L’escapade enchantée

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Après la crise d’octobre et une visite chez mon médecin qui m’a prescrit « des week-ends et des vacances sans enfant » … j’ai pris les choses en main et j’ai déculpabilisé à l’idée d’abandonner homme et enfant pour m’octroyer des moments « à moi ». Alors vendredi soir, j’ai regardé partir Little et Robinson pour un week-end père-fils, avec un petit pincement au cœur bien sûr, mais aussi un soulagement que je ne peux pas nier ; enfin j’allais pouvoir prendre mon temps sans pression, sans cris, sans stress. Le samedi matin, je me suis levée aux aurores et j’ai pris la route encore noire de nuit pour récupérer un de mes meilleurs ami et filer, direction les Alpes. Nos snowboards dans le coffre, de la musique et deux heures de discussion arrosées de café ont accompagné le trajet. Sans pneus neige, nous avons dû abandonner la voiture un peu avant la station ( après avoir poussé et dérapé un long moment! ) et avons gagné à pieds les remontées mécaniques.

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C’était la journée d’ouverture des 2 Alpes, le soleil était au rendez-vous, il avait neigé toute la semaine, les conditions étaient incroyablement optimales. Nous qui avions prévu cette échappée sans trop y croire, persuadés qu’un contre-temps nous forcerait à l’annuler, que l’un de nous deux aurait un manque de motivation à la dernière minute, qu’un 1er décembre il y aurait trop peu de neige pour pouvoir profiter des pistes, que nos voitures tomberaient en panne ou que sais-je encore… ne nous attendions pas à ça! Nous avions guetté la météo des jours durant, et la pluie discontinue semblait être la prévision la plus probable. Alors se retrouver au pied des pistes face à une couverture de poudreuse épaisse et immaculée et sous un soleil éclatant, c’était inespéré. Nous avons eu du mal à y croire. Dans les télécabines, on a enfilé gants, bonnets, on a mis nos téléphones en mode avion, j’ai demandé « Yolo? » il a répondu « Yolo! », on s’était dit qu’on irait tranquillement pour cette reprise après des mois sans skier, et puis finalement on n’a pas arrêté de la journée. On n’a même pas eu envie de déjeuner, à midi. Les pistes et la neige parfaite, le soleil, le ciel bleu et le peu de monde en station nous ont grisés, on avait envie de profiter à fond, sans contrainte. On a grignoté des noisettes dans les remontées mécaniques, bu un café le temps de prendre quelques photos souvenirs et de les envoyer à nos proches restés en bas, dans la vie normale. De leur dire que tout allait bien, qu’on était bien arrivés et qu’on savourait ce moment en pensant aussi à eux, qu’on aurait aimé qu’ils soient là. On a passé la journée à se répéter à quel point on était chanceux, comme si toutes les planètes étaient alignées. On n’a pris aucune décision, on est allés là où notre snowboard nous emmenait, puis on remontait et redescendait encore. Sans se poser de questions. Personne ne nous attendait, nous n’avions ni contrainte d’heure, ni de bienséance, il ne fallait prendre soin de personne, ne faire attention à rien, juste être là et faire du snow. Aussi simplement que ça. On a ridé jusqu’à la tombée du jour et fait notre dernière descente face à un coucher de soleil rose et bleu sur les montagnes blanches. C’était comme d’habitude, incroyable, à chaque fois j’en ai le souffle coupé, la beauté des montagnes est saisissante, elle nous donne le sentiment d’être à la fois tout-puissant et tout petit, insignifiant. Elles sont majestueuses, froides et enveloppantes.

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Le trajet du retour fut un nouveau moment d’échanges, de rires, de musique, de chips trop salées et de confidences parfois un peu brutes, ce fut tout aussi savoureux que le reste de la journée. Le soir, on a rejoint notre bande sur les quais à Lyon, pour profiter encore et faire la fête tous ensemble.

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Je suis rentrée chez moi à deux heures du matin, la maison vide ne m’a pas parue triste. Alors dans la nuit, j’ai allumé un feu, pris une douche chaude, et j’ai dormi dans le canapé-lit devant la cheminée et les flammes oranges qui m’ont bercée. Fourbue, épuisée, sereine, emplie de bien-être, comme je n’en avait pas ressenti depuis longtemps. Ce lâcher-prise était nécessaire, je suis heureuse d’avoir saisi le moment et provoquer la chance de cette journée magique.

Ne penser à rien et profiter, ne pas être une maman l’espace de deux ou trois jours, c’est dur à admettre mais, quel bien ça fait.

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Le lendemain matin, je me suis réveillée dans le calme typique d’un dimanche pluvieux à la campagne. Dehors, le gris et la bruine avaient envahi le village, je n’ai pas replié le canapé-lit, j’ai relancé le feu dans la cheminée et j’ai pris mon petit-déjeuner au lit. Puis, trop courbaturée pour faire quoi que ce soit, je suis restée allongée toute la journée et j’ai regardé des films. Je n’avais pas fait ça depuis… je ne sais même plus quand ! Oui, j’avais des millions d’envies, de choses à faire, écrire, coudre, sortir me promener, aller prendre un cours de yoga à Lyon, passer chez mon frère voir ma nièce née il y a quinze jours, emballer les cadeaux de Noël, installer les décorations de Noël aussi tiens, préparer tous ces légumes qui attendent d’être lavés, coupés, cuisinés… lire, aller au cinéma… Mais le désir et le besoin de me reposer sans culpabiliser ont pris le dessus. C’est trop rare.

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Le soir, lorsque Robinson et Little sont rentrés de leur escapade en Lorraine, je les attendais avec un plat de pâtes à la sauce tomate et un sourire jusqu’aux oreilles. Little était paisible et content de retrouver la maison et maman, Robinson était heureux que j’ai pu profiter comme je l’ai fait, et moi j’étais rayonnante et ravie d’avoir coupé un peu le quotidien avec cette parenthèse enchantée.

Le seul bémol, bien sûr, est que je n’ai pas pu emmener Robinson avec moi, alors que c’est habituellement lui, mon partner in crime à la montagne. Faire du snow sans lui est toujours un peu étrange pour moi, mais lorsqu’on est parents, on n’a pas forcément le choix, et on doit bien accepter de ne plus pouvoir TOUT faire ensemble, en tous cas pas tout le temps. Malgré tout, une chose est sûre : la prochaine fois, c’est avec lui que j’irai dévaler les pistes de ma montagne adorée.
Et en attendant, eh bien, il faut reprendre le chemin du quotidien et sa routine ronronnante. Mes courbatures encore vives me rappellent mon échappée et me mettent du baume au cœur tandis que je me plonge dans les livrets d’évaluation de mes élèves et les préparatifs de Noël. Je vous souhaite une belle semaine, à bientôt.

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Music of the day : Wolf like me, TV on the radio

 

NB : les photos de ce billet sont toutes personnelles et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser dans mon autorisation.

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Sunday morning # novembre 2018

walk

Ce matin, le brouillard envahit les baies vitrées, on distingue à peine le grand sapin planté devant nos fenêtres, que dire de la vallée, des toits du village, ou des monts qu’on ne devine même pas, tout là bas ? Robinson, à peine levé, à démarré un feu dans la cheminée, Little boit son chocolat chaud encore tout endormi (mais en chantonnant, toujours…) et j’émerge doucement en savourant le silence de cette journée d’automne, blanche et opaque, aussi cotonneuse que de la ouate.

Mon café au lait fume, je tartine une tranche de pain en me disant que j’aurais du préparer des crêpes. J’adore les crêpes. Je le ferai dimanche prochain.
Little a terminé son chocolat, il réclame son deuxième petit-déjeuner : le nôtre. Tartines, oranges, bananes, il chipe tout ce qu’il peut. Cet enfant est un incorrigible glouton, pas étonnant qu’il mesure deux têtes de plus que tous ses camarades…

Après avoir englouti une montagne d’aliments, il s’installe à la table basse du salon pour jouer dessiner. Je bois mon deuxième café. Robinson propose à Little de colorier un dessin de Noël ensemble, alors tous les trois on se met au travail. Little s’applique, et nous aussi. Notre ours de Noël est plutôt réussi. Autour de nous, la petite guirlande luciole et l’étoile lumineuse donnent déjà des airs de fête. J’allume ma nouvelle Yankee Candle au nom évocateur : a calm and quiet place… le feu crépite, Little joue avec son train éléctrique qu’on entend carillonner dans toute la maison.

breakfast

Puis, il est temps de s’habiller : bottes en caoutchouc, cirés, vêtements chauds, et zou tout le monde au jardin. Tandis que Little joue dans le bac à sable avec des marrons et des rondins de bûches, Robinson pioche la terre pour déraciner les bambous coriaces qui envahissent notre terrain. C’est un travail pénible et long, cela fait des mois qu’il a commencé. D’ici quelques années, il espère qu’il n’y aura plus de bambous.
Pendant ce temps, je nettoie le jardin, je le prépare pour son hivernation. J’ai planté un nouvel arbuste dans le grand bac près de la porte d’entrée, pour agrémenter un peu notre terrasse. Quelques pots de pensées oranges et mauves côtoient les pots de bruyères tricolores, c’est joli.

Tout à l’heure, nous accrocherons les décorations de Noël sur la rambarde de la terrasse, la couronne de branches de sapin entrelacées à la porte. Déjà, les odeurs de clémentine qui envahissent toute la maison donne à l’atmosphère des airs de fêtes.

Cet après-midi, nous irons marcher dans un village voisin, ou au bord de la rivière. Nous évitons les forêts ces temps-ci, pas envie de nous retrouver nez à nez avec un chasseur.

Ce sera un dimanche doux en famille, qui se terminera pas notre habituel plat de pâtes à la sauce tomate mijotée par Robinson, notre traditionnel repas réconfortant de la fin de semaine.

 

Sunday looks (attention les yeux – montage photo de l’extrême)

Voici un aperçu de mes tenues fétiches du moment : la salopette.  Je la porte chic ou version « bleu de travail », en velours noir + dentelle ou velours beige + chemise de bûcheron, selon que je vais travailler dans le jardin ou que je m’accorde un resto avec mes copines… J’adore les salopettes et leur côté absolument décontracté, quelle que soit l’association.
La qualité de mes photos était tellement médiocre que j’ai préféré faire un montage psychédélique, avec un paysage de Nouvelle-Zélande en arrière-plan (improbable) de deux silhouettes découpées. C’était ça ou bien ma salle de bain en fond ah ah. Excusez-moi pour ce délire absolument pas esthétique, promis je ne le ferai plus !! Oui, je sais, c’est très très moche et bizarre, non ? 🙂

psychédelique

 

Sunday movie

Après avoir terminé la dernière saison en date de The Americans, une série que nous apprécions beaucoup, nous avons réservé deux semaines au visionnage intégral des adaptations version longues du Seigneur des Anneaux, un de nos petits rituels. Régulièrement, tous les quatre ans environ, nous adorons nous replonger des heures durant dans cette fabuleuse épopée, tournée dans le plus beau pays du monde… À hauteur d’une heure chaque jour, douze soirées furent nécessaires pour engloutir la totalité des versions longues. Ah, je peux vous dire que Frodon, Sam et Aragorn me manquent déjà… Heureusement, à présent, c’est dans un cycle Harry Potter que nous nous lançons 😉 N’est-ce pas la période idéale pour s’aventurer à Poudlard sans bouger de son canapé et d’une montagne de plaids en polaire ?

 

Sunday artcraft with kids

presse fleurs

Comme je l’avais mentionné dans un précédent article, j’ai offert un petit presse-fleurs à Little, afin que les dizaines de feuilles qu’il ramasse quotidiennement puissent avoir un autre usage que de finir en tas dans le compost. Ainsi, lorsqu’on part en balade, j’encourage Little à chercher des feuilles de différentes couleurs pour notre presse-fleurs, puis une fois rentrés à la maison nous les compulsons avec soin entre les cartons épais. Little adore visser et dévisser les boulons qui servent à serrer le presse-fleurs. Lorsque les feuilles ont bien séché, au bout de quelques jours, on re-déboulonne tout, puis Little applique avec enthousiasme de grosses tartines de glue au dos des feuilles pour les coller sur des cartons peints ou un cahier (futur herbier ?). Je trouve le rendu très joli, simple et poétique.
Et lorsqu’il préfère faire de la peinture, je sors ma petite boîte de pastilles aquarelles et le laisse divaguer sur grand format (le rouleau de papier Ikea est parfait pour ça), puis une fois tout cela sec, on décore au feutre ou au stylo, en dessinant de petites bébêtes qui grimpent sur les arabesques colorées. Enfin, j’ai commencé à utilisé ces grandes peintures pour emballer les cadeaux de Noël. Surprenant : le rendu est vraiment chouette ! On n’aurait presque pas envie d’arracher l’emballage… Ça peut paraître incongru à certain(e)s que je ne garde pas précieusement les peintures de mon rejeton, mais en réalité je garde énormément de ses productions, et je ne peux pas tout stocker, alors je peux me permettre d’écouler un peu mon stock d’œuvres d’art 😉 Et puis, cette double utilisation, c’est un peu écologique, non ?

herbier

Sunday run and yoga

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Depuis quelques mois, j’ai repris la course à pieds de manière régulière et ça me rend HEU-REUSE ! Évidemment, je me sais en sursis ; ce sport n’est pas fait pour moi, il est bien trop traumatisant, j’ai des blessures et des antécédents, mon dos mes genoux ma cheville encore faible… je profite tant que je peux, jusqu’à la prochaine blessure, ou autre. Je me fais plaisir, j’engrange un maximum de souvenirs de runs matinaux un peu frais ou de couchers de soleil sur les prés, de petites foulées dans la brume mystérieuse près du château fort, ou sous la pluie battante dans un décor d’halloween. J’aime courir dans toutes les conditions (sauf la chaleur), froid, soleil, grisaille, bruine et même neige. L’endorphine du footing me donne toujours le sourire, je savoure ma playlist spéciale course à pieds et j’écoute les battements de mon coeur qui cogne au rythme des pulsations de Nine Inche Nails, M83, The Dead Weather ou Karnivool…
Après ma sortie course, je prolonge le plaisir en faisant une séance de yoga, soit sur la terrasse face à la vue sur toute la vallée, soit au coin de la cheminée, au chaud sur mon tapis. J’ai trois séances toutes prêtes griffonnées sur mon carnet, que j’alterne en fonction de mes envies, de mes besoins (ouverture des hanches, travail du dos, étirements des jambes…) et je m’accorde parfois quelques sauts dans mon ancien studio de Lyon, pour une séance avec mon super professeur de yoga histoire de garder le rythme et le niveau !

runLes décors bucoliques de mes entrainements

Sunday travel (inspiration)

Sur l’Instagram de Bakpoki, on peut admirer les sublimes photos de l’échappée dans le Yorkshire de cette famille qui sait toujours comment nous faire partager son goût des beaux voyages et des grands espaces. Les landes verdoyantes et humides, les pierres nappées de brume, les moutons, les époustouflants lieux de tournage d’Harry Potter… j’ai très envie de découvrir cette partie de l’Angleterre, qui semble très adaptée pour un voyage avec des petits enfants. Et puis, le Yorkshire est la terre des Brontë, j’adorerais arpenter la lande qui a inspiré deux de mes livres préférés du monde entier !
Voici le lien du blog de Bakpoki où est publié un petit compte-rendu de ce voyage très nature en Angleterre.

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(photos de l’Instagram de Bakpoki)

Je vous souhaite un bon dimanche tout doux. Allez-vous commencer vous aussi à décorer votre intérieur pour les fêtes de fin d’année ? Ou paresser devant un bon film du dimanche ? À très bientôt !

 

NB : les photos de ce billet, exceptée la dernière, sont ma propriété, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Une éducation

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Avant de devenir maman, j’avais beaucoup lu, des blogs et des livres, afin de me faire une idée des grands principes d’éducation « à la mode » à ce moment là. Ma mère m’a donnée une éducation imprégnée de Dolto mais aussi alourdie du poids de la vieille éducation et des traditions, un mélange un peu explosif de « laisser couler » et d’extrême sévérité. Le combo ne m’a pas vraiment réussie, petite j’étais ingérable, violente, débordée par mes émotions, une véritable tornade. Heureusement, le temps, les rencontres, les études et l’amour de mes parents m’ont permis malgré tout de devenir une personne plus ou moins normale. Un peu borderline parfois, et toujours explosive, mais dans la limite du raisonnable.
Cependant, ce passif m’a pesé, et a créé des traumas ; je ne dis pas que mon enfance, ma famille ou mon éducation sont les seules responsables de tous mes maux d’adulte, (ma passade anorexique par exemple), mais je pense qu’elles sont un facteur déterminant. J’ai consulté une psychologue durant cette année de troubles alimentaires, cela m’avait aidée, puis j’étais (enfin !) tombée enceinte et, bourrée d’hormones, persuadée que j’allais mieux, j’avais arrêté la thérapie.
Tout cela a créé une peur en moi : en devenant maman, j’étais terrorisée à l’idée de transmettre à mon enfant ces énormes valises que je me trainais depuis l’enfance. Ce tempérament de feu que j’avais du mal à maitriser et qui me rendait rarement service. Je voulais l’épargner, mon petit, lui éviter de devenir aussi barjot que sa maman. Je ne me jette pas la pierre. On veut tous, le meilleur pour notre enfant.
Afin de ne pas faire de Little un mini-moi, j’ai appliqué l’exacte inverse de mes parents. Je me suis passionnée pour la pédagogie bienveillante, alternative, pour la Communication Non Violente, les principes de Maria Montessori et de Céline Alvarez. J’ai tout bien potassé, et en bonne élève que je suis j’ai appliqué les choses avec soin, me félicitant d’avoir trouvé une éducation respectueuse de l’enfant, dans la douceur et l’empathie.
J’ai voulu tellement bien faire que… j’ai mal fait ! A trop vouloir protéger mon fils, lui éviter maltraitance ou malveillance, propos blessants d’adulte ou étiquettes, j’ai oublié de lui poser un cadre. Et Robinson, convaincu par mes méthodes pleines de bon sens, et dûment argumentée (par mes lectures et mon expérience d’enfant et d’enseignante) s’est lui aussi laissé dépasser.

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J’ai été rattrapée par mes vieux démons, en quelque sorte ; en effet, l’un des traits de ma personnalité le plus visible, c’est que je suis extrême. Jamais de demi-mesure. Ma mère me dit entière, c’est un adjectif plus doux pour nommer une réalité assez brute. Je suis soit tout soit rien, soit blanc soit noir. J’ai voulu me démarquer de mon enfance au point de devenir extrême dans mes choix éducatifs. Moi qui suis une enseignante avec de l’autorité et qui n’ai jamais eu de problème à tenir mes élèves, je me suis retrouvée complétement dépassée par mon fils. Je n’ai pas su lui poser le cadre nécessaire, j’ai cru que l’aimer et tenter de le comprendre dans toutes les situations étaient des garanties d’une bonne éducation, et d’un développement harmonieux. Or, nous nous sommes retrouvés face à un petit garçon qui s’est mis à partir en vrille de plus en plus fréquemment, et plus nous cherchions à comprendre et expliquer ces « crises », moins nous l’aidions, finalement.

Je l’ai rapidement évoqué par ici, la rentrée en petite section ne s’est pas tout à fait bien passer pour Little. Pour être plus exacte, tout se passe bien dans sa classe, avec sa maitresse, etc… mais les choses ont été plus délicates chez sa nounou. Little est devenu agressif, hors de contrôle, sa nounou n’a pas su s’imposer face à lui et elle s’est laissée complétement dépassée par la situation.
A la maison, les affrontements ont été de plus en plus fréquents : là où, avant, Little pouvait nous sembler très vif et plein d’énergie, nous avons constaté que nous étions désormais face à un enfant dépassé par ses émotions, immature et « capricieux » (même si je n’aime pas ce dernier adjectif, car je ne crois pas que les crises des enfants puissent être des caprices… C’est Isabelle Filliozat qui explique cela très bien, si ça vous intéresse).
Bref, nous venons de vivre deux mois intenses, très difficiles, ponctués de crises de larmes, d’abattement, et d’une grosse envie d’abandonner de mon côté. J’ai l’impression d’être la pire mère du monde, et d’avoir fait n’importe quoi. Je me sens un peu perdue, pourtant je sais au fond de moi que j’ai eu raison de ne pas appliquer l’éducation que j’ai moi-même reçue. Je reste persuadée que les fessées, les punitions, le « coin », les étiquettes « tu es méchant, tu es gentil » sont autant d’erreurs graves à ne pas commettre avec des enfants dont le cerveau est en plein développement. Tout ce que j’ai lu à ce sujet, notamment les derniers rapports des recherches en neuro-sciences (ou plus simplement, le livre de Céline Alvarez, Les lois naturelles de l’enfant) me semble d’une logique, d’une évidence implacable. C’est juste moi, et Robinson aussi, qui n’avons pas réussi à trouver l’équilibre au milieu de toutes ces théories. Certaines personnes se fient à leur instinct, et foncent. Ma belle-sœur, qui sera maman dans quelques jours, est de ceux-là. Elle ne se pose pas de question sur l’éducation de sa future petite fille, elle se fait confiance. Je suis admirative. Je ne suis pas comme ça, je n’ai pas confiance en moi, et je crois que ce sera ainsi toute ma vie. J’ai du mal à lâcher prise, à faire confiance à l’avenir, à moi-même, à mon fils. J’ai besoin de contrôler les choses, l’incertitude me fait peur, alors élever un enfant, je ne vous raconte même pas… on avance à tâtons constamment, on essaie un truc, puis un autre, on fait tout et son contraire, on se sent toujours dépassé, et nul. Enfin, dans mon cas.

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Aujourd’hui, il devient urgent d’aider Little à surmonter ces crises, à vaincre son agressivité, à s’apaiser. Je suis allée voir mon médecin, quelqu’un d’exceptionnel en qui j’ai une confiance absolue, qui a toujours su m’écouter et me conseiller sans me brusquer, et en prenant en compte ma sensibilité (végétarisme, méfiance vis-à-vis des médicaments et des vaccins, etc…). Il a vu dans quel état je suis actuellement, il a semblé alerté et m’a envoyée consulter une pédopsychiatre renommée à Lyon, spécialiste de ces situations « de crise ». Il m’a aussi dit de revoir une psychologue. Et puis il m’a dit une phrase qui m’a achevée : « La fenêtre est grande ouverte, votre fils a grimpé sur le rebord, il est prêt à sauter. Maintenant, il faut l’aider. »… Bien sûr, je me suis effondrée. Mais je sais que nous allons faire tout ce qu’il faut pour l’aider, pour redresser la situation, car rien n’est irréversible et contrairement à ce que disait Dolto, tout ne se joue pas avant 3 ans, ou avant 7 ans, mais bien avant 99 ans ! J’ai de l’espoir et j’essaie de remobiliser mon énergie pour que nous allions mieux, car mine de rien, Robinson et moi avons tout pour être heureux : une jolie maison, un grand jardin, un village paisible, un petit garçon mignon et intelligent, une bonne santé, des amis et une famille présents, et puis surtout nous sommes là l’un pour l’autre, toujours aussi complices et d’un soutien sans faille. Et amoureux.

Voilà, je ne sais pas si ce billet tout en transparence vous plaira, car il ne respire pas la joie de vivre ah ah… Et pourtant, c’est dans un état d’esprit assez léger que je l’ai écrit. J’essaie juste de faire un état des lieux de ces dernières semaines, et j’ai envie de conclure sur ce cliché : on a tous des vies comme ça, ni noire ni blanche, des montagnes russes avec des bons moments et des coups durs.
Je n’ai pas envie de faire semblant, ni ici ni dans la vraie vie, je n’en vois pas l’intérêt. Je vais bien, j’ai besoin de reprendre confiance en moi, mais je sais que j’y arriverai. Et si ce billet peut parler à certaines mamans dépassées, comme moi, ou même d’autres personnes qui ressentent ce manque de confiance en elle ou ce besoin de lâcher prise, alors il n’aura pas été inutile.
Passez un bon week-end, nous, nous allons rester tous les trois, boire une coupe de champagne pour fêter la date de notre emménagement dans la maison (c’était il y a un an !), profiter de la cheminée, et passer du temps dehors, entre promenade et jeux au jardin.  Et vous ?
A très vite !

Les images sont toutes extraites du film « Max et les Maximonstres » ou en VO « Where the wild things are », adapté d’un album de jeunesse très connu et qui raconte l’histoire d’un petit garçon qui enchaine les bêtises, se fait punir, et rejoint alors le pays des Maximonstres où il devient roi. C’est poétique et très beau, et tout à fait adapté à mon petit enfant-roi actuel… ^-^

Petits bonheurs de l’automne (idées, inspirations, instantanés)

Je ne suis pas très présente ces derniers temps, disons que la vie de famille, le quotidien, les soucis entre travail et éducation de Little me prennent toute mon énergie, et m’aspirent en ne laissant de moi plus rien qui vaille la peine d’être rapporté ici (je vous en parlerai sans doute plus en détail prochainement, le temps que je digère un peu ces dernières semaines). Heureusement, je suis en vacances depuis quelques jours, et je me suis dépêchée de partir (avec Little sous le bras, bien sûr) chez mes parents, dans leur belle et apaisante campagne lorraine, pour me faire dorloter, dormir un peu plus les matins, et profiter de ma famille. J’ai donc pu recharger mes batteries, lire lire lire, me reposer, et prendre à nouveau beaucoup de temps pour d’autres aspirations que celles du quotidien. Bien sûr, mes passions tournent toujours autour des mêmes thématiques : l’éducation libre (on ne se refait pas…), la nature, les livres et fabriquer des trucs.

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Vie de famille

Les débuts à l’école pour Little sont…, hum, compliqués. Il ne s’agit pas de l’école en soi, mais plutôt d’un ensemble d’éléments qui ont un peu perturbé notre équilibre. Je rentre plus tard car je travaille loin, et plus. Les journées sont longues pour Little. Je sens qu’on a fortement besoin de nous reconnecter à la nature, car même en vivant à la campagne et en randonnant beaucoup, on passe finalement encore trop peu de temps dehors. C’est comme si, depuis que je vis dans une maison, j’avais moins besoin de sortir tout le temps car j’ai la nature sous les yeux à chaque instant. Or, cette baisse de mon envie d’être dehors n’a peut-être pas aidé Little à bien vivre tous les changements de ces derniers mois. Je sens qu’il a besoin de passer énormément de temps à l’extérieur, en liberté totale. Libre de grimper, de fabriquer des choses, de gratter la terre ou le sable, de transporter des cailloux ou de sauter dans les flaques.
Mes désirs de jolis jardins ou de potagers prolifiques se sont confrontés à son besoin de liberté ; je crois que je dois me recentrer sur sa croissance à lui, et oublier celle de mes légumes. Stresser à cause du jardin, des plates-bandes, des semis et jeunes pousses qu’il ne faut pas abimer, tout cela a créé des tensions et m’a fait perdre de vue mon objectif en tant que mère : laisser mes enfants grandir librement, sans les stresser, sans transformer leur environnement naturel en espace policé et contraint. Bien sûr, il y a des règles, il faut respecter certains espaces et Little ne doit pas se transformer en Destructor sous couvert d’autonomie et de liberté. Entre ces extrêmes, à moi de trouver l’équilibre pour que chacun trouve sa place dans notre grand jardin en fouillis.
J’ai regardé cette courte vidéo qui parle des écoles en forêt, au Danemark. Il y en a de plus en plus qui se créent dans le monde, je trouve le principe très intéressant, pas forcément pour l’idée de l’école en soi, mais de manière plus globale, et ce que cela révèle des besoins des enfants : s’épanouir en autonomie et en symbiose avec la nature.
Je réalise que Little a actuellement un fort besoin de bouger, de sauter, de crier, comme s’il était à l’étroit dans un carcan trop rigide ou en train d’essayer de se débarrasser de son ancienne peau pour muer vers la nouvelle. Il est clairement en train d’évoluer du stade de bébé à celui de petit garçon, je le vois grandir – à une vitesse folle ! Il a besoin d’explorer le monde, et ce monde, pour l’instant, est celui que ses parents vont préparer pour lui, dans lequel le laisser tranquillement vaquer à ses occupations : notre jardin, notre village, la forêt. Le reste, viendra en temps voulu, ou avec d’autres accompagnants (à l’école…)
J’ai découvert cette citation de Nietzsche et elle me parle beaucoup : Si nous nous trouvons tellement à l’aise dans la pleine nature, c’est qu’elle n’a pas d’opinion sur nous.

 

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Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma, mais depuis que nous sommes parents et surtout, depuis que nous ne vivons plus en centre-ville, j’y vais rarement, trop rarement à mon goût. Je me rattrape en regardant des films à la maison mais ce n’est pas pareil, rien ne vaut une vraie sortie au cinéma, dans la salle obscure, avec un paquet de pop-corn bien sucré et le son au maximum pour se plonger totalement dans l’ambiance d’un film. Alors, à chaque fois que je rentre chez mes parents, j’en profite pour leur laisser Little le temps d’une soirée et m’offrir une escapade au cinéma, seule ou avec Robinson s’il est là lui aussi. Cette semaine, nous avons eu de la chance car sortait First Man, le dernier film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling. Je ne suis pas particulièrement fan des films traitant de l’exploration spatiale, mais Robinson, lui, adore (son film préféré ? Interstellar… ^-^) et étant donné que, pour ma part, j’aime énormément Chazelle ET Gosling (La La Land midinette forever) je ne me suis pas faite prier pour me rendre à cette séance ! Et tant mieux car nous avons passé un bon moment : le film est chouette (pas aussi exceptionnel que La La Land ou Whiplash, c’est sûr…) et on a passé un bon moment. Je peux vous dire, surtout, que cela m’a changé les idées et que c’est exactement ce dont j’avais besoin.

 

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Automne

Little ramasse des feuilles, s’y roule avec délice, on a fait cuire des châtaignes dans le feu de la cheminée, on dessine des arbres et on les colorie aux couleurs de l’automne… Je lis devant le feu, ma mère me prépare des tasses de thé, de tisane. On fait de grandes balades en trottinette et draisienne, ou à pieds. Ma mère tricote tranquillement à côté de nous pendant qu’on lit des histoires. Au goûter, on se régale de chocolat dans du pain. Un classique inégalé.
Little a regardé ses premiers Walt Disney (La Belle et la Bête, sa passion, et Le Livre de la Jungle) mais j’essaie de limiter encore les écrans, et de ne lui proposer un dessin animé que TRÈS ponctuellement (j’avais essayé de dédramatiser mon opinion sur les écrans et la petite enfance, mais je viens de retomber sur des textes et informations qui m’ont questionnée et je n’ai donc, à nouveau, plus du tout envie que Little regarde des films… Je tergiverse, je m’interroge, je ne sais pas quoi penser…) (#lâcherprise…)
Je viens d’acheter un presse-fleurs afin de faire sécher les jolies feuilles d’automne que Little ramasse et collectionne. J’ai hâte de l’essayer et d’accompagner mon fils pour la création de belles affiches ou d’un herbier poétique à quatre mains.

 

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Yoga

Dans mon village ont lieu deux cours de yoga chaque semaine, je suis inscrite à l’un des cours et j’y vais hebdomadairement, pour mon plus grand plaisir. Je ne m’attendais pas à trouver un cours de si grande qualité dans un tout petit village comme le mien. Ma prof propose des cours de Yoga Integral, j’aime le fait qu’elle nous parle des saisons, des quatre éléments, de nourriture… en plus des postures ou de la respiration. En cette période de rentrée, de stress, et de fin des beaux jours, je peux vous dire que cette échappée a été extrêmement bénéfique pour moi, et je ne m’en passerais pour rien au monde en ce moment !
J’ai aussi décidé de pratiquer plus souvent chez moi devant Little. En effet, je pratique déjà à la maison, mais seule et tranquille. Or, je crois que si je veux encourager mon fils à plus de sérénité, faire du yoga devant lui et lui donner envie de participer, de se joindre à moi, pourrait être utile. J’ai déjà essayé de l’initier, nous avons un très bel album sur le sujet, et il adore me piquer mon tapis de yoga orange…
Il faut que j’achète un nouveau tapis (ça tombe bien, le mien commence à partir en lambeaux…) afin que nous ayons chacun le nôtre, et que je puisse l’inviter à me joindre sur le tapis de manière ludique et informelle le plus souvent possible.
Si vous avez des marques de bon tapis de yoga à me conseiller, je suis preneuse ! Car je cherche, je cherche, mais je n’y connais rien et je ne sais pas que choisir !

 

J’espère avoir le temps ces vacances de rédiger un deuxième billet pour vous raconter nos derniers mois agités ! À très bientôt.

TROIS ANS !!

bougies

 

Le 3 août, Little a fêté ses trois ans. Trois ans…!

On dit que lorsqu’on a un enfant, les journées sont longues mais les années sont courtes, et c’est bien vrai. Ce petit bonhomme va donc entrer à l’école dans quelques jours, et hop voilà, fini mon bébé, bonjour le petit garçon autonome qui donne son avis, ses préférences, prend des décisions et affiche de plus en plus un petit caractère bien trempé qui me rappelle quelqu’un (hu hu…).

Les trois ans, c’est l’anniversaire un peu spécial. Le passage de la toute petite-enfance, à la petite enfance tout court. Du baby au toddler, comme diraient les anglo-saxons.
Pour l’occasion, j’avais envie d’une belle fête, de cadeaux particuliers, de marquer le coup.

Et puis finalement, c’était l’été, je n’ai rien fait, invité personne, au dernier moment l’envie de rester tous les trois m’a convaincue qu’une petite soirée juste entre nous marquerait tout autant le coup. De toutes façons, les grandes démonstrations à base de décoration My Little Day qui coûte un bras avant d’être jetée à la poubelle (coucou la planète ^-^), ce n’est pas trop notre truc.

Pour les cadeaux, j’avais une idée assez précise : je voulais offrir une petite cuisine à Little. On a démonté notre vieille cuisine en début d’année pour pouvoir installer la nouvelle, j’en avais profité pour garder quelques éléments, meubles hauts et bas en bois, certains pour créer du rangement dans le garage, un autre, plus petit, pour le transformer en mini-cuisine, justement.

Le petit meuble a trainé dans le garage pendant quelques mois, j’ai essuyé les railleries de Robinson persuadé que je finirais par n’en rien faire et l’emmener à la déchetterie à la fin de l’histoire. Mais un jour, la motivation a montré le bout de son nez, j’ai nettoyé le meuble, l’ai repeint, j’ai bricolé des étagères, un pan de cloison pour rehausser le tout. J’ai fixé des crochets, des patères. J’ai même trouvé un petit robinet que mon père a installé.
Mois après mois, j’ai chiné des petits accessoires de cuisine pour accessoiriser le meuble. À force d’huile de coude, de peinture, de bricolage, de récup et de détournement d’objets, le vieux meuble s’est transformé en jolie cuisinette pour enfants. Je n’étais pas peu fière du résultat.

Un autre cadeau pour les trois ans me tentait, cependant. J’avais envie d’offrir à Little une petite ferme, et de compléter un peu sa collection d’animaux Schleich. Après avoir regardé tout ce que les magasins de jouets proposent comme ferme en plastique, moches et fragiles (et chères), j’ai finalement opté pour la petite maison de poupée en bois Ikea, et je l’ai détournée. Enfin, détournée, détournée… Pour le coup, pas de peinture, pas de transformation radicale, car je trouve la maison en bois brut, simple et belle, elle n’a pas besoin d’agrément. Accessoirisée de petits objets de la ferme (récup Playmobil de mon enfance) et d’animaux Schleich qui sont si parfaits qu’ils se suffisent à eux-mêmes, la maison Ikea prend d’elle-même des allures de ferme contemporaine. Et puis, si un jour Little veut jouer à la poupée, il pourra toujours faire de cette maison une maison de poupées. Ou une caserne de pompiers. Ou un refuge pour dinosaures. Ou l’antre de figurines Batman. Ou une maison Playmobil… Bref, tout est possible, aucune porte n’est fermée, et en plus ça fait une jolie déco un peu scandinave, tout le monde est content !

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Le soir de ses trois ans, nous avons fait un barbecue dans le jardin, mis de la musique, préparé ensemble un fondant au chocolat. La seule fantaisie que l’on s’est permise, ç’a été les vingt longues et fines bougies orangées sur le gâteau. C’était très beau, festif.
J’avais grossièrement emballée la cuisinette et la ferme dans des pans de tissus, et la joie de Little lorsqu’il a découvert sa petite cuisine est difficile à décrire, je ne m’attendais pas à ce que ça lui fasse TANT plaisir. Il y a joué toute la soirée, puis toute la journée du lendemain. Il disait « ma belle cuisine, ma belle cuisine… » et il s’activait derrière les fourneaux, sortait ses boîtes, ses casseroles, jouait au restaurant.
La petite ferme a eu son petit succès, elle aussi, et elle ajoute une jolie touche de déco dans sa (nouvelle) chambre.
Je suis heureuse d’avoir pu cette année lui concocter des cadeaux maisons. J’ai mis du temps à rassembler tous les éléments pour chaque pièce, à réflechir au résultat final, et voir les étoiles dans les yeux de mon petit chat, c’était une belle récompense.

La fête de ses trois ans ne comportait ni ballons dorés, ni gros chiffres gonflables, ni flamands roses ou guirlandes de lettres, pas de gâteau à trois étages avec des fleurs sauvages dessus, pas de dress code arc-en-ciel ou de photobooth cactus, rien de photogénique quoi. Je vous épargnerais donc les photos du barbecue et des maïs qui grillent tranquillement, des bières et du sirop de grenadine, ou du fondant au chocolat qui, comme tout fondant qui se respecte, n’est délicieux que s’il ne ressemble à rien. Je voulais juste, d’une certaine manière, raconter ici qu’il est possible d’aimer et de chérir son enfant sans l’inonder d’une ribambelle de cadeaux, sans acheter et dépenser de trop, même si j’ai bien conscience qu’il faut aussi du temps pour offrir des cadeaux plus personnalisés (je ne pense pas que je pourrai faire ça chaque année hein!). Et aussi, que les jolies photos sont certes importantes et on aime les regarder (belle déco, mise en scène…) mais que le plus important, c’était les souvenirs, les moments, et que, en toute sincérité, cette soirée d’anniversaire toute en simplicité était, à nos yeux, parfaite et mémorable. J’en garde un magnifique souvenir, des images qui n’iraient pas sur Instagram mais qui comblent mon cœur de maman et d’amoureuse. C’était sobre, naturel, sans chichis et juste pour nous.
J’en partage un petit bout avec vous aujourd’hui pour marquer le coup, d’une certaine manière. Le cap des trois ans, j’ai envie de le vivre aussi ici, sur ce petit blog qui vit, lui, depuis neuf, dix ans! Et je vous dois bien ça, vous qui êtes si fidèles et toujours adorables dans vos messages.

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Bazar #1

Parfois j’ai envie de vous parler d’un truc qui me passe par la tête, et puis lorsque je me retrouve face au clavier j’ai oublié. C’est embêtant.

Ce soir, je vais faire un effort pour tenter de remobiliser mon cerveau. Voici comme des petits aplats de peinture multicolore les idées et sujets qui me sont passés par la tête dernièrement et que je désirais partager avec vous. Comme un Sunday Morning, à la différence que, au lieu de vous présenter des photos de notre quotidien, dans ce billet je parlerai plutôt d’inspirations et proposerai donc des images qui ne sont pas de moi.

Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma… Et j’y vais si peu !
Ces derniers jours, trois films que j’ai très envie de voir sont sortis :

  • Come as you are, avec Chloe Grace Moretz et Sasha Lane (et accessoirement, Jennifer Ehle, qui jouait Lizzie Bennett dans la mémorable version BBC de Pride and Prejudice)
  • Dark River, avec la très douée Ruth Wilson (la plus inoubliable Jane Eyre à mes yeux, qui joue aussi la mystérieuse Alison dans The Affair)
  • Fleuve noir, un polar français avec Romain Duris, Sandrine Kiberlain et Vincent Cassel (je ne suis pas très film français mais celui-là me fait vraiment envie…)darkriver

 

Dimanche, je me suis éclipsée pour aller voir Come as you are. L’affiche, avec son côté vintage, grunge et wild promettait un film alliant tout ce que j’aime. Et puis je suis rarement déçue par la sélection du festival de Sundance, qui met en avant des films indépendants au sujet de société passionnants ou aux acteurs époustouflants de justesse et de naturel. Le film n’est pas à la hauteur de mes (hautes) attentes mais il reste un très bon film, intéressant de par le sujet qu’il traite (la volonté de « rééduquer » les ados homosexuels en les cloisonnant dans un centre où la religion et le reniement les poussent à détester ce qu’ils sont et à leur faire croire qu’ils peuvent changer).
J’ai aimé le film, sans l’adorer. J’ai aimé l’ambiance des années 90 très bien retranscrite (cassettes audio, bombers, coupes de cheveux improbables, moustaches, émission de gym ringardes…) et les acteurs, ainsi que les décors – une forêt américaine en automne, typiquement le genre de nature qui m’inspire et me plait beaucoup.

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Déco

Après avoir rénové le séjour-cuisine de notre maison, nous nous sommes attelés aux chambres, qui avaient désespérément besoin d’un coup de frais. Vieux papiers-peints, crépis, et même d’épouvantables frises fleuries, assorties de couleurs beurk (orange, jaune, beige…)… j’avais honte de laisser Little dormir dans sa chambre, dont on avait grossièrement arraché la frise, et qui présentait deux crépis différents : sur le haut du mur, un crépi qui ressortait, et sur le soubassement, un crépi présentant comme des creux. Le tout recouvert de peinture plastifiée très difficile à décoller. Bref, vous voyez le tableau… Il était urgent de s’attaquer aux chambres mais le chantier n’était pas facile, car il fallait avant tout poncer et lisser tous les murs !
Les copains sont venus nous prêter main forte, j’ai laissé les mecs s’occuper du gros œuvre, et je me suis chargée de ce que je préfère dans la rénovation de la maison : imaginer la déco finale. Peintures des murs, agencement de la pièce, choix des meubles… Pour ce projet, j’ai écumé internet, Pinterest et les sites de design, et passé un peu de temps dans les boutiques à la recherche des éléments clés de la décoration choisie. J’ai aussi chiné quelques meubles et récupéré des éléments chez mes parents (ma mère est une chineuse exceptionnelle, la maison familiale regorge de pépites, vieux pupitres d’écolier, établi en bois massif, armoires colossales, lustres à pampilles et autres trésors…). Voici quelques images de mes inspirations, qui ont orienté les choix pour la chambre de Little et la nôtre :

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Cette femme pose dans sa merveilleuse maison australienne, avec ses deux très beaux enfants. La photo est à la fois inspirante et un peu énervante, vous ne trouvez pas ^-^ ? Cette maman est belle, et sa maison est superbement décorée, il y a de quoi être un peu envieuse… 😉
Dans cette déco, j’aime le mélange de vintage, de récup, et de touches colorées ethniques avec les tissus damassés, et les empiècements précieux sur les petits vêtements suspendus. J’aime aussi l’impression de joyeux bazar qui se dégage de cette photo, les enfants nus sous la salopette, à la cool, peignant à même le sol, et leurs peintures enfantines accrochées au mur et présentées comme de véritables ouvrages d’artistes.
Son site ici : captainandthegypsykid

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Pour la couleur de la chambre de Little, j’ai opté pour ce gris aux tons un peu parme. Comme sur cette photo, il y aura des meubles en bois brut et clairs, et d’autres blancs cérusés. La patère en bois sera aussi un des éléments de décoration de la chambre de mon petit garçon.

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Chez mes parents, j’ai récupéré une armoire dans ce style, une vieille bonnetière que je trouve magnifique. Elle a été repeinte légèrement, un voile de blanc qui laisse apparaître les imperfections du bois et les éclats bruts en dessous. Elle remplacera la commode blanche dans laquelle nous rangions les vêtements de Little. J’aimerais pouvoir remplacer l’une des étagères (en bas) par une tringle afin de lui créer, dans l’armoire, une petite penderie et lui permettre d’être autonome au niveau de l’habillage. On verra si je parviendrai à bricoler ce meuble, mais déjà, tel quel, je l’adore.

Si vous souhaitez découvrir le reste de mes inspirations pour la chambre de Little, n’hésitez pas à jeter un œil à mon tableau Pinterest dédié.

 

Écriture

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Après avoir terminé de corriger mon premier projet de roman (Les Soeurs Ponsard – titre provisoire en attendant de trouver mieux) et avoir un peu saturé je dois bien l’admettre, une nouvelle idée d’histoire a tranquillement germé dans mon esprit, et si j’avais pourtant décidé de ne pas ma replonger dans l’écriture trop rapidement après Les Soeurs Ponsard, histoire de faire un break et d’avancer sur mes autres projets, il m’a bien fallu m’y remettre, tant cette petite idée trottait dans ma tête et prenait corps jour après jour, m’insufflant motivation et envie qu’il m’était impossible de tempérer ! J’ai couché mes idées dans mon cahier d’écriture, pour m’en débarrasser et soulager mon esprit, mais cela n’a pas aidé – au contraire – ; les choses se sont faites plus concrètes, le décor et les personnages se dessinaient plus précisément dans mon imagination, des noms de personnages dansaient en permanence dans mes pensées… Bref, l’inspiration était là, j’ai donc commencé à écrire mon second projet de roman : Wanaka Blues. Cette fois, rodée grâce à l’expérience de mon premier travail d’écriture, j’ai décidé de travailler de manière rigoureuse et organisée. J’utilise Scribbook (et c’est fantastique ! ) et je suis la méthode flocon (écrire pas à pas, en suivant des étapes bien précises pour dérouler tranquillement les personnages/l’intrigue/la narration et préparer de manière précise le travail d’écriture). Je ne me mets pas la pression, je sais désormais qu’écrire peut prendre du temps, des années, et que je suis capable d’aller jusqu’au bout de ce genre de projet. On verra bien ce que ça donne… Je vous propose ici quelques images qui m’inspirent et qui sont liées à l’intrigue et surtout aux décors de ce deuxième projet (comme je le répète souvent ici, en lecture, en écriture, et même dans les films ou séries que j’aime, ce sont les ambiances, les univers qui me guident ou me parlent, avant même de penser à l’intrigue en elle-même).

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Ah, et si ça vous dit de lire une de mes nouvelles, hier j’ai mis en ligne Bleu Corail sur une des pages de ce blog ! N’hésitez pas à découvrir ce texte écrit en 2015.

 

Inspiration

En faisant des recherches pour les travaux des chambres, je suis tombée sur le blog de Gabrielle (designmom) et je me suis laissée emporter par la simplicité et les jolies photos de ces billets. J’ai notamment aimé lire les articles de la série « Living with kids » présentant des intérieurs de familles, et donc des chambres d’enfants. J’ai aimé lire ce que disaient ces mamans sur le fait d’allier décoration et design avec la vie tourbillonnante d’un quotidien avec enfants. Avoir des enfants signifie accepter un certain désordre chez soi, un lâcher prise qui demande un long (loooooong) temps d’adaptation je trouve. Lire ces articles, et les commentaires associés, m’ont fait beaucoup de bien. Surtout ce billet où Gabrielle, maman de 6 ENFANTS (oui oui…) essaie d’expliquer ce qui l’a poussée à faire ce choix d’une famille nombreuse. Les réactions, en commentaires, sont extrêmement intéressantes. Des mamans expliquent à quel point elles se sont coupées des autres, de leurs amis, car il leur était impossible de sortir avec leurs enfants, car les tout-petits sont ingérables, etc… Je me suis reconnue dans les propos de ces mamans « désespérées » car, croyez le ou non, je suis souvent dépassée par l’énergie, le cyclone de vie qu’est mon fils. Il grandit, et en ce moment il est en pleine phase de… de trop-plein. Il déborde d’énergie, d’émotions, d’envies, c’est une petite tornade et je me sens épuisée (et pourtant je n’ai QU’UN ENFANT!!!). Parfois aussi, je ressens du désarroi, ou du découragement. Élever un enfant, c’est avancer à l’aveugle. C’est avoir la foi, et se dire que quoi qu’il fasse à ce moment précis de sa petite enfance (ce moment qu’on traverse actuellement, où il nous rend chèvres…), il faut croire en lui et se dire qu’il ne restera pas, non, cette boule de fureur ou ce petit être en crise qu’il est en ce moment. Et des fois, c’est dur de se convaincre. De ne pas abandonner… Il faut y croire, et cela demande une énergie de chaque instant. Je ne me plains pas, j’aime être maman, j’aime m’occuper de ce petit bout d’homme incroyable, mais je suis humaine et parfois je fatigue. Lire les témoignages de ces mamans de familles nombreuses (ou non) qui expliquent qu’elles ne peuvent plus rien faire en famille car leurs enfants sont des tornades, qu’elles ont l’impression de déranger les gens où qu’elles aillent quoi qu’elles fassent en famille, et surtout, lire les réponses rassurantes d’autres mamans dont les enfants-piles électriques ont grandi et se sont apaisés, m’a rassérénée.

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Éducation

Sur ce même blog (décidément très inspirant), j’ai adoré (A-DO-RÉ!) le billet Living with kids présentant la maison de Vivien (ce prénom… ❤ )

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Vivien a deux filles, adolescentes, et elles vivent toutes les trois au Pays de Galles dans une charmante maison qui m’a fait penser à un cottage. Ce n’est pas hyper design, mais juste cosy et agréable, douillet et beau. Mais le plus beau, le plus doux, ce sont les mots de Vivien qui dépeint son quotidien avec ses filles ; regarder des épisodes de Gilmore Girls, se faire un chocolat chaud, accéder à tous les petits commerces de la bourgade à pieds, se promener dans la nature environnante, discuter, échanger et débattre des faits de société, aller chercher ses filles tard le soir lorsqu’elles sortent… Vivien n’en fait pas des tonnes, son texte est très simple et sonne vrai, elle parle des difficultés d’être mère célibataire, d’élever des adolescentes dans le monde actuel. Une phrase a résonné en moi la jeune mère qu’elle était, ce serait de profiter à fond de sa parentalité, même des moments où ses filles, petites, l’accaparaient beaucoup et où elle regrettait de ne pas avoir plus de temps pour elle (oh que ce sentiment m’est familier…) car le temps file et on ne sait jamais quand on vivra le dernier moment d’une routine qui nous accable parfois : la dernière couche à changer, où le dernier biberon que notre enfant boira, où le dernier instant avant qu’il ne se mette debout pour essayer de marcher, où la dernière nuit où il vient se réfugier dans notre lit après un cauchemar… Elle ajoute que, si elle avait su, elle se serait moins mis la pression avec le temps passé devant les écrans. Et ça, ça me parle. Little n’a jamais regardé la télévision, ni un dessin animé sur l’ordinateur ou le téléphone. Je suis à la lettre la prérogative ministérielle qui dit : « pas d’écran avant trois ans ». Dans mon métier, je le conseille depuis longtemps aux parents et à mes élèves, limiter les écrans me paraît vital chez les petits enfants. En même temps, on a peu de témoignages de parents qui ont vécu ce changement et qui ont aujourd’hui des enfants assez grands pour mesurer si l’impact du « moins d’écran » a porté ses fruits ou non. Or, Vivien peut témoigner de cela, elle fait partie de ces parents qui ont connu le boom des écrans au moment où ils ont eu leurs premiers enfants. Vivien dit donc que, si elle avait su, elle se serit moins mis la pression car, dans tous les cas, les enfants finissent par grandir et devenir des adolescents qui vivent le nez rivé sur leurs écrans de portable. Bon, je ne sais pas si j’ai envie de croire à cette fatalité (n’existe-t-il vraiment pas d’adolescent qui ne soit accro à son téléphone ? ) mais dans tous les cas, voir cette femme qui semble équilibrée, parler de ses filles avec qui elle a une relation qui semble saine (et non violente et cataclismique comme celle de certains ados avec leurs parents (moi, par exemple ^-^) ) est plutôt rassurant. Elle m’a donné envie de lâcher prise, un tout petit peu plus. Je suis très très rigoureuse sur mes principes d’éducation (en bonne taureau que je suis, si je n’ai pas un cadre défini pour me rassurer, je fais n’importe quoi…) et lorsque je rencontre des personnes moins « control freak » que moi sur cet aspect, cela me fait du bien (mon amie Alma, donc je vous ai déjà parlé, est comme ça elle aussi. Un vent de fraicheur, cette maman. Beaucoup plus cool et « on verra, advienne que pourra » que moi…).

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Le texte est en anglais mais c’est assez facile à comprendre. Je vous encourage à le lire car, entre le côté cottage cosy dans la campagne anglaise (ou presque), et cool-raoul-(oui, j’utilise cette expression démodée)-je-suis-mère-d’adolescente-et-je-le-vis-bien, je trouve cette Vivien Jones très inspirante. (Et si j’ajoute qu’en plus, elle a lancé son propre magazine pour ado…)

Et voilà pour mon bazar !
Je vous montrerai le résultat de la rénovation des chambres dès que ce sera terminé (fin août, j’espère !). On verra bien si cela ressemblera ou non aux photos qui m’ont inspirée !

Bon week-end !

Holiday mornings

Je voulais intituler ce billet « Sunday Morning » mais nous sommes mercredi et mon esprit cartésien et obtu ne pouvait se résoudre à ce genre d’entorse juste pour faire rentrer un post dans la bonne case des intitulés du blog… ^-^ Alors, à la place, voilà un Holiday Morning tout frais tout neuf. Et un bon concept fourre-tout comme je les aime 😉

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Je n’ai pas donné signe de vie dernièrement car la fin d’année, à l’école, est toujours très intense. Il y a les évaluations et les livrets à remplir (beurk), les spectacles à préparer (chouette!) et la kermesse à assurer (pfiou…), ainsi que les sorties de fin d’année, le goûter final, les photos à distribuer, le matériel et la classe à ranger… Ajouté à cela, les au-revoirs, les cadeaux pour les collègues, les compléments, les AVS, le personnel de la crèche qui s’est occupé de Little pendant deux ans… et le reste ! Bref, fin d’année intense, éprouvante, les vacances sont toujours très attendues.

Heureusement, mi-juin, nous avons pu faire garder Little pendant une semaine entière chez mes parents. Des mini-pré-vacances pour lui, et une coupure dans le course folle du quotidien pour nous. C’était la première fois qu’on le laissait si longtemps et il ne voulait même plus revenir à la maison tant il était bien avec son papi et sa mamie… (ingrat !). Et heureusement, en fait – pour mon petit cœur de maman poule qui n’aurait pas supporté que son fiston soit triste éloigné de la maison. Et pour mon taux de culpabilité qui est toujours prêt à faire des pics à la moindre réaction de mon entourage. Voilà, ouf, tout va bien, Little aime être séparé de ses parents, nous ne lui avons pas manqué, il n’a pas réclamé sa maman ni pleuré, bref, fortiche le fiston (sans cœur va !)…

Et puis à part ça, à part Little qui me prend tout mon temps de cerveau disponible, toute ma place de questionnements et tout mon champ d’action (oui, rien que ça. Ça passera, je sais.), à part ça, on a profité de ces pré-vacances juste à deux, avec Robinson, pour aller au ciné. Il n’y avait pas grand-chose à l’affiche, on a opté pour un pop-corn movie, le dernier Star Wars (et en vrai, c’était super !). J’ai aussi eu droit à une longue journée entièrement seule à la maison (merci la Coupe du Monde et ce besoin qu’ont les supporters (= Robinson) d’aller voir le match au milieu d’une foule d’autres supporters dans un bar plein à craquer où il faut attendre des heures pour se voir servir une bière sans bulles… ^-^). Robinson est donc allé à Lyon rejoindre ses copains et regarder le match de foot tandis que moi, je me suis aménagée un petit atelier couture dans la chambre d’amis du sous-sol, bien au frais, et j’y ai passé la journée à coudre tout en écoutant de fabuleux et passionnants podcasts (j’en reparle plus bas) et je me suis sentie légèrement en décalage, là, avec ma machine à coudre, la vie de la fratrie Brontë en fond sonore, le silence de la campagne autour de moi, tandis que la France entière se retrouvait en communion dans des cafés bruyants pour acclamer les exploits sportifs de son équipe de footballeurs. BREF. J’ai repris la couture, et ça fait du bien.

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mon petit atelier de couture au sous-sol, bien tranquille

 

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notre potager, un peu permaculture, un peu à l’arrache…

Aussi, la vie à la campagne, c’est aussi jardiner quotidiennement et regarder avec amour des petites graines sortir de terre pour devenir de jeunes plants puis de belles plantes puis faire des légumes et des fruits. Je ne m’en lasse pas, même si je dois bien avouer ne pas avoir la main si verte que ça et rater pas mal de choses. Je sais que ce sont les débuts, ça prend du temps de créer un potager ex-nihilo, plusieurs années sont nécessaires avant d’avoir de vrais résultats. Je prends mon mal en patience. Jusqu’à présent, nous avons quand même pu manger des radis, quelques haricots, des fraises et des salades. Nos plants de tomates sont lourds de gros fruits encore verts mais prometteurs (je prie pour qu’ils n’attrapent pas le mildiou, le fameux, terrible, redouté mildiou), les tournesols sont magnifiques, dorés et fiers sous le soleil, les plants de maïs croissent bien, et les courges promettent un automne riche en soupes, tartes et autres fournées de légumes rôtis.

oui, j’ai craqué, je porte des Crocs. Dieu que c’est pratique pour la vie au jardin !

Je ne me lasse pas de notre maison. Je crois bien que je l’aime chaque jour davantage. J’ai l’impression de vivre dans un livre, dans un rêve. Elle n’a rien d’extraordinaire cette maison, mais si vous saviez comme je l’aime ! Je fais parfois des cauchemars, où nous déménageons, où nous prenons une autre maison, moins parfaite, et où je regrette tristement cette petite baraque perchée sur sa colline, à l’orée du bois. J’aime notre vue sur le soleil couchant, sur le ciel orange ou rose ou violet ou bleu-blanc. J’aime le silence des jours et des nuits. J’aime la fraîcheur du soir et les grillons qui emplissent l’air à l’heure de l’apéro. J’aime – chose étrange – faire la lessive depuis que nous vivons ici. Étendre le linge dans le jardin, l’entendre claquer dans le vent, et l’odeur de la lessive, du propre, qui enveloppe tout, qui rafraîchit le soleil brûlant et qui, en l’espace de quelques minutes, est devenue une véritable madeleine de Proust dont je chéris déjà le souvenir. Je n’ai jamais été aussi heureuse de m’occuper du linge sale…

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J’aime être dehors, être dedans, que les portes-fenêtres soient toujours ouvertes et que l’ombre des arbres dansent sur le plancher du bureau, du salon, de la cuisine, d’une chambre. J’aime la fenêtre ouverte dans la douche, le jet d’eau fraîche combiné à la petite bise, qui provoquent la chair de poule et me donnent l’impression de prendre une douche dans le jardin, comme en vacances en Italie. J’aime m’installer à l’Est le matin pour profiter du soleil qui se lève et chauffe à peine, j’aime rester sous les arbres lorsqu’il fait trop chaud, puis me déplacer encore dans un coin de la terrasse, plein Ouest, le soir pour admirer le soleil abricot fondre et disparaitre derrière les monts du Beaujolais.

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soleil couchant

 

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l’Acacia de Constantinople qui orne l’entrée de la terrasse et ressemble à un nid d’oiseaux de paradis, oui rien que ça… ^-^

Nous avons installé la terrasse, elle est faite de bric et de broc, tout est dépareillé, récupéré à droite à gauche, exactement comme je le désirais. J’aimerais un jour y faire construire un porche, sous lequel on boirait une bière le soir, Robinson et moi, tandis qu’on se raconterait nos journées, puis nos souvenirs. Mais pour l’instant, même sans le porche, la terrasse est agréable, douillette et assez grande pour accueillir les activités de toute une journée – jeux avec Little, repas, barbecue, apéro avec les voisins, sieste et lecture sur le transat…

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.09.25avec les décombres de la vieille cuisine, nous avons fabriqué une table basse d’extérieur, un peu gondolée à cause des orages mais très pratique et bien solide !

La petite chilienne bleue -sur la photo plus haut- était jaune à l’origine, une toile ajourée qui a lâché très rapidement. C’est donc pour la réparer, d’abord, que j’ai ressorti ma machine à coudre. Ça n’a pas été aussi simple que je le croyais mais j’ai finalement réussi à refaire une toile de transat passable, et qui, à défaut d’être totalement fiable et solide, sera tout du moins décorative et adaptée à de petits gabarits tels que celui de Little.
N’empêche, cette réparation m’a redonnée l’envie de coudre et après cela, je me suis fait deux pantalons, j’ai réparé tous les petits ouvrages qui m’attendaient depuis plus d’un an (boutons de jeans, de chemise, accrocs dans des sweats…) et j’ai de nouveaux projets en couture qui vont bien m’occuper durant ces vacances !

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coucher du soleil et Nigelle de Damas tout juste éclos, la fleur préférée de ma maman

 

Aussi, je me suis remise à la course à pieds, tranquillement. Le running et moi, après une histoire d’amour aussi intense que douloureuse, n’étions plus très copains depuis quelques années ; blessures diverses, périnée pas conciliant, et puis cette mode qui a transformé les allées du Parc en autoroute de runneurs… un peu too much pour moi qui vit très mal l’impression d’être un mouton. Alors je m’étais dit tant pis, pas pour toi, laisse tomber, fais autre chose. De toutes façons, pour mon corps, il valait mieux éviter cette activité traumatisante. Mais le plaisir de courir n’est jamais parti, lui. Et malgré un genou toujours aussi pourri, et une cheville qui a décidé de partir en sucette depuis quelques mois, et un périnée pas toujours d’accord, malgré cet effet de mode qui m’agace, malgré mon amour pour d’autres sports plus doux, comme ça l’air de rien, en emménageant à la campagne, je me suis remise à courir. Moins vite, moins longtemps, et surtout moins intensément qu’avant, bien sûr. Mais un peu, juste pour renouer, juste pour y regoûter, et juste pour le plaisir de transpirer beaucoup, de souffrir et de haleter comme aucun autre sport ne parvient à me faire transpirer, souffrir et haleter (bon, c’est sûr qu’en pratiquant le yoga, la marche et la natation, je n’espérais pas vivre des moments de sport exténuants non plus, hein…!)
Et je peux vous dire que ça n’a plus rien à voir avec le tranquille run du parc de la Tête d’Or, et que ça ressemble bien plus aux trails que je faisais en Nouvelle-Zélande ! Vivre dans des villages perchés sur des collines, dans une région bien vallonnée, me permet de faire des sorties pas trop longues mais bien éreintantes ! Pas d’alternatives ! Au niveau cardio, il n’y a pas à dire, ça bosse dur, toutes ces montées, ces descentes, ces chemins de VTT pleins de cailloux, et puis la chaleur actuelle n’aidant pas… Mes entrainements me donnent du fil à retordre et ce sentiment m’avait manqué, lui aussi !
Bref, j’en profite tant que j’en suis encore capable (jusqu’à la prochaine blessure, ou autre… ^-^) je prends ce qu’il y a à prendre sans chercher à trop en faire (ohhhh, cela ne me ressemble pas, dites voir… Serait-ce un début de sagesse?) et advienne que pourra.

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Je parlais de podcast, un peu plus haut. C’est grâce à mon amie Camille (coucou ^-^), qui a toujours d’inspirants conseils et semble si bien me connaître, que j’ai découvert les podcasts de l’émission de France Culture : La compagnie des auteurs. Elle évoquait les quatre épisodes concernant Harry Potter qui l’avait passionnée (et qui m’ont passionnée aussi, depuis), et de fil en aiguille, je me suis mise à écouter de nombreux podcasts de cette émission. Je suis FAN. J’ai adoré les épisodes sur Jane Austen, et ceux sur les quatre Brontë. J’ai hâte d’en écouter d’autres : Virginia Woolf, Joyce Carol Oates, la Beat Generation, George Sand, Françoise Sagan… Que de belles promesses, et des heures savoureuse en perspective !

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les podcasts sur Jane Austen et sur la fratrie Brontë sont, eux aussi, une ôde à la quiétude de la vie à la campagne (voire de la nature sauvage…)

 

Voilà pour ces dernières semaines en images. Je vous laisse avec un vœu, pour ma part, et que je vous souhaite volontiers à tous : plus tard, j’espère ressembler à ces deux là, mes parents, toujours amoureux et mignons comme tout :

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Êtes-vous en vacances vous aussi ? Trouvez-vous, comme moi, que ce mois de juillet est particulièrement indolent et relax ?
À bientôt, belle semaine à vous.

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.