Avril aux Nouettes

Nous sommes en vacances scolaires depuis une semaine, Little et moi. Et j’avais oublié à quel point les vacances d’avril peuvent être ressourçantes. Je voulais l’écrire et les décrire ici, afin de m’en souvenir pour les prochaines années.
Le printemps et l’automne sont des saisons intermédiaires : périodes de gros changements climatiques, mais aussi émotionnels. Ma prof de yoga nous a expliqué qu’on pouvait fréquemment se sentir déprimé, ou nerveux, et la plupart du temps, fatigué aussi. Le corps s’épuise pour s’adapter aux changements. Il y a quelques années, ma kiné, elle, m’avait raconté que le taux de dépressions était plus élevé durant ces saisons intermédiaires. Je ne sais pas si c’est une vérité, mais ça me semble probable car j’ai moins même très souvent ressenti des passages de blues, inexplicables, au printemps (mais moins en automne, saison que j’adore et savoure toujours intensément).
Cette année, je redoutais un peu ces nouvelles chutes émotionnelles du printemps, car après une rentrée scolaire difficile, et un automne mouvementé, je ne me sentais pas la force d’affronter une nouvelle vague de doutes, d’angoisses, de crises ou de déprime.
Heureusement pour moi, cette année, le printemps, je le vis bien ! Je ne sais pas si c’est dû au fait de vivre à la campagne, ou de passer mes journées dans une maison que j’adore, et dans mon jardin… ou encore si c’est parce que Little a grandi et qu’il devient plus facile de s’en occuper aujourd’hui qu’il y a six mois encore… Tout est possible, je n’ai pas de réponse, mais une seule certitude : cette première semaine de vacances d’avril a été parfaite. Et je VEUX m’en souvenir !

Un coin du jardin, le bac à compost et Little qui attrape des insectes.

 

VIVRE DEHORS

Notre maison n’est pas une grande et belle demeure avec des poutres apparentes et des moulures aux plafonds (dommage…). Je veux dire : on ne peut pas vraiment lui trouver du cachet. Elle est toute simple, pas vraiment belle de l’extérieur, mais bon, elle est bien pratique car elle c’est une maison de plein-pied. Et pour ce qui est de l’intérieur, nous avons tout refait à notre goût, alors même si elle n’a pas trois mètres de hauteur sous plafond ni un parquet en chêne massif, je la trouve agréable à vivre, fonctionnelle, et à mon goût (et c’est ça qui compte, on est d’accord). L’une des choses que j’apprécie dans ma maison, ce sont ses portes vitrées tout le long du séjour-cuisine. Aux beaux jours, on ouvre tout, porte d’entrée incluse, et on vit moitié dedans, moitié dehors. C’est exactement ce dont je rêvais lorsque j’imaginais ma maison.
Vous commencez à le savoir, je suis une amoureuse de la nature. Vivre dans une maison sans jardin ou sans accès à l’extérieur, c’était inenvisageable. Le plein-pied et les baies vitrées sont parfaits pour notre mode de vie. Ainsi, nos journées de vacances, avec Little, se passent aussi bien dehors que dedans. La maison déborde sur la terrasse, le matériel de dessin, les jouets, les préparatifs des repas, tout ce que l’on peut faire à l’extérieur est un prétexte pour vivre hors des murs. Aujourd’hui, en fin de journée, Little faisait des Legos dans le salon, et j’étais de l’autre côté de la baie ouverte, j’épluchais des légumes pour le dîner. On avait mis la musique dans le salon, on discutait de part et d’autre de l’ouverture, c’était très agréable. À un moment, il y a eu Dancing in the streets (Martha Reeves and the Vandellas) et on s’est mis à danser dans le séjour, Little sautillait partout, on a ri comme des baleines… puis on a couru dans le jardin pour jouer au loup, faire un peu de balançoire pendant que les artichauts cuisaient tranquillement. Cette vie dedans-dehors, ça paraît évident, mais ça me rend vraiment heureuse. Alors, oui, ma maison n’est pas toujours super propre car les allers-retours intempestifs font entrer l’herbe, les feuilles, la terre, les cailloux, les petites bêtes. Mais l’élan de vie qui accompagne cette ouverture sur l’extérieur vaut largement les quelques minutes d’aspirateur supplémentaire que j’offre chaque jour à ma maison ^-^

Little au bord de la Saône.

JARDINER

C’est devenu une véritable passion, mais au fond je sais que ç’a toujours été là, en moi. Ma grand-mère italienne avait un jardin minuscule mais d’une richesse incroyable. Elle cultivait de tout, faisait du compost, récupérait l’eau des pâtes et des légumes bouillis pour arroser ses plantations. J’étais enfant, je ne m’intéressais pas encore au jardinage, mais aujourd’hui je le regrette. J’aurais aimé partager ça avec elle.
Ma mère a repris le flambeau : dans notre maison familiale, elle cultive un jardin qui, année après année, se révèle de plus en plus spectaculaire. C’est un paradis de fleurs et de massifs colorés. Son potager, l’été dernier, nous a tous laissés bouches bées. Les tomates croulaient, tout était luxuriant et savoureux.

Les iris se sont ouverts ce matin.

Jardiner, aujourd’hui, c’est comme le yoga pour moi. Je passe beaucoup de temps à observer mes plantations, ou tout simplement la vie au jardin, ce qui se passe sous mes yeux sans que j’intervienne. Je ne connais pas encore tous mes arbres, toutes mes fleurs, je me laisse surprendre par des éclosions et des couleurs, car je n’ai vécu qu’un printemps dans notre maison pour l’instant, et je n’ai pas eu le temps de tout mémoriser.
Jardiner m’enseigne la patience et la persévérance car il faut beaucoup d’erreurs et d’échecs avant d’obtenir une réussite dans un potager. Je suis du genre impatiente, alors je me tempère, je prends mon temps. Je sais que nous sommes ici pour quelques années, et que je n’ai pas besoin de me presser. J’aimerais planter des dizaines d’arbres fruitiers, des mûriers, des framboisiers, des groseilliers… mais j’attends de voir si les trois pieds que j’ai plantés cet hiver donneront quelque chose. J’observe mon terrain, l’ensoleillement, je teste et expérimente. Chaque week-end, je fais des semis, je note tout sur mon carnet de bord du jardin, j’aimerais parvenir à des conclusion intéressantes pour les années à venir, afin de gagner en efficacité et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Le printemps est un moment passionnant au jardin, on a envie de planter, de faire pousser, la nature se réveille et on veut participer à l’explosion de bourgeons, de fleurs, de parfums, aux centaines de micro-changements qui s’effectuent tout autour de nous.

Il y a quelques mois, ici il n’y avait qu’une pente raide d’herbe, de ronces et de bulbes. J’ai créé des terrasses et planté toutes sortes de fleurs et arbustes. Dans deux ou trois ans, on verra bien si j’ai parfaitement échoué ou si ce projet va porter ses fruits et nous offrir une belle entrée colorée et foisonnante.

Mon jardin imparfait, où il reste tant à faire, ce projet-en-cours qui durera des années, je crois que c’est lui aussi qui me fait aimer le printemps cette année.

LECTURE ET INSPIRATION

Ma petite bible superficielle

Au printemps 2013, j’avais acheté un petit livre de cuisine-lifestyle : Ma detox made in Hollywood, d’Elsa Launay. Le titre peut faire sourire, oui. C’était le début de la mode healthy, cuisine bio et veggie, écolo sexy et tout le reste. À l’époque, ce genre de livre ne pullulait pas dans les librairies, et j’avais été très heureuse de découvrir Ma detox made in Hollywood qui était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là de ma vie. J’avais envie de cuisiner mieux, de bouger plus, ce petit ouvrage a été plus qu’une source d’inspiration pour moi, comme vous allez le voir.
C’est devenu comme un rituel, au printemps : je relis Ma detox made in… (MDMIH pour faire court, si vous le voulez bien).
À noter : je le relis, certes, mais pas sans un regard critique ni un sourire aux lèvres.
Pourquoi ce livre et pas un autre ? MDMIH n’est pas qu’un simple recueil de recettes. D’ailleurs, en parlant de recettes, elles ne sont pas vraiment exceptionnelles, celles que propose l’ouvrage. Healthy mais simplistes, et pas toutes végétariennes. Parfois, Elsa Launay décrit une simple salade pamplemousse-avocat. Ou une galette de riz soufflé tartinée de compote maison. Rien d’extravagant ni de compliqué.

Les petits-déjeuners des vacances sont les meilleurs…

Ce livre n’a pas pour ambition de nous transformer en Cyril Lignac, ni d’impressionner nos invités, PAS. DU. TOUT.
C’est un livre pour soi, un ouvrage qui part du principe qu’on aurait, pouf comme par magie, dix jours de temps libre à occuper, seule, et qu’on en profiterait pour se faire une detox. Et pas n’importe où, attention. Non. À Los Angeles, excusez du peu.
(D’où, entre autre, mon sourire narquois lorsque je relis ce bouquin ^-^)
Mais l’objectif, ce n’est pas la véracité, l’authenticité de l’expérience qu’on nous décrit. Moi, quand je lis MDMIH, j’y cherche l’inspiration. Ce serait l’histoire d’une française qui passerait quelques jours en solo à L.A. (ma ville chouchoute), et qui n’aurait pour seule directive que de prendre soin d’elle. Alors Elsa Launay nous décrit une espèce de déroulement journalier parfait et idyllique : tu te lèves le matin, tu fais quelques postures de yoga au bord de la piscine, puis tu bois un smoothie épinards-poire-ananas. Ensuite, tu chausses tes baskets pour un petit running au Runyon Canyon de L.A. À midi, tu prépares des tagliatelles de courgettes sauce pesto, et une salade de patates douces rôties sur lit de roquette, hyper detox. Après une sieste au bord de la piscine, il est temps de faire une séance de yoga en regardant les étoiles, et bla bla bla…
Hilarant, n’est-ce-pas ?
Alors bon, j’imagine que les lectrices-eurs qui ont pris ce bouquin au pied de la lettre ont du être quelque peu, heu, … décontenancé(e)s ? Difficile de reproduire à l’identique ce que l’auteure nous encourage à mettre en œuvre pour notre semaine de detox. Il faudrait pour cela : vivre à LA, avoir un jardin à LA, avec un spa, beaucoup d’argent pour assister aux cours de yoga ou se payer les massages dont elle parle, et aussi, ne pas avoir de mec, d’enfant, de boulot, etc… Bref. PAS POSSIBLE.
En fait, je crois que c’est ça que j’adore dans cet ouvrage. Je ne pense pas qu’Elsa Launay se prenne au sérieux deux minutes. Elle nous décrit un fantasme total, et moi j’adhère, je voyage, je rêve complètement.
Lire quelques pages par jour, ça me redonne juste la dose d’inspiration et de motivation nécessaires pour prendre soin de moi à ma façon et dans la mesure de mes moyens.
Je suis humaine, parfois je craque volontiers pour un goûter bien gras et pas healthy du tout, ça arrive, pas grave… Mais il y a aussi des moments où je me laisse un peu dépasser par mes envies (pulsions?) et où j’ai besoin de reprendre le contrôle. Au printemps, après un hiver un peu difficile, j’ai envie de prendre soin de moi et de faire mieux. De retrouver des bonnes habitudes, de prendre du temps pour cuisiner et innover un peu côté recettes, de faire le plein de vitamines pour affronter tous les changements de cette saison. Lire MDMIH, c’est comme écouter une playlist motivante lorsque les beaux jours reviennent et avoir envie de se remettre au sport. Tous ces clichés décrits dans le livre, cette parenthèse enchantée racontée par Elsa Delaunay, ça me fait rêver et m’inspire et me donne envie de dérouler mon tapis de yoga plus souvent, d’offrir à mon corps des petits plats pleins d’antioxydants et de vitamines, de délester mon organisme de toxines et d’autres trucs qui m’alourdissent, de dormir beaucoup, de marcher, de sourire.
Bref, c’est un tout petit livre de cuisine hyper marketing qui a surfé sur la vague de la mode bobo-healthy, mais pour moi c’est juste efficace et inspirant, un véritable shoot de bonne humeur et de motivation pour vivre sereinement le printemps.

 

CUISINER

Je ne vais pas beaucoup développer cette partie, car cela recouperait ce que je viens de dire. Notons simplement que j’ai très envie de cuisiner et de prendre soin de moi et de ma petite famille en ce moment ; je prépare des salades fraîches, je cuisine des légumes de saison (j’adore les asperges, les petits pois, les artichauts… c’est un bonheur de les réintroduire dans nos menus !), je prends le temps de prévoir plusieurs repas pour les jours à venir afin d’anticiper les courses et le gaspillage (si seulement j’avais le temps de faire ça toute l’année…). On fait aussi beaucoup de pâtisserie avec Little, et souvent ces moment gourmands suffisent à combler mes fringales de sucre car, après avoir préparé la pâte à gâteaux ou le mélange pour des Bounty maison par exemple, je n’ai plus vraiment envie de les manger lorsqu’ils sont prêts ^-^ J’ai l’impression que je parviens plus vite à satiété lorsqu’il s’agit de produits faits maison.

 

FAIRE DU YOGA

Est-il besoin d’en dire plus ? Dans les périodes où j’ai besoin de me recentrer, le yoga est toujours un allié de choix. Plus de douceur et d’indulgence envers moi-même, apaisement du mental, ralentir et se satisfaire de ce qu’on a… tous les messages, tous les objectifs du yoga sont honorables et devraient, idéalement, accompagner notre quotidien. En tous cas, ce serait le rêve pour moi, pratiquer tous les jours. Honnêtement, avec une vie de famille et un travail prenant, des trajets longs et ma foultitude d’autres passions (!), c’est difficile de caser une pratique quotidienne du yoga. Mais je ne désespère pas, et ce que je trouve très positif dans tout ça, c’est que depuis presque dix ans, le yoga m’accompagne de façon extrêmement régulière. Pour la fille papillonnante que je suis, c’est assez rare une telle fidélité (je parle de mes activités et centres d’intérêts, bien sûr, pas de ma vie amoureuse ^-^). Je sais que le yoga tient une place primordiale dans ma vie et, tel un pendule, ou un papillon de nuit subjugué par une lumière dans le noir (pour rester dans la métaphore), je gravite continuellement autour, parfois de près, de manière très assidue, parfois d’un peu plus loin, en pratiquant par pointillés, par petites touches de temps en temps. Mais c’est là, en moi, les enchaînements d’asanas sont ancrés, le flux de mes respirations devient automatique dès que je mets un pied sur mon tapis, alors je sais que c’est gagné et que, avec le temps, je grignoterai de plus en plus de moments pour pratiquer. J’en suis sûre. Parce-que je le veux.

 

BOUGER

Ce matin, Little et moi sommes allés dans un village voisin qui propose plusieurs sentiers de marche. Nous avons fait une randonnée de 2H30, dans les vignes, la forêt, les champs, en pleine campagne et sur les hauteurs de la vallée de la Saône. Il faisait beau, chaud, Little étrennait sa nouvelle paire de chaussures de rando, nous avions pris une gourde en alu et deux pommes, et tout notre enthousiasme pour effectuer notre parcours. C’était tout simplement parfait. Little a marché (je ne peux plus le porter, de toutes façons, il est bien trop grand et lourd !), ramassé des bâtons, pêché (des poissons imaginaires dans les ornières du chemin), cueilli des fleurs, dévalé des pentes en courant, grimpé aux arbres, découvert une cabane en branches, écouté les histoires des Trois petits cochons et du Petit Poucet (un bon moyen pour le faire se concentrer sur autre chose que les kilomètres, lorsque la fatigue se fait sentir ^-^), partagé sa pomme verte avec moi, et croqué dans ma pomme rouge, bu à la gourde comme un véritable Robinson… et puis, clou du spectacle, alors que nous ne y attendions pas, nous sommes tombés nez à nez avec un serpent ! Le choc ! Je vous avoue que j’ai eu peur, nous étions à quelques centimètres seulement, et la couleuvre était immense, elle faisait plus d’1m50, et ne nous quittait pas des yeux !!! Nous avons pris des photos, malgré tout, pour garder un souvenir de cette rencontre mémorable.
C’est peut-être bête, mais c’est ce genre de moments que je rêvais pour mes enfants. Je voulais les élever dans la nature, à la campagne (bon, ou à la montagne, je ne suis pas difficile !), et partager en famille des moments simples et authentiques, sans besoin de consommer ou de paraître. La randonnée, c’est exactement ça : on découvre des belles choses, on apprend à respecter la nature, on se dépense physiquement, on discute et on se tait aussi, c’est une activité que j’aime depuis longtemps et que je suis profondément heureuse de partager aujourd’hui avec mon petit loulou de trois ans et demi.

Le serpent qui m’a surprise en pleine randonnée dans les champs.

 

Comment profitez-vous du printemps de votre côté ?
À bientôt, avec un billet sur notre voyage dans le Yorkshire (on décolle demain !).

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

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2018 -> 2019

Bonne année ! Meilleurs vœux à vous, qui êtes toujours présent(e)s, fidèles au poste, et que je remercie chaleureusement pour vos mots et vos encouragements ! Je reprendrai les mots de mon amie Camille pour vous souhaiter une année 2019 pleine de CALME et de sérénité 😉  En tous cas, c’est ce que je me souhaite ^-^
Ce premier billet de l’année sera consacré à une rétrospective, dans les grandes lignes, de l’année qui vient de s’achever, et à une petite liste de bonnes résolutions ou de projets motivants pour 2019. C’est parti !

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Bilan 2018

  • sport

Trois ans et demi après l’accouchement, on peut dire que j’ai enfin retrouvé un rythme de croisière au niveau de mon activité sportive. Après avoir beaucoup nagé en 2017-2018, la deuxième partie de l’année aura été entièrement dédiée au grand retour de la course à pieds, ou presque. Ma piscine municipale ferme en juin, car un grand complexe aquatique en plein air ouvre exclusivement pour l’été, dans le village voisin. Alors j’ai du dire adieu à mes longueurs crawlées dominicales, car hors de question d’aller nager au milieu des palmiers, des centaines de familles venues faire bronzette sur les berges de la piscine d’été, de me faire bousculer et éclabousser dans le lagon ou à côté des toboggans à eau. Clairement, le complexe aquatique d’été n’est pas fait pour nager. En juin, je suis donc devenue SPF, sans piscine fixe. Le plus simple a alors été de me rabattre sur l’activité sportive qui ne nécessite rien d’autre qu’une paire de baskets : le running. J’allais déjà courir de temps en temps, mais à partir de juin, je me suis astreinte à une (ou deux) sorties par semaine. La reprise a été dure, car mon village est à la fois perché et escarpé, et mon parcours est une suite de montées et de descentes raides, de celles qui esquintent les genoux. Mais après sept mois de running, je peux dire que je constate mes progrès ! Sur le même parcours, je suis bien moins essoufflée, je me traîne moins, au contraire je sens mon énergie monter progressivement au fil de mes foulées. J’ai retrouvé les sensations (grisantes) que j’avais il y a cinq ans, quand je courais beaucoup, avant de me blesser. Mais j’essaie d’apprendre de mes erreurs, je sais que mon corps n’est pas capable d’encaisser plus d’une course par semaine, à raison de 7 kilomètres format trail, sur 45 minutes. Même si j’ai très envie d’aller courir tous les deux jours, je me retiens, car les fois où je l’ai fait, mon dos et mes hanches se sont rappelés à moi de manière, euh, douloureuses… ^-^ Ce qui me fait prendre conscience, aussi, du temps qui est passé depuis mes performances d’il y a cinq ans. J’ai trente-deux ans, bientôt trente-trois, un enfant, des abdominaux bien moins gainés, et un dos qui a beaucoup porté. Je vieillis, même si je ne ressens pas du tout l’angoisse de prendre des années. Je me sens toujours très jeune, surtout dans ma tête, mais mon corps me rappelle de temps en temps que je ne peux plus effectuer tout ce que je pouvais faire avant. C’est comme ça. Lorsque je vois mes progrès en yoga par exemple, je me dis que le temps et l’âge peuvent aussi être synonymes d’évolution en souplesse, le corps a de nouvelles limites mais il débloque aussi de nouvelles possibilités. C’est intéressant, cette exploration, je ne m’en lasse pas.

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  • éducation

Cela a été le gros contrecoup de 2018. Nous avons eu beaucoup d’inquiétudes et de soucis avec Little, et une grosse remise en question de nos principes d’éducation. Trop de lâcher-prise, pas assez de cadre… on a réalisé en septembre que notre fils se transformait en enfant-roi et qu’il devenait de plus en plus difficile à gérer. Les crises à répétitions, la violence… autant de signaux qui nous ont alertés, et on a vite sonné l’alarme autour de nous. Entourage, médecin, enseignante… j’ai frappé à toutes les portes pour demander de l’aide, et des réponses à nos questions. Finalement, nous avons eu plus de peur que de mal, car nous avons compris assez rapidement ce qui n’allait pas dans notre manière d’éduquer notre fils et avons pu corriger le tir. Poser des limites plus claires, être plus stricts… Little avait besoin d’être rassuré et de voir ses parents affirmer leur rôle d’éducateur. Je n’en reviens pas d’avoir pu me perdre à ce point dans les méandres de l’éducation, alors que c’est mon métier… Mais comme le dit l’adage, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés 😉
Depuis les vacances de la Toussaint, après beaucoup de crises de larmes, d’épuisement, de découragement, nous avons donc pris le problème à bras-le-corps, et, aidés d’une pédopsychiatre, notre famille a replacé au centre de ses préoccupations l’éducation de Little. Ça demande beaucoup d’énergie et de confiance, bien sûr, mais le plus important est que j’ai retrouvé la foi que j’avais perdu, en lui, en moi, et en nos convictions éducatives.

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  • lecture

Le bilan qui fait plaisir : trente livres lus cette année ! Alors, ça peut paraître peu aux yeux de gros lecteurs, mais pour moi qui ai très peu de temps, et qui veux faire dix mille activités dès que j’ai un moment, trente livres c’est énorme. En tous cas, c’est plus que ces trois ou quatre dernières années. Depuis que je suis devenue maman, quoi.
Faire les trajets maison-travail en train a clairement changé la donne et me permet d’avoir une heure de lecture supplémentaire par jour (quand je ne suis pas épuisée et que je m’endors pas durant le trajet !).
Je ferai un petit billet spécial « Bilan lecture 2018 » avec mes coups de cœur de l’année.

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mon petit coin bureau improvisé lorsque je veux rester au coin du feu

  • écriture

Ayant terminé mon premier roman en février, j’ai passé les premiers mois de 2018 à le corriger, puis je l’ai envoyé pour une première beta-lecture à des copines volontaires ^-^ Le laisser de côté, reposer comme une pâte à pain, m’a fait du bien, cela m’a permis de prendre du recul bien sûr, et de laisser décanter toutes ces idées, toutes ces histoires qui s’entremêlent dans mon récit. Je suis à présent prête à le retrouver, maintenant que mon esprit s’est détaché de l’histoire et que je me sens plus fraîche, plus disposée à le relire avec un nouveau regard. J’espère parvenir, en 2019, à la retravailler en profondeur, à le dépouiller de ses inutilités, de ses lourdeurs, à le polir comme un joli galet.
En 2018, j’ai aussi jeté les premières fondations de mon second roman, en effectuant tout le travail de préparation, en amont de l’écriture. Mais le temps me manque, j’attends d’en avoir à nouveau pour m’y atteler tranquillement et me plonger avec dévotion dans ce nouveau projet d’écriture.

  • maison

2018 aura été une année de travaux et d’aménagement ! En février, nous avons fait abattre des cloisons, et monter de nouvelles séparations entre la pièce principale et les chambres / SDB. Nous avons fusionné la cuisine et le séjour, fait disparaître les couloirs sombres.
Puis, il a fallu choisir les peintures de ce nouvel espace, et ce ne fut pas une mince affaire. J’ai eu envie, dès le départ, d’un bleu ardoise et d’un rose coucher de soleil californien, mais je suis passée par moult tergiversations, du moutarde, du kaki, du bleu… avant d’être sûre de mes choix. Et nous avons fini par obtenir le mélange parfait dont nous rêvions, un séjour vert amande, rose, kaki et bleu ardoise ! Qui surprend toujours mais surtout, qui séduit tout le monde !
Ensuite, Robinson, aidé de son frère et de nos amis, a installé la cuisine qu’il a entièrement conçu ! Je l’ai trouvé très courageux car c’est le genre de travaux que je ne ferai JAMAIS ! Sûr. Le résultat est comme nous l’espérions, très minimaliste, et s’intègre parfaitement avec le côté plus chaleureux et bohème du reste de la maison.
Enfin, en été, nous avons rénové deux des trois chambres du rez-de-chaussée, la nôtre et celle de Little. Elles étaient hideuses, couvertes de crépit, les prises électriques ressortaient des murs, les plinthes se décollaient, bref c’était immonde. Nos amis, encore une fois, sont venus nous aider à décaper les murs, puis nous avons passé sept nuits de canicule à peindre, minutieusement, Robinson et moi. Des nuits, car la journée Robinson travaillait et moi, je m’occupais de Little. Et puis, les journées de juillet étaient trop chaudes pour entreprendre quoi que ce soit. Alors, à la nuit tombée (22h … !), et une fois Little endormi (évidemment, il a choisi ce moment pour veiller plus que de raison…!), je mettais un podcast de La compagnie des auteurs, enfilais le vieux tee-shirt gris de Robinson, et passais le rouleau pendant des heures. J’ai de très chouettes souvenirs de ces moments, l’odeur entêtante de la peinture, le calme de la nuit, la chaleur étouffante, la voix de Mathieu Garrigou-Lagrange, des textes lus, des extraits de Gatsby, d’Une chambre à soi, des anecdotes d’écriture de la Comtesse de Ségur ou de Joyce Carol Oates… J’en ai écouté des dizaines et des dizaines, des podcasts, ces nuits de travaux : F.S. Fitzgerald, la Comtesse de Ségur, la fratrie Brontë, Joyce Carol Oates, Virginia Woolf, mais aussi les épisodes sur les séries, Six Feet Under, Sopranos…

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notre chambre, peinte en blanc et rose, les restes de peinture du salon, et décorée de touches de bleu russe

Après ces sept mois de travaux, nous avons décidé de faire une pause. Il reste une chambre à rénover au rez-de-chaussée, et toutes les boiseries (volets, porte, garage) à repeindre en bleu-gris. Il y a aussi le sous-sol, à rafraichir et aménager. Mais nous avons besoin de profiter un peu, d’abord, de notre jolie maison, et financièrement de nouveaux gros travaux sont inenvisageables pour l’instant, ou alors au détriment du reste. Nous avons envie de nous reposer, de savourer, de passer du temps avec Little (qui a été un peu négligé, pendant les travaux, forcément), et de dépenser nos économies dans un voyage plutôt que dans du plâtre et du ciment ^-^ … Ça attendra un peu !

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la chambre de Little, peinte dans un gris aux reflets lavande très doux

 

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Vœux pour 2019 : ce que je me souhaite de réaliser pour cette année à venir (une sorte de listes de résolutions, si l’on veut…)

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  • couture

Durant ces vacances de Noël, je ne sais pas comment, par quel mystérieux tour de magie, j’ai pu trouver le temps et la motivation de me remettre à la couture ! Cela faisait quelques mois que je n’avais pas utilisé ma machine à coudre, ou alors seulement pour faire des ourlets ou de minimes réparations. Mais là, je n’ai pas chômé, puisque dimanche dernier, j’ai coupé deux patrons pour coudre deux robes, et hop je les ai cousues en deux jours. Je souhaitais porter l’une d’elles au réveillon du nouvel an, mais malheureusement je ne l’ai pas finie à temps (je l’ai terminée le lendemain… dommage…). Mais peu importe ; remettre le pied à l’étrier a généré un sentiment de satisfaction immense et m’a redonnée envie de coudre, beaucoup. Dans la foulée, j’ai donc fait l’acquisition d’un nouveau patron (la blouse Eugénie d’Atelier Scämmit, pour tout vous dire) que j’ai découpé hier, et je me suis lancée dans un patron que je possédais déjà mais qui me semblait difficile. Hier, je l’ai découpé aussi, comme ça pas de marche-arrière possible, le tissu est prêt, il ne me reste plus qu’à coudre (enfin, « plus qu’à »… c’est vite dit !). Cette année, j’aimerais être plus régulière, et m’éloigner des patrons rebattus que j’ai cousus des dizaines de fois. Ma garde-robe ne demande que ça, je n’en peux plus de ne porter qu’un modèle de blouse et qu’un modèle de robe, aussi jolis soient-ils. Il faut que je me renouvelle.
Bon, pour tout vous avouer, lorsque j’ai montré, toute fière, ma dernière robe cousue main à Robinson, il l’a regardée et m’a dit : « Hum, oui c’est bien… Mais tu sais, ton truc à toi, c’est l’écriture. Tu devrais peut-être plutôt te concentrer sur ça… »  °_°  Ah ah ah ah… Le tact de cet homme me laisse toujours pantoise… 😉

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voici la robe que je voulais me coudre pour la Saint Sylvestre, mais que je n’ai pas terminée à temps

  • voyage

Notre dernier voyage à l’étranger remonte à 2015. J’étais alors enceinte de trois mois, et nous avions passé dix jours à crapahuter en Écosse, dans un décor fantasmagorique entre montagnes, lacs gelés, lochs mystérieux et landes brumeuses. Depuis lors, nous sommes partis à la montagne pour faire du snow, à l’océan pour découvrir la Bretagne et arpenter la côte des surfeurs en camping-car, et nous avons campé dans les Alpes cet été. Mais repartir à l’étranger nous taraudait. Après avoir envisagé un voyage en amoureux dans de lointaines contrées, nos finances et notre envie de transmettre l’amour du voyage à Little nous ont fait envisager les choses sous un autre angle. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à booker des billets d’avion pour l’Angleterre ! Nous partons à la découverte du Yorkshire au mois d’avril, tous les trois ! Je vous en parlais dans ce billet, c’est le voyage de Bakpoki qui m’avait donné terriblement envie de découvrir le nord de l’Angleterre, terre sauvage et littéraire à souhait. Sur les traces des Brontë, d’Harry Potter et même de … Robin des Bois paraît-il (!) -> information à confirmer…. ! Nous ferons aussi un petit tour par Birmingham, pour visiter la ville des Peaky Blinders, série que nous adorons et dont l’ambiance industrielle et sombre nous fascine.  Je suis ravie, j’ai hâte de repartir en terre anglo-saxone, d’entendre parler anglais dans la rue, de boire des bières et de manger des frites dans des pubs, de randonner dans des paysages accidentés de falaises, de montagnes, et de me perdre dans des vallons couverts de bruyères et humides de tourbe. Nous avions envisagé l’Écosse ou l’Irlande, mais les horaires de vol et/ou les tarifs étaient dissuasifs. Le Yorkshire était sur ma liste de voyages rêvés, et les vols pour Manchester correspondaient mieux à nos contraintes. C’était écrit, voilà tout…

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  • écriture

2019 sera placé, je l’espère, sous le signe de l’écriture ! Tout d’abord, cette année, je participe à nouveau au concours de nouvelles de l’Eveil Plumes (pour la cinquième fois ! On dirait que je deviens une fidèle de l’association…). Le sujet, Jeux Interdits, m’a assez inspirée pour que, contrairement à mes habitudes, je sois déjà bien avancée dans l’écriture de ma nouvelle (les autres années, je m’attelais à la tâche durant les vacances de février, soit deux ou trois semaines avant la date limite d’envoi des manuscrits…^-^).
Et puis, autre projet ! À force de participer à ce concours, je commence à accumuler un petit nombre de nouvelles que je souhaiterais réunir en un recueil, et que j’aimerais auto-publier. Je n’en suis qu’aux prémices de ce projet, mais cette idée me motive pour écrire encore et encore. J’ai envie d’élargir mon horizon, j’ai envie d’y croire et de me lancer. J’ai toujours voulu devenir écrivain, il faut que je croie en moi sans attendre que quelqu’un d’autre le fasse à ma place. Il n’y a que moi qui pourrai provoquer ma chance, n’est-ce pas ? J’ai envie de foncer, de tout faire pour essayer, quitte à échouer. Je préfère les échecs aux regrets. Bien sûr, je vous en reparlerai en temps voulu. Tout cela n’est qu’à l’état d’embryon d’idée, pour l’instant.
Enfin, comme je l’ai évoqué dans le bilan ci-dessus, j’ai commencé un nouveau projet de fiction intitulé Wanaka Blues, une histoire qui se déroule en Nouvelle-Zélande, en été. Comme je suis extrêmement sensible aux saisons et incapable de me projeter dans les beaux jours lorsque c’est encore le plein hiver, je ne parviens pas à avancer sur ce projet actuellement. J’attends le retour du soleil pour m’y remettre, je sais que le déclic se fera de lui-même. Mon inspiration est vraiment fluctuante en fonction de la météo, je suis une véritable ourse polarisée entre l’hiver et l’été, sans demi-mesure, ah ah ah…

Mon mantra en 2019

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le givre, à Noël, chez mes parents

Voilà pour ce billet de changement d’année. J’aime bien cette idée de la page qu’on tourne, des souvenirs qu’on garde et de la feuille vierge qui s’offre à nous. Dernièrement, je ne sais plus où, j’ai lu une sorte de mantra qui disait, en substance : notre vie entière est à l’image de ce qui remplit une de nos journées, ou quelque chose comme ça. Cela m’a fait prendre conscience qu’à force d’attendre de vivre de grands moments inoubliables, j’en oubliais parfois un peu le doux quotidien. Et aussi, que passer mes journées à faire des tâches ménagères, à ressasser des soucis, à m’énerver avec Little ou à scroller sur internet reflétait une bien piètre image de ma vie, loin de celle que j’aspire à avoir. Alors, j’ai envie d’inverser la tendance, et d’envisager chacune de mes journées comme le reflet de ma vie entière. Cette semaine, j’ai fait trois randonnées, j’ai passé beaucoup de temps dehors, j’ai lu et cuisiné avec Little, j’ai beaucoup joué avec lui aussi, j’ai pris le temps de préparer des recettes que je n’avais pas faites depuis longtemps, j’ai essayé d’être présente pour mes amis, de prendre des nouvelles… bref, je me suis dit que mes journées devaient être remplies de plus de belles choses, et de moins de négatif (boulot, tâches ménagères, routines obligatoires mais que je vais essayer de mieux diluer dans ma semaine…). Tâchons de mettre ce mantra à exécution en 2019 !

 

Et vous alors ? Votre bilan 2018 est-il plutôt positif ou, comme pour nous, l’impression d’un tourbillon un peu éreintant qu’on est content de vois s’achever ?

Quels sont vos vœux pour 2019 ? Des bonnes résolutions ?

À très bientôt, et encore une belle année à vous !

 

NB : toutes les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Christmas spirit

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L’hiver

Vous le savez sûrement, j’adore Noël, et toute cette période qui commence autour de mi-novembre, et qui s’achève après les fêtes de fin d’année, cette période où les rues s’illuminent, où les vitrines sont somptueuses, et où je n’éprouve aucune culpabilité à manger trop de chocolat devant un film ou à rester enfermer toute la journée devant la cheminée occupée à dessiner et jouer avec mon fils. Je suis une fille du froid, comme si j’avais eu une autre vie auparavant, une vie d’Inuit, de pingouin, de renard argenté ou d’ours polaire.
(Sans doute d’ours polaire…)
En hiver, j’aime courir au grand air, les joues fouettées par l’air frais ou la pluie glacée, et enfiler mes chaussures de randonnée pour partir en balade avec Little, le regarder sauter dans les flaques d’eau, y tremper ses animaux en plastique, se salir avec la boue et les bâtons et ramasser des cailloux pour les lancer dans la rivière du village. J’aime les ciels opaques parfois noirs et violets de l’hiver, la nuit qui tombe tôt, flâner dans les rues et observer les intérieurs éclairés des maisons (ne me jugez pas ^-^), les chemins boueux et les promenades à la lueur des lampes torches, d’où l’on rentre crottés, transis, et heureux comme une tribu d’ours justement !

Les présents

Et puis j’aime offrir des cadeaux, et Noël me ravit pour cela. Cette année, contrairement à mes habitudes, j’ai vraiment, beaucoup, gâté mon fils. Je voulais un Noël magique, pour ses trois ans et demi, à présent qu’il a l’âge de comprendre et de retenir ce qui se passe. Les autres années, je préférais des cadeaux utiles, ou éducatifs, mais surtout peu nombreux. Cette fois-ci, j’avoue avoir complétement craqué, car je rêvais d’une pièce de jeux emplie de mondes Playmobil et Legos qui feraient rêver n’importe quel enfant, moi comprise 🙂

fullsizeoutput_325(petit lutin de Noël qui m’aide à démêler la guirlande lumineuse)

J’ai eu la chance de me rendre à une bourse aux jouets extrêmement prolifique au mois de novembre, où j’ai déniché des pépites. À la base, je cherchais ardemment un château fort Playmobil, et on m’a indiqué qu’il y en avait eu un qui s’était vendu le matin même, pour 40 euros, « un énoooorme château » m’a-t-on répété plusieurs fois, gestes à l’appui. J’étais déçue, mais je ne suis pas repartie bredouille, car d’autres sets de Playmobil étaient en vente ; j’ai acheté une ferme, un étang, une charrette du marché, le bureau du shériff… Uniquement de beaux jouets d’occasion, vraiment bon marché. J’ai aussi déniché un grand ensemble Duplos Safari et la maison Duplos, j’étais ravie car les Duplos coûtent très cher et il faut toujours se saigner pour enrichir un peu la collection de Little (qui a déjà de quoi faire, cela dit ! Mais plus on a de briques Duplos, plus on a de possibilités de construction, n’est-ce pas…?)
Les grands-parents de Little vont lui offrir un chalet de montagne Playmobil qui est superbe (et dont je suis très jalouse) et j’ai ajouté à tout cela un fourgon de police et un atelier du Père Noël Playmobil. Ses autres grands-parents lui offrent une caserne de pompiers Legos, et un des frères de Robinson a choisi, je crois, un avion Playmobil ! Bref, vous le voyez, ça va en faire, des univers de jeu !

Cette envie ne vient pas de nulle part, évidemment. Tout d’abord, j’ai moi-même été une enfant Playmobil ; le plus beau de mes cadeaux de Noël a été sans conteste la somptueuse maison 1900 Playmobil, avec laquelle j’ai joué des années durant. J’adore les Paymobil, petite j’aurais adoré pouvoir jouer avec le bateau pirate ou le château fort aussi…
Et puis, la dernière fois, je suis allée chez une des mamans d’un copain de Little, on est devenues copines à force de discuter de nos soucis de mamans, et de réaliser qu’au-delà de ce rôle nous avions beaucoup de points communs. En allant boire un thé chez elle un lundi matin (mon jour off) j’ai découvert dans la chambre de Gaspard, son fils, un tapis recouvert d’installations Playmobil, digne d’une vitrine de Noël. Le zoo, l’hôpital, l’école, le commissariat, la cabane dans les arbres, le square… Sa maman avait tout installé pour que Gaspard puisse jouer, c’était ordonné, agencé, composé, ça m’a littéralement donner envie de m’asseoir par terre et de jouer, moi aussi ! Ça m’a rappelé les heures de jeux avec ma maison Playmobil. J’ai eu envie de partager ça avec Little aussi. Je préfère l’encourager à développer des mondes Playmobil, mixtes et asexués, que d’autres jeux plus genrés (et qui, pour être honnête, me plaisent moins aussi ah ah ah…!).

Bref, voilà comment est née mon désir de commencer avec lui une collection de ces beaux jouets, de mêler les Legos et Duplos à construire, avec les Playmobil (un peu moins chers que Legos). J’imagine déjà l’installation que nous allons faire dans la pièce de jeux attenante au séjour, lorsque nous assemblerons ces beaux cadeaux de Noël neufs et d’occasion, avec en plus mes reliquats d’enfance, que j’ai évidemment soigneusement conservés !
Et puis, après réflexion, lorsque j’ai réalisé que tous ces cadeaux, ça faisait tout de même beaucoup pour un seul enfant, j’ai décidé d’offrir la ferme Playmobil et la charrette du marché aux grands-parents de Little, les parents de Robinson, qui n’ont pas vraiment investi dans l’aménagement de leur maison pour leurs petits-enfants, et qui n’ont beaucoup de jouets pour accueillir dignement leurs quatre petits-fils-et-filles. Je me suis dit que les cousins, âgés de 4 mois à 7 ans, seraient heureux d’avoir de nouveaux jeux chez leurs grands-parents, et qu’il serait plus facile pour eux de partager ces jouets collectifs que de prêter leurs propres affaires qu’ils ne manquent jamais d’emmener avec eux. Bref, de cette manière, Little ne croulera pas sous les cadeaux et ne deviendra pas un enfant pourri gâté (!), et je minimise les risques de conflits de partage de jouets entre cousins. J’ai tout bon, là, non ? 😉

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Décorations

Nous partirons samedi direction la Lorraine, pour fêter Noël dans nos familles. Cette année, deux nouvelles petites invitées se joignent aux festivités, puisque mon frère et l’un des frères de Robinson sont papas depuis peu. Deux nouvelles cousines pour Little, qui n’est entouré que de filles, et aimerait bien avec un autre garçon avec lui aussi pour changer un peu ^-^

Notre maison est décorée depuis quelques semaines déjà, mais je n’ai pas fait dans la démesure cette année, je me suis contentée de resortir notre vieux sapin artificiel qui a presque 10 ans (à cette époque, acheter un sapin artificiel ne me posait absolument pas de problème, je n’avais aucune conscience écologique je l’avoue…), est un peu maigrichon mais nous convient tout à fait. J’ai décoré les fenêtres et fabriqué une couronne de sapin pour la porte d’entrée, avec des branches de l’énorme sapin qui trône devant notre terrasse. Nous allumons des bougies dans les photophores en forme de maison en céramique blanche, et retournons régulièrement notre boule à neige de Noël, et puis voilà, rien de plus. C’est déjà parfait pour nous.

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Ma collection de décorations de Noël des quatre coins du monde s’agrandit année après année, en voici un petit aperçu :

Colonne de gauche : Nessie d’Ecosse – boule de Londres – maisonnette de Russie – Rockefeller Center de New-York

Colonne du milieu : maisonnette de Russie – boule Navajo d’Utah – maisonnette de Russie

Colonne de droite : poupée d’Afrique du Sud – boule et gingerbread de Londres – boule du Costa Rica (avec le Père Noël qui surfe, j’adooore…), lutin d’Islande, et sapin kangourou d’Australie !

La fête de l’hiver

Vendredi, ce sera le premier jour de l’hiver, et comme nous l’avons fait pour l’automne, nous souhaiterions fêter ce changement de saison avec Little. J’aime beaucoup cette idée de faire une fête pour chaque saison…
Le 21 décembre, voici comment nous célèbrerons la fin de l’automne et l’entrée dans l’hiver :
– activités artistiques et manuelles sur le thème de l’hiver : confection de flocons découpés, dessins de flocons, de paysages de montagne, d’un lumignon, et préparation de papiers d’emballage des cadeaux avec des chutes de récupération, des tampons de Noël et de jolies paillettes
– bain moussant pétillant avec une énorme boule effervescente de chez Lush, aux couleurs d’aurore boréale. Little va adorer. (La chance ! Moi je n’ai jamais eu de boule Lush…!)
– dîner dans la pénombre, à la lueur des bougies et de la guirlande du sapin de Noël
– le lendemain, chasse aux trésors dans le jardin (chocolats, papillotes, et un petit dragon Schleich, car Little est en plein dans sa période dragon… ^-^)
– confection de sablés de Noël
– atelier « glace et givre » : Little devra libérer ses petits animaux Schleich que j’aurais fait préalablement geler dans de l’eau durant la nuit. Les faire fondre ou casser la glace, cela devrait l’occuper un petit moment !
– lectures de circonstance : le Livre de l’hiver, incontournable, mais aussi Première nuit d’hiver, d’Amy Hest et de Lauren Tobia, dont les illustrations sont d’une douceur exquise.

(Le livre de l’hiver, de Rotraut Susanne Berner, et Première Nuit d’Hiver, d’Hest et Tobia)

Le tout, ponctué de chants de Noël, et conclu par un tour sur la grande roue du Marché de Noël de Metz lorsque nous arriverons samedi soir. Ça promet d’être féérique !  Ne demandez pas qui est la plus impatiente de fêter l’arrivée de l’hiver … ^-^

fullsizeoutput_327(fabrication de la couronne de Noël pour décorer la porte)

Voici à peu près tout, tout ce qui me met en joie en cette période. Même faire les magasins sur ma pause déjeuner, dans un centre commercial surbondé et trop chauffé, n’a pas réussi à grignoter ma bonne humeur hivernale et mon esprit de Noël.

Et vous, êtes vous gagné(e)s par la magie de Noël ? Avez-vous terminé de préparer tous vos cadeaux ? Quels sont vos petits bonheurs durant la période des Fêtes ?

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Une éducation

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Avant de devenir maman, j’avais beaucoup lu, des blogs et des livres, afin de me faire une idée des grands principes d’éducation « à la mode » à ce moment là. Ma mère m’a donnée une éducation imprégnée de Dolto mais aussi alourdie du poids de la vieille éducation et des traditions, un mélange un peu explosif de « laisser couler » et d’extrême sévérité. Le combo ne m’a pas vraiment réussie, petite j’étais ingérable, violente, débordée par mes émotions, une véritable tornade. Heureusement, le temps, les rencontres, les études et l’amour de mes parents m’ont permis malgré tout de devenir une personne plus ou moins normale. Un peu borderline parfois, et toujours explosive, mais dans la limite du raisonnable.
Cependant, ce passif m’a pesé, et a créé des traumas ; je ne dis pas que mon enfance, ma famille ou mon éducation sont les seules responsables de tous mes maux d’adulte, (ma passade anorexique par exemple), mais je pense qu’elles sont un facteur déterminant. J’ai consulté une psychologue durant cette année de troubles alimentaires, cela m’avait aidée, puis j’étais (enfin !) tombée enceinte et, bourrée d’hormones, persuadée que j’allais mieux, j’avais arrêté la thérapie.
Tout cela a créé une peur en moi : en devenant maman, j’étais terrorisée à l’idée de transmettre à mon enfant ces énormes valises que je me trainais depuis l’enfance. Ce tempérament de feu que j’avais du mal à maitriser et qui me rendait rarement service. Je voulais l’épargner, mon petit, lui éviter de devenir aussi barjot que sa maman. Je ne me jette pas la pierre. On veut tous, le meilleur pour notre enfant.
Afin de ne pas faire de Little un mini-moi, j’ai appliqué l’exacte inverse de mes parents. Je me suis passionnée pour la pédagogie bienveillante, alternative, pour la Communication Non Violente, les principes de Maria Montessori et de Céline Alvarez. J’ai tout bien potassé, et en bonne élève que je suis j’ai appliqué les choses avec soin, me félicitant d’avoir trouvé une éducation respectueuse de l’enfant, dans la douceur et l’empathie.
J’ai voulu tellement bien faire que… j’ai mal fait ! A trop vouloir protéger mon fils, lui éviter maltraitance ou malveillance, propos blessants d’adulte ou étiquettes, j’ai oublié de lui poser un cadre. Et Robinson, convaincu par mes méthodes pleines de bon sens, et dûment argumentée (par mes lectures et mon expérience d’enfant et d’enseignante) s’est lui aussi laissé dépasser.

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J’ai été rattrapée par mes vieux démons, en quelque sorte ; en effet, l’un des traits de ma personnalité le plus visible, c’est que je suis extrême. Jamais de demi-mesure. Ma mère me dit entière, c’est un adjectif plus doux pour nommer une réalité assez brute. Je suis soit tout soit rien, soit blanc soit noir. J’ai voulu me démarquer de mon enfance au point de devenir extrême dans mes choix éducatifs. Moi qui suis une enseignante avec de l’autorité et qui n’ai jamais eu de problème à tenir mes élèves, je me suis retrouvée complétement dépassée par mon fils. Je n’ai pas su lui poser le cadre nécessaire, j’ai cru que l’aimer et tenter de le comprendre dans toutes les situations étaient des garanties d’une bonne éducation, et d’un développement harmonieux. Or, nous nous sommes retrouvés face à un petit garçon qui s’est mis à partir en vrille de plus en plus fréquemment, et plus nous cherchions à comprendre et expliquer ces « crises », moins nous l’aidions, finalement.

Je l’ai rapidement évoqué par ici, la rentrée en petite section ne s’est pas tout à fait bien passer pour Little. Pour être plus exacte, tout se passe bien dans sa classe, avec sa maitresse, etc… mais les choses ont été plus délicates chez sa nounou. Little est devenu agressif, hors de contrôle, sa nounou n’a pas su s’imposer face à lui et elle s’est laissée complétement dépassée par la situation.
A la maison, les affrontements ont été de plus en plus fréquents : là où, avant, Little pouvait nous sembler très vif et plein d’énergie, nous avons constaté que nous étions désormais face à un enfant dépassé par ses émotions, immature et « capricieux » (même si je n’aime pas ce dernier adjectif, car je ne crois pas que les crises des enfants puissent être des caprices… C’est Isabelle Filliozat qui explique cela très bien, si ça vous intéresse).
Bref, nous venons de vivre deux mois intenses, très difficiles, ponctués de crises de larmes, d’abattement, et d’une grosse envie d’abandonner de mon côté. J’ai l’impression d’être la pire mère du monde, et d’avoir fait n’importe quoi. Je me sens un peu perdue, pourtant je sais au fond de moi que j’ai eu raison de ne pas appliquer l’éducation que j’ai moi-même reçue. Je reste persuadée que les fessées, les punitions, le « coin », les étiquettes « tu es méchant, tu es gentil » sont autant d’erreurs graves à ne pas commettre avec des enfants dont le cerveau est en plein développement. Tout ce que j’ai lu à ce sujet, notamment les derniers rapports des recherches en neuro-sciences (ou plus simplement, le livre de Céline Alvarez, Les lois naturelles de l’enfant) me semble d’une logique, d’une évidence implacable. C’est juste moi, et Robinson aussi, qui n’avons pas réussi à trouver l’équilibre au milieu de toutes ces théories. Certaines personnes se fient à leur instinct, et foncent. Ma belle-sœur, qui sera maman dans quelques jours, est de ceux-là. Elle ne se pose pas de question sur l’éducation de sa future petite fille, elle se fait confiance. Je suis admirative. Je ne suis pas comme ça, je n’ai pas confiance en moi, et je crois que ce sera ainsi toute ma vie. J’ai du mal à lâcher prise, à faire confiance à l’avenir, à moi-même, à mon fils. J’ai besoin de contrôler les choses, l’incertitude me fait peur, alors élever un enfant, je ne vous raconte même pas… on avance à tâtons constamment, on essaie un truc, puis un autre, on fait tout et son contraire, on se sent toujours dépassé, et nul. Enfin, dans mon cas.

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Aujourd’hui, il devient urgent d’aider Little à surmonter ces crises, à vaincre son agressivité, à s’apaiser. Je suis allée voir mon médecin, quelqu’un d’exceptionnel en qui j’ai une confiance absolue, qui a toujours su m’écouter et me conseiller sans me brusquer, et en prenant en compte ma sensibilité (végétarisme, méfiance vis-à-vis des médicaments et des vaccins, etc…). Il a vu dans quel état je suis actuellement, il a semblé alerté et m’a envoyée consulter une pédopsychiatre renommée à Lyon, spécialiste de ces situations « de crise ». Il m’a aussi dit de revoir une psychologue. Et puis il m’a dit une phrase qui m’a achevée : « La fenêtre est grande ouverte, votre fils a grimpé sur le rebord, il est prêt à sauter. Maintenant, il faut l’aider. »… Bien sûr, je me suis effondrée. Mais je sais que nous allons faire tout ce qu’il faut pour l’aider, pour redresser la situation, car rien n’est irréversible et contrairement à ce que disait Dolto, tout ne se joue pas avant 3 ans, ou avant 7 ans, mais bien avant 99 ans ! J’ai de l’espoir et j’essaie de remobiliser mon énergie pour que nous allions mieux, car mine de rien, Robinson et moi avons tout pour être heureux : une jolie maison, un grand jardin, un village paisible, un petit garçon mignon et intelligent, une bonne santé, des amis et une famille présents, et puis surtout nous sommes là l’un pour l’autre, toujours aussi complices et d’un soutien sans faille. Et amoureux.

Voilà, je ne sais pas si ce billet tout en transparence vous plaira, car il ne respire pas la joie de vivre ah ah… Et pourtant, c’est dans un état d’esprit assez léger que je l’ai écrit. J’essaie juste de faire un état des lieux de ces dernières semaines, et j’ai envie de conclure sur ce cliché : on a tous des vies comme ça, ni noire ni blanche, des montagnes russes avec des bons moments et des coups durs.
Je n’ai pas envie de faire semblant, ni ici ni dans la vraie vie, je n’en vois pas l’intérêt. Je vais bien, j’ai besoin de reprendre confiance en moi, mais je sais que j’y arriverai. Et si ce billet peut parler à certaines mamans dépassées, comme moi, ou même d’autres personnes qui ressentent ce manque de confiance en elle ou ce besoin de lâcher prise, alors il n’aura pas été inutile.
Passez un bon week-end, nous, nous allons rester tous les trois, boire une coupe de champagne pour fêter la date de notre emménagement dans la maison (c’était il y a un an !), profiter de la cheminée, et passer du temps dehors, entre promenade et jeux au jardin.  Et vous ?
A très vite !

Les images sont toutes extraites du film « Max et les Maximonstres » ou en VO « Where the wild things are », adapté d’un album de jeunesse très connu et qui raconte l’histoire d’un petit garçon qui enchaine les bêtises, se fait punir, et rejoint alors le pays des Maximonstres où il devient roi. C’est poétique et très beau, et tout à fait adapté à mon petit enfant-roi actuel… ^-^

Petits bonheurs de l’automne (idées, inspirations, instantanés)

Je ne suis pas très présente ces derniers temps, disons que la vie de famille, le quotidien, les soucis entre travail et éducation de Little me prennent toute mon énergie, et m’aspirent en ne laissant de moi plus rien qui vaille la peine d’être rapporté ici (je vous en parlerai sans doute plus en détail prochainement, le temps que je digère un peu ces dernières semaines). Heureusement, je suis en vacances depuis quelques jours, et je me suis dépêchée de partir (avec Little sous le bras, bien sûr) chez mes parents, dans leur belle et apaisante campagne lorraine, pour me faire dorloter, dormir un peu plus les matins, et profiter de ma famille. J’ai donc pu recharger mes batteries, lire lire lire, me reposer, et prendre à nouveau beaucoup de temps pour d’autres aspirations que celles du quotidien. Bien sûr, mes passions tournent toujours autour des mêmes thématiques : l’éducation libre (on ne se refait pas…), la nature, les livres et fabriquer des trucs.

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Vie de famille

Les débuts à l’école pour Little sont…, hum, compliqués. Il ne s’agit pas de l’école en soi, mais plutôt d’un ensemble d’éléments qui ont un peu perturbé notre équilibre. Je rentre plus tard car je travaille loin, et plus. Les journées sont longues pour Little. Je sens qu’on a fortement besoin de nous reconnecter à la nature, car même en vivant à la campagne et en randonnant beaucoup, on passe finalement encore trop peu de temps dehors. C’est comme si, depuis que je vis dans une maison, j’avais moins besoin de sortir tout le temps car j’ai la nature sous les yeux à chaque instant. Or, cette baisse de mon envie d’être dehors n’a peut-être pas aidé Little à bien vivre tous les changements de ces derniers mois. Je sens qu’il a besoin de passer énormément de temps à l’extérieur, en liberté totale. Libre de grimper, de fabriquer des choses, de gratter la terre ou le sable, de transporter des cailloux ou de sauter dans les flaques.
Mes désirs de jolis jardins ou de potagers prolifiques se sont confrontés à son besoin de liberté ; je crois que je dois me recentrer sur sa croissance à lui, et oublier celle de mes légumes. Stresser à cause du jardin, des plates-bandes, des semis et jeunes pousses qu’il ne faut pas abimer, tout cela a créé des tensions et m’a fait perdre de vue mon objectif en tant que mère : laisser mes enfants grandir librement, sans les stresser, sans transformer leur environnement naturel en espace policé et contraint. Bien sûr, il y a des règles, il faut respecter certains espaces et Little ne doit pas se transformer en Destructor sous couvert d’autonomie et de liberté. Entre ces extrêmes, à moi de trouver l’équilibre pour que chacun trouve sa place dans notre grand jardin en fouillis.
J’ai regardé cette courte vidéo qui parle des écoles en forêt, au Danemark. Il y en a de plus en plus qui se créent dans le monde, je trouve le principe très intéressant, pas forcément pour l’idée de l’école en soi, mais de manière plus globale, et ce que cela révèle des besoins des enfants : s’épanouir en autonomie et en symbiose avec la nature.
Je réalise que Little a actuellement un fort besoin de bouger, de sauter, de crier, comme s’il était à l’étroit dans un carcan trop rigide ou en train d’essayer de se débarrasser de son ancienne peau pour muer vers la nouvelle. Il est clairement en train d’évoluer du stade de bébé à celui de petit garçon, je le vois grandir – à une vitesse folle ! Il a besoin d’explorer le monde, et ce monde, pour l’instant, est celui que ses parents vont préparer pour lui, dans lequel le laisser tranquillement vaquer à ses occupations : notre jardin, notre village, la forêt. Le reste, viendra en temps voulu, ou avec d’autres accompagnants (à l’école…)
J’ai découvert cette citation de Nietzsche et elle me parle beaucoup : Si nous nous trouvons tellement à l’aise dans la pleine nature, c’est qu’elle n’a pas d’opinion sur nous.

 

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Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma, mais depuis que nous sommes parents et surtout, depuis que nous ne vivons plus en centre-ville, j’y vais rarement, trop rarement à mon goût. Je me rattrape en regardant des films à la maison mais ce n’est pas pareil, rien ne vaut une vraie sortie au cinéma, dans la salle obscure, avec un paquet de pop-corn bien sucré et le son au maximum pour se plonger totalement dans l’ambiance d’un film. Alors, à chaque fois que je rentre chez mes parents, j’en profite pour leur laisser Little le temps d’une soirée et m’offrir une escapade au cinéma, seule ou avec Robinson s’il est là lui aussi. Cette semaine, nous avons eu de la chance car sortait First Man, le dernier film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling. Je ne suis pas particulièrement fan des films traitant de l’exploration spatiale, mais Robinson, lui, adore (son film préféré ? Interstellar… ^-^) et étant donné que, pour ma part, j’aime énormément Chazelle ET Gosling (La La Land midinette forever) je ne me suis pas faite prier pour me rendre à cette séance ! Et tant mieux car nous avons passé un bon moment : le film est chouette (pas aussi exceptionnel que La La Land ou Whiplash, c’est sûr…) et on a passé un bon moment. Je peux vous dire, surtout, que cela m’a changé les idées et que c’est exactement ce dont j’avais besoin.

 

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Automne

Little ramasse des feuilles, s’y roule avec délice, on a fait cuire des châtaignes dans le feu de la cheminée, on dessine des arbres et on les colorie aux couleurs de l’automne… Je lis devant le feu, ma mère me prépare des tasses de thé, de tisane. On fait de grandes balades en trottinette et draisienne, ou à pieds. Ma mère tricote tranquillement à côté de nous pendant qu’on lit des histoires. Au goûter, on se régale de chocolat dans du pain. Un classique inégalé.
Little a regardé ses premiers Walt Disney (La Belle et la Bête, sa passion, et Le Livre de la Jungle) mais j’essaie de limiter encore les écrans, et de ne lui proposer un dessin animé que TRÈS ponctuellement (j’avais essayé de dédramatiser mon opinion sur les écrans et la petite enfance, mais je viens de retomber sur des textes et informations qui m’ont questionnée et je n’ai donc, à nouveau, plus du tout envie que Little regarde des films… Je tergiverse, je m’interroge, je ne sais pas quoi penser…) (#lâcherprise…)
Je viens d’acheter un presse-fleurs afin de faire sécher les jolies feuilles d’automne que Little ramasse et collectionne. J’ai hâte de l’essayer et d’accompagner mon fils pour la création de belles affiches ou d’un herbier poétique à quatre mains.

 

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Yoga

Dans mon village ont lieu deux cours de yoga chaque semaine, je suis inscrite à l’un des cours et j’y vais hebdomadairement, pour mon plus grand plaisir. Je ne m’attendais pas à trouver un cours de si grande qualité dans un tout petit village comme le mien. Ma prof propose des cours de Yoga Integral, j’aime le fait qu’elle nous parle des saisons, des quatre éléments, de nourriture… en plus des postures ou de la respiration. En cette période de rentrée, de stress, et de fin des beaux jours, je peux vous dire que cette échappée a été extrêmement bénéfique pour moi, et je ne m’en passerais pour rien au monde en ce moment !
J’ai aussi décidé de pratiquer plus souvent chez moi devant Little. En effet, je pratique déjà à la maison, mais seule et tranquille. Or, je crois que si je veux encourager mon fils à plus de sérénité, faire du yoga devant lui et lui donner envie de participer, de se joindre à moi, pourrait être utile. J’ai déjà essayé de l’initier, nous avons un très bel album sur le sujet, et il adore me piquer mon tapis de yoga orange…
Il faut que j’achète un nouveau tapis (ça tombe bien, le mien commence à partir en lambeaux…) afin que nous ayons chacun le nôtre, et que je puisse l’inviter à me joindre sur le tapis de manière ludique et informelle le plus souvent possible.
Si vous avez des marques de bon tapis de yoga à me conseiller, je suis preneuse ! Car je cherche, je cherche, mais je n’y connais rien et je ne sais pas que choisir !

 

J’espère avoir le temps ces vacances de rédiger un deuxième billet pour vous raconter nos derniers mois agités ! À très bientôt.

Wild life

wildchild dehors

Cet été, nous sommes partis en vacances tous les trois, au mois d’août. Après avoir longé la côte Atlantique (et visité une partie des Pyrénées) en camping-car ces deux derniers étés, cette année nous avons choisi de partir près de chez nous, dans les Alpes. L’an passé, le camping-car avait été une contrainte plus qu’une liberté de déplacement. Nous qui aimons bouger, nous étions sentis limités par la taille imposante et toute la logistique du camping-car. Avant cela, les deux précédentes expériences du « road-trip » que nous avions eues, c’était dans un camion aménagé, bien plus petit et maniable. On s’était sentis plus libres. Mais cet été, nous n’avions pas envie de route, ni d’habitat « dur ». On avait envie de la plus extrême des simplicités, de revenir à un mode de vacances basique, sans contrainte, encore plus proche de la nature. La tente, économique et pratique, s’est rapidement imposée comme le meilleur choix pour des vacances « slow » en famille.

tentenotre tente XXL

Je vous avouerai que je n’étais pas à 100% convaincue : camper, en montagne, avec un enfant de trois ans extrêmement énergique et qui, ces derniers mois, a du mal à aller se coucher, me paraissait être une grosse galère, non pas des vacances de rêve. Mais, Robinson et sa force tranquille m’ont rassurée, et puis mon côté aventurier (« plus c’est risqué, plus ça me plait »…) n’a pas voulu se laisser impressionner par des craintes de maman-poule. (Car, oui, cohabitent en moi deux types de personnalités : une pirate tout feu tout flammes, et une mère louve qui s’oublie pour ne penser qu’au bien-être de son petit (et franchement, c’est souvent agaçant)). 
Bref.
Je voyais déjà le tableau : une tente difficile à monter, des heures d’acharnement pour planter des sardines, un coup de vent qui ferait tout s’envoler, des nuits sous la pluie à regarder l’eau gouter sur nos matelas, un Little survolté par l’absence de murs, de portes, de « limites », un enfant qui s’échapperait à la première occasion, les ronflements d’un voisin de tente qui nous empêcheraient de dormir, l’intérieur de la tente sali et mouillé à cause des allées et venues à l’extérieur, le réchaud qui nous lâcherait et l’impossibilité de manger chaud alors qu’on grelotterait, trempés de la tête aux pieds car l’orage nous aurait surpris au milieu d’une randonnée… Vous voyez le genre? Je me faisais des films d’horreur totalement dissuasifs. Des vacances en tente, avec un enfant en bas âge… Euh… Je n’étais pas tout à fait prête…

Et puis finalement, au milieu du mois de juillet, je me suis rendue à l’évidence : car de toutes façons, toutes les autres options étaient à oublier, il n’y avait plus de place dans les résidences de vacances, les chalets étaient tous loués ou hors de prix, et seule la tente restait envisageable. J’ai sans doute, inconsciemment, laisser le temps passer pour que le destin choisisse pour moi en quelque sort, et que je n’ai plus d’autres solutions que celle de lâcher prise et de me jeter à l’eau. Ok, alors, dans ce cas, ce sera la tente. Oh God, help us all… !
(-> petit clin d’oeil à mon film chouchou)
(La la land)

Nous avons choisi deux destinations, dans les Alpes du Sud : une première semaine à Briançon et la station de Serre-Chevalier, puis une deuxième semaine vers Gap, au lac de Serre-Ponçon. Nous avons volontairement limité le nombre de destinations, car pour une fois, nous n’avions pas l’intention de voyager en itinérance. En effet, notre grande tente familiale nécessitait une heure d’installation et une heure de désinstallation, or nous n’avions pas envie de passer nos vacances à ranger, nettoyer, monter les piquets, etc… Cependant, rester une semaine dans un camping ne signifiait pas rester immobiles : nous avons rayonné à partir de notre point d’attache, et visité tous les alentours de nos deux destinations. Il n’y a pas eu une journée où nous sommes restés au camping, dans la tente. Vacances en camping, d’accord, mais pas dans l’idée d’y avoir le même quotidien qu’à la maison !

mum and son« Little ? Lâche la jambe de maman s’il-te-plait… »

A quoi ressemblaient nos journées ?

Réveil vers 8h : petit-déjeuner dehors, à la fraîche. Robinson allait acheter du pain pendant que je faisais chauffer de l’eau pour le café, et que Little émergeait doucement et buvait son lait chocolaté.

Préparation : tenue de randonnée, avec une polaire le matin. Robinson préparait le sac à dos pour le pique-nique, tandis que je faisais un peu de rangement dans la tente et qu’on habillait Little.

Trajet en voiture : en route pour la randonnée du jour, sélectionnée par Robinson. Ce qui est génial, en haute montagne, c’est qu’il y a de quoi faire en terme de balade !
Généralement, on faisait entre 30 et 45 minutes de route pour atteindre le point de départ. Les routes de montagnes sont tellement belles que le chemin valait largement la destination !

pluieRobinson, et Little dans le porte-bébé. Et la pluie qui nous a trempés en plein milieu de la randonnée… ^-^

Vers 10h : arrivés au départ de la randonnée, on installait le sac porte-bébé, on chargeait les bouteilles d’eau dans le sac à dos, et hop c’était parti pour la grimpette.

Little marchait chaque jour de 3 à 4 kilomètres, ce qui est énorme pour un petit de 3 ans, surtout avec les dénivelés que l’on faisait (entre 500 et 600 mètres par jour). Il marchait plus volontiers dans les descentes, mais a fait un certain nombre de montées aussi ! Les randonnées en montagne, avec leurs racines qui traversent les chemins, leurs grosses pierres, leurs cairns (ces pyramides de cailloux qui indiquent qu’on est sur le bon chemin), leurs torrents, leurs ponts de fortune, et tous les animaux qui y passent et paissent, sont de fabuleux terrains de jeux pour les enfants.

chèvresAnimaux mythologiques ? Regardez donc les cornes incroyables de l’animal tout à gauche !

On s’est régalés, on a couru dans des pentes abruptes, on s’est roulés par terre, on a traversé des torrents glacés, on a approché des moutons, des chèvres aux cornes extraordinaires, des centaines de vaches en file indienne, et on a pu observé des marmottes et un nombre impressionnant de gros criquets aux couleurs chatoyantes.

rivierePas le choix, pour continuer à avancer, il fallait traverser la rivière. L’eau était si gelée que j’ai cru que j’allais rester bloquée au milieu du torrent, j’étais paralysée par le froid !
les deux autres, ça ne les a pas du tout dérangé ! De vrais hobbits… 

Une fois arrivés au sommet, c’était l’heure de déjeuner. Nous avions un rituel, et toujours le même type de repas (afin que ce soit plus simple pour les courses et pour préparer le sac le matin) : avocats qu’on tartinait sur du pain, fromage frais (type Kiri, Tartare…), une tomate chacun, des carottes crues épluchées, parfois une poignée de chips, des oeufs durs, et des gourdes de compote ou des nectarines en dessert. Little était un vrai petit randonneur, avec ses chaussures de marche, sa polaire, sa faculté à s’adapter à tous les terrains, son plaisir de manger au grand air, au sommet d’une montagne ou au bas d’un glacier, sans se soucier d’être bien assis ou de ne pas avoir de table…

lac glacier
Little et Robinson traversent un lac près du glacier, vers le Monnetier-les-Bains.

Nous randonnions durant 4 ou 5 heures, Robinson portait Little lorsque celui-ci n’avait plus envie de marcher (et que c’est difficile, de randonner avec un enfant de 18 kilos sur le dos, plus le poids du porte-bébé qui n’est pas tout léger non plus…! Mais c’était en quelque sorte le prix à payer pour faire ce qu’on aime le plus : profiter des paysages en randonnant, être dehors toute la journée et marcher, grimper, encore et encore…)

Vers 15 ou 16 heures, nous rentrions au camping et profitions de la piscine et de son emplacement paradisiaque, entourée de montagnes. Little est un vrai poisson, il se jetait dans l’eau, dans le grand bassin, sans hésitation. Il aurait pu rester, comme tous les enfants, des heures dans la piscine. Mais vers 18h, il fallait prendre les douches, puis c’était l’heure de l’apéro (rituel sacré des vacances ^-^).

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Chalet perdu dans un cirque

Apéro : soit à la tente, dehors, à la fois fourbus et revigorés de notre marche de la journée. Nous savourions nos bières fraîches, quelques olives et carottes, et Little engloutissait sa grenadine. Pendant ce temps, nous faisions cuire des pâtes.
Parfois, nous prenions l’apéro au bar du camping, car dans le second camping où nous avons séjourné, il y avait un restaurant bar très sympa, avec une belle déco mélangeant styles indus et bohème comme j’aime. La terrasse, faite de bric et de broc, de gros coussins bariolés, de lanternes multicolores et de braseros, était particulièrement accueillante et pratique puisqu’elle donnait directement sur la petite aire de jeux du camping. Ainsi, nous pouvions boire notre bière tandis que Little s’amusait sur le toboggan avec d’autres enfants. Souvent, nous restions pour manger des frites ou une pizza, pour changer un peu de nos traditionnelles pâtes.

piedsMes chaussures de marche, fidèles compagnes depuis notre tour du monde en 2013 !

Oui, vous pouvez le constater, nos repas, en camping, sont assez spartiates et monotones, mais cela ne nous pose aucun problème (et pourtant, vous savez que je suis une gourmette!). Un bon plat de pâtes pour récupérer chaque soir et absorber des sucres lents pour la randonnée du lendemain, des légumes et des protéines accompagnés de féculents le midi pour reprendre des forces, et un solide petit-déjeuner à base de fruits, de pain (et de café ^-^) chaque matin. L’un dans l’autre, nous parvenions à avoir un certain équilibre dans notre alimentation, tout en ne nous prenant pas la tête pour la liste de courses et l’élaboration des menus.

(Bon, et puis, pour ce qui est des frites, des pizzas et des bières, eh bien il faut bien se faire plaisir, non ? Surtout qu’on se dépensait assez la journée pour mériter ce genre de petites friandises… Lâcher prise, je vous ai dit que c’était le mot d’ordre de nos vacances…  ^-^)

😉

Le coucher : vers 21h, nous couchions Little, qui, après une histoire (la Belle et la Bête ou bien le Livre de la Jungle, conté dans le noir de sa chambrette, accompagné des chants que papa et maman connaissent par coeur, ah ah…), s’endormait sans trop de problème. Nous préparions notre traditionnelle tisane (c’est un rituel, ça aussi, mais qu’on a toute l’année! Avec Robinson, on partage chaque soir une délicieuse tisane à base de lavande, de vanille et de fleur d’oranger, comme un petit papi et une petite mamie…) qu’on buvait dehors, sous les étoiles. Puis, armés de nos lampes frontales, on rentrait dans notre chambrette et on lisait. On s’endormait assez tôt, car en camping on est vite subordonné par le rythme du soleil. Nous avons eu de la chance, nous n’avons eu qu’un voisin ronfleur, et ce pendant 3 ou 4 nuits seulement, des nuits où il a beaucoup plu et où le bruit de la pluie couvrait ses ronflements. Dans l’ensemble, nous avons (étonnement! ) très bien dormi.

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L’intérieur de la tente, les deux chambres côte à côte.

*** Ah,et, en réalité, les tentes sont assez imperméables pour que la pluie ne transforme pas l’intérieur de la tente en piscine. Ouf! ***

glacierLe glacier, majestueux.

Lors de nos randonnées, nous avons pris des télécabines (Little est fan des télécabines et des chasses-neige), et puis surtout, nous avons admiré des paysages sublimes : un glacier (je suis fascinée par les glaciers, depuis notre passage au Franz Joseph Glacier en Nouvelle-Zélande), des lacs de haute montagne et de moyenne montagne, à la couleur bleue polaire magnifique, des sommets enneigés, des sommets d’alpage, des forêts, des cirques immenses, des prairies… La montagne est définitivement mon environnement favori. Je ne sais pas, j’ai du être bouquetin ou ourse dans une autre vie 😉

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L’immensité des paysages, la nature brute et sauvage, et personne d’autre que nous.

 

Les avantages de ces vacances d’été en montagne ?
Nous n’avons pas eu chaud. Et nous qui n’aimons pas trop la chaleur, étions ravis. Enfiler la polaire le matin, puis dès 10h être en tee-shirt et short, pour enfiler à nouveau la polaire vers 20h le soir, c’est un rythme idéal pour nous. Je n’ai pas eu à craindre les fortes chaleurs des après-midis (et les galères que cela implique quand on doit gérer un petit enfant qui s’énerve car il fait chaud, et qu’il faut limiter les activités à cause de la chaleur…).
L’autre avantage est qu’il n’y avait pas grand monde, le bonheur ! Nous n’avons pas vécu les embouteillages sur les routes, la piscine du camping surpeuplée, les randonnées en file indienne (oui, ça existe, on l’a vécu en Corse au mois d’août…!!) ou les parkings bondés. Nous avons profité de la piscine avec 4, 5 ou 6 autres personnes seulement ! Nous étions très souvent seuls lors de nos randonnées, ou alors nous croisions une ou deux personnes par heure. Bref, on ne se marchait pas dessus. Nous n’avons pas été trop stressés, du coup, ce qui est tout de même un luxe aujourd’hui, quand on part en vacances en plein mois d’août !

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Panorama d’un lac, et Robinson qu’on aperçoit à peine dans l’ombre des arbres, à gauche.

 

Les vacances ont été aussi fabuleuses que mes craintes avaient été paralysantes. Je ne m’attendais pas à ce que tout se passe aussi bien, et puis finalement la magie a opéré. Little a été adorable, heureux et sautillant comme un petit cabri de montagne. Il s’est régalé de randonnées, de baignades et de la vie au grand air, et il n’a pas eu besoin de plus de jouets pour s’occuper que ses Duplos le soir, lorsqu’on préparait l’apéro, ou lors des moments de transition (rangement de la tente pour changer de camping, préparation du sac le matin…).

legosLes legos, toujours rangés dans l’hyper pratique sac de jeux « Play and Go », si indispensable aux familles que nous en achetons systématiquement pour tous les bébés naissant dans notre entourage ! C’est le cadeau parfait, le nôtre, on le traine partout !

Il a beaucoup « lu » les cartes de montagne et de randonnées, il s’amusait à repérer les chemins tracés sur les plans. On l’a vu vraiment grandir durant ces quinze jours de vie dehors. Il posait énormément de questions sur tout ce qu’on observait durant nos balades, et on sentait qu’il savourait les nouveaux mots que lui offraient ces paysages grandioses : torrent, marmotte, sentier, sommet, lac, glacier...

wildchild
Petit aventurier

Le retour à la réalité a été rude, comme toujours. Après avoir vécu en meute resserrée durant un mois (car nous avons vadrouillé deux semaines avant de camper deux autres semaines dans les Alpes), j’ai eu du mal à quitter mes deux hommes pour reprendre le chemin de l’école. Mais mon plus grand bonheur, c’est que cet été, j’ai eu la confirmation que nous pouvions être heureux avec peu, une tente à 250 euros qu’on réutilisera plusieurs fois (et qui, en 2 semaines de camping, a déjà été amortie), et du matériel de camping que nous avions déjà. Un sac de Duplos, des chaussures de marche, nos casquettes et juste nous trois. Et hop, à deux heures et demie de chez nous, nous voilà propulsés en vacances, dépaysement complet et lâcher prise garanti.
Quel ressourcement !

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Vue sur le lac de Serre-Ponçon

Je vais m’arrêter là car je pense que vous m’avez comprise ; la vie au grand air, le minimalisme, même avec un enfant, c’est possible. Et maintenant que je l’ai expérimenté avec un enfant, et que tout s’est bien passé,  je me dis que ce sera possible aussi, plus tard, si notre famille s’agrandit, de continuer à faire des choses qu’on aime, comme randonner, camper, peut-être même bivouaquer en camping sauvage… et retrouver ce sentiment de liberté qui m’a tant marquée lors de notre grand voyage autour du monde et que, je crois bien, je recherche constamment depuis.

chevaux
Arrivés au sommet d’une des randonnées les plus difficiles, au dénivelé épuisant. Mais le jeu en valait bien la chandelle…

 

Et vous alors, vos vacances ? Vous êtes plutôt plage, montagne, grandes villes ? Et niveau confort, ce serait plutôt tente et réchaud à gaz, ou hôtel 4 étoiles et room service ? 😉

Avez-vous déjà expérimenté les vacances wild and slow avec des enfants ? Ou seul(e) ?

Racontez-moi tout ! Et je vous dis à très bientôt !

 

chaletToutes les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TROIS ANS !!

bougies

 

Le 3 août, Little a fêté ses trois ans. Trois ans…!

On dit que lorsqu’on a un enfant, les journées sont longues mais les années sont courtes, et c’est bien vrai. Ce petit bonhomme va donc entrer à l’école dans quelques jours, et hop voilà, fini mon bébé, bonjour le petit garçon autonome qui donne son avis, ses préférences, prend des décisions et affiche de plus en plus un petit caractère bien trempé qui me rappelle quelqu’un (hu hu…).

Les trois ans, c’est l’anniversaire un peu spécial. Le passage de la toute petite-enfance, à la petite enfance tout court. Du baby au toddler, comme diraient les anglo-saxons.
Pour l’occasion, j’avais envie d’une belle fête, de cadeaux particuliers, de marquer le coup.

Et puis finalement, c’était l’été, je n’ai rien fait, invité personne, au dernier moment l’envie de rester tous les trois m’a convaincue qu’une petite soirée juste entre nous marquerait tout autant le coup. De toutes façons, les grandes démonstrations à base de décoration My Little Day qui coûte un bras avant d’être jetée à la poubelle (coucou la planète ^-^), ce n’est pas trop notre truc.

Pour les cadeaux, j’avais une idée assez précise : je voulais offrir une petite cuisine à Little. On a démonté notre vieille cuisine en début d’année pour pouvoir installer la nouvelle, j’en avais profité pour garder quelques éléments, meubles hauts et bas en bois, certains pour créer du rangement dans le garage, un autre, plus petit, pour le transformer en mini-cuisine, justement.

Le petit meuble a trainé dans le garage pendant quelques mois, j’ai essuyé les railleries de Robinson persuadé que je finirais par n’en rien faire et l’emmener à la déchetterie à la fin de l’histoire. Mais un jour, la motivation a montré le bout de son nez, j’ai nettoyé le meuble, l’ai repeint, j’ai bricolé des étagères, un pan de cloison pour rehausser le tout. J’ai fixé des crochets, des patères. J’ai même trouvé un petit robinet que mon père a installé.
Mois après mois, j’ai chiné des petits accessoires de cuisine pour accessoiriser le meuble. À force d’huile de coude, de peinture, de bricolage, de récup et de détournement d’objets, le vieux meuble s’est transformé en jolie cuisinette pour enfants. Je n’étais pas peu fière du résultat.

Un autre cadeau pour les trois ans me tentait, cependant. J’avais envie d’offrir à Little une petite ferme, et de compléter un peu sa collection d’animaux Schleich. Après avoir regardé tout ce que les magasins de jouets proposent comme ferme en plastique, moches et fragiles (et chères), j’ai finalement opté pour la petite maison de poupée en bois Ikea, et je l’ai détournée. Enfin, détournée, détournée… Pour le coup, pas de peinture, pas de transformation radicale, car je trouve la maison en bois brut, simple et belle, elle n’a pas besoin d’agrément. Accessoirisée de petits objets de la ferme (récup Playmobil de mon enfance) et d’animaux Schleich qui sont si parfaits qu’ils se suffisent à eux-mêmes, la maison Ikea prend d’elle-même des allures de ferme contemporaine. Et puis, si un jour Little veut jouer à la poupée, il pourra toujours faire de cette maison une maison de poupées. Ou une caserne de pompiers. Ou un refuge pour dinosaures. Ou l’antre de figurines Batman. Ou une maison Playmobil… Bref, tout est possible, aucune porte n’est fermée, et en plus ça fait une jolie déco un peu scandinave, tout le monde est content !

cuisinette1

Le soir de ses trois ans, nous avons fait un barbecue dans le jardin, mis de la musique, préparé ensemble un fondant au chocolat. La seule fantaisie que l’on s’est permise, ç’a été les vingt longues et fines bougies orangées sur le gâteau. C’était très beau, festif.
J’avais grossièrement emballée la cuisinette et la ferme dans des pans de tissus, et la joie de Little lorsqu’il a découvert sa petite cuisine est difficile à décrire, je ne m’attendais pas à ce que ça lui fasse TANT plaisir. Il y a joué toute la soirée, puis toute la journée du lendemain. Il disait « ma belle cuisine, ma belle cuisine… » et il s’activait derrière les fourneaux, sortait ses boîtes, ses casseroles, jouait au restaurant.
La petite ferme a eu son petit succès, elle aussi, et elle ajoute une jolie touche de déco dans sa (nouvelle) chambre.
Je suis heureuse d’avoir pu cette année lui concocter des cadeaux maisons. J’ai mis du temps à rassembler tous les éléments pour chaque pièce, à réflechir au résultat final, et voir les étoiles dans les yeux de mon petit chat, c’était une belle récompense.

La fête de ses trois ans ne comportait ni ballons dorés, ni gros chiffres gonflables, ni flamands roses ou guirlandes de lettres, pas de gâteau à trois étages avec des fleurs sauvages dessus, pas de dress code arc-en-ciel ou de photobooth cactus, rien de photogénique quoi. Je vous épargnerais donc les photos du barbecue et des maïs qui grillent tranquillement, des bières et du sirop de grenadine, ou du fondant au chocolat qui, comme tout fondant qui se respecte, n’est délicieux que s’il ne ressemble à rien. Je voulais juste, d’une certaine manière, raconter ici qu’il est possible d’aimer et de chérir son enfant sans l’inonder d’une ribambelle de cadeaux, sans acheter et dépenser de trop, même si j’ai bien conscience qu’il faut aussi du temps pour offrir des cadeaux plus personnalisés (je ne pense pas que je pourrai faire ça chaque année hein!). Et aussi, que les jolies photos sont certes importantes et on aime les regarder (belle déco, mise en scène…) mais que le plus important, c’était les souvenirs, les moments, et que, en toute sincérité, cette soirée d’anniversaire toute en simplicité était, à nos yeux, parfaite et mémorable. J’en garde un magnifique souvenir, des images qui n’iraient pas sur Instagram mais qui comblent mon cœur de maman et d’amoureuse. C’était sobre, naturel, sans chichis et juste pour nous.
J’en partage un petit bout avec vous aujourd’hui pour marquer le coup, d’une certaine manière. Le cap des trois ans, j’ai envie de le vivre aussi ici, sur ce petit blog qui vit, lui, depuis neuf, dix ans! Et je vous dois bien ça, vous qui êtes si fidèles et toujours adorables dans vos messages.

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