Education, bienveillance, école et maison

Bonjour !

Ce billet, je dois l’écrire depuis un moment mais j’avoue ne as savoir par où commencer tant j’ai à dire, à expliquer, tant le sujet m’inspire.

L’école et l’éducation. Tout a commencé lorsque je suis devenue enseignante, sans doute. Je me suis intéressée à la transmission du savoir, et le monde de l’enfance s’est ré-ouvert à moi. Au fil des années, l’enfant et son bien-être est devenu quelque chose de fondamental à mes yeux. Évidemment, lorsque je suis devenue maman, cela a pris une tout autre dimension, c’est devenu une évidence : l’éducation et la pédagogie sont devenues comme une passion. Lorsque je repense à mes premiers pas d’enseignante… j’étais enfermée dans ma vision traditionnelle de l’école et j’ai fait beaucoup d’erreurs. Heureusement, j’ai depuis appris plein de choses, rencontré des personnes merveilleuses et intéressantes, enrichi ma vision de la pédagogie, et le plus fabuleux dans tout ça c’est que je ne suis qu’au commencement de ce cheminement! Il me reste encore des tas de choses à apprendre, à approfondir.

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J’ai rencontré des enseignants extraordinaires qui dépoussiéraient notre métier et posaient un œil bienveillant sur leurs élèves. J’en ai aussi rencontré beaucoup dont les méthodes me choquaient et les propos moqueurs sur les enfants me mettaient hors de moi. Petite fille, j’ai été très bonne élève, mais l’école n’a pas toujours été facile pour moi. Je crois que c’est grâce à cela, en partie, que je mesure aujourd’hui l’importance de créer une bulle où les enfants vont se sentir bien, en confiance, et apprendre à leur rythme.

Après sept ans d’enseignement, plusieurs années en REP mais aussi dans les beaux quartiers de Lyon, après un passage par la pédagogie Freinet qui m’a ouvert les portes des pédagogies dites alternatives, et surtout après beaucoup, beaucoup de lectures, de rencontres et d’expérimentations, je sens aujourd’hui que j’approche de mon objectif : trouver l’équilibre dans ma manière d’appréhender l’instruction.

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Mon but est simple, surtout depuis que j’ai moi-même un enfant et son éducation à charge : je suis convaincue que l’autonomie et le respect du rythme naturel de l’enfant sont la clé des apprentissages heureux. Bien sûr, j’ai lu Céline Alvarez et je rejoins ce qu’elle énonce, j’étais déjà convaincue par la pédagogie Montessori auparavant et je trouve que l’éclairage moderne d’Alvarez (grâce aux neurosciences) est plus que bienvenu pour relancer le débat au sein de notre société. Vous remarquerez que je ne dis pas « au sein de l’éducation nationale ». Non. L’éducation des enfants devrait concerné tout le monde, parents ou non, enseignants ou non. N’oublions pas qu’il s’agit des électeurs de demain. De futurs citoyens. Ce sont les enfants que nous éduquons aujourd’hui qui gouverneront dans le futur, qui feront des choix pour notre planète, qui décideront quoi faire de l’héritage qu’on leur laissera. Souvent, j’ai le sentiment que les débats sur l’école et l’éducation sont relégués auprès d’un public ciblé : les trentenaires et quadragénaires, parents, et les enseignants. Alors que l’avis d’un jeune bachelier ou d’un cadre célibataire sont tout aussi importants, et qu’il est nécessaire qu’eux aussi se sentent impliqués dans la question de l’éducation.

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Bref, je m’égare.

L’éducation, comme l’a dit Nelson Mandela, est l’arme la plus puissante que l’ont ait pour changer le monde. Une arme de paix, disait Maria Montessori. Je trouve cela si juste, si vrai, mais aussi si impressionnant! Grâce à l’éducation, on peut tout. Tout se joue lors de ces premières années. Bien sûr, la résilience permettra qu’une fois adulte, un enfant qui a été traumatisé, violenté, mal éduqué, pourra toujours se remettre sur les rails, se re-sociabiliser et apprendre la douceur. Heureusement, la nature a pensé à tout, et elle permet les corrections tardives (croyez moi, je suis passée par là). Mais il est tout de même indispensable de mieux penser l’éducation de nos jeunes, et de prendre enfin mesure de l’ampleur de l’enjeu actuel. Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans l’actualité, on se rend bien compte que ce ne sont pas les actions correctives, à-posteriori, qui ont un impact sur l’évolution de notre société (attentats, climat…). il faut agir à la base, à la racine. Diffuser les valeurs justes et humanistes le plus tôt possible plutôt que réprehender, incarcérer, punir lorsque les fautes sont commises.

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Plus je vis l’école au quotidien, plus je m’en éloigne. Je ne comprends plus cette institution, qui, je m’en rends compte, ne correspond pas aux valeurs primordiales pour moi. A ceux qui me disent qu’un enfant a besoin de se sociabiliser et que l’école joue ce rôle de sociabilisation, je réponds, oui bien sûr l’enfant doit côtoyer d’autres humains. Mais quel adulte vivrait bien de passer de longues journées avec trente autres adultes exactement du même âge que lui, assis à écouter puis faire ce qu’on lui demande (je grossis le trait bien sûr, mais la réalité n’est pas si éloignée). Personnellement, j’ai des amis de tout âge : l’une des personnes que je fréquente le plus est mon petit frère, de trois ans mon cadet. Je dîne souvent avec d’anciennes collègues qui ont entre 40 et 45 ans. J’adore les longues discussions que j’ai avec parents, sexagénaires. Mes amis ont souvent un, deux ou trois ans de plus que moi. Je suis très proche d’une de mes cousines qui a dix ans de moins que moi. J’adore faire la fête avec mes oncles, qui ont entre 45 et 50 ans. Le grand-frère de Robinson a douze ans de plus que moi et on est très proches, je discute énormément avec lui, on partage beaucoup. Bref, pas la peine de vous faire un dessin : personne ne se se contente de se sociabiliser avec des gens nés uniquement la même année. Tout simplement parce-que ce n’est pas enrichissant. Pourtant, on impose cela à nos enfants. Des classes surchargées composées uniquement d’enfants du même age. Évidemment, ça tourne en rond, ça se dispute, ça n’avance pas, on a l’impression de tirer de force une mule bien têtue qui a décidé d’aller dans la direction opposée à la nôtre. Celine Alvarez évoque cela dans son livre et je suis tout à fait d’accord avec elle. Je me suis « battue » avec mes collègues deux rentrées de suite pour que l’on compose des classes à plusieurs niveaux, pour diversifier, brasser nos groupes d’élèves, dynamiser et rendre nos classes plus vivantes, plus réelles. En vain, mes collègues n’étaient pas prêtes à travailler plus et à changer leur vision traditionnelle de l’école. Cela m’a un peu découragée, et, même si je suis restée en très bons termes avec cette équipe, c’est en partie l’une des causes de mon changement d’école.

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Donc, je disais : nous, adultes, vivrions très mal de devoir passer nos journées enfermés dans de petites salles avec trente autres personnes. Pourtant, on l’impose aux enfants. Souvent, cette situation s’étend sur plusieurs années : de la petite section au CM2, les classes restent les mêmes (sauf dans les grosses écoles où il y a plusieurs classes de CM1 par exemple, et où l’on peut rebrasser les groupes chaque année). Ce qui signifie qu’un enfant peut passer 8 ans entouré uniquement des mêmes vingt-cinq autres enfants, sans en connaitre beaucoup d’autres. En terme de sociabilisation, on a vu mieux, non ? Ce système aurait plutôt tendance à rendre fou plutôt qu’à développer les facultés sociales de n’importe quel être humain (ou animal même !).

Cet argument de sociabilisation n’est pas valable à mes yeux. Il y a plein d’endroits et de moments pour créer du lien, sauf qu’aujourd’hui, dans notre société, on les a un peu perdus de vue. La famille est le premier, mais aussi le voisinage, ainsi que l’implication dans la vie locale, ou encore les infrastructures culturelles, bibliothèques, ludothèques… Les aires de jeux ou squares sont bien sûr de hauts lieux de sociabilisation pour les enfants. Et puis, n’oublions pas les activités périscolaires : sport, musique, activités manuelles… Autant de moyens de rencontrer d’autres enfants, sans passer par la case « école ».

Je suis de moins en moins d’accord avec l’institution scolaire, le rôle que l’on attribue à l’école et surtout, surtout, les méthodes utilisées. J’avais vu une vidéo, une fois, d’un homme qui mettait en regard l’évolution de plusieurs éléments de nos vies, depuis une cinquantaine d’années. Il montrait comment la technologie avait évolué, avec les voitures très différentes de celles de l’époque, ou l’arrivée de l’informatique. Il montrait l’évolution des vêtements, des conditions de travail, etc (je ne sais plus exactement, c’était il y a plusieurs mois déjà!) et puis il montrait l’école il y a cinquante ans, et l’école aujourd’hui. Et on pouvait constater que rien n’avait changé : le maitre debout face à ses élèves assis, sommés de rester tranquilles, d’écouter, de comprendre et de retenir. Le savant déversant le savoir. Et, même si de plus en plus d’enseignants innovent et s’éloignent de ce modèle traditionnel, croyez-moi, ce que j’ai vu durant sept ans à droite et à gauche, au gré de mes diverses affectations, m’a fait comprendre que l’école avait très peu changé et qu’on imposait encore et toujours aux enfants de se « tenir », de faire ce qu’on leur demande, et de refréner leurs pulsions de curiosité, leur spontanéité, leur élans pleins de fraîcheur et d’innocence, leur soif d’apprendre et de savoir. Si l’on se place du point de vue de l’enseignant, on peut comprendre cela : comment gérer vingt-cinq à trente enfants, en même temps? Comment leur faire comprendre et apprendre TOUT le programme de l’année alors même que les programmes sont intenables (tout le monde vous le dira)? On demande aux instits de faire des miracles, alors ils font ce qu’ils peuvent : et ce sont les enfants qui en pâtissent.

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Depuis que je suis maman, je pense avec angoisse au moment où Little va devoir aller à l’école (oui, c’est une enseignante qui vous dit ça, et je ne suis pas la seule instit terrifiée à l’idée que ses enfants aillent à l’école) : le système me déplait, le rythme infernal me déplait, la non-considération des besoins propres à chaque enfant me déplait, l’éducation de masse me déplait, le moule dans lequel on veut enfermer les enfants me déplait, le carcan imposé par notre société me déplait. Bien sûr, mon discours est souvent mal reçu, puisque notre société ne tolère pas de penser qu’on puisse faire différemment. Qu’on puisse être normal, équilibré, humain, tout en n’entrant pas dans la norme. Je ne le vois que maintenant. Même si je sais que la petite graine de ces idées-là germe depuis bien longtemps en moi.

Il faut être très courageux pour oser défier la norme. Je suis admirative de ces familles qui osent franchir le pas. Je les envie. Et depuis la naissance de Little, je travaille doucement mais sûrement Robinson pour que ces mêmes-idées germent aussi en lui ^-^

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Céline Alvarez, qui a publié un désormais célèbre livre : Les lois naturelles de l’enfant

Après ma prise de conscience « pédagogique » (Freinet, puis Montessori, les pédagogies alternatives et innovantes pour faire bref), je suis entrée dans une phase plus familiale, plus maternelle de ma réflexion. Et ce, d’abord, en lisant un billet sur le blog de Bambichoses. C’était la première fois que j’entendais parler du unschcooling. Ou plutôt, la première fois que quelqu’un de « normal », une femme moderne bien dans ses baskets, avec des aspirations et une vie qui ressemblent aux miennes, évoquait ce sujet. Pour moi, l’école à la maison (l’IEF – instruction en famille, pour le jargon), le unschooling, était un truc de hippie, de personnes marginales vivant en rejet total de la société (coucou les idées reçues, hein !?!). J’ai lu l’article de Bambichoses (et un second là) avec passion et étonnement, et quelque chose a résonné en moi, cette idée s’est mise à m’obséder. C’était la suite de mon cheminement, ce processus enclenché avec le constat de l’échec de l’institution scolaire.
Ce jour là, je me suis mise à considérer l’IEF d’un autre regard, avec compréhension, empathie, et envie. De fil en aiguilles, j’ai découvert et lu d’autres blogs de familles qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école, et j’ai découvert tout un monde parallèle que j’avais pas soupçonné, des gens tout à fait normaux, éduqués, humains et généreux, qui décidaient de retirer leurs enfants de l’éducation nationale en désaccord avec leurs principes de vie, leurs valeurs. J’ai trouvé ça très beau et surtout courageux. Et puis, évidemment, j’ai trouvé ça excitant. Imaginez, le challenge !
C’est là aussi, que j’ai découvert le blog d’Eve Hermann, qui vit à Lyon, prend des photos sublimes de ses deux filles « non-sco » et de leurs activités et escapades dans la nature. Son blog est magnifique, inspirant, bien écrit, il donne vraiment envie d’envisager un retour à un état plus naturel de l’éducation, une éducation en famille, en petit groupe, qui suivrait le rythme de l’enfant et respecterait ses envies, ses besoins, sans pressions extérieures, sans carcan, sans moule à intégrer à tout prix.

J’ai eu la chance de croiser Eve il y a quelques jours, sur le chemin du parc. Elle était avec ses deux filles, ce sont elles que j’ai reconnues. Je me suis arrêtée pour discuter cinq minutes avec elles, j’étais très heureuse de la rencontrer, et je voulais lui dire que son blog m’inspirait beaucoup. Liv et Emy sont deux petites filles magnifiques, sauvages et pleines de vie.

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Peut-être que vous me prenez pour une dingue. Peut-être que vous avez été le/la bonne élève étant enfant, que l’école ne vous a pas traumatisé(e). C’est aussi mon cas. C’est difficile, dans ce cas, de comprendre le point de vue que j’expose aujourd’hui. C’est en rencontrant de plus en plus d’enfants « hors du moule », des jeunes malheureux car incapables de s’adapter au système (coercitif) de l’institution, des élèves en échec, qui progressivement s’isolent de cette même société qu’on veut leur imposer à tout prix. Des enfants incompris qui finissent par ne plus comprendre, et parfois par ne plus pouvoir empathir. Évidemment, les bons élèves ne vivent pas toujours mal l’école, ils en comprennent les codes, les attentes, ils respectent le moule, ils l’intègrent. Mais combien d’enfants n’y parviennent pas? Et se sentent responsables de ne pas y parvenir? Alors que les responsables, c’est nous adultes, acteurs de l’éducation, parents, citoyens. Laisser perdurer notre école vieillissante, notre système traditionnel et poussiéreux, sous prétexte que ça a toujours été ainsi et qu’on ne voit pas pourquoi ça changerait, c’est notre erreur à nous et la cause du mal-être de certains enfants, de l’échec de beaucoup d’entre eux, mais aussi de la radicalisation de certains, de la souffrance et de la rage que d’autres peuvent ressentir à l’égard de la société, à l’égard de l’autre, des institutions, de la République, etc… Comment pouvons-nous croire que nos enfants deviendront des adultes capables de penser, de prendre les bonnes décisions, de contrôler leurs émotions, de dispenser douceur et amour et empathie, de respecter l’autre et la planète, si on n’agit pas de la sorte avec eux? Nos écoles manquent de souplesse, manquent de temps, manquent d’amour, manquent d’empathie, manquent d’émotions. Le cadre est rigide, l’élève doit s’adapter, pas l’école. Les moutons doivent suivre le troupeau, parce-que c’est comme ça. Les enfants doivent tous apprendre la même chose au même moment (alors que, bon, un enfant de CP né en janvier n’a pas la même maturité intellectuelle et motrice qu’un enfant de CP né en décembre, on est d’accord??!), sans aucun respect pour leur besoin, leur rythme, leur envie, leur préférence, leur situation personnelle, leur vécu, leur intelligence. Je ne vois pas nos élèves développer empathie et compétences relationnelles dans les écoles. Je vois des enfants subir des rythmes effrénés, des enfants bouillonner sur des chaises, des enfants qui ne rêvent que d’aller courir dehors ou d’apprendre naturellement, en jouant, en se questionnant, en rencontrant. Tout est dématérialisé, tout est superficiel dans les classes d’aujourd’hui. Je me revois, en REP, tenter d’enseigner les différents paysages géographiques à mes élèves : paysages maritimes, montagnes, campagnes, déserts… Alors que la plupart n’étaient jamais sorti du quartier bétonné, hyper-urbain, qui les avait vus grandir! C’était tellement décalé! Il aurait fallu les emmener là-bas, sur place, les faire voyager, découvrir, toucher, expérimenter ces différents paysages. Mais comment? Et donc, à quoi leur servira ce genre de connaissances? Je ne sais pas, je me pose encore la question… Peut-être à quelque chose oui, je ne vois juste pas encore quoi.

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Aujourd’hui, je suis sûre d’une chose : j’ai envie que mon fils apprenne librement, quand il se sent prêt, quand il en ressent l’envie. Je l’observe depuis deux ans : il est curieux, volontaire, il veut comprendre, il veut savoir. Tous les enfants qu’on n’aura pas préalablement abrutis devant des écrans, ont cette soif de savoir. J’ai de plus en plus l’impression que c’est l’école (et la société) qui bride cette pulsion de connaissances, cette vitalité chez l’enfant. Franchement, il n’y a rien de moins naturel que de forcer un enfant à s’assoir et à apprendre. « Tiens! Apprends. Connais. Comprend. » Ce ne sont pas des verbes qu’on peut conjuguer à l’impératif… ( <- ce n’est pas de moi, je crois que c’est Céline Alvarez qui disait cela. Tellement vrai !).

J’ai envie de préserver l’innocence et la spontanéité de Little, d’encourager sa curiosité, de la nourrir, de la respecter, pas de la brusquer et de la forcer. J’ai envie qu’on prenne le temps, chaque jour, d’apprendre ensemble, de manière naturelle. Je rêve de journées passées au rythme de mon enfant, ponctuées de découvertes imprévues, d’activités rassurantes et connues et aimées, de lectures choisies par lui, en fonction de son centre d’intérêt du moment. J’aimerais qu’il développe les talents qu’il souhaite, et pas ceux qu’on attend d’un enfant de son age, de son sexe, ou de son milieu. Je rêve de journées passées au grand air, à contempler, observer, étudier le nez en l’air selon l’inspiration du moment, en fonction de l’étincelle qui jaillira, inattendue, dans le regard de mon fils. J’aimerais tant qu’il n’apprenne pas trop tôt les réveils aux aurores, les longues journées fatigantes, les contraintes incohérentes… Pourquoi nos enfants devraient-ils avoir si tôt des vies de petits adultes, des horaires de cadres, du stress et de la pression….? Je ne comprends pas…

J’ai peur pour Little, j’ai peur que l’école n’éteigne sa flamme, j’ai peur qu’il ne se mette la pression pour rentrer dans le moule. Je sais qu’il aura la chance d’avoir eu une maman enseignante qui sait exactement ce qu’il est censé apprendre à tel ou tel age. Évidemment, je lui donne déjà des billes, je le nourris intellectuellement, car il est demandeur et que j’adore passer du temps à partager avec lui. Je sais que faire des puzzles déjà si petit, va développer tout un tas de compétences primordiales pour la suite (motricité fine, coordination motrice, logique, structuration de l’espace, entre autres…). Je suis sûre qu’il réussira à l’école, scolairement je veux dire, je ne me fais pas de doute. Ce n’est pas ça qui m’inquiète. C’est simplement : est-ce-que les valeurs de l’école, son mode de fonctionnement, ce système, correspond à mes valeurs et à ce que j’aimerais transmettre à mon enfant? Est-ce qu’on ne va pas le brusquer, le pousser pour qu’il suive les apprentissages « de son age », ou au contraire, le freiner sur certains apprentissages qu’il maitrisera déjà mais par lesquels il faut passer car c’est de son age? Je le constate quotidiennement à l’école : chaque enfant est unique, avance à son rythme, est intéressé par des choses diverses, variées, mais surtout différentes de celles de son voisin. Impossible de mettre tout le monde dans le même sac, de secouer bien fort pour que le groupe s’imprègne de manière homogène de ses connaissances « imposées », et de s’imaginer qu’on peut passer à la compétence suivante, hop le tour est joué. Non, impossible. On le sait bien. Tout le monde le sait. Et pourtant, ce système perdure. Le changer, le repenser, demanderait trop de travail. Trop fatigant. Laissons les choses telles qu’elles sont. Envoyons nos enfants au casse-pipe. Il y en aura toujours bien un ou deux qui s’en sortiront.

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Je ne supporte plus ce système, je cherche des solutions, des alternatives. Pour moi, aujourd’hui, une éducation LIBRE et HEUREUSE se fait hors de l’école. Je rêve de faire l’école à la maison, comme ces familles : Add fun and mix, Bambichoses, Liv et Emy, entre autres… Je trouve ça alarmant que des enseignants tiennent un discours pareil, c’est bien le signe que quelque chose ne va pas. Si j’ajoute que mes deux seuls amis enseignants (c’est-à-dire, qui n’ont pas été au préalable des collègues mais que je connaissais avant l’éducation nationale) ont démissionné 4 ou 5 ans après avoir débuté dans le métier, je pense que mon tableau s’assombrira davantage encore. Je sais que mes propos peuvent surprendre, voire choquer, ou même faire sourire. Mais pour une fois, je suis sûre de moi. Je suis certaine que les valeurs humanistes et environnementales sont les plus importantes. Et clairement, l’école n’est pas leur lieu de propagation.

Voilà, je vais m’arrêter là, ce billet est on ne peut plus décousu, je l’ai écrit comme ça venait, avec mes tripes comme on dit 🙂 En tous cas, il me tenait à cœur de vous en parler , car je suis sûre que beaucoup ne savent pas ce qui se passe dans nos écoles aujourd’hui, au XXIème siècle. Voilà, maintenant vous savez : il ne se passe rien de plus qu’à votre époque, au XXème, et ce n’est peut-être même pas très différent du XIXème ! (Ah, si, on n’a plus le droit de taper sur les enfants! Ouf!). Peut-être aussi que certain(e)s d’entre vous partagent en partie mon opinion (radicale, oui je sais). Peut-être enfin que je vais faire définitivement fuir quelques uns d’entre vous. J’assume. Je sais que c’est un peu extrême, mais ça me semble si important… J’ai besoin de semer des graines autour de moi, même si je sais que je ne m’y prends pas forcément de la meilleure manière qui soit (trop vindicative, non?).

Si vous avez envie d’en savoir plus sur le sujet, je vous invite à lire Céline Alvarez et tous les blogs cités plus hauts. Et il y en a plein d’autres, faciles à trouver sur internet.

N’hésitez surtout pas à me laisser votre avis, je suis curieuse de voir l’effet de ce pavé (dans la mare) que j’ai écrit aujourd’hui. Bravo si vous avez réussi à me lire jusqu’au bout. Même moi, je n’ai pas le courage de me relire! Désolée pour les fautes!

Et, en attendant, portez-vous bien, et à bientôt !

PS : non, mais, sinon, j’aime bien mon métier hein? Ce sont juste les conditions de travail et les mentalités poussiéreuses qui me font hurler ^-^….

 

 

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La maison

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J’aime la façon dont les anglais désignent leur foyer, leur maison, leur « chez-nous », un seul mot : home. A la fois le toit, et le coeur palpitant refuge de la famille. Le foyer chaleureux. Les racines. La maison douillette. Home.

On a cherché pendant deux années. On a visité des tonnes de biens. D’abord des appartements à Lyon, puis, Little étant né, la maison hors de Lyon devenait notre Graal et nous abandonnions l’idée de vivre en ville dans un appartement exigu. On a cherché, écumé les sites et les agences, passé nos weeks-ends, nos soirées à visiter des logements. J’ai passé des heures au téléphone à prendre des renseignements, sur Google Maps à chercher des localisations… Le bruit de la ville, les travaux qui ont envahi notre quartier, le stress des trajets, des embouteillages, la saturation des routes et des commerces, tout nous poussait à partir et notre recherche de maison devenait quasiment une quête de survie. Fuir pour reprendre de l’air, retrouver de l’espace et un rythme de vie normal. A la fin de ces deux ans, croyez le, nous étions découragés. Les tensions s’accumulaient, on en avait clairement marre. On ne voyait pas ce qui allait suivre, on n’arrivait plus à se projeter, il nous fallait trouver l’étape suivante pour reprendre souffle et forces et continuer à avancer.
A un moment, Robinson m’a dit : on se donne encore un mois. Si on n’a pas trouvé d’ici là, on change de projet, on n’achète rien, je lâche mon boulot, on quitte la région, voire le pays.

°_°         (radical, hein?)

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C’est là qu’on a visité notre maison. Elle n’était pas là où on avait cherché au départ, un tout petit peu plus éloignée que prévu. Mais parfaite et pleine d’imperfections. Je rêvais d’une maison isolée, au calme, je voulais une cheminée et un immense jardin arboré. Je voulais de la place, des pièces pour ranger, des pièces pour jouer avec Little, et dans mes rêves les plus fous, cette maison fantasmée aurait été à la lisière de la forêt. Robinson, lui, rêvait d’une vue. La vue imprenable de notre appartement allait être son seul regret de notre vie en ville, en étage élevé. Tous ces critères, vue, forêt, cheminée, jardin, espace… évidemment, lorsqu’on les verbalisait à un agent immobilier, on percevait bien le ton dubitatif et condescendant de sa réponse : « oui, bien sûr, mais vous savez, pour un premier achat, on met de côté ses rêves et idéaux, il s’agit bien souvent de faire le deuil de la maison idéale pour commencer par quelque chose de simple, de petit, mettre le pied à l’étrier avant un futur achat plus conséquent… Faire des compromis. Faire des sacrifices. Faire des concessions… »

Ces mots, on les a entendus, encore et encore. On était à deux doigts d’acheter une maison minuscule (90 m carrés) avec un jardin lilliputien (100 mètres carrés) dans un lotissement (!) à 30 minutes de Lyon, pour 50 000 euros de plus que la maison que l’on a finalement achetée. Une maison chère, sans cheminée, sans vue, sans immense jardin, sans forêt bien sûr, sans espace… !  On était prêts à faire ces concessions. Mon dieu heureusement qu’on ne l’a pas fait ! Il a suffit qu’on ouvre notre compas un tout petit peu plus, qu’on s’éloigne de Lyon de cinq minutes supplémentaires aux trente minutes qu’on s’était fixées comme limite, pour que nos critères deviennent réalisables et non plus des extravagances de jeune couple plein de rêves.

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(Cette affiche (d’un magazine Flow) est sur notre mur dans le séjour, je déjeune face à elle chaque jour. Elle était là, durant tous ces mois, pour me rappeler mon rêve, et pour me donner la motivation de continuer à chercher malgré tous les échecs de nos visites immobilières. A chaque fois que je la regardais, je me disais qu’il devait forcément y avoir un moyen d’obtenir ça, ce rêve, juste une maison au milieu d’un jardin, la possibilité de faire pousser des légumes, et de vivre au calme. En famille. Un rêve qui semblait fou mais pourquoi renoncer à le poursuivre pour autant ? Pourquoi ne serions nous pas parvenus à réaliser cela ? Lorsque je pensais à la somme que nous étions prêts à débourser pour un appartement ou une petite maison de lotissement, je me disais qu’il devait bien y avoir, quelque part, un peu plus loin sans doute, une maison comme celle-là qui nous attendait, pour y mener une vie paisible… Cette affiche est précieuse pour moi aujourd’hui.)

*

Aujourd’hui, je me dis : ces deux années de cheminement n’ont pas été vaines. Elles nous ont amenés exactement là où on devait aller. A cette maison. A renoncer aux sacrifices. Sans quoi, on aurait sans doute été un peu malheureux, dans une maison riquiqui au milieu de cinquante minuscules maisons les unes sur les autres, avec un prêt de vingt ans sur le dos…

On a donc élargi notre secteur de recherches, et on a visité une maison.
Une maison avec un immense jardin, en lisière d’un bois. En haut d’une colline, avec une vue imprenable sur le village, les champs, les fermes, la campagne. Avec une cheminée, et 160 mètres carrés d’espace, complétés par deux énormes terrasses de trente et cinquante mètres carrés éventuellement réaménageables en agrandissement de la maison. Une maison pas forcément jolie, plutôt simple et fonctionnelle, avec des rafraichissements à faire et des petits travaux à prévoir pour exploiter tout son potentiel. Une maison tranquille, un peu dans les arbres, dans un tout petit village au bord de la Saône, entre le Beaujolais, l’Ain et le Rhône. Une maison quelconque mais parfaite à mes yeux. Notre maison. Pour ma petite famille que je veux mettre au vert. Pour Little qui pourra courir, patauger dans la boue, marcher sur la route, ramasser des champignons, être couvert de terre et de feuilles mortes, faire des cabanes, inviter ses copains, avoir une petite piscine gonflable, faire un élevage d’escargots, ou de grenouilles, faire de la peinture sans avoir peur de salir, et respirer. Pour moi, pour avoir du vert autour de moi, pour lire au coin du feu, pour passer mes journées dehors avec mon fils, même quand il pleut, pour ne plus avoir peur des voitures qui saturent l’espace urbain, pour couper quand je rentre du travail, pour ne plus faire mes courses dans un Market de centre-ville hors de prix et au choix réduit, pour sortir et être immédiatement en pleine nature, pour pouvoir courir, marcher, faire du vélo quand j’ai envie, pour m’isoler et écrire, pour m’éloigner du centre névralgique qu’est Lyon, tentaculaire, emprisonnante, asphyxiante parfois… Pour Robinson aussi, pour les mêmes raisons que moi même si lui ressent moi cette pesanteur de la ville car il travaille déjà à la campagne.

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Voilà, au bout de deux ans, on l’a visitée, on a signé, on a obtenu notre prêt, on change de vie.

On a trouvé notre chez-nous. Home.
Je suis vraiment heureuse et j’ai hâte de commencer cette nouvelle aventure.

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Il était une fois…

Je repoussais ce billet, faute de temps et peut-être aussi pour retarder ce point de non-retour que je vais franchir aujourd’hui. Pour me laisser la possibilité de…
A la rentrée, j’ai réalisé que je ne pouvais plus avoir exactement la même vie qu’avant, maintenant que j’étais maman. Maman ET de retour au travail, un travail très prenant qui mobilise les 3/4 de mon cerveau à peu près 6 jours sur 7 et 22h/24. Ces dernières semaines la vie est trop intense, trop tourbillonnante, et éreintante, et pourtant je ne fais pas grand-chose d’autre que bosser, préparer mes journées de classe, m’occuper de Little, et faire les tâches du quotidien, les repas, les lessives, le ménage, les courses… Wahou, quelle vie de foufou, paillettes et cotillons sur moi, n’en jetez plus.

Quand on a la tête sous l’eau, on réalise qu’on doit faire des choix, et prioriser… tout. Repenser toute sa vie. C’est donc ce que j’ai fait, à la fin des vacances cet été ; je me suis demandée quelles allaient être mes priorités pour les mois à venir, et à quoi j’allais, forcément, devoir renoncer.

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Mes priorités ont été évidentes, pas la peine de chercher longtemps : ma vie de famille avec Robinson et Little, et puis autour de nous mon frère, mes parents, nos amis proches. Un peu de sport, du yoga et de la randonnée, et puis nager quand je peux. Et enfin, écrire. Le tout, saupoudré de bonnes bouffes et de vin, de bières et de frites, de feux de cheminée et de lectures, et d’un peu de couture ou tissage dans les heures creuses, devant un film ou une série. Rien de bien extravagant, quoi. Sauf que, forcément, et comme vous pouvez le constater, ce blog n’entrait pas dans mes priorités. Pas que je n’aime plus bloguer ou qu’il ne soit pas important pour moi, au contraire. Mais, dans l’ordre de mes priorités, il ne pouvait pas faire le poids face à ma vie de maman ou à mon besoin de faire un exercice physique qui me vide la tête, par exemple. Le blog, c’est un loisir que j’adore, et surtout un exercice d’écriture régulier qui m’a fait beaucoup de bien tout au long de ces 9 années (et même plus). Mais aujourd’hui, dans cette vie de trentenaire pleine de tracas banals et de questions existentielles (mon nounou me fait-il la gueule ? Ethan D. va-t-il apprendre à lire cette année ? Ma directrice soutient-elle obstinément ma collègue qui a tort ? Faut-il que j’arrête ma méthode de lecture pour faire de la phonologie pure ? Si je lave ces body à 40°C vont-ils rétrécir ?… Little rentre-t-il encore dans ses chaussons ? A quelle heure ferme la pharmacie ? …), il n’y a plus de créneau disponible pour une activité si  »inutile » que bloguer. Je déteste être devenue cette caricature qui désormais réfléchit à tous ses achats, à l’argent à mettre de côté pour acheter une maison, aux demandes de crèche à faire dans les temps, à « est-ce que je prends ces chaussettes à 9,99euros ou alors je me débrouillerai avec les vieilles chaussettes dépareillées qui me restent » parce-que 9,99euros, c’est quand même 9,99euros… Alors prendre 3 ou 4 heures par semaine pour écrire sur internet, même si ça me fait du bien, ce n’est plus envisageable. Car le temps c’est de l’argent, et car le temps s’est réduit de moitié, voire de 3/4, depuis que Little est là. Exactement comme tout le monde le disait avant que j’ai un enfant, et quand alors moi, je pensais « non, je ne deviendrai pas comme ça, je ne laisserai pas le temps me dicter ma vie, je ne courrai pas après les heures qui défilent, je ne me plaindrai pas sans cesse de ne pas avoir le temps de…  » Je pensais fièrement que je serai une maman qui aurait le temps de penser à elle, à son couple, de faire un peu de sport et de voir ses copines. Et même, de se mettre du vernis une fois par semaine (gros LOL… C’est absolument impossible. Sachez-le). (Du coup, là, je viens de faire une pause pour en mettre. Oh la la le kiffe…!) (heureusement que c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas…).. Bref, je pensais tout ça, sûre de ne pas devenir un cliché ambulant, mais en réalité ben, on n’a pas le choix. J’ai essayé de négocier avec Robinson, pour ne plus travailler et m’occuper de Little, mais bon, il a été catégorique, il ne me voit pas mère au foyer et de toutes façons on ne gagnerait pas assez d’argent. Eh oui, tout cela est si trivial, si peu élégant, tout est dirigé par l’argent et on a beau vouloir être au-dessus de ça, on a besoin de manger et de payer notre loyer comme tout le monde. Je suis donc devenue un stéréotype, le truc le plus commun qui existe : une jeune maman qui bosse, qui n’a plus le temps de rien, et qui court partout tout le temps avec trois mots à la bouche : nounou, manger, fatiguée (et zut, je viens de saboter le vernis sur mon majeur droit!… C’était sûr… Ça ne pouvait pas être si facile…)

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Donc, je n’ai plus de temps, je cours partout, je ne m’épile plus assez souvent, j’ai perdu le numéro de mon coiffeur (qui d’ailleurs a revendu son salon. Donc : mon coiffeur n’existe plus…) et mes 3 heures de pause pendant la sieste de Roméo les jours où je ne suis pas à l’école sont dédiées à la préparation de mes journées de classe. Je suis payée à 80% pour, en réalité, bosser 40 vraies heures par semaine, minimum. (Haaaannnn, ce billet est un véritable mur des lamentations, excusez moi, ce n’était pas mon but initial. Je vais essayer de raccrocher les wagons de mon discours et de ne pas trop m’éparpiller (mais j’ai tellement de choses à vous dire !)).

Bloguer, donc, je n’ai plus le temps. Je suis triste, mais c’est comme ça. Sinon, il faudrait que je dorme moins, mais je dors déjà trop peu pour supporter tous les soucis du quotidiens et pour accepter sans broncher les irritations des petits problèmes de tous les jours. Ma patience n’est pas un merveilleux puit sans fond, et si je n’ai pas de soupape de décompression (=sommeil et sport et copines) pour recharger ce puit, à un moment on va toucher le fond. Donc, dormir moins = mauvaise idée. Donc, je dois arrêter de bloguer (mon dieu que mes démonstrations logiques sont absurdes, ah ah…).

Mais il y a autre chose. Quelque chose d’un peu moins commun, d’un peu moins terne, d’un plus foufou avec des paillettes (la paillette, le leitmotiv de ce billet ?) : je veux continuer à écrire.

??? Mais que raconte-t-elle ??? (que ceux qui auront lu ce billet jusqu’au bout se voient gratifiés de mon éternelle admiration béate (vous n’avez rien d’autre à faire de plus utile ??!!) …)

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Allez, je vous raconte.

Depuis toujours, mais genre toujours, je veux devenir écrivain. Petite, mon idole absolue n’était pas Dorothée (ni Hélène), mais Sophie Rostopchine alias la Comtesse de Ségur. Puis, il y a eu Shaïne Cassim, et puis tous les grands, Zola, Hugo, Flaubert et Balzac, et puis Emily Brönte et Jane Austen, et aujourd’hui Bret Easton Ellis et Joyce Maynard, Paul Auster (dieu sur terre) et les autres… Ces personnes qui me font rêver, ces artistes, ces créateurs qui touchent les étoiles. Dieux et déesses de mon Panthéon perso. Et écrire des histoires, c’est ce que je veux faire depuis toujours.
Vous savez, ce vieux rêve qu’on traîne depuis l’enfance, quand on dit « nan mais, un jour, de toutes façons, je serai écrivain… ». Ça coule de source. C’est juste une question de temps. Et quand tu es petit(e), tu sais que, à trente ans (quand tu seras vieux, donc), tu auras atteint ton objectif.
Et puis le temps passe, et puis même il file ce coquin ! De plus en plus vite. Et tout à coup, tu as 30 ans, et ton vieux rêve qui te paraissait si possible, si faisable, juste une question de temps… ne s’est pas réalisé. Tout simplement parce que tu ne t’es pas assez bougé pour essayer de mettre les choses en branle dans cette perspective. Hé, oh, les étoiles et les astres ne vont pas s’aligner tout seuls, et aucun éditeur ne peut publier le livre que tu n’auras jamais écrit. Voilà où j’en suis. Je me suis rendue compte que ce rêve que j’avais toujours, toujours, toujours en moi depuis que je sais écouter des histoires, il fallait aujourd’hui lui donner les moyens de devenir concret. Et comment écrire un livre, si on n’écrit pas d’histoire ?

Petite, dès que j’ai su écrire, j’ai commencé à écrire des histoires. Des livres pour mon frère, des pièces de théâtre que je jouais avec mes cousines ou mes amies, des BD, et puis adolescente, j’ai continué et écrit les vies que j’aurais aimé avoir, des filles fantastiques à qui il arrivait des choses incroyables prenaient vie dans mes cahiers, de belles filles blondes et indépendantes, aimées et courageuses, qui vivaient seules à Paris entourées d’amies et de garçons énamourés. Ah ah, ces bêtises que je relis parfois en rougissant de honte…
Ensuite, il y a eu les blogs, et puis celui-ci, Zadig, que j’ai tenu avec beaucoup de régularité (pour une fille aussi papillonnante que moi, c’est une énorme fierté d’avoir su être si fidèle à un seul blog, et m’astreindre à y venir pendant toutes ces années, sans jamais laisser tomber, ou presque).
Ce blog a été merveilleux pour cela. Toutes ces années, j’ai pu entretenir l’écriture en couchant ici mes bêtises, mes questions, mes coups de coeur, mes angoisses. J’ai écrit écrit écrit et je n’ai pas perdu la main, j’ai retravaillé mes phrases, gagné en rythme et en vitesse, mon cerveau trouve plus facilement le mot que je cherche, le synonyme, la nuance voulue… c’est agréable de constater ces progrès. Et tout cela, c’est grâce au blog, et à vous qui m’avez lue. Se savoir lu force à plus de rigueur, plus de créativité, on se relit avec un oeil plus sévère et on ne laisse rien passer. On s’engage.
Et puis, il y a 3 ans, un collègue apprend que je tiens ce blog, et me parle d’un concours de nouvelles. Un concours organisé par des instits soixante-huitards et arty, un peintre, un écrivain, et un champion de BMX et d’échecs et d’autres choses encore. Un petit concours lancé par des passionnés, je me suis inscrite et j’ai participé. La 1ère année, le sujet était : 7 secondes, 7 minutes, 7 heures, 7 jours, 7 semaines, 7 mois, 7 années… Votre nouvelle s’inscrira dans cette temporalité etc… ». J’ai écrit le moment où ce groupe de rock australien rentre de sa première vraie tournée, au tout début de leur ascension vers la gloire, quand se cristallisent les premiers vrais désaccords entre eux et quand une fille, LA fille, n’en finit plus de semer le trouble et la pagaille parmi les membres du groupe. Je rentrais de notre voyage et Sydney m’avait marquée, je voulais raconter l’ambiance de cette ville.
La 2ème année, le sujet était « une couleur ». Tout simplement. J’ai hésité entre le blanc de la neige et de l’hiver qui me fascinent, et le bleu de l’océan qui m’attire encore et toujours. J’ai écrit l’histoire de ce surfer et de sa petite soeur adorée, la prunelle de ses yeux, en Californie. Encore nos voyages qui hantaient mes écrits. Pour la dernière session du concours, cette année, le sujet était « Et si la fin n’était que le commencement ». J’avoue que ce thème un peu biblique ne m’a pas inspirée. Et puis finalement, j’ai puisé dans nos souvenirs d’Ecosse pour écrire deux histoire entremêlées. Et j’ai gagné le concours. Le truc de dingue non ? Ça signifie beaucoup, beaucoup, pour moi. Je me dis que mon rêve n’est pas fou.
Pour la prochaine édition du concours, je ne peux pas participer (ou alors, hors compétition, ce qui n’a pas trop d’intérêt) alors je me suis dit que c’était aussi un signe : si je ne peux écrire une nouvelle cette année, je mettrai ce temps à profit pour écrire mon livre, ce livre dont je rêve depuis toujours.

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Voilà, vous savez tout. Désormais, les heures consacrées aux billets pour le blog ou au concours de nouvelles, je voudrais les utiliser pour écrire autre chose. Il faut que je le fasse, il faut que je me lance. Sinon, toute ma vie, je regretterai de n’avoir pas essayé. D’avoir gardé ce rêve inaccessible, de l’avoir confiné à son statut de rêve en quelque sorte. Mais j’ai besoin de concrétiser tous mes rêves, même quand autour de moi les gens me trouvent excessive ou insatisfaite. Jusqu’à présent, c’est ce désir de viser l’impossible qui m’a donnée cette belle vie que je chéris (malgré tous les petits soucis). Je me suis accrochée à la lune pour ne jamais me contenter de peu, et je ne regrette rien. Alors je me dis, pourquoi pas cette fois encore ?

Hello Zadig sera donc en pause pour quelques temps, je ne le ferme pas définitivement car je sais que, peut-être, un jour où j’aurai plus de temps, je reviendrai par ici. Mais en attendant, c’est sur des pages Word que je vais écrire, en essayant d’utiliser la régularité que j’ai acquise grâce au blog et à vous. Mon vernis a séché et on ne voit pas trop la trace sur l’ongle du majeur, j’ai réussi à rattraper la catastrophe. Et Little se réveille de sa sieste. Je vous remercie un milliards de billions de fois pour votre présence ici, vos mots toujours gentils et encourageants, votre bienveillance et votre patience. J’ai eu énormément de chance d’avoir des lecteurs/lectrices et je l’ai mesurée chaque jour depuis que c’est le cas. Je peux vous dire que j’étais très fière de cela, et que tout cela a et a eu beaucoup d’importance dans ma vie.

A bientôt pour d’autres aventures !

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Ah, mais vous pouvez tout de même continuer à nous suivre et avoir quelques nouvelles de Little, Robinson et moi, en suivant mon compte sur Instagram (@arrow_meow), où je serai forcément un peu plus présente pour compenser l’arrêt du blog (oui, cela va à l’encontre des principes que j’avais évoqués il y a quelques mois mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours être à cheval sur les principes, il faut savoir abdiquer… ^-^) (mais ne vous attendez pas à un truc folichon et chiadé, mon Insta ressemble à ce blog et les photos sont toujours aussi anonymes/floues/coupées ah ah …).

Plein de coeurs à paillettes (forcément) sur vous, des bisous, des câlins, des mercis et quelques larmes refoulées dans la gorge. Ciao !

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Sunday Morning #51

Merci pour vos messages adorables pour les 30 ans. Cela m’a fait chaud au coeur. Je n’ai encore rien commencé à coudre, mais j’ai imprimé un patron et acheté du tissu, première étape done ! On a passé la semaine à se reposer car le week-end dernier nous réellement épuisés ! J’ai même passé toute l’après-midi de jeudi à dormir, profondément. Après 7 jours de repos, ça va un peu mieux, je sens un regain d’énergie, mais pfiou que c’était dur ces derniers jours…!! ^-^ On a donc passé la semaine à buller, se promener dans la campagne, au bord de l’eau, à lire à la bibliothèque du village, à profiter du jardin. J’ai enfin un peu de temps pour lire et cela faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans un livre comme ça, quel plaisir ! Il nous reste une semaine à passer ici, on va en profiter à fond, le mois de juillet aura filé à une vitesse incroyable, vous ne trouvez pas ?

Le look de la semaine

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Ou plutôt, le « sunday look », car c’est la tenue que je portais aujourd’hui pour chiller tranquillement à l’ombre du pommier, en regardant Little essayer sa petite piscine gonflable, cadeau (en avance) pour son premier anniversaire. Il faisait chaud, aujourd’hui ! Alors j’ai pu étrenner pour la première fois de l’été mon short adoré, tout fluide, tout léger, tout coloré, si agréable à porter (yeah je fais des rimes ^-^).

 

Le repaire de la semaine

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Dans mon village natal, on a la chance d’avoir (depuis peu) une magnifique bibliothèque, toute neuve, toute belle, pleine de livres récents et en bon état, bordée de 2 terrasses ombragée et équipée d’une Nespresso. Le rêve, quoi. J’envie terriblement la personne qui travaille dans cet endroit. Le coin enfants est génial, plein de poufs moelleux et de fauteuils à gros coussins, et si lumineux avec ses immenses baies vitrées… ! On y passe très souvent lors de nos promenades, je fais le plein d’albums pour Little tandis que mon père se ravitaille en polars, bien conseillé par la bibliothécaire. Ça nous change un peu de l’énorme médiathèque de Lyon…!

Le déjeuner de la semaine

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Robinson est souvent derrière mon dos pour vérifier si j’ai ma dose quotidienne de protéines, depuis que je ne mange vraiment plus de viande. Alors je ne lésine pas sur le fromage et les pois chiches, me régalent de falafels et de tartines à presque tous les repas !

 

Bientôt un an

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Little aura un an le 3 août. Il marche gaiment à quatre pattes, se redresse sur ses jambes comme un petit ours à la recherche de son équilibre, roule et rampe allègrement, et surtout, surtout : il adore aller sur les jeux, au parc ! Son nounou lui a appris comment se balancer sur ce jeu, et il est devenu un expert de cette balançoire, impressionnant de le voir se balancer à toute vitesse en tenant fermement les poignées dans ses petites mains, la langue sortie pour la concentration, et poussant des petits cris de contentement et de fierté qui font se retourner tous les passants. J’adore l’emmener aux jeux, et le regarder s’amuser comme un fou, essayer, déraper, recommencer, grandir quoi…

 

Le décor de la semaine

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Nos promenades ou mes virées runnings nous entraînent sur ce chemin, derrière le village, le long de l’eau. C’est agréable, il n’y a ni route, ni maison, seulement le chemin, les prés, quelques chevaux, et l’eau. Tellement paisible… Je savoure ces moments et cet endroit, si familier, je sais que j’ai beaucoup de chance d’avoir grandi ici et de pouvoir y revenir si souvent pour en profiter en famille. Même si je renie souvent ma ville d’origine et la Moselle en général, mon village je l’adore et j’y ai des souvenirs incroyables.

 

Le moment parfait de la semaine

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Ce matin, Little a fait la grasse matinée et moi aussi, puis après son biberon, il est parti en balade avec mon père, et j’ai pu profiter de ce moment seule, dans le jardin, pour prendre mon petit-déjeuner au soleil, en lisant mon bouquin. Le café et son odeur délicieuse, les rayons timides du matin, le calme de la campagne (j’entendais réellement le vent souffler dans les branches et les oiseaux chantonner, vraiment vraiment), c’était incroyablement bon. J’ai savouré chaque minute. Puis Robinson s’est réveillé, j’ai renversé le thermos qui s’est brisé en mille morceaux, mon père et Little sont revenus de leur promenade et la vie normale a repris, joyeuse et intense comme à son habitude. Mais ce petit moment où le temps s’est suspendu aux volets entrouverts m’a donné une énergie folle pour enchaîner le reste de la journée ! Et cela ressemblait vraiment aux vacances !

 

Je vous souhaite une excellente semaine à venir, j’espère que le soleil sera de la partie pour réchauffer nos coeurs lourds des événements des derniers jours. Pour ma part, je me suis réfugiée dans le cocon de ma famille pour traverser ce deuil. Même si j’ai peur, c’est clair, j’essaie de me concentrer sur les gouttes de lumière de notre quotidien, en avançant pas à pas, et en tentant de garder une foi immense en l’humanité. Pour Little.

A très bientôt.

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation. 

Sunday Morning #50

Bonjour ! Enfin, j’atteins la cinquantième édition de mon billet dominical ! Il était temps, quand on sait que je l’ai commencé il y a bien plus d’un an, et qu’une année compte 52 semaines… hum hum, oui, j’ai du retard dans mes articles, je sais bien… Enfin, l’important, c’est qu’aujourd’hui, c’est dimanche, et même s’il est 21h, et que le « morning » est passé depuis bien longtemps, je suis là pile poil right on time pour écrire pour petit billet du dimanche ! Petite satisfaction personnelle de la fille qui parvient, pour une fois, à tenir ses délais !! ^-^

Sunday look

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Bon, je ne vous cache pas qu’ici, à Lyon, il fait chaud. Très chaud. Et beau. Depuis des jours, c’est l’été, le vrai, et je ne sais plus comment m’habiller pour aller travailler (le short est totalement importable dans mon travail. Voilà pourquoi je galère tant. Car, moi, quand il fait chaud, je vis EN SHORT). J’alterne jupe longue et pantalon fluide et très léger pour aller à l’école, mais les jours off je ne réfléchis même pas, j’enfile un de mes boum boum shorts et je suis la fille la plus heureuse du monde. J’ai à peine fait les soldes (en gros, j’ai juste dévalisé Petit Bateau, et ce n’était pas pour moi, ahem….), je suis passée chez Zara pour Little et j’ai trouvé ce petit top péplum bien évasé, une coupe que j’adore mais dont je possède peu de spécimens. Pour 12 euros, je n’ai pas réfléchi, je l’ai embarqué, et je crois que j’ai bien fait : je n’arrête pas de le porter, il va avec tout et se fait oublier quand on l’a sur soi (grosse qualité à mes yeux!!). J’aime énormément le petit côté graphique de ses rayures noires et blanches, mais ce que je préfère, vraiment, c’est les basques de cette coupe péplum. ❤

Le farniente de la semaine

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Comme il fait beau et chaud, le bain de Little a été déplacé de la salle de bain vers le balcon. Monsieur fait trempette en plein air, tout content de pouvoir mettre de l’eau partout, de sortir puis re-rentrer puis re-sortir etc… J’adore ce moment; on rit, on s’éclabousse, on profite…

La grande lessive de la semaine

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A l’école, les affaires oubliées s’amassent au fil de l’année, et on se retrouve au mois de juin avec une pile incroyable de manteaux, bonnets, pulls, doudounes, gilets sans propriétaires. Alors, avant d’emmener tout ça chez Emmaüs, on a étendu les vêtements oubliés sur du fil à linge, à l’entrée de l’école, afin que les familles puissent récupérer leurs biens. Je trouve que ce linge étendu donne un petit air printannier à notre cour de récré ! Et vous pouvez au passage admirer le bel arbre de la laïcité que mes collègues ont peint en début d’année.

Le week-end parfait

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Ce week-end, on a énormément profité, surtout en famille. Vendredi soir, je me suis éclipsée de chez nous pour passer la soirée dans la cour de l’école, partager un barbecue et des salades avec mes collègues pour notre repas de fin d’année. Samedi après-midi, on est allés au parc, faire une petite session de running. On alternait : l’un qui court, l’autre qui s’occupe de bébé et inversement. Puis on s’est installés en terrasse, dans notre quartier, pour boire une bière avant de rentrer cuisiner un plat de pâtes et ouvrir une bouteille de vin. Ce matin, après une longue nuit de sommeil réparateur (oui, Little s’est réveillé à 9h15, on était trop contents!!), rebelote, un tour au parc mais en vélo cette fois, et on s’est installés sur notre grande couverture de pique-nique, on a lu au soleil, joué, gambadé, et mangé de l’herbe (enfin, surtout Little).
Cet après-midi, après la sieste, on a enfilé nos chaussure de marche pour aller faire une grande randonnée à la campagne, à 40 kilomètres de Lyon. C’était calme et ensoleillé, il y avait des grappes de papillons qui s’envolaient autour de nous, le chemin était désert… nous étions seuls, tous les trois, pour profiter de ce moment. Ça nous a fait beaucoup de bien de nous bouger ce week-end, de réveiller nos muscles, et de sortir un peu de Lyon. Chaque moment était simple et joyeux : un bon repas, une balade, une sieste, un apéro en terrasse. Il n’y a pas à dire : avec le soleil, tout prend un air plus heureux, non ? En tous cas, ce week-end ressemblait bien la dolce vita pour moi.

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Le moisiversaire de la semaine

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Le temps file… Little fête déjà ses 11 mois. Vous vous rendez compte ?! Bientôt un an dans notre vie !
Pour le thème de ce mois de juillet, je ne me suis pas cassée la tête : un peu de foot (il avait un petit drapeau tricolore sur la joue et une combinaison bleue blanche et rouge elle aussi), des abricots et quelques accessoires d’été : crème solaire, brumisateur, chapeau de paille. Et aussi un livre qui parle de vacances à la mer, sur fond de nappe de pique-nique. Prendre la photo mensuelle de son moisiversaire commence à devenir compliqué car Little ne reste plus tranquillement allongé sur le dos, il veut attraper les accessoires, l’appareil photo, se retourner  et partir à quatre pattes visiter le salon qu’il connait déjà par coeur. On a donc pris ces photos en cinq minutes ! Bon, au final, l’important est d’avoir un petit souvenir rituel du 3 de chaque mois. Tant pis si Little bouge, si ses mains sont floues ou si le nombre figuré à l’aide d’objets s’est fait déquiller par les gestes curieux de bébé…
(Désolée pour le flou pas joli sur le visage de Little, mais je ne veux vraiment pas l’exposer sur internet donc je n’avais pas le choix, car je n’ai pas pris de photo où la tête est hors champs).

Et voilà. J’aurais pu vous montrer aussi des photos du spectacle de théâtre de mes élèves, ou de notre sortie scolaire au parc, ou encore des pintes et des bols de frites partagés sur les péniches du Rhône, mais je n’ai pas pris beaucoup de photos ces derniers jours, alors je me contenterais de vous l’évoquer par écrit et de vous laisser imaginer 🙂

Il ne reste que 2 jours avant les grandes vacances pour nous, j’ai hâte !! J’aurai sans doute un peu plus de temps pour écrire et je m’en réjouis d’avance. J’espère que vous serez toujours au rendez-vous !
Comment se sont passées ces deux dernières semaines par chez vous ? Je sais que la météo est très volubile en ce moment, et qu’il fait régulièrement 30°C à Lyon alors que Paris est sous des trombes d’eau, ou vice-versa … et chez vous ?

A très bientôt, bonne semaine !

NB : les photos de ce billet sont toutes privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation. 

 

Signer avec les bébés

fe340560b210d662144c79a23eae753dJ’en ai entendu parler bien avant d’être maman, de cette histoire de LSF pour bébés. Je ne comprenais pas trop l’idée, et comme souvent lorsque je découvre quelque chose dont je ne soupçonnais pas l’existence, je me suis dit : « oouhla, ça c’est pas pour moi ! Encore un truc de hippie » (je me dis souvent ce genre de phrase stupide, j’ai toujours besoin d’un petit temps pour intégrer des éléments nouveaux dans mon schéma de pensée… #naze). Je ne sais pas pourquoi, je ne voyais pas vraiment l’intérêt d’apprendre à un bébé à signer alors qu’on a déjà plein d’autres choses à lui enseigner : marcher, manger, parler, être propre. Ça me paraissait superflu, comme un poids supplémentaire sur la liste des trucs à faire pour être un parent parfait. Le genre de choses qui m’agaçaient, cet idéal de parent parfait, et pour moi la langue des signes était en haut de la liste à côté d’items du genre faire faire plein d’activités d’éveil et de motricité à son bébé, l’inscrire à des ateliers de toutes sortes, aller à des cafés-parents, lire des magazines d’éducation, lui acheter des jeux uniquement pédagogiques, en bois et faits en France de préférence, préparer tous ses petits pots soi-même avec des légumes bios et locaux, l’habiller chez Bonton, lui faire porter des béguins en coton bio (même si en vrai je trouve ça trop mignon !!) etc etc… Vous voyez ce que je veux dire ?

Bref, j’avais plein d’idées reçues et un avis bien tranché sur la question. Qu’est-ce que ça m’énerve d’être comme ça, parfois.

Et puis finalement, je suis devenue maman, et j’ai commencé à me poser cette question : comment aider bébé à exprimer ses besoins alors qu’il ne maîtrise pas encore le langage oral ? Et je me suis rendue compte que cette question, je me l’étais déjà posée en tant qu’enseignante, face à des petits de maternelle frustrés de ne pas parvenir à s’exprimer, à communiquer besoins, émotions, questionnements. Et il arrive souvent que les enfants qui ne maîtrisent pas le langage finissent par taper, car la frustration et le besoin de communiquer sont tels que les gestes physiques prennent le pas sur le langage. Il faut que ça sorte, quoi. Un enfant frustré tape, un enfant incompris tape. Pas toujours, mais souvent.
En prenant conscience de cela, je me suis demandée comment je pourrais aider mon bébé à traverser cette phase, ce laps de temps entre le moment où il va commencer à vouloir s’exprimer et celui, bien plus tard, où il va commencer à dire des mots. Cette phase peut durer un an, voire plus, et je n’avais pas envie de laisser Little désemparé face à ses besoins et ses émotions, sans pouvoir lui fournir un moyen de communiquer avec nous. C’est comme ça que j’ai repensé à cette histoire de langue des signes. Et que j’ai compris que, loin d’être un truc de parents hippies ou de parents parfaits, c’était tout simplement un moyen qui existait pour répondre à ce besoin de communication du tout-petit non parleur. De plus, les signes sont loin d’avoir l’arbitraire du langage et du mot, ils sont plus naturels car, pour beaucoup, ils sont adaptés ou dérivés de l’image qu’ils représentent. En langue des signe (pour bébés), le ballon est figuré par deux mains qui semblent tenir un ballon rond. Logique. En langue des signes, le biberon s’exprime par le geste de donner le biberon. Le bébé est représenté par des bras qui bercent. Papa est dit en représentant une moustache (drôle, non? Papa hipster ^-^). Bref, pour beaucoup de signes, le geste est assez naturel et évident. Et finalement, je me suis dit que c’était une base pertinente pour ancrer le langage avec un petit. J’ai donc envoyé balader toutes mes idées reçues et j’ai cherché un atelier à Lyon.

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J’ai trouvé rapidement et facilement (un des avantages à vivre dans une grosse ville) (il faut bien en trouver). Au départ, j’ai eu un peu peur de me retrouver avec des mamans trop « à fond », des mères pro-allaitement, des donneuses de leçons sur le bien-être des enfants  et sur comment être un parent parfait qui sait écouter son bébé. Des mères qui m’auraient dit « oh la la il ne faut JAMAIS mettre son bébé dans le transat!! », des parents qui m’auraient dit « Quoi ? Tu ne fais pas du cododo?? ». Des mères qui auraient pâli en me voyant sortir un petit pot acheté dans un supermarché pour nourrir Little. Ou en me voyant arriver avec la poussette : « Tu ne le portes pas en écharpe??! ». Bref. Des mères extrémistes. Et des jugements sur ma façon de faire.
J’avais peur de ne pas me sentir à ma place à cet atelier.
Et puis je me suis raisonnée et me suis dit qu’il fallait que j’arrête d’avoir des préjugés sur les personnes qui seraient susceptibles de pratiquer la langue des signes avec leur bébé. Je me suis dit que si moi, je m’y intéressais, il y aurait d’autres mamans « comme moi » à cet atelier et qu’il n’y aurait aucune raison que je ne m’y sente « pas à ma place ». Je me suis inscrite. Et j’ai bien fait ! Cette session de six ateliers était géniale !

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Notre « animatrice » était pédagogue, drôle, à l’écoute. J’ai admiré sa capacité à enseigner alors qu’elle n’est pas enseignante de formation. Tout se faisait très naturellement, des petits jeux, des chants, des lectures d’albums. Les parents étaient assis sur un grand tapis-couverture, les bébés au milieu, avec des petits jeux. Ce moment nous permettait de passer un petit temps « parents-bébés » très agréable et un peu différent du quotidien maison/parc. Aussi, entre parents, nous échangions beaucoup, anecdotes, questions, conseils. Tout le monde était très « normal », ouf ! Personne n’était dans le jugement, nous étions toutes et tous un peu hésitants et on admettait facilement que devenir parents, c’est un tâtonnement permanent, un équilibre précaire toujours vacillant. Cette connivence entre nous était rassurante et réconfortante, et je suis allée à ces six ateliers avec beaucoup de plaisir, certaine de passer un bon moment entre rires, apprentissage et découvertes. C’est quand même fabuleux d’apprendre une nouvelle langue à trente ans, non ? Et de l’apprendre avec son bébé, en plus.

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A la maison, je signe beaucoup, surtout pour les choses du quotidien : les besoins, la nourriture, les jeux, le bain, et les émotions. Les signes captent l’attention de Little, et me permettent de réfléchir à ce que je lui dis, ça m’évite de parler trop vite, ou de dire n’importe quoi (on ne sait jamais). Cette histoire de signes a ça en plus : ce retour réflexif sur notre langage et notre façon de communiquer. « Qu’est-ce que j’ai envie de dire à mon bébé? » Ça permet parfois d’aller à l’essentiel, ou de tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler.

J’ai bon espoir de voir Little se mettre à signer lui aussi. En tous cas, je pense que désormais, il a les moyens de se faire comprendre s’il le souhaite, et j’espère que ses frustrations à venir seront moins pénibles à gérer pour lui (et pour nous). Mais bon, on le sait bien, dès qu’il s’agit de l’enfant et de l’éducation, il n’y a pas de règle, pas  de formule magique, on ne sait jamais ce que ça va donner. On verra bien ! En tous cas, au moins, on aura bien ri et partagé de très bons moments à ces ateliers de langue des signes. Mon seul regret ? Que ça se soit terminé aujourd’hui !

Aviez-vous entendu parler des signes avec bébés ? Que pensez vous de cela ? 

Images : perso,iciici et

Sunday Morning #47

J’ai un peu déserté ces derniers jours, faute de temps… J’essaie de profiter à fond de Little et Robinson lorsque je ne suis pas à l’école, et des vrais moments de qualité en famille. Le boulot me demande beaucoup de temps aussi, corrections, préparations, fête de fin d’année et commandes pour l’année prochaine font partie de ce programme bien chargé. Mais j’ai quand même pris quelques photos de ces journées bien chargées pour partager mon quotidien avec vous.

Ma vie de maman, de la semaine

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Mon salon est définitivement devenu une salle de jeux, il n’y a plus moyen de le traverser sans marcher sur un cube en bois ou des animaux du cirque. Mais j’adore ce bazar d’enfant qui colore notre appartement et met de la vie un peu partout.
Little se tient désormais assis bien droit, joue de plus en plus seul, il empile, fait tomber ses tours de cubes, met tout dans sa bouche puis me tend ses jouets pour que je les mange aussi. Il est adorable, rigole beaucoup, s’éveille, c’est un bonheur de le voir grandir comme ça. Dans quelques jours il fêtera ses 10 mois, déjà…

Le déjeuner de la semaine

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Une galette à base de farine de pois chiches, fourrée d’un mélange tout bête de haricots rouges et maïs rôtis et de tomates fraîches, voilà un déjeuner bien nourrissant et plutôt sain pour mes repas à l’école. Pour cette recette, j’ai totalement improvisé à partir des ingrédients que j’avais sous la main. Mais rien de vraiment compliqué. La galette est une mélange de farines, de fécule, d’eau et d’épices, et on doit pouvoir trouver des tas de recettes de ce genre en tapant « galette farine pois chiches à l’indienne » sur Google…

La jolie déco de la semaine

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J’ai une amie talentueuse qui fabrique des sacs magnifiques (je vous en reparlerai très bientôt) et qui coud aussi des mobiles sublimes comme celui-ci en forme de nuage. Les gouttes sont en cuir, les grues en papier origami, et le nuage en tissu tout doux. Normalement, il était destiné à la chambre de Little (dont elle est la « parraine »), mais je le trouve si beau que je crois bien qu’il va rester suspendu dans notre séjour (peut-être pas à ce macramé pas fini, cela dit…!)

Le sport au quotidien

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Lorsque j’ai repris le travail, il a fallu trouver une organisation pour cette nouvelle vie « active » avec bébé. Robinson emmène Little chez son nounou tous les matins, et c’est moi qui vais le chercher en quittant l’école. Je vais travailler à vélo, c’est donc aussi à vélo que je récupère mon fiston chaque jour et qu’on rentre ensemble à la maison. Et il adore ça ! Il tient son casque d’une main, pour bien voir passer les tramways qui le fascinent.

Le DIY de la semaine

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Mon petit truc en ce moment, c’est de faire mon « nutella » maison : un peu de purée de noisettes, un peu de cacao en poudre et du sucre de coco, hop dans le mixeur et voilà une pâte à tartiner bonne et bio qui se garde longtemps bien fermée dans un petit pot hermétique.

Le week-end en famille de la semaine

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Mes parents ont passé quelques jours à Lyon et nous en avons profité pour organiser un grand pique-nique samedi soir, avec mon frère et des amis. Au menu, des tonnes de bonnes choses à manger, du guacamole, du melon, des petits muffins aux pépites de chocolat, des fraises, du vin et de la bière… le soleil était au rendez-vous, trois générations étaient réunies sur des grandes nappes étalées dans l’herbe du parc, c’était parfait.

La première fois de l’année, de la semaine

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Il était temps ! Nous avons pris notre premier repas sur notre balcon vendredi soir, après un petit passage à la fête des voisins de notre immeuble. De la musique, le coucher de soleil, les voix de la rue qui s’élèvent dans le soir tombant, prendre le temps de profiter de Robinson et souffler un peu lorsque le rythme effréné de la semaine s’arrête. Quel meilleur moyen pour décompresser…?

 

Voilà quelques photos de notre vie dernièrement. Vous pouvez le constater, je ne fais pas grand chose de plus que boulot-famille, mais c’est sans stress car je sais que dans quelques semaines ce sera les grandes vacances et que je pourrai me dégager à nouveau un peu de temps pour faire autre chose, lire, fabriquer des trucs, cuisiner… Mais je savoure aussi cette période, tout se passe bien à l’école et dans notre quotidien, ce serait dommage de ne pas en profiter.

Je vous dis à très bientôt (j’espère !) et vous souhaite un bon dimanche !