !). Tous ces jobs à la mode, instagramables et compagnie, ils font du bien à qui ? Ils sauvent la vie de quels enfants ? (car oui, Robinson pense que les instits, au moins une fois ou deux dans leur carrière,, parviennent à insuffler une flamme dans un gamin un peu perdu et à le  »repêcher », et j’aime bien cette vision là des choses, c’est beau…) ». J’ai coupé Instagram et mon homme m’a aidée à redescendre sur Terre, et c’est exactement ce dont j’avais besoin.

Bizarrement, quelques jours après cette déconnexion, nous avons trouvé la maison de nos rêves dans une campagne perdue, assez éloignée de Lyon (mais toujours pas plus proche de l’océan ^-^). Le genre de campagne absolument pas Instagramable (qui voudrait vivre entre le Rhône, l’Ain et le Beaujolais…? Je vous le demande!). Je me suis longuement demandée si cette maison aurait été la nôtre si je n’avais pas fermé mon compte Instagram et que j’avais encore été sous l’influence d’une dépendance aussi forte au réseau social. Aurai-je, alors, osé l’acheter ?

Et franchement, quand on en vient à se poser ce genre de question, ça devient grave !

Bref, j’ai fait un burn out d’Instagram, et ça va mieux 😉
Je ne prends plus mes repas en photo même si je suis parfois tentée de le faire. Je ne dégaine plus mon Iphone pour immortaliser le moindre moment cool que je vis, et cela ne m’empêche pas d’en vivre plein (et peut-être même plus ? ). Je prends du recul sur le monde d’internet et je ne sais pas si je dois rire ou pleurer de la situation de laquelle je sors, de l’état dans lequel je me suis mise toute seule et sans m’en rendre compte.

Je n’ai pas vraiment parlé de tout ça autour de moi. A part avec Robinson, je veux dire. Je ne sais pas si mes amis pourraient comprendre car ils n’ont pas le même rapport que moi à la vie virtuelle. Tous ont Facebook, Instagram, mais l’utilisent comme des réseaux sociaux  »de proximité », pour communiquer avec leur cercle d’amis, de proches, de connaissances. Pas comme moi qui l’utilisais comme le prolongement de ce blog, et donc de mon identité  »virtuelle » (c’est-à-dire véridique bien qu’anonyme) et pour qui la mise en scène faisait un peu partie de l’équation.

Je n’ai plus envie de m’imposer ça. J’ai envie de vivre mes trucs tranquillement et de cesser de comparer mes journées à celles d’autres personnes dont je ne sais finalement pas grand-chose. J’ai envie de trouver ma vie belle et heureuse et de me satisfaire de mon quotidien, aussi banal, aussi peu exotique soit-il. J’ai envie d’écrire, encore et toujours, et la seule transformation de la réalité qui m’intéresse est la fiction d’un roman ou la poésie d’une autobiographie.

Je ne sais pas si ce  »coming out » vous parlera ou vous semblera farfelu, mais finalement peu importe, j’avais besoin de l’écrire, et de m’affranchir de tout ça. Et puis, j’avais aussi envie d’expliquer à certain(e)s les raisons de mon absence et de mon silence sur Instagram. A eux, encore merci pour vos inquiétudes si touchantes. Mais vous voyez, tout va bien, tout va mieux, et rien n’est grave ! A très bientôt ! (mais pas sur Instagram!) (en tous cas, pas avant un loooong moment).

 

PS : utilisateurs/trices d’Instagram, surtout, ne vous sentez pas visé(e)s par ce billet, je fais une grosse généralisation d’une utilisation finalement relativement exceptionnelle des réseaux sociaux, et je ne juge pas, je ne critique pas ces instagrameuses à la vie un peu trop mise en scène. La seule que je blâme, ici, c’est moi, et mon incapacité à faire la part des choses, ma faculté à tout remettre en question pour des broutilles que je laisse m’envahir.

Les vacances ou prendre le temps

Bonjour !

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir vos commentaires laissés par ici alors que je pensais l’endroit complètement désert. Merci pour ces petits mots encourageants qui me donnent toujours envie de tapoter sur mon clavier.

Je suis en vacances depuis vendredi, presque deux mois de pause que j’attendais impatiemment (évidemment !). Au programme : passer du temps avec Little, préparer un peu ma rentrée (il le faut bien), lire beaucoup, écrire beaucoup, coudre beaucoup, et faire des cartons ! Il y a eu pas mal de changements dans notre vie ces derniers temps, des bonnes nouvelles et des projets qui se concrétisent, j’ai hâte de vous raconter ça.

Certain(e)s l’ont remarqué aussi, je ne suis plus active sur Instagram depuis quelques semaines. Je sentais que ce réseau social me minait petit à petit, et même si je sais pertinemment faire la différence entre le réel et la vie enjolivée sur les réseaux sociaux, il est parfois difficile de faire la part des choses, surtout dans la période de changements dans laquelle on était ces derniers temps, et je me suis laissée submergée. J’ai préféré couper court, au moins pour un moment.

Me voilà donc en vacances, il fait beau et chaud, ça sent l’été et l’indolence des longues journées sans but – le bonheur. J’ai envie de chiller dans la nature, loin du bruit de Lyon, de son bitume et de sa frénésie. Je repartirais bien au Costa Rica, tiens ! En attendant, je vais simplement savourer ce moment où Little est couché et s’endort en gazouillant, l’air devient enfin plus frais, et je peux m’allonger un moment sur le canapé pour bouquiner tranquille. Je suis dans une période où je dévore les romans de Joyce Carol Oats, j’espère trouver le temps de vous en reparler.

D’ici là, je vous souhaite une belle semaine sous le soleil, et espère vous revoir par ici ! A très vite !

 

L’inspiration du moment : comme une envie de buller face à l’océan, de déguster des jus bien frais, de sentir l’air et les embruns balayer mes cheveux sur mon dos nu… les vacances quoi !

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Il était une fois…

Je repoussais ce billet, faute de temps et peut-être aussi pour retarder ce point de non-retour que je vais franchir aujourd’hui. Pour me laisser la possibilité de…
A la rentrée, j’ai réalisé que je ne pouvais plus avoir exactement la même vie qu’avant, maintenant que j’étais maman. Maman ET de retour au travail, un travail très prenant qui mobilise les 3/4 de mon cerveau à peu près 6 jours sur 7 et 22h/24. Ces dernières semaines la vie est trop intense, trop tourbillonnante, et éreintante, et pourtant je ne fais pas grand-chose d’autre que bosser, préparer mes journées de classe, m’occuper de Little, et faire les tâches du quotidien, les repas, les lessives, le ménage, les courses… Wahou, quelle vie de foufou, paillettes et cotillons sur moi, n’en jetez plus.

Quand on a la tête sous l’eau, on réalise qu’on doit faire des choix, et prioriser… tout. Repenser toute sa vie. C’est donc ce que j’ai fait, à la fin des vacances cet été ; je me suis demandée quelles allaient être mes priorités pour les mois à venir, et à quoi j’allais, forcément, devoir renoncer.

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Mes priorités ont été évidentes, pas la peine de chercher longtemps : ma vie de famille avec Robinson et Little, et puis autour de nous mon frère, mes parents, nos amis proches. Un peu de sport, du yoga et de la randonnée, et puis nager quand je peux. Et enfin, écrire. Le tout, saupoudré de bonnes bouffes et de vin, de bières et de frites, de feux de cheminée et de lectures, et d’un peu de couture ou tissage dans les heures creuses, devant un film ou une série. Rien de bien extravagant, quoi. Sauf que, forcément, et comme vous pouvez le constater, ce blog n’entrait pas dans mes priorités. Pas que je n’aime plus bloguer ou qu’il ne soit pas important pour moi, au contraire. Mais, dans l’ordre de mes priorités, il ne pouvait pas faire le poids face à ma vie de maman ou à mon besoin de faire un exercice physique qui me vide la tête, par exemple. Le blog, c’est un loisir que j’adore, et surtout un exercice d’écriture régulier qui m’a fait beaucoup de bien tout au long de ces 9 années (et même plus). Mais aujourd’hui, dans cette vie de trentenaire pleine de tracas banals et de questions existentielles (mon nounou me fait-il la gueule ? Ethan D. va-t-il apprendre à lire cette année ? Ma directrice soutient-elle obstinément ma collègue qui a tort ? Faut-il que j’arrête ma méthode de lecture pour faire de la phonologie pure ? Si je lave ces body à 40°C vont-ils rétrécir ?… Little rentre-t-il encore dans ses chaussons ? A quelle heure ferme la pharmacie ? …), il n’y a plus de créneau disponible pour une activité si  »inutile » que bloguer. Je déteste être devenue cette caricature qui désormais réfléchit à tous ses achats, à l’argent à mettre de côté pour acheter une maison, aux demandes de crèche à faire dans les temps, à « est-ce que je prends ces chaussettes à 9,99euros ou alors je me débrouillerai avec les vieilles chaussettes dépareillées qui me restent » parce-que 9,99euros, c’est quand même 9,99euros… Alors prendre 3 ou 4 heures par semaine pour écrire sur internet, même si ça me fait du bien, ce n’est plus envisageable. Car le temps c’est de l’argent, et car le temps s’est réduit de moitié, voire de 3/4, depuis que Little est là. Exactement comme tout le monde le disait avant que j’ai un enfant, et quand alors moi, je pensais « non, je ne deviendrai pas comme ça, je ne laisserai pas le temps me dicter ma vie, je ne courrai pas après les heures qui défilent, je ne me plaindrai pas sans cesse de ne pas avoir le temps de…  » Je pensais fièrement que je serai une maman qui aurait le temps de penser à elle, à son couple, de faire un peu de sport et de voir ses copines. Et même, de se mettre du vernis une fois par semaine (gros LOL… C’est absolument impossible. Sachez-le). (Du coup, là, je viens de faire une pause pour en mettre. Oh la la le kiffe…!) (heureusement que c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas…).. Bref, je pensais tout ça, sûre de ne pas devenir un cliché ambulant, mais en réalité ben, on n’a pas le choix. J’ai essayé de négocier avec Robinson, pour ne plus travailler et m’occuper de Little, mais bon, il a été catégorique, il ne me voit pas mère au foyer et de toutes façons on ne gagnerait pas assez d’argent. Eh oui, tout cela est si trivial, si peu élégant, tout est dirigé par l’argent et on a beau vouloir être au-dessus de ça, on a besoin de manger et de payer notre loyer comme tout le monde. Je suis donc devenue un stéréotype, le truc le plus commun qui existe : une jeune maman qui bosse, qui n’a plus le temps de rien, et qui court partout tout le temps avec trois mots à la bouche : nounou, manger, fatiguée (et zut, je viens de saboter le vernis sur mon majeur droit!… C’était sûr… Ça ne pouvait pas être si facile…)

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Donc, je n’ai plus de temps, je cours partout, je ne m’épile plus assez souvent, j’ai perdu le numéro de mon coiffeur (qui d’ailleurs a revendu son salon. Donc : mon coiffeur n’existe plus…) et mes 3 heures de pause pendant la sieste de Roméo les jours où je ne suis pas à l’école sont dédiées à la préparation de mes journées de classe. Je suis payée à 80% pour, en réalité, bosser 40 vraies heures par semaine, minimum. (Haaaannnn, ce billet est un véritable mur des lamentations, excusez moi, ce n’était pas mon but initial. Je vais essayer de raccrocher les wagons de mon discours et de ne pas trop m’éparpiller (mais j’ai tellement de choses à vous dire !)).

Bloguer, donc, je n’ai plus le temps. Je suis triste, mais c’est comme ça. Sinon, il faudrait que je dorme moins, mais je dors déjà trop peu pour supporter tous les soucis du quotidiens et pour accepter sans broncher les irritations des petits problèmes de tous les jours. Ma patience n’est pas un merveilleux puit sans fond, et si je n’ai pas de soupape de décompression (=sommeil et sport et copines) pour recharger ce puit, à un moment on va toucher le fond. Donc, dormir moins = mauvaise idée. Donc, je dois arrêter de bloguer (mon dieu que mes démonstrations logiques sont absurdes, ah ah…).

Mais il y a autre chose. Quelque chose d’un peu moins commun, d’un peu moins terne, d’un plus foufou avec des paillettes (la paillette, le leitmotiv de ce billet ?) : je veux continuer à écrire.

??? Mais que raconte-t-elle ??? (que ceux qui auront lu ce billet jusqu’au bout se voient gratifiés de mon éternelle admiration béate (vous n’avez rien d’autre à faire de plus utile ??!!) …)

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Allez, je vous raconte.

Depuis toujours, mais genre toujours, je veux devenir écrivain. Petite, mon idole absolue n’était pas Dorothée (ni Hélène), mais Sophie Rostopchine alias la Comtesse de Ségur. Puis, il y a eu Shaïne Cassim, et puis tous les grands, Zola, Hugo, Flaubert et Balzac, et puis Emily Brönte et Jane Austen, et aujourd’hui Bret Easton Ellis et Joyce Maynard, Paul Auster (dieu sur terre) et les autres… Ces personnes qui me font rêver, ces artistes, ces créateurs qui touchent les étoiles. Dieux et déesses de mon Panthéon perso. Et écrire des histoires, c’est ce que je veux faire depuis toujours.
Vous savez, ce vieux rêve qu’on traîne depuis l’enfance, quand on dit « nan mais, un jour, de toutes façons, je serai écrivain… ». Ça coule de source. C’est juste une question de temps. Et quand tu es petit(e), tu sais que, à trente ans (quand tu seras vieux, donc), tu auras atteint ton objectif.
Et puis le temps passe, et puis même il file ce coquin ! De plus en plus vite. Et tout à coup, tu as 30 ans, et ton vieux rêve qui te paraissait si possible, si faisable, juste une question de temps… ne s’est pas réalisé. Tout simplement parce que tu ne t’es pas assez bougé pour essayer de mettre les choses en branle dans cette perspective. Hé, oh, les étoiles et les astres ne vont pas s’aligner tout seuls, et aucun éditeur ne peut publier le livre que tu n’auras jamais écrit. Voilà où j’en suis. Je me suis rendue compte que ce rêve que j’avais toujours, toujours, toujours en moi depuis que je sais écouter des histoires, il fallait aujourd’hui lui donner les moyens de devenir concret. Et comment écrire un livre, si on n’écrit pas d’histoire ?

Petite, dès que j’ai su écrire, j’ai commencé à écrire des histoires. Des livres pour mon frère, des pièces de théâtre que je jouais avec mes cousines ou mes amies, des BD, et puis adolescente, j’ai continué et écrit les vies que j’aurais aimé avoir, des filles fantastiques à qui il arrivait des choses incroyables prenaient vie dans mes cahiers, de belles filles blondes et indépendantes, aimées et courageuses, qui vivaient seules à Paris entourées d’amies et de garçons énamourés. Ah ah, ces bêtises que je relis parfois en rougissant de honte…
Ensuite, il y a eu les blogs, et puis celui-ci, Zadig, que j’ai tenu avec beaucoup de régularité (pour une fille aussi papillonnante que moi, c’est une énorme fierté d’avoir su être si fidèle à un seul blog, et m’astreindre à y venir pendant toutes ces années, sans jamais laisser tomber, ou presque).
Ce blog a été merveilleux pour cela. Toutes ces années, j’ai pu entretenir l’écriture en couchant ici mes bêtises, mes questions, mes coups de coeur, mes angoisses. J’ai écrit écrit écrit et je n’ai pas perdu la main, j’ai retravaillé mes phrases, gagné en rythme et en vitesse, mon cerveau trouve plus facilement le mot que je cherche, le synonyme, la nuance voulue… c’est agréable de constater ces progrès. Et tout cela, c’est grâce au blog, et à vous qui m’avez lue. Se savoir lu force à plus de rigueur, plus de créativité, on se relit avec un oeil plus sévère et on ne laisse rien passer. On s’engage.
Et puis, il y a 3 ans, un collègue apprend que je tiens ce blog, et me parle d’un concours de nouvelles. Un concours organisé par des instits soixante-huitards et arty, un peintre, un écrivain, et un champion de BMX et d’échecs et d’autres choses encore. Un petit concours lancé par des passionnés, je me suis inscrite et j’ai participé. La 1ère année, le sujet était : 7 secondes, 7 minutes, 7 heures, 7 jours, 7 semaines, 7 mois, 7 années… Votre nouvelle s’inscrira dans cette temporalité etc… ». J’ai écrit le moment où ce groupe de rock australien rentre de sa première vraie tournée, au tout début de leur ascension vers la gloire, quand se cristallisent les premiers vrais désaccords entre eux et quand une fille, LA fille, n’en finit plus de semer le trouble et la pagaille parmi les membres du groupe. Je rentrais de notre voyage et Sydney m’avait marquée, je voulais raconter l’ambiance de cette ville.
La 2ème année, le sujet était « une couleur ». Tout simplement. J’ai hésité entre le blanc de la neige et de l’hiver qui me fascinent, et le bleu de l’océan qui m’attire encore et toujours. J’ai écrit l’histoire de ce surfer et de sa petite soeur adorée, la prunelle de ses yeux, en Californie. Encore nos voyages qui hantaient mes écrits. Pour la dernière session du concours, cette année, le sujet était « Et si la fin n’était que le commencement ». J’avoue que ce thème un peu biblique ne m’a pas inspirée. Et puis finalement, j’ai puisé dans nos souvenirs d’Ecosse pour écrire deux histoire entremêlées. Et j’ai gagné le concours. Le truc de dingue non ? Ça signifie beaucoup, beaucoup, pour moi. Je me dis que mon rêve n’est pas fou.
Pour la prochaine édition du concours, je ne peux pas participer (ou alors, hors compétition, ce qui n’a pas trop d’intérêt) alors je me suis dit que c’était aussi un signe : si je ne peux écrire une nouvelle cette année, je mettrai ce temps à profit pour écrire mon livre, ce livre dont je rêve depuis toujours.

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Voilà, vous savez tout. Désormais, les heures consacrées aux billets pour le blog ou au concours de nouvelles, je voudrais les utiliser pour écrire autre chose. Il faut que je le fasse, il faut que je me lance. Sinon, toute ma vie, je regretterai de n’avoir pas essayé. D’avoir gardé ce rêve inaccessible, de l’avoir confiné à son statut de rêve en quelque sorte. Mais j’ai besoin de concrétiser tous mes rêves, même quand autour de moi les gens me trouvent excessive ou insatisfaite. Jusqu’à présent, c’est ce désir de viser l’impossible qui m’a donnée cette belle vie que je chéris (malgré tous les petits soucis). Je me suis accrochée à la lune pour ne jamais me contenter de peu, et je ne regrette rien. Alors je me dis, pourquoi pas cette fois encore ?

Hello Zadig sera donc en pause pour quelques temps, je ne le ferme pas définitivement car je sais que, peut-être, un jour où j’aurai plus de temps, je reviendrai par ici. Mais en attendant, c’est sur des pages Word que je vais écrire, en essayant d’utiliser la régularité que j’ai acquise grâce au blog et à vous. Mon vernis a séché et on ne voit pas trop la trace sur l’ongle du majeur, j’ai réussi à rattraper la catastrophe. Et Little se réveille de sa sieste. Je vous remercie un milliards de billions de fois pour votre présence ici, vos mots toujours gentils et encourageants, votre bienveillance et votre patience. J’ai eu énormément de chance d’avoir des lecteurs/lectrices et je l’ai mesurée chaque jour depuis que c’est le cas. Je peux vous dire que j’étais très fière de cela, et que tout cela a et a eu beaucoup d’importance dans ma vie.

A bientôt pour d’autres aventures !

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Ah, mais vous pouvez tout de même continuer à nous suivre et avoir quelques nouvelles de Little, Robinson et moi, en suivant mon compte sur Instagram (@arrow_meow), où je serai forcément un peu plus présente pour compenser l’arrêt du blog (oui, cela va à l’encontre des principes que j’avais évoqués il y a quelques mois mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être à cheval sur les principes, il faut savoir abdiquer… ^-^) (mais ne vous attendez pas à un truc folichon et chiadé, mon Insta ressemble à ce blog et les photos sont toujours aussi anonymes/floues/coupées ah ah …).

Plein de coeurs à paillettes (forcément) sur vous, des bisous, des câlins, des mercis et quelques larmes refoulées dans la gorge. Ciao !

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Et pendant ce temps là…

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Je pensais pouvoir écrire encore un petit billet ici fin juillet, avant de partir en vacances, mais le temps a été plus rapide que moi et je me suis retrouvée à l’autre bout de la France, sans ordinateur, sans possibilité d’écrire ici, et sans avoir dit au-revoir… Bon, j’imagine que vous vous doutiez que mon silence n’était du qu’à mon départ de Lyon vers l’ouest, et pas à une désertion bloguesque ^-^

J’ai des tonnes de choses à écrire, car lorsque je m’isole un peu, lorsque je pars longuement marcher, lorsque je me coupe du quotidien, généralement l’inspiration vient, et les idées de billets avec elle. J’aimerais vous parler de mes lectures de vacances, beaucoup de coups de coeur à partager. J’ai envie de faire un billet sur les vacances en van avec un bébé. Et plein de réflexions sur la vie, le quotidien, la consommation, me sont venues à l’esprit durant nos longues randonnées estivales.

J’espère que vous n’avez pas abandonné et déserté ce blog à cause de ma longue absence inexcusée. Je suis en train de vivre une des périodes de l’année que je préfère – la rentrée – mais aussi une des plus intenses, aussi j’espère pouvoir revenir rapidement par ici. J’ai des résolutions à prendre et des objectifs à fixer (je veux faire trop de choses et ce n’est plus possible, il faut donc que je renonce à certaines activités et priorise certaines autres). Cette nouvelle année qui s’amorce s’annonce remplie et réjouissante !

A très bientôt ! Bonne fin d’été !

 

La fille qui avait mille passions

Cette fille, vous vous en doutez bien, c’est moi. Robinson me fait souvent cette remarque. J’ai envie de faire trop de choses. Mes journées sont trop courtes. J’aimerais avoir plus de temps encore pour lire, tisser, marcher, nager, coudre, écrire, voir mes amis, tricoter, cuisiner, profiter de Robinson et de Little, fabriquer des trucs, jardiner, faire du yoga, rêvasser, etc… Mais les journées font bien 24 heures, pas une de plus, et il me faut faire des choix, ce qui n’est pas toujours facile… Si je m’écoutais, j’aurais une pièce pour chacun de mes loisirs, et j’entasserais à ma guise boîtes de fils et cartons de pelotes, sac de piscine et livres, notes, sacs de terre et bottes en caoutchouc…Comme cela est impossible, je « range » mon bazar un peu partout dans notre appartement, là où il y a de la place (une étagère vide dans la bibliothèque, un casier inutilisé dans une commode, la penderie de Robinson ou celle de Little… ^-^).

La couture, par exemple, j’adore. L’idée de créer ses propres vêtements est tout de même incroyablement pratique, non ? Sauf que bon, j’avais déjà trop de loisirs, pas assez de temps, alors, raisonnable que je suis, j’avais mis de côté cette envie de coudre. Heureusement pour moi (et pour Robinson) pour se lancer dans la couture il faut une machine à coudre (assez onéreux, l’équipement, donc)… Si jardiner, ou marcher, ou le tissage ou le tricot avaient nécessité un tel investissement je ne m’y serai sans doute jamais mise, ou en tous cas, j’aurais fait des choix et restreint mes activités. C’est difficile de débourser une grosse somme pour un équipement qu’on n’est pas sûr d’utiliser à long terme, acheter une machine à coudre d’accord, mais encore faut-il avoir déjà essayé de coudre et être certain(e) de vouloir s’y mettre pour de bon. Et ce n’était pas mon cas (enfin, j’avais déjà essayé bien sûr, mais il y a longtemps, et sur de vieilles machines…).

Du coup, cette fameuse jupe qui me faisait envie, c’est elle qui a déclenché mon coup de coeur pour la couture. Je ne me serais pas lancée sans un projet qui en vaille le coup derrière. J’ai trouvé le tutoriel, acheté le tissu (et les accessoires de couture !), découpé les pièces selon le patron, épinglé, et puis j’ai attendu. Car, une fois tout cela achevé, ne restait plus qu’à assembler les pièces avec une machine à coudre. Que je n’ai pas, donc.

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J’attendais d’aller chez mes parents, car ma maman coud un peu et à une MAC (= une machine à coudre pour les intimes ^-^). Là, je pensais que j’allais me faire aider, voire, filer l’ouvrage à ma mère et la regarder coudre gentiment la jupe de mes rêves. Mais finalement, j’ai eu envie de me frotter à la bête et de me débrouiller seule. Même quand la canette du dessous m’en a fait voir de toutes les couleurs, je n’ai pas baissé les bras (c’est à dire, appeler ma maman à la rescousse) et j’ai essayé de régler le problème en m’aidant de forums et de tutos vidéos (merci internet).

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Et c’est ainsi que je me suis lancée dans la couture. Et là, je crois que j’ai attrapé le virus – on ne m’arrête plus. Après la jupe, j’ai eu envie d’essayer d’autres choses. J’ai pris mon pull favori, qui a une coupe toute simple, comme un grand carré avec des manches. Je l’ai posé sur un large morceau de tissu, et j’en ai tracé le contour, deux fois, comme s’il s’agissait d’un patron. Puis, j’ai découpé les deux morceaux de tissu, les ai assemblés sans trop y croire, et TADAM…. ça a fait un pull ! Je crois que ma mère n’en revenait pas, elle non plus.

Après cela, j’ai cousu une petite taie de coussin, assortie à mon pull, et un leggings pour Little (ainsi qu’un blommer, mais je ne l’ai pas pris en photo…), mais il a fallu calmer ma frénésie car, de retour à Lyon, je n’ai pas de machine à coudre pour donner libre cours à mon envie de faire des vêtements ! Pas grave, j’ai tout de même acheté quelques mètres de chouettes tissus, et un patron, une blouse à basques magnifique (nommée Marthe) qu’il me tarde d’essayer de réaliser ! (Même si, honnêtement, je pense qu’avec ce patron je vais atteindre mes limites, et qu’il va m’être très compliqué de coudre ce vêtement…)

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Peut-être que l’achat d’une machine à coudre sera bientôt d’actualité. Je réfléchis encore… il me faudrait trouver un endroit où la mettre chez nous, or, on n’a plus beaucoup de place, on a déjà du mal à trouver où étendre le linge, où installer la chaise haute de Little, où ranger certains objets…
On verra ! De toutes façons, je mets ma nouvelle lubie en stand-by, il est temps à présent de se reconcentrer sur une échéance de plus en plus proche : la reprise du travail. Je n’aurai plus beaucoup de temps pour mes loisirs, et les deux prochains mois risquent d’être très, très intenses ! Heureusement, c’est aussi le retour des beaux jours, et j’ai bon espoir que le soleil, les apéros en terrasse, les balades sous les arbres fleuris m’apportent le plein d’énergie et m’aident à passer sereinement ce cap ! On y croit 🙂

En attendant, je ne me lasse pas d’admirer la photo de la petite blouse Marthe qu’il me tarde de coudre ! J’ai déjà prévu pour elle un magnifique tissu gris à têtes de renards, hâte hâte hâte !

Et vous, cumulez-vous aussi les loisirs ? Avez-vous aussi ce besoin de créer, de fabriquer des choses, constamment ? Vos journées auraient-elles besoin elles aussi de quelques heures supplémentaires… ? ^-^ 

A très bientôt !

Be green, be proud – part 2

(si vous souhaitez lire la première partie, c’est ici) (j’en profite pour vous remercier pour l’accueil que vous avez fait au premier article sur le thème et pour vos encouragements. Vous êtes au top !! )

Après la prise de conscience, retour à la réalité

Lorsque je suis rentrée de ce voyage, donc, j’ai du reprendre ma vie là où je l’avais laissée seulement deux petits mois auparavant, deux petits mois qui me parurent être un million d’années, tellement je n’étais plus la même. Mes envies avaient changé, et je n’arrivais plus à faire l’autruche. Je me souviens très bien, pendant des mois j’ai été incapable de me vernir les ongles, dégoutée par ce simple acte d’utiliser un produit hyper chimique, dont la production, le conditionnement et l’utilisation étaient inévitablement tout sauf écologiques. J’ai connu une période un peu extrême et ça a été difficile de me réadapter la vie « normale ». Partout je ne voyais que gaspillage des ressources, et les comportements de masse me rendaient hystérique. J’ai eu un grand passage à vide à ce moment là et il m’a fallu une réelle période d’ajustement pour retrouver un certain équilibre dans ma vie.

Mais fatalement, une seule problématique tournait en boucle dans mon cerveau : comment faire pour que nos comportements de consommateurs changent ?? Comment faire prendre conscience aux gens de l’impact de leurs gestes, aussi anodins semblent-ils être ?

Finalement, la réponse aux questions de société que nous nous posons est toujours la même : la seule arme dont nous disposons est l’éducation. Et, imaginez un peu la chance que j’ai, moi qui désirais si ardemment pouvoir changer les choses, de faire le métier d’enseignante !!! Alors j’ai essayé, depuis, d’utiliser mon job pour sensibiliser les jeunes générations. Je ne parviendrai peut-être qu’à convaincre un seul enfant dans toute ma carrière, en l’aidant à développer une vraie conscience écologique… et si c’est le cas, j’aurais déjà réussi mon pari, j’aurais déjà oeuvré pour la planète, à ma toute petite échelle.

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A l’école

Dans ma classe, on recycle tous les papiers, on ne gaspille rien, j’imprime et photocopie tout en recto-verso, on compte les photocopies, on récupère les feuilles de brouillon des parents-cadres qui consomment des ramettes et des ramettes de papier pour rien (mon mec fait partie de ceux là, et j’ai beau le houspiller, dans son service ils continuent d’imprimer bêtement leurs emails et d’utiliser une feuille entière pour imprimer 3 chiffres… Grrrrr!!) (mais, encore une fois, je n’ai pas fait cela pour rien, car depuis quelques mois il me rapporte toutes les feuilles imprimées au recto afin que je les réutilise en classe comme papier brouillon)… Ce sont des petits gestes répétés au quotidien et que j’espère ancrer durablement dans le comportement de mes élèves. Petite fierté numéro 1.

A la maison – le tri des déchets

Et puis l’année dernière je réfléchissais à nos déchets, parce que c’est typiquement le sujet pour lequel on peut facilement faire l’autruche. On met tout à la poubelle, on jette sa poubelle dans le vide-ordure de son immeuble ou bien dans la grande poubelle verte de sa maison, les éboueurs passent et hop, fini on n’en parle plus. J’ai finalement pris mon courage à deux mains pour lever le petit mouchoir que j’avais osé sur le sujet et j’ai imposé à mon esprit de se répéter plusieurs fois tout le cycle « de vie » des déchets.
Bon, ok, une fois que mon cerveau a eu bien imprimé que tout finit par être brûlé et donc à créer du CO2 qui dégomme notre couche d’ozone, je n’ai plus pu garder mes oeillères et faire celle qui ne savait pas. Et, comme d’habitude, comme je suis un peu extrême, il a fallu que je fasse quelque chose pour compenser.
Déjà, le tri a toujours fait partie de nos habitudes, c’est complètement automatique de ne pas jeter dans la même poubelle les canettes / plastiques / boîtes de conserve / cartons et le reste… au point que, dans la rue, j’ai du mal à jeter un emballage dans une poubelle publique, alors qu’il devrait être recyclé… (du coup, je le mets dans ma poche et je le jette chez moi ^-^)…

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Aller un peu plus loin – le compost

Et puis petit à petit, l’idée de jeter à la poubelle nos épluchures de légumes a commencé à me turlupiner. Je voyais les épluchures de carottes qui ne demandaient qu’à pourrir gentiment pour retrouver leur état organique premier, mais qui fatalement, dans la poubelle, avait comme destinée de grossir le monticule de déchets à brûler récoltés par les éboueurs… Et ça me rendait malade.
Alors je suis devenue incapable de jeter mes épluchures… ! J’ai donc commencé à les mettre dans un seau sur notre balcon. Ainsi, sans vraiment le décider, nous nous sommes lancés dans le compost urbain. Petite fierté numéro 2.

Et puis cet été, je discutais avec mes parents de mon désir d’installer un bac de compost dans le jardin collectif de notre immeuble, et je m’étonnais qu’eux mêmes, avec leur grande maison et leur grand jardin, leur amour du jardinage, leurs racines campagnardes, ne fassent pas de compost et jettent leurs déchets organiques à la poubelle. Mon père était même très réticent sur le sujet ! A cela, une raison :  il avait, par le passé, essayé de faire un compost dans un bac composteur, mais à sa sauce et sans véritablement respecter les règles de base du compost (il y mettait des kilos d’herbe coupée, ne retournait pas le contenu du bac, ne mettait pas de matière sèche, jetait certains déchets qu’il ne faut pas mélanger au compost…). L’échec de cette première tentative l’avait découragé et dégouté. A plusieurs reprises, j’ai mis le sujet sur le tapis, argumentant encore et encore, face au non catégorique de mon père. Jusqu’à ce qu’un jour, au téléphone, ma mère me glisse d’un air entendu : « ah, au fait, papa a fait un compost derrière le potager… « . J’étais vraiment contente et fière d’avoir insisté assez pour le faire changer d’avis. Petite fierté numéro 3.

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(le composteur collectif, dans un jardin partagé de notre quartier, où l’on dépose notre sac de compost tous les samedis matins)

Qu’est-ce que je peux faire si je veux être éco-responsable au quotidien sans trop me prendre la tête ?

Acheter en vrac, avoir toujours sur soi des grands sacs pour ne pas acheter / gaspiller de sacs plastiques, acheter local et bio dans la mesure du possible, manger des fruits et légumes de saison, manger très peu de viande et jamais des trucs en barquette achetés en grandes surfaces, ne pas gaspiller la nourriture et mettre les restes en tupperware pour les repas suivants, acheter sur le Bon Coin plutôt que neuf (électroménager, vêtements pour bébé, jeux, livres, meubles… on passe systématiquement par ce site avant d’aller en magasin et on est rarement déçus ! ), ne plus acheter de conneries en plastique et de vêtements pas chers et « jetables » – réfléchir à ce dont on a besoin, ce qui nous ferait vraiment plaisir, ce qu’on gardera dans le temps… ne pas manger dans des enseignes telles que MacDo et compagnie, éviter les grandes marques/grandes filiales sans éthique ni engagement, se déplacer en vélo/transports en commun, réfléchir à son impact écologique et à l’empreinte carbone de chacun de nos actes…  autant de petits gestes qui nous sont devenus évidents au quotidien. Ils sont aujourd’hui devenus naturels mais sont le fruit de notre réflexion et de notre désir de nous impliquer un peu plus dans la préservation de notre environnement. C’est tout bête, tout simple, et on n’y pense plus car c’est devenu « normal » (et tant mieux. C’est ce côté « réflexe » que je souhaiterais plus que tout inculquer à mes élèves), et surtout c’est à la portée de tout le monde. D’ailleurs,  on s’est aperçus qu’acheter notre nourriture au marché en bas de chez nous et manger local nous coûte moins cher que lorsque nous achetions nos aliments au supermarché du quartier ou chez Grand Frais (bien sûr, si on faisait nos courses à Lidl cela serait encore moins cher, c’est vrai. Mais les légumes/fruits de cette enseigne proviennent rarement de France…).

Alors voilà, compost, tri des déchets, recyclage, consommation réfléchie et responsable… ce ne sont que de toutes petites actions, mais au quotidien elles me permettent d’appliquer des principes qui me paraissent fondamentaux, et elles m’apportent aussi une certaine fierté – même s’il y a tellement plus à faire, encore : nous avons réussi à changer nos comportements pour être plus en accord avec nos idéaux, et cela nous rend fiers et nous donne envie de continuer et d’en parler autour de nous, afin d’encourager le plus grand nombre à réfléchir à la question environnementale (si ce n’est pas déjà fait, bien sûr – car malgré tout, de plus en plus de monde se sent concerné par le sujet, heureusement).

Bien sûr, il nous reste du chemin à parcourir, il nous faut encore améliorer plein de choses dans notre quotidien : notre consommation de manière générale, nous achetons encore trop de choses avec pleins d’emballages, trop de plastique… nos virées chez Zara et H&M… et puis, mine de rien, les voyages que l’on rêve de faire et qui ont une empreinte carbone ÉNORMISSIME… Bref, il nous reste beaucoup de travail si l’on souhaite vivre en accord total avec nos principes. Mais pas la peine de se mettre la pression non plus, comme pour tout, il est préférable de faire un petit peu et s’y tenir régulièrement sur la durée, que de vouloir déplacer des montagnes et abandonner en chemin par découragement face à l’ampleur de l’objectif, non ?

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Nous continuons donc de réfléchir à nos comportements et à notre impact sur la planète. Notre voyage au Costa Rica a participé à cette réflexion et nous a donné encore un peu plus de grain à moudre (pays de l’éco-tourisme, et lieu d’implantation de la Earth University, entre autres). Avoir un enfant, indéniablement, lève encore un peu plus le voile sur ces grandes questions, car on se demande forcément quel monde nous allons laisser aux générations futures ; je regarde Little, je l’imagine grandir, devenir adulte, avec un métier, des rêves, rencontrer une femme et fonder une famille… les contours du monde qui se dessinent en décor derrière ces projections dans le futur me font un peu flipper, alors plutôt que de mettre le problème dans un coin et d’essayer de l’oublier, je veux faire partie de la dynamique à l’oeuvre pour changer les choses. Et vous ?
Dites-moi ce que vous inspire ce sujet, et si vous vous sentez concerné(e)s par cela. Avez-vous des conseils à partager ? Des échecs/découragements à confier ? Des petites satisfactions qui vous rendent fiers/fières vous aussi ?

Be green, be proud – part 1

Prologue : ce billet me tient à coeur, cela fait des semaines que j’y pense, que j’essaie de trouver dans ma tête comment aborder ce sujet, comment vous expliquer ce qui se passe dans mon esprit, comment vous motiver, comment vous convaincre si ce n’est déjà fait… En le rédigeant, je m’aperçois que je dois creuser plus que je ne le croyais, et pour éviter que cet article ne soit trop indigeste, je vais le scinder en plusieurs parties, sans doute deux, peut-être trois si vraiment je suis trop prolixe. Si vous aimez lire ce blog, alors s’il vous plaît, faites moi ce plaisir, lisez cette série de billets (oui, je fais du chantage affectif ^-^). Le sujet est trop important et dans ces articles je vais mettre beaucoup de moi-même, de mon temps et de ma personne, j’espère qu’ils ne resteront pas lettres mortes. N’oubliez pas : il n’y a pas de petits gestes, il ne faut pas se décourager face à l’ampleur de la tâche, ni se croire seul face au problème. On fait partie d’un tout, et notre comportement peut tout changer, on peut être la goutte qui fait déborder le vase, on peut être la plume qui fait pencher la balance… Je suis heureuse d’avoir ce blog pour pouvoir partager aussi ce genre de choses avec vous, et utiliser cet espace d’expression comme une véritable tribune qui me donnera peut-être l’opportunité de toucher un peu plus de monde… 

Commencer par le commencement : la prise de conscience

En 2014, rappelez-vous, je suis partie deux mois pour un genre de tour du monde accéléré : Sydney – Nouvelle-Zélande – Tahiti – Côte Ouest des Etats-Unis. Ce voyage a été un électrochoc pour moi, il m’a fait prendre conscience de tout un tas de choses me concernant, mais aussi (surtout) extérieures à moi-même. La Nouvelle-Zélande, surtout, m’a énormément marquée. Pour l’anecdote, c’est Robinson qui tenait absolument à passer par la NZ, alors que moi je me serais bien contentée de faire une escale plus longue en Australie et d’y parcourir la côté des surfeurs (forcément, ah ah…). Heureusement, l’organisation des voyages, c’est toujours lui qui s’y colle, je lui laisse volontiers les rennes, aussi je n’ai pas insisté et la NZ a figuré sur notre tour. THANKS GOD !! C’est ainsi que je me suis retrouvée à parcourir ces 2 îles à l’autre bout du monde, en camping-car, durant un mois, et que je me suis pris la claque de ma vie.

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vers Twizel, là où ont été tournées certaines scènes du Rohan dans Lord of Rings

En NZ, ils ont tout compris : le fait qu’il s’agisse d’une île, assez isolée, a très vite fait comprendre à la population qu’elle était responsable de sa faune et de sa flore et qu’elle devait tout faire pour la protéger. Là où nous, en Europe, avons depuis longtemps abdiqué et tentons tant bien que mal de réparer les dégâts et d’enseigner aux gens les gestes écolos en leur démontrant que la planète est avant tout LEUR planète (sans succès) (enfin, du moins, l’impact est minime), en NZ c’est ancré dans les esprits, et les comportements éco-responsables sont une évidence : toilettes sèches partout sur le territoire, presque aucune autoroute (seulement aux abords des grands villes, qui sont peu nombreuses), contrôles extrêmement sévères de ce qui entre et sort du territoire (ex : nous avons débarqué en pleine nuit à l’aéroport après un séjour à Sydney. Sous nos chaussures de rando, encore un peu de sable d’Australie… on s’est fait arrêter par les contrôleurs de l’aéroport, peu importait qu’il soit 1h du matin et qu’après l’atterrissage de notre vol, l’aéroport fermait. Les contrôleurs ont pris nos chaussures, sont allés laver les semelles, et nous ont épargnés une grosse amende car ils ont vu qu’on hallucinait un peu. J’ai trouvé ça fabuleux. Bien sûr, un tel contrôle dans nos pays ouverts aux quatre vents et quadrillés en long, large et travers de vols/réseaux chemins de fer/autoroutes, serait complètement impossible, d’un point de vue logistique…). Une mauvaise expérience (l’insertion dans leur environnement d’une espèce protégée venue d’Australie, qui s’est démultipliée à la vitesse de la lumière et a ravagé leur faune et leur flore) les a rendus intransigeants. De plus, l’économie de la NZ est en partie dynamisée par ses paysages de rêve et ses panoramas à couper le souffle. Leur environnement est une manne financière, grâce à lui l’île et ses beautés se sont faites connaître au cinéma et sont réputées auprès des amateurs de voyages et de nature.

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dans la région des Fjords, sur l’île du Sud

Bref. En Nouvelle-Zélande, j’ai pris conscience que (ou plutôt : je me suis pris en pleine figure la réalité que) la nature est une force merveilleuse mais d’une fragilité indéniable. Ce shoot de paysages, de verdure, de décors sauvages m’a fait réaliser qu’on n’avait plus vraiment cela en France (même les Alpes, majestueuses et imposantes, ne sont pas aussi désertes que la plupart des régions de NZ…!) : des habitations partout, des routes et des autoroutes qui quadrillent notre territoire, trop de voitures, trop de villes, trop de pollution, trop de monde…

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la région des volcans vers le Tongariro Parc, sur l’île du Nord, l’un des endroits qui m’a le plus marquée

Alors bien sûr, on ne peut rien faire contre cela, c’est la vie, c’est ainsi qu’a évolué notre société, vouloir se battre contre cela est vain : nous ne sommes pas en NZ, nous ne vivons pas sur une île protégée de tout et peu peuplée, et nous ne reviendrons jamais à l’ère de pierre, c’est certain. Mais lorsque je suis rentrée de ce voyage, où j’avais été si durablement et si profondément en communion avec la nature (se lever au milieu des fjords déserts, faire un running dans des kilomètres de prairie sans âme qui vive, faire du snowboard sur un volcan enneigé qui est entré en éruption peu de temps auparavant… on se sent vraiment petit et insignifiant face à la nature, en NZ…) j’étais changée.

J’ai eu une véritable prise de conscience écologique. Là où avant, je ne voyais qu’un sujet à la mode et un peu rébarbatif (mais pas déconnant pour autant), je découvrais une réalité alarmante et la nécessité d’un engagement sincère et proactif. Bien sûr, l’ampleur du problème et de la tâche sont décourageants. Et souvent j’ai envie de baisser les bras. Mais je repense à la Nouvelle-Zélande et cela me redonne l’envie de me battre pour la planète.

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La partie 2 de ce billet sera publiée mercredi prochain. J’espère que ce n’était pas trop indigeste ! Ma démarche sur ce blog vous semble-t’elle logique et, surtout, utile ? A très vite !