Journal d’écriture #1

Lorsqu’on s’intéresse à la vie des auteurs on réalise que la plupart tenaient un journal d’écriture. Grâce à ces écrits parallèles, on peut en apprendre plus sur l’œuvre et sur l’état d’esprit de l’auteur lors du processus d’écriture, c’est parfois fascinant de voir les mécanismes laborieux et les tergiversations de l’esprit créatif. Le journal d’écriture apporte aussi un éclairage sur le contexte social, historique, durant lequel a eu lieu l’acte d’écrire. J’ai notamment beaucoup aimé découvrir des extraits du journal de Virginia Woolf, qui sont, à mes yeux, aussi indispensables que ses romans et ses essais. Il faut dire que la vie de V.W. n’était pas un long fleuve tranquille et qu’elle méritait d’être traitée en chapitres avec autant de soin que s’il s’était agi de celle d’un personnage de fiction.

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Cela fait longtemps que j’y pense. J’ai envie d’inaugurer une nouvelle rubrique ici. J’imagine que les billets qui y figureront seront plus intimes que d’autres où je parle de décoration de maison ou d’éducation… Peut-être aussi qu’ils n’auront qu’un intérêt minime puisqu’ils traiteront d’écrits en cours, de personnages qui n’existent encore que pour moi, de questionnements sans doute habituels quand on écrit mais pas universels non plus. Je me demande, est-ce que ce genre de billet aurait vraiment sa place ici ? Est-ce qu’ils pourraient intéresser les lecteurs et lectrices du blog ? Est-ce qu’ils ne paraîtront pas trop prétentieux, ou ne témoigneront-ils pas de ma trop grande inexpérience en la matière ?
Et puis, toutes ces questions, j’ai préféré les mettre de côté, et foncer. Ce blog est un fourre-tout, et c’est son éclectisme qui m’a sans doute encouragée à continuer à y écrire. S’il avait été trop spécialisé, trop mode ou trop beauté ou trop healthy ou je ne sais quoi, il y a sûrement longtemps que j’aurais cessé d’y écrire. Je ne me sens à l’aise ni avec les étiquettes ni avec les contraintes ; la liberté de cet espace m’a toujours plu et ramenée à lui. Alors un journal d’écriture, pourquoi pas ? Cela me permettra de garder une trace de ces années d’écriture, pour plus tard, et je les relirai sans doute avec plaisir et nostalgie. De plus, partager avec vous mes questionnements et mes doutes, vous demander conseil, m’aidera peut-être à dépasser certains obstacles dans l’écriture, ou à prendre du recul sur des blocages dans le processus de création ? Je l’espère en tous cas.

Voici donc un premier journal d’écriture.

Ces derniers jours, j’ai repris la correction de Roman n°1, dont le titre provisoire est Les sœurs Ponsard. Il y a 290 pages Word, une soixantaine de chapitres. C’est long. J’avais fait une première révision l’année dernière, après l’avoir terminé en janvier-février. Puis, je l’ai donné à lire à des (adorables ) bêta-lecteurs afin d’avoir un autre regard et de prendre un peu de distance sur mon bébé. Parce-que c’est dur, d’avoir du recul sur ce qu’on a écrit. Parfois, on trouve que tout est génial et indispensable, d’autres fois (le plus souvent), que tout est nul et on a envie de supprimer une page sur deux.
J’ai laissé mon manuscrit reposer pendant un an, j’ai écrit d’autres choses, commencé Roman n°2, participé au concours annuel de nouvelles de l’Éveil Plumes. Et puis, il y a un mois, j’ai enfin trouvé le courage de donner mon manuscrit à mon collègue, celui qui est écrivain. J’étais gênée, honteuse, embarrassée, mais aussi, paradoxalement, excitée et contente de lui soumettre mon projet, d’avoir son avis et de bénéficier de son expérience. Il l’a lu en une semaine, puis on s’est retrouvés dans un café et on a fait le point. C’était extrêmement intéressant d’entendre ses conseils, ses questions, ses suppositions sur tel ou tel personnage. On a parlé des personnages comme s’il s’agissait de personnes réelles, qu’on connaissait tous les deux. C’était fabuleux de les voir vivre ainsi, de négocier leur destin, d’analyser leurs arrières-pensées, de fouiller leur passé. Tels deux Parques, on a tiré certaines ficelles et coupé, dénoué, raccourci ou allongé certaines autres. Cet échange m’a permis de voir ce qui manquait dans mon récit. On s’est aussi beaucoup interrogés sur le titre, mais pour l’instant je n’ai rien de probant, pas d’étincelles. Je cherche encore.

J’ai compulsé ce retour, ainsi que ceux de mes bêta-lecteurs, tous très instructifs, avec mes propres notes. J’y vois à présent plus clair : il y a des choses à enlever dans ce manuscrit, et d’autres à retravailler, à fouiller davantage. Le personnage d’Hortense, la benjamine de la famille, n’existe pas assez. J’ai commencé à lui écrire des chapitres dédiés, que j’intercale parmi ceux déjà existants qui concernent plutôt ses sœurs. Le père est trop absent, c’est volontaire, mais je ne donne pas une explication probante à cette remarquable absence, il me faut la trouver (et je crois que ça y est, j’ai enfin une idée à ce sujet).
Il y a aussi des intrigues secondaires qui alourdissent le récit et que j’envisage de supprimer, même si cela implique un gros remaniement d’autres chapitres (l’histoire d’Angelo faisant de la concurrence à l’hôtel Gautier, au fond, ça a peu d’importance. Il va juste falloir que je trouve une autre façon d’amener la bagarre entre le fils Gautier et R. Bergmann, c’est tout… La question est : vais-je malgré tout garder les personnages d’Angelo, de Beryl Gautier, de son fils, en toile de fond ? Je n’en sais rien, encore…).

(mes essais de couvertures et de titres, quand j’ai envie de procrastiner plutôt que de corriger efficacement…)

C’est agréable de retravailler encore et encore Les sœurs Ponsard, car j’ai l’impression que Paula, Ellie et Hortense sont devenues, avec le temps, des amies que j’aime retrouver. Mais les beaux jours arrivent, et ils signent le moment où je dois retourner à mon second projet, Wanaka Blues, dont l’action prend place en Nouvelle-Zélande. Pourquoi cette contrainte temporelle ? Car j’ai du mal à écrire un récit dans une saison donnée si je ne vis pas, en même temps, cette même saison °-°  …
Wanaka Blues se passe en été (enfin, notre hiver, soit la belle saison en Nouvelle-Zélande) et ma fenêtre d’écriture est donc réduite, correspondante à cinq à six mois dans l’année afin que je sois en accord avec l’ambiance et l’humeur de mon récit. On ne se moque pas, chacun ses lubies ! ^-^ Je dois avouer que j’ai hâte de retrouver ce projet, en hibernation depuis un bon moment maintenant. Je vous en donnerai des nouvelles ici.

Voilà pour ce premier aparté d’écriture. Je file me remettre au travail. Pour résumer, mes objectifs actuels sont : augmenter la densité du personnage d’Hortense, éliminer les intrigues superflues, et traquer une phrase qui pourrait devenir le titre du roman.

Je peux donc clore ce premier chapitre de mon journal d’écriture. J’espère que ça n’était pas trop ennuyant à lire. N’hésitez pas à me donner votre avis, vos conseils, sur tout ce qui vous passe par la tête, c’est toujours un régal de lire vos commentaires.
À bientôt.

♥ Ce que j’écoute en écrivant Les sœurs Ponsard
la BO de Becoming Jane et celle de Pride and Prejudice de Joe Wright.

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The book club 2018 – bilan

En 2018, j’ai lu un peu plus de livres que les dernières années, et cela me ravit ! Trente-et-une lectures au compteur, mais surtout, beaucoup, beaucoup de coups de cœur qui ont entretenu ma boulimie de lecture, pour mon plus grand plaisir (oui, je sais, les vraies dévoreuses de livres qui tiennent des blogs dignes de ce nom caracolent à 80 bouquins lus par an… °_° j’en suis loin ! )

En parallèle de ces romans ou BD papiers, j’ai aussi lu quelques fictions sur Wattpad (dont certaines de plusieurs centaines de pages, haletantes !…) et j’ai pris quelques jours en février pour relire mon premier projet de roman, d’environ 400 pages Word, ce qui m’a grignoté un peu de temps pour mes autres lectures.

Sans plus attendre, voici la liste des titres que j’ai pu inscrire dans mon petit carnet de bord de lectrice, mois après mois :

 

Des BD

Culottées, Pénélope Bagieu ♥♥♥

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Une BD incontournable et indispensable, pour tous les âges. Pénélope Bagieu choisit de montrer quelques non-héroïnes qui ont réellement existé, elle dessine et écrit des « portraits de femme qui ont choisi leur destin ». Elle propose 2, 3 ou 4 pages seulement par personnage, et choisit délibérément de montrer une synthèse de leur vie ou du moment de leur vie le plus emblématique. C’est captivant et intelligent, et surtout, inspirant. Ce que j’ai beaucoup aimé aussi, c’est l’après-lecture, lorsque j’ai discuté de cette BD avec des ami(e)s qui l’avaient lue, et qu’on comparait nos coups de cœur : telle ou telle femme nous a particulièrement marqué(e), et pour X ou Y raisons… C’est intéressant de constater que nos sensibilités nous portent tout(e)s vers des héroïnes très différentes. Certains destins des Culottées m’ont vraiment chamboulée, et pour un grand nombre de ces femmes incroyables, j’ai versé une larme !! Car, qui dit synthèse d’une vie, dit beaucoup d’émotions en quelques coups de crayon !
Pour moi, c’est un livre vraiment réussi, et surtout un beau cadeau à offrir ou à se faire (puis à prêter, beaucoup).

L’adoption, tomes 1 et 2, Zidrou et Monin ♥♥

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Cette BD m’a été conseillée par mes collègues de la bibliothèque de mon village. Je l’ai lu, j’ai un peu pleuré (je suis très sensible voilà je l’admets…) puis je l’ai prêté à Robinson, qui a été un peu chaviré, puis à mon père, qui m’a dit « oh, c’est triste, dis donc… ». Oui, c’est triste, mais c’est beau, et puis surtout c’est la vie. Il n’y a aucun héroïsme, aucun fantastique, aucun merveilleux dans cette histoire, juste une banalité poignante et émouvante (aux larmes, donc).

Les filles de Salem, comment nous avons condamné nos enfants, Thomas Gilbert ♥♥

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J’ai offert ce roman graphique à ma meilleure amie car notre enfance a été imprégnée d’histoires de sorcières et de magie noire. Adolescentes, comme beaucoup d’autres, nous étions fascinées par les sciences occultes, les pendules, les esprits, les exorcismes, tout ça… ( je suis sûre que cela ravive des souvenirs chez vous aussi, non?… ). Nous avions même un projet de film (oui oui, en toute simplicité ^-^) à propos d’amies qui découvrent leurs pouvoirs magiques et… et je ne sais pas comment c’était censé se finir car nous n’avons écrit et filmé que le début (donc, oui, il y a malheureusement une trace vidéo de cet ambitieux projet 🙂 …. ! )
Bref. Les filles de Salem a reçu d’excellentes critiques ; pour une novice de la BD comme moi, les sélections Coups de cœur d’Inter ou autres, sont toujours un vivier sûr où puiser de nouveaux titres. Ça n’a pas loupé, ce roman graphique se lit d’une traite, les images sont puissantes et évocatrices, le thème assez envoûtant et… édifiant.

 

De la littérature « young adult » ou jeunesse (mon guilty pleasure)

Nulle et grande gueule, Joyce Carol Oates ♥♥

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J’aime énormément Joyce Carol Oates, et je suis tombée sur ce roman jeunesse d’elle dans la petite bibliothèque de mon village. Ça se lit tout seul, c’est bien écrit et on reconnait la virtuosité de la plume de J.C.O. Ce qui différencie ce livre de ses autres écrits pour adultes, c’est qu’il est moins dense, plus accessible peut-être. Mais le thème traité reste dans la veine de ce que l’autrice aborde généralement : la violence des relations humaines, le mal, la résilience. Le tout d’un point de vue d’adolescents, personnages plus sensibles et friables encore que les habituels adultes qui peuplent ses romans. J’ai lu des critiques très dures sur internet, concernant ce virage « jeunesse » emprunté par Joyce Carol Oates, et je ne les trouve pas justifiées. Personnellement j’ai beaucoup aimé ce roman, qui m’a d’ailleurs fait un peu penser à la série 13 reasons why, qu’on a parfois trop rapidement cataloguée comme série « teenagers » alors qu’elle touche beaucoup plus largement qu’on ne pourrait le penser. Cela pose la question suivante : avoir pour protagoniste des enfants ou des adolescents range-t-il forcément un roman dans la catégorie jeunesse ?

Le cycle de La passe-miroir, les 3 tomes de Christelle Dabos :

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Les fiancés de l’hiver, tome 1 ♥
Les disparus du Clairdelune, tome 2 ♥♥
La mémoire de Babel, tome 3 ♥♥♥

J’entendais énormément parler de ce cycle de romans (jeunesse, encore une fois). Et je dois avouer que l’histoire de Christelle Dabos m’intriguait ; elle écrivait depuis longtemps, en parallèle de son job, elle faisait partie de forum d’écrivains en herbe, etc… et puis un jour elle a participé au Concours du 1er Roman Jeunesse organisé par Gallimard, et elle l’a remporté. Alors ce fut le début d’un tourbillon de succès pour Christelle Dabos et son histoire de mondes, d’arches et de clans maîtres de pouvoirs magiques. J’étais un peu dubitative au début de ma lecture, et puis j’ai du admettre que le style était remarquable ET original, que l’intrigue était prenante et l’univers fantastique créé de toutes pièces par l’autrice se tenait solidement. Bref, j’y ai cru, j’ai voyagé, je me suis laissée transportée et j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé ces moments de lecture hors du quotidien. J’attends désormais le 4ème tome avec impatience.

Stony Bay Beach, Huntley Fitzpatrick

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Samantha a 17 ans. Sa mère est une figure politique locale. Leur maison est immense, immaculée, tout le contraire de celle des Garrett, les voisins que sa mère déteste. Ces derniers ont huit enfants et vivent dans un bouillonnant désordre organisé. Un jour d’été, alors que Sam les observe de son balcon, un garçon l’y rejoint : c’est Jase, le troisième enfant des Garrett. Commence alors pour Sam et Jase l’été des premières fois, mais aussi des secrets, qui ne peuvent rester bien longtemps gardés…
J’avoue, je n’ai acheté ce livre que parce-que j’ai craqué sur la couverture, veloutée et colorée. Je m’attendais bien à un roman très très teenager, je n’étais pas surprise. Je ne peux pas dire que la lecture était insupportable car je n’ai pas rechigné à m’y plonger, mais il faut avouer qu’elle n’a pas grand intérêt…

Mes nuits à la caravane, Sylvie Deshors

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Lucile a perdu sa mère adorée il y a quatre ans, et depuis, son père a sombré. Un jour, exaspérée, elle quitte la maison et s’installe dans une caravane, au bout du pré, dans laquelle sa mère aimait se réfugier pour peindre. Avec l’aide de trois copains, elle se construit un refuge, mais mène aussi l’enquête sur les raisons de la faillite du restaurant de ses parents… Portrait positif d’une bande d’adolescents, luttant contre la désespérance et l’ennui, dans un petit bourg du Limousin.
Là aussi, c’est la couverture qui m’a convaincue d’acheter ce roman – je l’ai d’ailleurs acheté le même jour que Stony Bay Beach, je devais avoir un besoin inconscient de lecture-doudou et de jolies couvertures pleines de poésie et de douceur ce jour là… – L’idée de départ de cette histoire est plutôt bonne, et j’avais envie de croire que le livre honorerait ses promesses. Malheureusement, même si je lui ai laissé une chance, l’histoire convenue et le style fade et quelconque ont eu raison de mes espoirs. Déception.
Je n’ai pas passé un mauvais moment en lisant ce livre, mais disons que c’est le genre d’histoire qui est aussi vite lue qu’oubliée.

Le plus bel âge (scénario), Claire Mercier ♥

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Il s’agit d’une relecture, quinze ans plus tard. Je ne sais toujours pas quoi penser des relectures de nos coups de cœur d’enfant ou d’adolescent. Car elles se transforment parfois en déception.
Ce petit livre, de la collection Page Blanche chez Gallimard (collection qui, malheureusement, n’existe plus mais qui proposait un choix intéressant et sophistiqué d’œuvres pour adolescents, des sélections littéraires impeccables loin des romans et séries un peu vulgaires qu’on trouve souvent adressés à ce public), m’avait énormément marquée durant mon adolescence. Je me souvenais vaguement du point de départ de l’histoire, du drame, et surtout de ce monde inconnu dont je ne connaissais pas la moitié des mots : l’intrigue prend place à Paris, dans des classes de khâgne, d’hypokhâgne et à Saint-Cyr.Autant vous dire que pour une gamine de quatorze ans, c’était une nouvelle dimension, une galaxie très lointaine qui était dépeinte dans ces pages. Je ne me rappelais plus vraiment de l’histoire et encore moins du titre, mais le souvenir de cette lecture m’a profondément marquée et j’ai eu envie de m’y replonger. Forcément, quinze ans plus tard, j’ai découvert ce qu’était ce monde parisien des études supérieurs, et les états d’âmes des étudiants pressurisés par les concours touchent peut-être moins la trentenaire, mère de famille que je suis aujourd’hui… N’empêche, je veux garder le souvenir de ma première lecture, le bouleversement et le mystère qui l’ont accompagnée.
Note : il ne s’agit pas à proprement parler d’un roman mais de la transcription d’un scénario. Le film Le plus bel âge est sorti en 1995 avec les tout jeunes Melvil Poupaud et Elodie Bouchez. Je ne l’ai pas vu, mais je crois que ce n’est pas un chef d’œuvre ^-^

 

Des romans néo-zélandais, américains, italiens, anglais…

Un ange à ma table, Ma vie mon île tome 1, Janet Frame (Nouvelle-Zélande)

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J’ai commandé ce livre (rare, et difficile à se procurer) car Jane Campion le cite souvent comme LA référence ; pour elle, Janet Frame est incarne l’âme de la Nouvelle-Zélande, qui a écrit LE roman que tout le pays attendait, à la fois poétique, sombre, et vrai. Janet Frame a écrit son autobiographie en trois volumes, et Ma vie mon île en est le premier volet. Elle y décrit très précisément son enfance et ses études, il y a de beaux passages, des choses très sombres aussi. Dans les tomes suivants, elle détaillera son internement en asile psychiatrique, événement de sa vie qui fit couler beaucoup d’encre en Nouvelle-Zélande et qui inspira crainte, pitié et profonde admiration à Jane Campion. Cette dernière décida même, plus tard, d’adapter Un ange à ma table au cinéma, et contribua ainsi à mettre en avant Janet Frame au-delà des frontières de son île.
Ce fut une lecture intéressante, mais je crois que j’attendais plus de… de Nouvelle-Zélande, de nature, de paysages, de culture autochtone aussi peut-être, et que les nombreux aspects de la vie domestique et de l’enfance chaotique mais studieuse de Janet Frame, n’étant pas les objets premiers de ma quête lors de cette incursion littéraire, ne m’ont pas captivée.

L’amie prodigieuse, Elena Ferrante (Italie) ♥
Le nouveau nom, Elena Ferrante ♥♥
Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante ♥♥
L’enfant perdue, Elena Ferrante ♥

Le battage médiatique autour de ces livres et de leur autrice ne pouvaient pas me laisser indifférente, j’ai voulu savoir de quoi il s’agissait et pourquoi tout le monde s’emballait ainsi. Notamment mon père qui n’arrêtait pas de m’en parler avec des étoiles plein les yeux… ❤

Je suis comme tout le monde, je me suis laissée prendre au jeu et par l’histoire de ces deux fillettes italiennes qui vivent et s’aiment dans la misère et la violence. J’ai aimé les voir grandir et affronter leur destin, ou se laisser malmener par lui. J’ai aussi éprouvé quelque chose d’indéfinissablement doux et triste à la fois car cette Italie dépeinte par Elena Ferrante m’a replongée dans mes propres souvenirs, les vacances dans les Pouilles, dans la famille de ma mère. Inévitablement, Lila, Lena et ma mère (jeune) se sont superposées, les mères des jeunes filles ont fusionné avec les souvenirs de ma grand-mère, son accent à couper au couteau et ses tabliers fleuris, ses cheveux noirs et son duvet au-dessus des lèvres, son efficacité rude et sa douceur parfumée de talc. J’ai imaginé le visage de mes oncles incarner les personnages de Pascale, Gino, Stefano, Enzo, Nino… Cette immersion dans Naples peuplée de ces familles nombreuses a été un voyage à la fois littéraire, temporel et généalogique, presque. Un voyage doux-amer qu’il a été dur de quitter une fois les quatre tomes engloutis.

Testament à l’anglaise, Jonathan Coe (Royaume-Uni) ♥

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Tabitha Winshaw a 81 ans et elle est folle. Elle a perdu l’esprit un soir de l’hiver 1942 quand son frère préféré, Godfrey, a été abattu par la DCA allemande au-dessus de Berlin. Elle est persuadée que la mort de Godfrey a été commanditée par son frère aîné, Lawrence, qu’elle déteste. Tabitha commande alors à Michael Owen, un jeune homme dépressif, une histoire de la dynastie des Winshaw qui occupe tous les postes-clés dans l’Angleterre des années quatre-vingt. Il y a du jeu de massacre dans l’air d’autant que Tabitha n’est peut-être pas aussi folle qu’il y paraît.
Cela faisait un moment que ce roman me faisait de l’œil, et, même s’il y a eu des passages un peu plus laborieux que d’autres à lire (l’histoire est assez longue et convoque un nombre assez impressionnant de personnages…!), j’ai beaucoup aimé cette lecture, assaisonnée d’une pointe satirique de cet humour cinglant si caractéristique des anglo-saxons. Un bon polar qui ne se prend pas vraiment au sérieux, so british.

D’où viennent les vagues, Fabio Genovesi (Italie)

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Il y a des vagues qui viennent bousculer pour toujours les eaux calmes de la vie. Celle de Luna, une petite albinos, aux yeux si clairs qu’elle ne peut voir le réel ; celle de son frère Luca, grand surfeur, qui sillonne les vagues et traîne tous les cœurs derrière lui ; celle de leur mère qui pense que l’amour n’existe plus ; celle d’un mystérieux enfant arrivé de Tchernobyl qui parle un italien suranné.
Encore un livre acheté en même temps que les deux autres aux jolies couvertures. Ça devait être au mois de juin, je devais avoir sacrément besoin de soleil, d’été, de vacances… car elles ont bien ça en commun : de belles couvertures qui laissent présager la douceur et l’indolence de journées dehors, au soleil.
L’autre point commun que partagent ces trois romans, c’est que l’histoire n’a jamais été à la hauteur des attentes posées par ces jolies images.
Pourtant, c’était plutôt bien parti pour D’où viennent les vagues : un bon titre, un résumé alléchant, l’originalité du sujet et des personnages… Tous les ingrédients étaient réunis pour faire de ce livre un bon bouquin, voire un petit bijou. Comme ces livres bonbons dont on se souvient avec délectation et qu’on a hâte d’avoir assez oubliés pour pouvoir les relire avec une gourmandise non dissimulée.
Mais, malheureusement, D’où viennent les vagues n’en avait que l’aspect, et passe à côté de cette réussite. Ce n’est pas la faute de l’écrivain, qui a une jolie plume et beaucoup d’humour, sans compter toutes ces chouettes et originales idées. Je ne saurais pas dire ce qu’il manque, en réalité. Une âme, peut-être ?

Petits secrets, grands mensonges, Liane Moriarty (Australie) ♥

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Après avoir vu la mini-série adaptée du roman, que j’ai ADORÉE, j’ai eu envie de lire le livre de Liane Moriarty. Souvent, lorsqu’un bouquin est adapté au cinéma ou à la télévision, on y fait de nombreux changements, et j’ai toujours trouvé intéressant de pouvoir comparer les différentes versions d’une même histoire ; des personnages ajoutés ou supprimés, des prénoms modifiés, des détails changés, voire même, parfois, des fins différentes (comme par exemple pour l’adaptation BBC d’Une place à prendre, de JK Rowling). Je pensais trouver quelques changements entre ces deux versions de Big Little Lies, mais pas du tout ! L’unique différence est le lieu de l’intrigue, qui passe de l’Australie (pour le roman) à la Californie (pour la mini-série). Pourtant, cet énorme modification topologique, qui pourrait engendrer par effet dominos d’autres changements, rien n’est perceptible !
L’intrigue de la série était encore toute fraîche dans mon esprit, alors lire le roman ne m’a absolument rien apporté d’autre. Les actrices se sont immédiatement imposées devant chaque personnage papier, les décors d’océan, de plages et de fabuleuses maisons étaient encore bien présents dans ma tête, ne laissant aucune place à l’imagination, je n’avais pus rien à créer. Dommage. Cette lecture aurait sans doute pu être plus inoubliable (d’autant plus que j’ai trouvé le style de Liane Moriarty intéressant et sa perception des relations humaines, profonde et complexe), la prochaine fois j’espacerai un peu plus ma rencontre avec les différentes adaptations d’une même histoire !

Des polars / thrillers

Quand sort la recluse, Fred Vargas ♥♥

Que dire de plus lorsqu’on aime tout Fred Vargas ? Un nouveau roman qui sort, je le lis, je l’aime, je ne suis jamais déçue. Son style et ses personnages m’enthousiasment toujours autant, et les moments de lecture de ces polars sont, inévitablement, de douillettes échappées qui me laissent des souvenirs de lecture très agréables.

Trois jours et une vie, Pierre Lemaître ♥♥

Je ne sais pas si j’ai véritablement aimé ce livre. Mais je peux dire qu’il ne m’a pas laissée indifférente. L’intrigue, par elle-même, est marquante : la disparition d’un petit garçon, dans une petite ville, en France. J’aime beaucoup le style de Pierre Lemaître, l’auteur d’Au-revoir là-haut. J’ai trouvé que Trois jours et une vie se lisait vite, qu’on se laissait facilement prendre dans l’histoire de ces jeunes garçons, de leur famille, et de la ville qui tourne au ralenti. Le sujet et le décor sont assez glauques, mais pas poisseux. C’est là toute la magie des bons écrivains, qui savent doser intelligemment la part de sombre et de lumière qu’il faut glisser dans leur roman.

Le treizième conte, Diane Setterfield ♥♥♥♥

treizieme

Il s’agit d’une relecture, dix ans après la première.
J’avais eu un coup de cœur absolu pour ce roman anglais à l’ambiance gothique, dans la veine de ceux des Brontë ou de Wilkie Collins. Tous les ingrédients sont réunis pour me plaire : les personnages principaux, l’une libraire, les autres jumelles maléfiques, envoûtantes, énigmatiques. Et puis les personnages secondaires : un pâtissier, une vieille écrivaine, des amants maudits, un jardinier. Qu’ajouter à cela ? Des décors parfaits ? Effectivement : vieux manoirs hantés, landes désolées, petite ville anglaise, boutique de vieux livres oubliés, cottage douillet et jardins mystérieux. Une intrigue bien ficelée, enfin, qui surprend à coup sûr le lecteur (bon, je l’avais déjà lu donc pour moi, l’effet de surprise n’a pas pu avoir lieu la deuxième fois)…
C’est une réussite, ce roman, et j’attends encore que Diane Setterfield publie un nouveau livre… en attendant, je vais patienter en regardant l’adaptation BBC du Treizième Conte, avec les actrices de Broadchurch et Games of Thrones en sus !
Bref, j’adore ce livre, que je recommande à tous les amoureux de littérature anglaise.

 

Mes coups de coeur absolus, que je recommande chaudement !

Shibumi, de Trevanian ♥♥♥♥

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Que j’ai aimé ce livre ! Surprenant, original, déroutant, magistral, grisant ! Il ne ressemble à rien de ce que j’ai lu auparavant. Pendant ma lecture, je n’avais jamais envie de reposer ce bouquin, trop absorbée par l’histoire, trop plongée dans la vie incroyable du personnage principal. L’imagination de l’auteur me laisse sans voix ! J’ai du mal à croire qu’un seul esprit humain peut contenir autant d’idées, autant de fulgurances, autant de virtuosité. Je ne peux que vous encourager à tenter l’expérience vous aussi, et à ne pas vous laisser décourager par les premières pages. C’est un chef-d’œuvre.

Le ver à soie,de Robert Galbraith (J.K. Rowling) ♥♥♥♥ + La carrière du mal, de Robert Galbraith (J.K. Rowling) ♥♥♥♥

Les tomes 2 et 3 des enquêtes de Cormoran Strike m’ont absolument ravie ! Ces deux romans furent des délices, que j’ai dévorés bien trop vite, malheureusement. J’avais assez aimé le premier opus, et mon intérêt est allé croissant jusqu’à atteindre l’apogée au 3ème tome que j’ai A-DO-RÉ ! Les personnages sont attachants, Londres y est à la fois très réaliste et merveilleuse, avec un soupçon de magie, de mystère, propre à l’écriture de Rowling, et l’intrigue, enfin, est toujours haletante. Je suis subjuguée par l’art de la romancière à donner vie à ses personnages : j’aime Strike, depuis le début, j’ai appris à aimer Robin au fil des pages, pour finalement m’identifier beaucoup à elle, et c’est en ça que JK Rowling est très forte. Elle remporte mon adhésion à chaque fois. Quoi qu’elle écrive, elle m’emporte, me fait basculer de l’autre côté de l’imaginaire, et m’enlève tout envie de quitter ses histoires. Chaque livre convoque un univers vivant, palpable et envoûtant, je peux vous dire que j’attends le tome 4 (qui sortira en mars/avril, en France) avec impatience !

Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaître ♥♥♥

La suite d’Au-revoir là haut est aussi irrésistible que son prédécesseur. On retrouve quelques personnages du précédent roman, qui se révèlent enfin, comme de fragiles papillons. Ce livre est une gourmandise acidulée qui se déguste avec plaisir sans même qu’on s’aperçoive que les pages défilent et que la fin arrive trop vite.

Broadway Limited, Malika Ferdjoukh ♥♥♥

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Normalement, Jocelyn n’aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n’accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard. Pourtant, grâce à son talent de pianiste, grâce, aussi, à un petit mensonge et à un ingrédient miraculeux qu’il transporte sans le savoir dans sa malle, Jocelyn obtient l’autorisation de loger au sous-sol. Nous sommes en 1948, cela fait quelques heures à peine qu’il est à New York, il a le sentiment d’avoir débarqué dans une maison de fous. Et il doit garder la tête froide, car ici il n’y a que des filles. Elles sont danseuses, apprenties comédiennes, toutes manquent d’argent et passent leur temps à courir les auditions.
Mon dernier coup de cœur de l’année appartient, encore une fois, à la catégorie « jeunesse » des librairies. Malika Ferdjoukh fait partie de mon Panthéon personnel des auteurs contemporains ; j’aime son style, sa façon de faire vivre ses personnages toujours loufoques, la fausse simplicité de ses histoires, les thèmes universels mais efficaces qu’elle choisit, et qui me parlent. Encore une fois, ces romans sont des mondes, des bulles dans lesquelles j’aime me réfugier ; les personnages deviennent familiers, comme des amis qu’il me tarde de retrouver en reprenant ma lecture. Je trouve ça incroyable cette faculté qu’ont certains auteurs à donner vie à des êtres et des lieux de papier. Si ça, ce n’est pas de la magie, en tous cas ça s’en approche…
(Note : il s’agit d’un cycle de plusieurs tomes, dont je n’ai lu que le premier pour l’instant. Le second est sorti en novembre 2018, et un 3ème semble prévu mais ce n’est pas pour tout de suite ! )

 

Les flops de 2018 :

Et puis, Paulette, Barbara Constantine

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J’avais aimé Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, de la même autrice. J’avais trouvé ça aussi onirique que profondément et innocemment réaliste. Je vous en parlais ici, si ma chronique vous intéresse.
Cet autre titre de Barbara Constantine ne m’a pas convaincue, on y retrouve le même style « feel good book » avec très peu de dialogues et une petite part de folie douce chez les personnages, mais à trop user de cette recette je trouve qu’elle tombe dans la caricature. On n’y croit plus, ou en tous cas, on n’a plus envie d’y croire. Dommage.

Comme une respiration, Jean Teulé (recueil de nouvelles)

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Mon collègue m’avait prévenue : parfois, être un auteur célèbre suffit pour être publié, quel que soit la qualité du nouvel ouvrage que l’on propose. Et en guise d’exemple, il m’a passé ce recueil de nouvelles du très connu et très vendu Jean Teulé. Mon avis a été semblable au sien : je n’ai trouvé aucun intérêt à cette lecture. Alors, oui, parfois certaines nouvelles étaient poétiques, littérairement intéressantes, mais je suis persuadée que si l’auteur avait été un illustre inconnu, la qualité et la pertinence de ce recueil auraient été bien plus questionnées avant la publication.

Nos adorables belles-filles, Aurélie Valognes

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Bon, y a-t-il vraiment quelque chose à dire sur ce… « livre« ? J’ai été curieuse de voir à quoi ressemblait ce best-seller, dont l’autrice, sortie de nulle part et écrivant à ses heures perdues, a percé de manière fulgurante dans le monde si difficile d’accès de l’auteur édité (et pour cela, je l’envie, soyons honnêtes). Mais réaliser qu’un roman aussi médiocre et niais, bourré de fautes d’orthographe qui plus est, ait autant de succès en librairie, m’a très sincèrement dépitée et découragée. Est-ce ce genre d’insipidité qu’ont envie de lire les gens aujourd’hui ? J’avais l’impression qu’il s’agissait du scénario d’un épisode d’Une famille formidable, et ce n’est pas un compliment…

Karoo, Steve Tesich (abandonné après une centaine de pages)

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Ce roman a été encensé par la critique et conseillé par un ami, pourtant, je n’ai pas réussi à entrer dans cette lecture. J’ai vraiment essayé de m’accrocher, mais j’ai trouvé le personnage et l’intrigue aussi ennuyeux l’un que l’autre. L’histoire est poussive et vaine, le héros nombriliste et ses problèmes – ceux d’un riche égoïste qui se plaint beaucoup et ment comme il respire – ne m’ont inspiré aucune sympathie. J’ai préféré abandonner pour profiter de mon temps avec un autre livre.

Pastorale Américaine, Philip Roth (USA)

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La vie de Seymour Levov ressemble à un cliché noir et blanc des années cinquante, un portrait de famille figé dans le bonheur. Petit-fils d’immigré juif parfaitement assimilé à l’American Way of Life, une réussite sociale exemplaire, une épouse ex-Miss New Jersey composent le tableau idyllique d’une histoire lacérée au couteau. C’est à travers le récit des années fiévreuses de l’Amérique que le narrateur Nathan Zuckerman, personnage récurrent de l’oeuvre de Roth puisqu’il est Roth lui-même, évoque les failles mais surtout les revers du rêve américain devenu tas de cendres. Avec Pastorale américaine, l’auteur, chroniqueur de son temps, tord le cou aux mythes d’un autre âge, certes avec un brin de nostalgie.
Ce roman a reçu le prix Pulitzer, et il est mon premier du mythique Philip Roth. Apprenant la mort de l’auteur, en 2018, je me suis rendue compte que je n’avais jamais lu aucun de ses livres. Mes collègues, grands lecteurs, m’ont donc prêté celui-là. Eux l’avaient beaucoup aimé. Moi, eh bien, moins… Je ne cache pas que j’ai eu énormément de mal à lire ce livre, je l’ai trouvé long, laborieux, et un grand nombre de passages m’ont découragée (notamment toutes les descriptions de la fabrique de gants en peaux… Éprouvant !). Je n’ai pas compris l’intérêt du livre, certes remarquablement bien écrit, mais parfois trop érudit et compliqué, peut-être, pour moi.

 

Il m’a fallu un mois pour rédiger ce billet ! Ouf ! Chroniquer 30 lectures d’un coup, quel travail ! Idéalement, j’aimerais revenir à des chroniques mensuelles mais je sais déjà que le temps me manquera…
J’aime tout de même bien ce récapitulatif qui me permet d’avoir une vue d’ensemble sur tous les livres passés entre mes mains une fois l’année achevée. C’est intéressant de se souvenir de l’état d’esprit dans lequel on était durant la lecture, ou de laisser reposer les ressentis pour réaliser qu’on a finalement plus, ou moins, aimé que ce que l’on a cru d’abord.
Avez-vous eu, en 2018, des coups de cœur à me conseiller ?
Et des titres qui vous ont déçu(e)s ?

À bientôt !

2018 -> 2019

Bonne année ! Meilleurs vœux à vous, qui êtes toujours présent(e)s, fidèles au poste, et que je remercie chaleureusement pour vos mots et vos encouragements ! Je reprendrai les mots de mon amie Camille pour vous souhaiter une année 2019 pleine de CALME et de sérénité 😉  En tous cas, c’est ce que je me souhaite ^-^
Ce premier billet de l’année sera consacré à une rétrospective, dans les grandes lignes, de l’année qui vient de s’achever, et à une petite liste de bonnes résolutions ou de projets motivants pour 2019. C’est parti !

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Bilan 2018

  • sport

Trois ans et demi après l’accouchement, on peut dire que j’ai enfin retrouvé un rythme de croisière au niveau de mon activité sportive. Après avoir beaucoup nagé en 2017-2018, la deuxième partie de l’année aura été entièrement dédiée au grand retour de la course à pieds, ou presque. Ma piscine municipale ferme en juin, car un grand complexe aquatique en plein air ouvre exclusivement pour l’été, dans le village voisin. Alors j’ai du dire adieu à mes longueurs crawlées dominicales, car hors de question d’aller nager au milieu des palmiers, des centaines de familles venues faire bronzette sur les berges de la piscine d’été, de me faire bousculer et éclabousser dans le lagon ou à côté des toboggans à eau. Clairement, le complexe aquatique d’été n’est pas fait pour nager. En juin, je suis donc devenue SPF, sans piscine fixe. Le plus simple a alors été de me rabattre sur l’activité sportive qui ne nécessite rien d’autre qu’une paire de baskets : le running. J’allais déjà courir de temps en temps, mais à partir de juin, je me suis astreinte à une (ou deux) sorties par semaine. La reprise a été dure, car mon village est à la fois perché et escarpé, et mon parcours est une suite de montées et de descentes raides, de celles qui esquintent les genoux. Mais après sept mois de running, je peux dire que je constate mes progrès ! Sur le même parcours, je suis bien moins essoufflée, je me traîne moins, au contraire je sens mon énergie monter progressivement au fil de mes foulées. J’ai retrouvé les sensations (grisantes) que j’avais il y a cinq ans, quand je courais beaucoup, avant de me blesser. Mais j’essaie d’apprendre de mes erreurs, je sais que mon corps n’est pas capable d’encaisser plus d’une course par semaine, à raison de 7 kilomètres format trail, sur 45 minutes. Même si j’ai très envie d’aller courir tous les deux jours, je me retiens, car les fois où je l’ai fait, mon dos et mes hanches se sont rappelés à moi de manière, euh, douloureuses… ^-^ Ce qui me fait prendre conscience, aussi, du temps qui est passé depuis mes performances d’il y a cinq ans. J’ai trente-deux ans, bientôt trente-trois, un enfant, des abdominaux bien moins gainés, et un dos qui a beaucoup porté. Je vieillis, même si je ne ressens pas du tout l’angoisse de prendre des années. Je me sens toujours très jeune, surtout dans ma tête, mais mon corps me rappelle de temps en temps que je ne peux plus effectuer tout ce que je pouvais faire avant. C’est comme ça. Lorsque je vois mes progrès en yoga par exemple, je me dis que le temps et l’âge peuvent aussi être synonymes d’évolution en souplesse, le corps a de nouvelles limites mais il débloque aussi de nouvelles possibilités. C’est intéressant, cette exploration, je ne m’en lasse pas.

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  • éducation

Cela a été le gros contrecoup de 2018. Nous avons eu beaucoup d’inquiétudes et de soucis avec Little, et une grosse remise en question de nos principes d’éducation. Trop de lâcher-prise, pas assez de cadre… on a réalisé en septembre que notre fils se transformait en enfant-roi et qu’il devenait de plus en plus difficile à gérer. Les crises à répétitions, la violence… autant de signaux qui nous ont alertés, et on a vite sonné l’alarme autour de nous. Entourage, médecin, enseignante… j’ai frappé à toutes les portes pour demander de l’aide, et des réponses à nos questions. Finalement, nous avons eu plus de peur que de mal, car nous avons compris assez rapidement ce qui n’allait pas dans notre manière d’éduquer notre fils et avons pu corriger le tir. Poser des limites plus claires, être plus stricts… Little avait besoin d’être rassuré et de voir ses parents affirmer leur rôle d’éducateur. Je n’en reviens pas d’avoir pu me perdre à ce point dans les méandres de l’éducation, alors que c’est mon métier… Mais comme le dit l’adage, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés 😉
Depuis les vacances de la Toussaint, après beaucoup de crises de larmes, d’épuisement, de découragement, nous avons donc pris le problème à bras-le-corps, et, aidés d’une pédopsychiatre, notre famille a replacé au centre de ses préoccupations l’éducation de Little. Ça demande beaucoup d’énergie et de confiance, bien sûr, mais le plus important est que j’ai retrouvé la foi que j’avais perdu, en lui, en moi, et en nos convictions éducatives.

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  • lecture

Le bilan qui fait plaisir : trente livres lus cette année ! Alors, ça peut paraître peu aux yeux de gros lecteurs, mais pour moi qui ai très peu de temps, et qui veux faire dix mille activités dès que j’ai un moment, trente livres c’est énorme. En tous cas, c’est plus que ces trois ou quatre dernières années. Depuis que je suis devenue maman, quoi.
Faire les trajets maison-travail en train a clairement changé la donne et me permet d’avoir une heure de lecture supplémentaire par jour (quand je ne suis pas épuisée et que je m’endors pas durant le trajet !).
Je ferai un petit billet spécial « Bilan lecture 2018 » avec mes coups de cœur de l’année.

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mon petit coin bureau improvisé lorsque je veux rester au coin du feu

  • écriture

Ayant terminé mon premier roman en février, j’ai passé les premiers mois de 2018 à le corriger, puis je l’ai envoyé pour une première beta-lecture à des copines volontaires ^-^ Le laisser de côté, reposer comme une pâte à pain, m’a fait du bien, cela m’a permis de prendre du recul bien sûr, et de laisser décanter toutes ces idées, toutes ces histoires qui s’entremêlent dans mon récit. Je suis à présent prête à le retrouver, maintenant que mon esprit s’est détaché de l’histoire et que je me sens plus fraîche, plus disposée à le relire avec un nouveau regard. J’espère parvenir, en 2019, à la retravailler en profondeur, à le dépouiller de ses inutilités, de ses lourdeurs, à le polir comme un joli galet.
En 2018, j’ai aussi jeté les premières fondations de mon second roman, en effectuant tout le travail de préparation, en amont de l’écriture. Mais le temps me manque, j’attends d’en avoir à nouveau pour m’y atteler tranquillement et me plonger avec dévotion dans ce nouveau projet d’écriture.

  • maison

2018 aura été une année de travaux et d’aménagement ! En février, nous avons fait abattre des cloisons, et monter de nouvelles séparations entre la pièce principale et les chambres / SDB. Nous avons fusionné la cuisine et le séjour, fait disparaître les couloirs sombres.
Puis, il a fallu choisir les peintures de ce nouvel espace, et ce ne fut pas une mince affaire. J’ai eu envie, dès le départ, d’un bleu ardoise et d’un rose coucher de soleil californien, mais je suis passée par moult tergiversations, du moutarde, du kaki, du bleu… avant d’être sûre de mes choix. Et nous avons fini par obtenir le mélange parfait dont nous rêvions, un séjour vert amande, rose, kaki et bleu ardoise ! Qui surprend toujours mais surtout, qui séduit tout le monde !
Ensuite, Robinson, aidé de son frère et de nos amis, a installé la cuisine qu’il a entièrement conçu ! Je l’ai trouvé très courageux car c’est le genre de travaux que je ne ferai JAMAIS ! Sûr. Le résultat est comme nous l’espérions, très minimaliste, et s’intègre parfaitement avec le côté plus chaleureux et bohème du reste de la maison.
Enfin, en été, nous avons rénové deux des trois chambres du rez-de-chaussée, la nôtre et celle de Little. Elles étaient hideuses, couvertes de crépit, les prises électriques ressortaient des murs, les plinthes se décollaient, bref c’était immonde. Nos amis, encore une fois, sont venus nous aider à décaper les murs, puis nous avons passé sept nuits de canicule à peindre, minutieusement, Robinson et moi. Des nuits, car la journée Robinson travaillait et moi, je m’occupais de Little. Et puis, les journées de juillet étaient trop chaudes pour entreprendre quoi que ce soit. Alors, à la nuit tombée (22h … !), et une fois Little endormi (évidemment, il a choisi ce moment pour veiller plus que de raison…!), je mettais un podcast de La compagnie des auteurs, enfilais le vieux tee-shirt gris de Robinson, et passais le rouleau pendant des heures. J’ai de très chouettes souvenirs de ces moments, l’odeur entêtante de la peinture, le calme de la nuit, la chaleur étouffante, la voix de Mathieu Garrigou-Lagrange, des textes lus, des extraits de Gatsby, d’Une chambre à soi, des anecdotes d’écriture de la Comtesse de Ségur ou de Joyce Carol Oates… J’en ai écouté des dizaines et des dizaines, des podcasts, ces nuits de travaux : F.S. Fitzgerald, la Comtesse de Ségur, la fratrie Brontë, Joyce Carol Oates, Virginia Woolf, mais aussi les épisodes sur les séries, Six Feet Under, Sopranos…

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notre chambre, peinte en blanc et rose, les restes de peinture du salon, et décorée de touches de bleu russe

Après ces sept mois de travaux, nous avons décidé de faire une pause. Il reste une chambre à rénover au rez-de-chaussée, et toutes les boiseries (volets, porte, garage) à repeindre en bleu-gris. Il y a aussi le sous-sol, à rafraichir et aménager. Mais nous avons besoin de profiter un peu, d’abord, de notre jolie maison, et financièrement de nouveaux gros travaux sont inenvisageables pour l’instant, ou alors au détriment du reste. Nous avons envie de nous reposer, de savourer, de passer du temps avec Little (qui a été un peu négligé, pendant les travaux, forcément), et de dépenser nos économies dans un voyage plutôt que dans du plâtre et du ciment ^-^ … Ça attendra un peu !

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la chambre de Little, peinte dans un gris aux reflets lavande très doux

 

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Vœux pour 2019 : ce que je me souhaite de réaliser pour cette année à venir (une sorte de listes de résolutions, si l’on veut…)

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  • couture

Durant ces vacances de Noël, je ne sais pas comment, par quel mystérieux tour de magie, j’ai pu trouver le temps et la motivation de me remettre à la couture ! Cela faisait quelques mois que je n’avais pas utilisé ma machine à coudre, ou alors seulement pour faire des ourlets ou de minimes réparations. Mais là, je n’ai pas chômé, puisque dimanche dernier, j’ai coupé deux patrons pour coudre deux robes, et hop je les ai cousues en deux jours. Je souhaitais porter l’une d’elles au réveillon du nouvel an, mais malheureusement je ne l’ai pas finie à temps (je l’ai terminée le lendemain… dommage…). Mais peu importe ; remettre le pied à l’étrier a généré un sentiment de satisfaction immense et m’a redonnée envie de coudre, beaucoup. Dans la foulée, j’ai donc fait l’acquisition d’un nouveau patron (la blouse Eugénie d’Atelier Scämmit, pour tout vous dire) que j’ai découpé hier, et je me suis lancée dans un patron que je possédais déjà mais qui me semblait difficile. Hier, je l’ai découpé aussi, comme ça pas de marche-arrière possible, le tissu est prêt, il ne me reste plus qu’à coudre (enfin, « plus qu’à »… c’est vite dit !). Cette année, j’aimerais être plus régulière, et m’éloigner des patrons rebattus que j’ai cousus des dizaines de fois. Ma garde-robe ne demande que ça, je n’en peux plus de ne porter qu’un modèle de blouse et qu’un modèle de robe, aussi jolis soient-ils. Il faut que je me renouvelle.
Bon, pour tout vous avouer, lorsque j’ai montré, toute fière, ma dernière robe cousue main à Robinson, il l’a regardée et m’a dit : « Hum, oui c’est bien… Mais tu sais, ton truc à toi, c’est l’écriture. Tu devrais peut-être plutôt te concentrer sur ça… »  °_°  Ah ah ah ah… Le tact de cet homme me laisse toujours pantoise… 😉

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voici la robe que je voulais me coudre pour la Saint Sylvestre, mais que je n’ai pas terminée à temps

  • voyage

Notre dernier voyage à l’étranger remonte à 2015. J’étais alors enceinte de trois mois, et nous avions passé dix jours à crapahuter en Écosse, dans un décor fantasmagorique entre montagnes, lacs gelés, lochs mystérieux et landes brumeuses. Depuis lors, nous sommes partis à la montagne pour faire du snow, à l’océan pour découvrir la Bretagne et arpenter la côte des surfeurs en camping-car, et nous avons campé dans les Alpes cet été. Mais repartir à l’étranger nous taraudait. Après avoir envisagé un voyage en amoureux dans de lointaines contrées, nos finances et notre envie de transmettre l’amour du voyage à Little nous ont fait envisager les choses sous un autre angle. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à booker des billets d’avion pour l’Angleterre ! Nous partons à la découverte du Yorkshire au mois d’avril, tous les trois ! Je vous en parlais dans ce billet, c’est le voyage de Bakpoki qui m’avait donné terriblement envie de découvrir le nord de l’Angleterre, terre sauvage et littéraire à souhait. Sur les traces des Brontë, d’Harry Potter et même de … Robin des Bois paraît-il (!) -> information à confirmer…. ! Nous ferons aussi un petit tour par Birmingham, pour visiter la ville des Peaky Blinders, série que nous adorons et dont l’ambiance industrielle et sombre nous fascine.  Je suis ravie, j’ai hâte de repartir en terre anglo-saxone, d’entendre parler anglais dans la rue, de boire des bières et de manger des frites dans des pubs, de randonner dans des paysages accidentés de falaises, de montagnes, et de me perdre dans des vallons couverts de bruyères et humides de tourbe. Nous avions envisagé l’Écosse ou l’Irlande, mais les horaires de vol et/ou les tarifs étaient dissuasifs. Le Yorkshire était sur ma liste de voyages rêvés, et les vols pour Manchester correspondaient mieux à nos contraintes. C’était écrit, voilà tout…

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  • écriture

2019 sera placé, je l’espère, sous le signe de l’écriture ! Tout d’abord, cette année, je participe à nouveau au concours de nouvelles de l’Eveil Plumes (pour la cinquième fois ! On dirait que je deviens une fidèle de l’association…). Le sujet, Jeux Interdits, m’a assez inspirée pour que, contrairement à mes habitudes, je sois déjà bien avancée dans l’écriture de ma nouvelle (les autres années, je m’attelais à la tâche durant les vacances de février, soit deux ou trois semaines avant la date limite d’envoi des manuscrits…^-^).
Et puis, autre projet ! À force de participer à ce concours, je commence à accumuler un petit nombre de nouvelles que je souhaiterais réunir en un recueil, et que j’aimerais auto-publier. Je n’en suis qu’aux prémices de ce projet, mais cette idée me motive pour écrire encore et encore. J’ai envie d’élargir mon horizon, j’ai envie d’y croire et de me lancer. J’ai toujours voulu devenir écrivain, il faut que je croie en moi sans attendre que quelqu’un d’autre le fasse à ma place. Il n’y a que moi qui pourrai provoquer ma chance, n’est-ce pas ? J’ai envie de foncer, de tout faire pour essayer, quitte à échouer. Je préfère les échecs aux regrets. Bien sûr, je vous en reparlerai en temps voulu. Tout cela n’est qu’à l’état d’embryon d’idée, pour l’instant.
Enfin, comme je l’ai évoqué dans le bilan ci-dessus, j’ai commencé un nouveau projet de fiction intitulé Wanaka Blues, une histoire qui se déroule en Nouvelle-Zélande, en été. Comme je suis extrêmement sensible aux saisons et incapable de me projeter dans les beaux jours lorsque c’est encore le plein hiver, je ne parviens pas à avancer sur ce projet actuellement. J’attends le retour du soleil pour m’y remettre, je sais que le déclic se fera de lui-même. Mon inspiration est vraiment fluctuante en fonction de la météo, je suis une véritable ourse polarisée entre l’hiver et l’été, sans demi-mesure, ah ah ah…

Mon mantra en 2019

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le givre, à Noël, chez mes parents

Voilà pour ce billet de changement d’année. J’aime bien cette idée de la page qu’on tourne, des souvenirs qu’on garde et de la feuille vierge qui s’offre à nous. Dernièrement, je ne sais plus où, j’ai lu une sorte de mantra qui disait, en substance : notre vie entière est à l’image de ce qui remplit une de nos journées, ou quelque chose comme ça. Cela m’a fait prendre conscience qu’à force d’attendre de vivre de grands moments inoubliables, j’en oubliais parfois un peu le doux quotidien. Et aussi, que passer mes journées à faire des tâches ménagères, à ressasser des soucis, à m’énerver avec Little ou à scroller sur internet reflétait une bien piètre image de ma vie, loin de celle que j’aspire à avoir. Alors, j’ai envie d’inverser la tendance, et d’envisager chacune de mes journées comme le reflet de ma vie entière. Cette semaine, j’ai fait trois randonnées, j’ai passé beaucoup de temps dehors, j’ai lu et cuisiné avec Little, j’ai beaucoup joué avec lui aussi, j’ai pris le temps de préparer des recettes que je n’avais pas faites depuis longtemps, j’ai essayé d’être présente pour mes amis, de prendre des nouvelles… bref, je me suis dit que mes journées devaient être remplies de plus de belles choses, et de moins de négatif (boulot, tâches ménagères, routines obligatoires mais que je vais essayer de mieux diluer dans ma semaine…). Tâchons de mettre ce mantra à exécution en 2019 !

 

Et vous alors ? Votre bilan 2018 est-il plutôt positif ou, comme pour nous, l’impression d’un tourbillon un peu éreintant qu’on est content de vois s’achever ?

Quels sont vos vœux pour 2019 ? Des bonnes résolutions ?

À très bientôt, et encore une belle année à vous !

 

NB : toutes les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

L’hiver doux

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Ah, le mois de décembre, le calendrier de Noël, ses chocolats, les guirlandes lumineuses qui clignotent, et l’envie de rester des journées entières sous un plaid à lire et à regarder des films de saison.

Voir

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Je suis allée au cinéma voir Les Animaux Fantastiques 2 – les Crimes de Grindewald, et j’ai passé un excellent moment. C’est du ciné comme j’aime : spectaculaire, dépaysant, sans ennui, féerique… on ne s’ennuie pas, les personnages sont étonnamment étoffés, j’ai surtout, évidemment, craqué pour le personnage de Leta Lestrange interprété par la fascinante Zoë Kravitz. Leta est ambivalente, à la fois sombre et lumineuse, et jusqu’au dernier moment on ne sait pas quel côté l’emportera chez elle. Zoë Kravitz est, comme dans Big Little Lies, sensuelle, racée, féline et magnétique. Et bonne actrice, pour ne rien gâcher !
Cette escapade dans les salles obscures était un bon moment partagé avec Robinson, comme on en a trop peu depuis la naissance de Little, mais qu’on saisit à chaque fois qu’on le peut !

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Lire

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J’ai lu un roman de Malika Ferdjoukh dernièrement, et ses livres sont toujours aussi savoureux. Cela se passe à New York dans les années 40, c’est Halloween, puis Noël, il neige, et il est question de jeunes gens apprentis comédiens, danseurs, artistes à Broadway. Ils vivent dans une pension, la maison Giboulée, et la narration est, comme toujours avec Ferdjoukh, drôle, inventive, rythmée et délicieuse. Broadway Limited est un roman parfait pour la saison, un tome 2 vient de paraître et bien sûr il me tarde d’y plonger !

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Écrire

Le nouveau sujet du concours d’écriture auquel je participe chaque année est sorti début novembre ! Vous avez jusqu’à mars pour y participer, ce qui laisse beaucoup de temps en réalité, car il s’agit de nouvelles, et seulement cinq pages maximum sont autorisées !
Le sujet 2019 est : Jeux interdits… Hum hum… ^-^

affiche eveil plumesLa jolie affiche du concours, réalisée cette année par… ma meilleure amie, dont j’avais glissé le nom à l’oreille du président du concours, et qui l’a contactée !

Après m’avoir laissée de marbre pendant quelques jours, le thème m’a finalement inspirée et à présent, j’attends d’avoir un peu de temps libre pour m’atteler à l’écriture. J’aime ce concours car il me donne un élan d’écriture libre, ça me cadre et me fixe un objectif, et puis être lue par d’autres personnes est toujours très enrichissant. Bref, si vous avez envie de vous amuser sans pression, de vous contraindre à un petit exercice d’écriture, ou même de devenir lecteur et faire partie du jury, n’hésitez pas à participer !

 

Et vous, que lisez-vous, que regardez-vous, qu’écrivez-vous, cet hiver ?

Music of the day : Lately, Lera Lynn (from HBO True Detective 2)

Illustrations : ici et ici

Bazar #1

Parfois j’ai envie de vous parler d’un truc qui me passe par la tête, et puis lorsque je me retrouve face au clavier j’ai oublié. C’est embêtant.

Ce soir, je vais faire un effort pour tenter de remobiliser mon cerveau. Voici comme des petits aplats de peinture multicolore les idées et sujets qui me sont passés par la tête dernièrement et que je désirais partager avec vous. Comme un Sunday Morning, à la différence que, au lieu de vous présenter des photos de notre quotidien, dans ce billet je parlerai plutôt d’inspirations et proposerai donc des images qui ne sont pas de moi.

Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma… Et j’y vais si peu !
Ces derniers jours, trois films que j’ai très envie de voir sont sortis :

  • Come as you are, avec Chloe Grace Moretz et Sasha Lane (et accessoirement, Jennifer Ehle, qui jouait Lizzie Bennett dans la mémorable version BBC de Pride and Prejudice)
  • Dark River, avec la très douée Ruth Wilson (la plus inoubliable Jane Eyre à mes yeux, qui joue aussi la mystérieuse Alison dans The Affair)
  • Fleuve noir, un polar français avec Romain Duris, Sandrine Kiberlain et Vincent Cassel (je ne suis pas très film français mais celui-là me fait vraiment envie…)darkriver

 

Dimanche, je me suis éclipsée pour aller voir Come as you are. L’affiche, avec son côté vintage, grunge et wild promettait un film alliant tout ce que j’aime. Et puis je suis rarement déçue par la sélection du festival de Sundance, qui met en avant des films indépendants au sujet de société passionnants ou aux acteurs époustouflants de justesse et de naturel. Le film n’est pas à la hauteur de mes (hautes) attentes mais il reste un très bon film, intéressant de par le sujet qu’il traite (la volonté de « rééduquer » les ados homosexuels en les cloisonnant dans un centre où la religion et le reniement les poussent à détester ce qu’ils sont et à leur faire croire qu’ils peuvent changer).
J’ai aimé le film, sans l’adorer. J’ai aimé l’ambiance des années 90 très bien retranscrite (cassettes audio, bombers, coupes de cheveux improbables, moustaches, émission de gym ringardes…) et les acteurs, ainsi que les décors – une forêt américaine en automne, typiquement le genre de nature qui m’inspire et me plait beaucoup.

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Déco

Après avoir rénové le séjour-cuisine de notre maison, nous nous sommes attelés aux chambres, qui avaient désespérément besoin d’un coup de frais. Vieux papiers-peints, crépis, et même d’épouvantables frises fleuries, assorties de couleurs beurk (orange, jaune, beige…)… j’avais honte de laisser Little dormir dans sa chambre, dont on avait grossièrement arraché la frise, et qui présentait deux crépis différents : sur le haut du mur, un crépi qui ressortait, et sur le soubassement, un crépi présentant comme des creux. Le tout recouvert de peinture plastifiée très difficile à décoller. Bref, vous voyez le tableau… Il était urgent de s’attaquer aux chambres mais le chantier n’était pas facile, car il fallait avant tout poncer et lisser tous les murs !
Les copains sont venus nous prêter main forte, j’ai laissé les mecs s’occuper du gros œuvre, et je me suis chargée de ce que je préfère dans la rénovation de la maison : imaginer la déco finale. Peintures des murs, agencement de la pièce, choix des meubles… Pour ce projet, j’ai écumé internet, Pinterest et les sites de design, et passé un peu de temps dans les boutiques à la recherche des éléments clés de la décoration choisie. J’ai aussi chiné quelques meubles et récupéré des éléments chez mes parents (ma mère est une chineuse exceptionnelle, la maison familiale regorge de pépites, vieux pupitres d’écolier, établi en bois massif, armoires colossales, lustres à pampilles et autres trésors…). Voici quelques images de mes inspirations, qui ont orienté les choix pour la chambre de Little et la nôtre :

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Cette femme pose dans sa merveilleuse maison australienne, avec ses deux très beaux enfants. La photo est à la fois inspirante et un peu énervante, vous ne trouvez pas ^-^ ? Cette maman est belle, et sa maison est superbement décorée, il y a de quoi être un peu envieuse… 😉
Dans cette déco, j’aime le mélange de vintage, de récup, et de touches colorées ethniques avec les tissus damassés, et les empiècements précieux sur les petits vêtements suspendus. J’aime aussi l’impression de joyeux bazar qui se dégage de cette photo, les enfants nus sous la salopette, à la cool, peignant à même le sol, et leurs peintures enfantines accrochées au mur et présentées comme de véritables ouvrages d’artistes.
Son site ici : captainandthegypsykid

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Pour la couleur de la chambre de Little, j’ai opté pour ce gris aux tons un peu parme. Comme sur cette photo, il y aura des meubles en bois brut et clairs, et d’autres blancs cérusés. La patère en bois sera aussi un des éléments de décoration de la chambre de mon petit garçon.

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Chez mes parents, j’ai récupéré une armoire dans ce style, une vieille bonnetière que je trouve magnifique. Elle a été repeinte légèrement, un voile de blanc qui laisse apparaître les imperfections du bois et les éclats bruts en dessous. Elle remplacera la commode blanche dans laquelle nous rangions les vêtements de Little. J’aimerais pouvoir remplacer l’une des étagères (en bas) par une tringle afin de lui créer, dans l’armoire, une petite penderie et lui permettre d’être autonome au niveau de l’habillage. On verra si je parviendrai à bricoler ce meuble, mais déjà, tel quel, je l’adore.

Si vous souhaitez découvrir le reste de mes inspirations pour la chambre de Little, n’hésitez pas à jeter un œil à mon tableau Pinterest dédié.

 

Écriture

wanaka

Après avoir terminé de corriger mon premier projet de roman (Les Soeurs Ponsard – titre provisoire en attendant de trouver mieux) et avoir un peu saturé je dois bien l’admettre, une nouvelle idée d’histoire a tranquillement germé dans mon esprit, et si j’avais pourtant décidé de ne pas ma replonger dans l’écriture trop rapidement après Les Soeurs Ponsard, histoire de faire un break et d’avancer sur mes autres projets, il m’a bien fallu m’y remettre, tant cette petite idée trottait dans ma tête et prenait corps jour après jour, m’insufflant motivation et envie qu’il m’était impossible de tempérer ! J’ai couché mes idées dans mon cahier d’écriture, pour m’en débarrasser et soulager mon esprit, mais cela n’a pas aidé – au contraire – ; les choses se sont faites plus concrètes, le décor et les personnages se dessinaient plus précisément dans mon imagination, des noms de personnages dansaient en permanence dans mes pensées… Bref, l’inspiration était là, j’ai donc commencé à écrire mon second projet de roman : Wanaka Blues. Cette fois, rodée grâce à l’expérience de mon premier travail d’écriture, j’ai décidé de travailler de manière rigoureuse et organisée. J’utilise Scribbook (et c’est fantastique ! ) et je suis la méthode flocon (écrire pas à pas, en suivant des étapes bien précises pour dérouler tranquillement les personnages/l’intrigue/la narration et préparer de manière précise le travail d’écriture). Je ne me mets pas la pression, je sais désormais qu’écrire peut prendre du temps, des années, et que je suis capable d’aller jusqu’au bout de ce genre de projet. On verra bien ce que ça donne… Je vous propose ici quelques images qui m’inspirent et qui sont liées à l’intrigue et surtout aux décors de ce deuxième projet (comme je le répète souvent ici, en lecture, en écriture, et même dans les films ou séries que j’aime, ce sont les ambiances, les univers qui me guident ou me parlent, avant même de penser à l’intrigue en elle-même).

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Ah, et si ça vous dit de lire une de mes nouvelles, hier j’ai mis en ligne Bleu Corail sur une des pages de ce blog ! N’hésitez pas à découvrir ce texte écrit en 2015.

 

Inspiration

En faisant des recherches pour les travaux des chambres, je suis tombée sur le blog de Gabrielle (designmom) et je me suis laissée emporter par la simplicité et les jolies photos de ces billets. J’ai notamment aimé lire les articles de la série « Living with kids » présentant des intérieurs de familles, et donc des chambres d’enfants. J’ai aimé lire ce que disaient ces mamans sur le fait d’allier décoration et design avec la vie tourbillonnante d’un quotidien avec enfants. Avoir des enfants signifie accepter un certain désordre chez soi, un lâcher prise qui demande un long (loooooong) temps d’adaptation je trouve. Lire ces articles, et les commentaires associés, m’ont fait beaucoup de bien. Surtout ce billet où Gabrielle, maman de 6 ENFANTS (oui oui…) essaie d’expliquer ce qui l’a poussée à faire ce choix d’une famille nombreuse. Les réactions, en commentaires, sont extrêmement intéressantes. Des mamans expliquent à quel point elles se sont coupées des autres, de leurs amis, car il leur était impossible de sortir avec leurs enfants, car les tout-petits sont ingérables, etc… Je me suis reconnue dans les propos de ces mamans « désespérées » car, croyez le ou non, je suis souvent dépassée par l’énergie, le cyclone de vie qu’est mon fils. Il grandit, et en ce moment il est en pleine phase de… de trop-plein. Il déborde d’énergie, d’émotions, d’envies, c’est une petite tornade et je me sens épuisée (et pourtant je n’ai QU’UN ENFANT!!!). Parfois aussi, je ressens du désarroi, ou du découragement. Élever un enfant, c’est avancer à l’aveugle. C’est avoir la foi, et se dire que quoi qu’il fasse à ce moment précis de sa petite enfance (ce moment qu’on traverse actuellement, où il nous rend chèvres…), il faut croire en lui et se dire qu’il ne restera pas, non, cette boule de fureur ou ce petit être en crise qu’il est en ce moment. Et des fois, c’est dur de se convaincre. De ne pas abandonner… Il faut y croire, et cela demande une énergie de chaque instant. Je ne me plains pas, j’aime être maman, j’aime m’occuper de ce petit bout d’homme incroyable, mais je suis humaine et parfois je fatigue. Lire les témoignages de ces mamans de familles nombreuses (ou non) qui expliquent qu’elles ne peuvent plus rien faire en famille car leurs enfants sont des tornades, qu’elles ont l’impression de déranger les gens où qu’elles aillent quoi qu’elles fassent en famille, et surtout, lire les réponses rassurantes d’autres mamans dont les enfants-piles électriques ont grandi et se sont apaisés, m’a rassérénée.

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Éducation

Sur ce même blog (décidément très inspirant), j’ai adoré (A-DO-RÉ!) le billet Living with kids présentant la maison de Vivien (ce prénom… ❤ )

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Vivien a deux filles, adolescentes, et elles vivent toutes les trois au Pays de Galles dans une charmante maison qui m’a fait penser à un cottage. Ce n’est pas hyper design, mais juste cosy et agréable, douillet et beau. Mais le plus beau, le plus doux, ce sont les mots de Vivien qui dépeint son quotidien avec ses filles ; regarder des épisodes de Gilmore Girls, se faire un chocolat chaud, accéder à tous les petits commerces de la bourgade à pieds, se promener dans la nature environnante, discuter, échanger et débattre des faits de société, aller chercher ses filles tard le soir lorsqu’elles sortent… Vivien n’en fait pas des tonnes, son texte est très simple et sonne vrai, elle parle des difficultés d’être mère célibataire, d’élever des adolescentes dans le monde actuel. Une phrase a résonné en moi la jeune mère qu’elle était, ce serait de profiter à fond de sa parentalité, même des moments où ses filles, petites, l’accaparaient beaucoup et où elle regrettait de ne pas avoir plus de temps pour elle (oh que ce sentiment m’est familier…) car le temps file et on ne sait jamais quand on vivra le dernier moment d’une routine qui nous accable parfois : la dernière couche à changer, où le dernier biberon que notre enfant boira, où le dernier instant avant qu’il ne se mette debout pour essayer de marcher, où la dernière nuit où il vient se réfugier dans notre lit après un cauchemar… Elle ajoute que, si elle avait su, elle se serait moins mis la pression avec le temps passé devant les écrans. Et ça, ça me parle. Little n’a jamais regardé la télévision, ni un dessin animé sur l’ordinateur ou le téléphone. Je suis à la lettre la prérogative ministérielle qui dit : « pas d’écran avant trois ans ». Dans mon métier, je le conseille depuis longtemps aux parents et à mes élèves, limiter les écrans me paraît vital chez les petits enfants. En même temps, on a peu de témoignages de parents qui ont vécu ce changement et qui ont aujourd’hui des enfants assez grands pour mesurer si l’impact du « moins d’écran » a porté ses fruits ou non. Or, Vivien peut témoigner de cela, elle fait partie de ces parents qui ont connu le boom des écrans au moment où ils ont eu leurs premiers enfants. Vivien dit donc que, si elle avait su, elle se serit moins mis la pression car, dans tous les cas, les enfants finissent par grandir et devenir des adolescents qui vivent le nez rivé sur leurs écrans de portable. Bon, je ne sais pas si j’ai envie de croire à cette fatalité (n’existe-t-il vraiment pas d’adolescent qui ne soit accro à son téléphone ? ) mais dans tous les cas, voir cette femme qui semble équilibrée, parler de ses filles avec qui elle a une relation qui semble saine (et non violente et cataclismique comme celle de certains ados avec leurs parents (moi, par exemple ^-^) ) est plutôt rassurant. Elle m’a donné envie de lâcher prise, un tout petit peu plus. Je suis très très rigoureuse sur mes principes d’éducation (en bonne taureau que je suis, si je n’ai pas un cadre défini pour me rassurer, je fais n’importe quoi…) et lorsque je rencontre des personnes moins « control freak » que moi sur cet aspect, cela me fait du bien (mon amie Alma, donc je vous ai déjà parlé, est comme ça elle aussi. Un vent de fraicheur, cette maman. Beaucoup plus cool et « on verra, advienne que pourra » que moi…).

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Le texte est en anglais mais c’est assez facile à comprendre. Je vous encourage à le lire car, entre le côté cottage cosy dans la campagne anglaise (ou presque), et cool-raoul-(oui, j’utilise cette expression démodée)-je-suis-mère-d’adolescente-et-je-le-vis-bien, je trouve cette Vivien Jones très inspirante. (Et si j’ajoute qu’en plus, elle a lancé son propre magazine pour ado…)

Et voilà pour mon bazar !
Je vous montrerai le résultat de la rénovation des chambres dès que ce sera terminé (fin août, j’espère !). On verra bien si cela ressemblera ou non aux photos qui m’ont inspirée !

Bon week-end !

Écrire un roman

femme écrivain

Si vous venez par ici depuis longtemps, alors ce n’est pas un secret, vous savez que je travaille sur ce projet depuis des mois et des mois ; écrire une fiction.
C’était d’ailleurs pour avoir davantage de temps à consacrer à ce projet d’écriture que j’avais, un temps, mis ce blog en pause.
Alors quand, le 29 janvier, j’ai écrit la dernière ligne de mon dernier chapitre, forcément j’ai tout de suite pensé à vous, qui me lisez ici régulièrement, me soutenez à chaque fois que je vous parle d’un projet, m’encouragez, me laissez des commentaires adorables et faites toujours preuve de tant de bienveillance… J’ai immédiatement eu envie de vous prévenir, de vous crier AYÉ J’AI FINI !!!! ^-^ J’avais le sentiment que je vous devais bien ça. Vous prévenir en premier. Voilà, c’est fait, j’ai terminé Les Sœurs Ponsard (le titre est provisoire!).

Mais avant de vous le dire,  il fallait d’abord que je relise un peu tout ce que j’avais écrit, histoire d’avoir quelque chose à vous proposer une fois que l’annonce serait faite. Voilà pourquoi j’ai un peu tardé à vous le dire.

Bon, aujourd’hui, je suis encore en plein dedans, j’entame la lourde partie des corrections et des dizaines de dizaines de relectures – pas l’étape la plus fun, on est d’accord. En gros, j’ai achevé mon premier jet. L’histoire est posée, les personnages existent, la chronologie des actions est cohérente, j’ai un bon gros brouillon ; désormais, je vais devoir remodeler cette matière brute. Ciseler mes phrases, trancher dans mes chapitres, et pour une prolixe comme moi, vous vous doutez que ce travail ne va pas être aisé ah ah. J’ai été bien trop bavarde, dans mon écriture. Mon roman compte 110 000 mots, soit 657 000 caractères, soit 270 pages Word. 52 chapitres… Oui, je sais, c’est un peu beaucoup.

J’ai envie de vous raconter un peu plus cette expérience d’écriture, car elle a été formidable (et elle l’est encore, hein, puisque je n’ai pas terminé toutes les étapes permettant de dire, enfin, qu’on a définitivement fini un livre). Je ne sais pas si ça vous intéressera, mais peut-être que ça vous donnera envie, au moins, de lire quelques chapitres de mon histoire ?

La genèse

Il y a quatre ans et demi, je revenais de notre tour du monde, complètement déboussolée par le voyage, par l’isolement de notre road trip, en mode remise en question de toute la société, de nos habitudes de consommation, de ma vie, etc… Chamboulée. Mais heureuse, toujours. Après des mois de sport intensif, course à pieds et randonnée trekking, je rentre de ce voyage blessée au genou, immobilisée. En arrêt de travail de septembre à novembre. Assignée à domicile, quoi. J’ai plein de temps devant moi, pas encore d’enfant à ce moment là, alors je m’attelle à ce projet d’écriture. J’ai toujours écrit, depuis que je sais tenir un crayon. Le blog m’avait permis d’entretenir ce besoin d’écrire, mais avec autant de temps libre à occuper à ce moment-là, tenir le blog ne suffisait pas. J’ai alors commencé à écrire quelques pages des Sœurs Ponsard (tout en m’auto-formant plus ou moins à l’enseignement du yoga, et en prenant des cours de guitare… c’était donc un projet en pointillés). J’avais dessiné des plans du village, choisi des prénoms, trouvé déjà quelques idées des péripéties diverses qui ponctueraient le roman, mais pas vraiment arrêté de scénario précis. J’avais envie d’écrire une histoire de famille, de sœurs, voilà tout.  Puis, j’ai mis tout ça de côté, j’ai repris le travail, la vie a continué, le blog, le temps qui file, Les sœurs Ponsard ont été rangées dans la catégorie « projet en cours » qui accueille régulièrement mes tonnes d’idées abandonnées.

Et puis il y a un an et demi, deux ans, j’ai repensé à cette histoire. J’étais jeune maman, en congé parental, avec un petit peu de temps à consacrer à l’écriture. L’année de mes trente ans. Je me suis rendue compte que, petite, je m’étais toujours imaginée que d’ici mes trente ans, je serais largement devenue écrivain ! Ça me paraissait tellement simple, vue de mon enfance ^-^ La vie file et on se rend compte un beau jour que nos rêves d’enfant ne se sont pas réalisés. Non, car les rêves ne se débrouillent pas tout seuls, ils ont besoin d’un coup de pouce, ils ont besoin qu’on se bouge les fesses pour les concrétiser. A trente ans, ce réveil un peu brutal m’a donné l’impulsion ; se dire qu’un jour on sera écrivain, c’est bien, mais essayer de le devenir vraiment, ça ne pouvait pas se faire tout seul. Alors que j’avais un peu de temps devant moi, pas de boulot à préparer, pas de classe à gérer, et mon cerveau plus aéré que d’habitude donc, je me suis dit qu’il était temps de m’atteler à ce projet, et de le mener à bien une bonne fois pour toute. Pour devenir écrivain, il faut écrire un livre, pas seulement les deux ou trois chapitres du début 😉
J’ai donc décidé de me donner cet objectif comme un test : écrire un roman en entier, de manière sérieuse, comme un vrai travail. Pas juste comme un petit projet parallèle, secret, quand je grappille deux minutes par ci et par là.

Les aides

Pour cela, il m’a fallu apprendre l’aspect technique de l’écriture, que mes études de lettres ne m’ont jamais enseignées ! J’ai beaucoup cherché, tâtonné… Et puis, finalement, je suis parvenue à percer cette communauté sur internet (car, comme pour tout, aujourd’hui, il existe sur le net une quantité impressionnante de ressources et de tutoriels, mais encore faut-il savoir où chercher pour tomber sur des trucs pertinents…)
Au départ, je tombais sur des vidéos de gens bizarres qui expliquent comment écrire un livre avec des techniques… euh, loufoques. Par exemple, prendre un livre qu’on aime et le recopier en changeant quelques éléments, (personnages, lieux etc…) !! Ou des blogs répertoriant tous les éléments indispensables pour écrire une romance à l’eau de rose (mais QUI veut écrire ça ??!!). Je peux vous dire que celui-là je l’ai lu et relu juste pour bien mémoriser tous les écueils dans lesquels ne pas tomber ah ah…
Finalement, à force de chercher, j’ai réussi à trouver : c’est la chaîne Youtube de Samantha Bailly qui a été le déclic : exactement ce que je cherchais ! Des tutoriels modernes et frais, une jeune femme agréable, sympathique, simple et claire. Des explications pertinentes et surtout très utiles. J’ai regardé un grand nombre de ses vidéos, pris des notes, assimilé le plus d’informations possibles. Et cela m’a été extrêmement utile pour la suite.

Le processus d’écriture

Grâce aux tutoriels de cette jeune autrice, j’ai pu mettre de l’ordre dans mon projet de départ. En gros, j’avais juste une idée de mes personnages, et de l’endroit où ils évolueraient, mais je me suis rendue compte que je n’avais absolument pas creusé l’intrigue. Puis j’ai compris que pour chaque personnage important, je devais fixer un enjeu, un objectif, que le roman permettrait d’atteindre ou d’invalider. Sans cet enjeu, l’histoire n’avait aucun intérêt.

A partir de là, j’ai retravaillé toutes mes idées, j’ai utilisé des post-its pour noter chaque bribe d’idée, les organiser entre elles (peut-être que celles/ceux qui me suivaient sur Instagram s’en souviennent ^-^ )… J’ai travaillé sur une frise chronologique pour vérifier la cohérence des enchainements d’événements.

En gros, j’ai commencé à utilisé des outils en parallèle de mon texte pour soutenir mon travail de rédaction. Ces outils, je les avais omis au commencement de mon projet, car je n’avais pas envie de m’embêter avec des détails techniques – je partais bille en tête, plongeant dans l’écriture sans préparation, en ne me fiant qu’à mon inspiration. En réalité, le processus d’écriture est tellement long qu’il me fallait, nécessairement, un « filet », un plan, des notes, une chronologie, des fiches personnages. Au départ, tout cela ne m’intéressait pas, ça me paraissait trop lourd, mais en réalité c’était impossible pour moi d’avancer – sérieusement – sans eux. Grâce à eux, mon travail d’écriture a pris une tout autre dimension, j’ai pu avoir une vision plus claire, plus globale de ce que j’écrivais, les idées venaient plus simplement, tout le processus m’a semblé plus fluide. Ça a véritablement été comme un mécanisme qu’on aurait enfin huilé. J’ai pu travailler beaucoup plus vite et surtout, avec plus de plaisir ! Car je poursuivais des objectifs définis, j’avais des étapes bien déterminées, je n’avais plus qu’à suivre mon plan et ma chronologie.

Je suis passée d’une idée sympathique d’histoire de sœurs dans un village de montagnes, sans savoir ni ce qui allait leur arriver, ni la fin de l’histoire, à un plan très détaillé des diverses actions de chaque personnage, principal comme secondaire, avec une imbrication plus « ficelée » des différents éléments, et une montée de la tension dramatique un tout petit peu plus travaillée (bon, ce n’est pas du Fred Vargas non plus hein !). Je vous jure, à partir de ce moment là, quand les choses ont été posées, écrire est devenu beaucoup plus facile, comme si déterminer tant de brides avait, finalement, débridé l’acte en lui-même.

Le temps

Disons qu’il m’a bien fallu deux ans pour mener ce projet à terme, à partir du moment où je l’ai repris de manière sérieuse, jusqu’à ce 29 janvier 2018 où j’ai écrit la dernière ligne. A présent, vont s’ajouter les mois de corrections et de relecture…

Pour bien écrire, il me faut une plage horaire assez longue. J’ai besoin de me plonger durablement dans le processus. Souvent, je passais une ou deux semaines à ne faire que ça lors des siestes de Little, soit environ trois heures par jour. Bien sûr, dans ces cas là, l’histoire me hantait à chaque moment de la journée, je m’endormais en y pensant le soir, je me réveillais avec elle le matin, c’est obsédant mais indispensable car très foisonnant et constructif.

J’alternais avec de longues périodes sans écrire, pendant lesquelles j’écrivais autre chose, des nouvelles, mon blog, des correspondances… ou bien je lisais beaucoup, pour nourrir le processus d’écriture justement. Pour me plonger dans une autre histoire, dans des mots moins habituels, dans un style différent du mien (parce-que, au bout d’un moment, on ne se supporte plus soi-même, on ne supporte plus sa façon d’écrire, je ne voyais que les défauts de mon « style »…).
Ce qui est drôle, c’est que, lorsque je relis certains chapitres des Sœurs Ponsard, je sais exactement quel livre j’étais en train de lire à cette période là : le style s’en ressent énormément ! Je peux voir très clairement les influences qui font onduler mon style, je reconnais des tournures de phrases, des syntaxes qui ne me sont pas habituelles… Lire, quand on écrit, est indispensable pour nourrir son écriture.

Mes proches

Lorsque j’ai décidé de considérer sérieusement cette activité d’écriture, et non plus simplement comme un petit loisir pratiqué en secret car je ne me sentais pas à la hauteur des vrais écrivains, j’en ai parlé autour de moi. Heureusement, les concours de nouvelles auxquels j’avais participé auparavant avaient déjà amorcé ce sujet, et aux yeux de mes proches, l’écriture faisait déjà officiellement partie de mes activités. Le fait d’écrire au grand jour, et de le revendiquer, est libérateur et en même temps… terrible, pour moi. À chaque fois que je dis que j’écris, que je suis en train d’écrire un roman… je me sens comme une énorme imposture, une fille prétentieuse qui se prend pour Victor Hugo et agite ses trois pauvres nouvelles sous le nez des gens comme s’il s’agissait du prochain Goncourt. Ça, c’est la crainte que j’ai, la peur que les gens aient cette image de moi lorsque je parle de l’écriture. Qu’on me trouve prétentieuse, imbue de moi-même, parce qu’évoquer l’écriture d’un roman ne serait réservé qu’aux écrivains qui ont déjà fait leur preuve, des vrais écrivains quoi. Pas des aspirants. Bref, le syndrome de l’imposteur, vous voyez ?
Mais, malgré tout, je me force à être fière et à assumer ce projet. C’est assez nouveau pour moi, qui ai toujours écrit, mais sans jamais le révéler « dans la vraie vie » (heureusement qu’il y a eu ce blog, où j’ai pu en parler très tôt, où je me sentais moins jugée..).
Aujourd’hui, je crains moins le jugement des autres (de manière générale, mais aussi concernant l’écriture en particulier). J’assume.
Quand un de mes amis m’a demandé de quoi parlait mon roman, je lui ai dit « oh ça ne te plaira pas, ça va te paraître nul, ce n’est pas du tout le genre de choses que tu lis, tu vas trouver ça naze ». Mais lui m’a répondu, très sérieusement : « Je ne me permettrais jamais de dire un truc pareil. Les gens ne te diront jamais ça, car qui, autour de nous, a réussi à faire ce que déjà tu as fait ? Tu as écrit un roman, et rien que ça, ça force le respect, aucun de nous n’en aurait été capable ». Cette remarque m’a fait beaucoup réfléchir, depuis. Je sais que ce que j’écris ne plaira pas à tout le monde, évidemment, et même que, s’il plaît à une toute petite poignée de personnes ce sera déjà merveilleux à mes yeux ! C’est difficile de se contenter d’écrire ce dont on est capable, quand on aspire à écrire comme ses auteurs préférés. Bien sûr, je rêverai de faire un roman comme Paul Auster, d’écrire avec le même style, la même intensité dramatique, qu’Emily Brontë, d’avoir l’imagination et l’efficacité narrative de JK Rowling (et pas parce qu’elle a vendu des millions de livres, mais bien car elle fait partie de mes auteurs de prédilection, qui m’emportent très loin dans l’imaginaire)… Mais je n’ai pas du tout les moyens de le faire, je n’ai pas ce niveau d’excellence évidemment, j’ai fait mon deuil de cette ambition, de cette prétention ^-^ Ce « deuil » est une étape importante quand on dévoile l’activité d’écriture à ses proches ; il faut accepter que certains ne liront pas avec enthousiasme ce qui, nous, nous a enthousiasmé pendant des mois ! Je sais que je n’ai pas écrit un chef-d’œuvre, le prochain prix littéraire de septembre, et je n’en ai jamais eu l’intention. Ce que j’ai écrit a été, dès le départ, sans prétention, je suis partie de l’idée que ça devrait me plaire, à moi, d’abord. Exactement comme ce blog, pour lequel le mot d’ordre a toujours été : écris le blog que tu aimerais lire. C’est un peu pareil pour ce roman. J’aime lire des chefs-d’oeuvres bien sûr ah ah, mais aussi des livres légers, agréables, tels que Quatre sœurs (dont je me suis beaucoup inspirée, je ne m’en cache pas), Tom Petit homme tout petit homme Tom, Sept Garçons, Big Easy, Le Cherche-Bonheur… alors j’ai eu envie d’essayer d’en écrire un. Ce genre de bouquins.

Et ça parle de quoi ?

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Alors ça, c’est LA question.  LA question que me posent mes proches lorsqu’ils apprennent l’existence de ce projet. Et je crois que, pas une fois, je n’ai été capable de répondre correctement. La plupart du temps, ma réponse ressemble à ça :
« Oh, euh, pff ça te va pas trop t’intéresser, c’est plutôt littérature jeunesse, young adult, un truc que j’aime bien mais pas toi je pense.. Une histoire de famille, des sœurs. Voilà, tu vois, c’est nul laisse tomber ».
Je vous jure, je n’ai jamais réussi à donner une réponse plus étoffée ! J’ai essayé d’y réflechir, comment décrire mon projet, quel résumé en faire. Mais impossible car je le trouverais trop réducteur, ce résumé. Imaginez :
C’est l’histoire de trois sœurs, Hortense, Rosalie et Paula. Elles se retrouvent après avoir vécues séparées pendant deux ans, et beaucoup de choses ont changé. Elles vont devoir, chacune à leur manière, apprendre à trouver ou retrouver leur place, à s’adapter aux nouveautés et aux imprévus de leur vie dans ce petit bourg au pied des montagnes, où tout le monde les connait.

Pff… naze, non ?

Alors qu’en réalité, ce n’est pas juste ça que j’ai voulu raconter. J’ai voulu écrire une histoire de fratrie, dépeindre trois sœurs avec des caractères pas si tranchés que ça, et des aspirations pas forcément différentes les unes des autres. J’ai eu envie de raconter des histoires d’amour et d’amitié à la fois simples et compliquées, heureuse et tragiques, évidentes ou tarabiscotées, comme dans la vraie vie. Bien sûr, j’ai créé quelques personnages insupportables qu’on adore détester, d’autres un peu loufoques pour lesquels on se prend d’affection (enfin, j’espère…). J’ai voulu raconter aussi une relation difficile entre une mère et sa fille, l’éloignement progressif d’êtres qui s’aiment mais se perdent de vue, la difficulté qu’on peut éprouver à ressentir des émotions négatives et peu altruistes et le désir de les combattre pour accepter un état de fait qui n’est pas à notre avantage. J’ai voulu raconter plusieurs vies dans un même lieu simple et proche de la nature, des vies qui s’y croisent, s’influencent ou non, des problèmes que l’on règle et d’autres qu’on ne règle pas. Bref, j’ai passé deux ans de ma vie à créer un lieu et à y faire vivre des personnages tout au long de quatre saisons, j’ai essayé de les faire évoluer, mais pas toujours, certains reviennent en arrière. J’ai cherché à vous faire tomber amoureuses de Yann, de Jocelyn, à vous donner envie de partir randonner comme Paula, à vous dépeindre quelques aspects de la vie d’une enseignante.
Voilà, il y a tout ça et encore d’autres choses dans Les Sœurs Ponsard, peut-être pas toujours bien fait ou bien pensé, mais je compte bien sur vous pour me le dire et m’aider à améliorer ce texte !

Et après ?

Bon, je dis que j’ai terminé d’écrire mon roman mais… j’ai encore du boulot au niveau des corrections! Malgré tout, dès que je parviens à une version « présentable », promis je vous en reparle. En attendant, si vous avez envie de découvrir les premiers chapitres des Sœurs Ponsard, je vous invite à me retrouver ici, sur le site Wattpad. J’ai commencé à y publier le début de l’histoire. N’hésitez pas, surtout, à m’y laisser des commentaires pour m’aider à améliorer le texte, à corriger les fautes, à mettre en évidence des incohérences… J’ai tellement « la tête dans le guidon » comme on dit, que je ne vois plus grand-chose quand je relis mon texte ! Votre aide sera la bienvenue, vos retours sont très précieux.

Bien sûr, maintenant, je rêve de la suite : parvenir à trouver un éditeur que le projet intéresserait et qui accepterait de publier ce livre ! Vous imaginez ? Mais je suis très lucide sur tout ça, je sais que sur 6 000 manuscrits reçus, un éditeur en publie un seul. Voilà à quoi s’élèvent mes chances aujourd’hui ^-^ Je sais aussi qu’on met tellement de soi dans un roman qu’on a tendance à le voir comme un véritable « bébé » et que chaque critique, chaque refus peut être très mal reçu. Je me prépare à tout cela, je ne me fais pas de films, mes proches se chargent de rêver à ma place (et si tu deviens multi-millionaire, Robinson arrêtera de travailler ? Tu pourras devenir écrivain à temps plein ? Vous pourrez construire l’extension tant rêvée à votre maison, ou vous payer un architecte paysagiste pour aménager le jardin ?… – oui, on a des rêves assez simples hein !). Moi, je suis juste hyper heureuse d’avoir mené ce long projet à son terme, sans promesse de gloire, sans certitude à la clé. Juste, l’avoir fait, avoir commencé à réaliser une partie de mon rêve d’enfant.
J’attends les premiers retours concernant mon texte, et en fonction de cela, je saurai un peu plus précisément si ce que j’ai écrit vaut quelque chose ou est, définitivement, aussi naze que ma réponse à la question « ça parle de quoi ton bouquin? »… ^-^ !
Si les réactions sont positives et encourageantes, alors bien sûr je me lancerai dans la suite : je ferai toutes les démarches nécessaires pour essayer de le faire publier, mais je saurai passer à autre chose lorsqu’il sera temps. Avoir terminé un livre, même s’il n’est jamais publié, ça n’est pas rien pour moi, ça me donnera la force, la motivation, l’énergie pour en écrire d’autres ! Ce n’est que le début…

En attendant, retrouvez-moi sur WattPad et donnez-moi vite votre avis sur les premières pages ! Votre opinion compte pour moi !

A bientôt !

 

Images :
1 . Une femme Maori qui essaie une machine à écrire en Nouvelle-Zélande, en 1906. Lien.
2. La couverture provisoire de mon roman, réalisée sur le site Canva.

Sunday Morning 2018 #2

La vie à la campagne est douce et paisible, je ne m’en lasse pas (en même temps, cela ne fait que quatre mois qu’on y est ^-^)

Lorsque je rentre du travail, après une journée entre voiture, embouteillages, pollution, rues saturées de monde, circulation intensive du centre-ville, bruit et klaxons… et que j’ouvre ma portière, que le silence de la campagne m’enveloppe, que les odeurs de feu de cheminée, de bois humide, d’herbe mouillée explosent sous mon nez, c’est comme un shoot de Xanax ah ah, je me sens immédiatement plus calme, la paix et le silence de cette vie plus isolée et plus lente me font beaucoup de bien.

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Little et moi passons beaucoup de temps à l’extérieur, dans notre jardin. Little joue avec rien, des bâtons, trois cailloux… il observe les vers de terre, il collectionne des pommes de pin, il éparpille les feuilles mortes. Je lutte contre mon envie de lui aménager un terrain de jeux incroyable, car j’ai aussi envie qu’il garde ses jeux simples, son plaisir du peu. Je prévois de lui installer un bac à sable au printemps, et j’ai déjà acheté une simple planche de balançoire que Robinson fixera au grand cèdre du jardin, au mois de mai. J’ai fait une croix sur les grands portiques balançoires, les toboggans… et je bannis les trampolines qui, paraît-il, font de grands dégâts au niveau des vertèbres des enfants en pleine croissance. De toute façon, je trouve ça trop imposant et laid pour en installer un dans le jardin 😉

J’aime énormément jardiner, je bêche beaucoup, je prépare notre futur potager en creusant des plates-bandes, et puis je nettoie les talus de leurs feuilles mortes et du lierre grimpant qui envahit chaque recoin du jardin.

Robinson, lui, coupe le bois, prépare les petits fagots à garder pour la cheminée et les tas de branches qu’on ne pourra pas faire brûler.

Toute la famille s’active, qu’il pleuve, qu’il neige, ou qu’il fasse moins dix degrés, comme mercredi dernier. Pas un jour ne passe sans que nous ne soyons dehors. Élever Little dans la nature nous paraît trop primordial, et impossible pour Robinson et moi de rester enfermés toute une journée !

 

Snowing sunday

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En février, nous sommes partis une semaine à la montagne, en famille (mes parents, mon frère et ma belle-soeur étaient de la partie). Nous avons beaucoup profité, surtout du fait que Little était gardé par ses grands-parents. Robinson et moi avons fait du snow chaque jour, et profité à fond de ce temps libre qu’on a peu souvent tous les deux ensemble. J’ai aussi emmené ma belle-soeur à une séance de yoga dans la station où nous étions, elle n’en avait jamais fait et c’était vraiment chouette de pouvoir partager cela avec elle ! Les soirs, lorsque Little dormait, nous buvions notre tisane en jouant à des jeux de société (vous connaissez le super « Les aventuriers du Rail »?), ou en bouquinant, ou en discutant tranquillement. Nous avons passé une journée juste Little Robinson et moi, pour emmener Little dans les télécabines et faire une randonnée en altitude, dans la neige (pas très longue, mais fatigante !). Nous avons eu la chance d’assister au départ de traineaux tirés par les chiens loups de la station, c’était magnifique et Little a été très impressionné (mais pas plus que par les télécabines, sa nouvelle passion). Cette semaine nous a fait beaucoup de bien.

 

Green sunday

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J’ai fait l’acquisition d’une nouvelle plante, un Alocasia aussi appelé « Oreilles d’éléphant », je la trouve très belle avec ses grandes feuilles veinées. Je continue mes petites expériences botaniques en bouturant toutes les plantes qui me tombent sous la main. Cela n’aboutit pas toujours, je n’ai d’ailleurs toujours pas réussi à faire germer un noyau d’avocat… !

 

J’ai terminé d’écrire mon roman ! C’est un événement important pour moi, je suis en pleine relecture et j’avoue que l’avoir terminé, c’est aussi jouissif qu’inquiétant. L’écriture m’a demandé tellement de temps, d’énergie, d’investissement personnel, que j’ai peur de me retrouver désemparée lorsque j’aurai définitivement bouclé ce projet. Bien sûr, j’ai plein d’autres idées d’histoire à écrire, et des tonnes de choses à faire (reprendre la couture, entre autre), mais je sens tout de même qu’en ce moment se joue quelque chose pour moi, la fin de quelque chose, l’acceptation de lâcher prise, un peu comme quand on laisse grandir son enfant (et qu’on le met à l’école pour la première fois, sujet qui est d’ailleurs AUSSI très délicat pour moi ^-^).
Je prépare un billet spécial sur ce thème, si cela vous intéresse STAY TUNED comme on dit 😉

 

Montessori sunday

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Avec Little, je savoure nos moments en tête à tête, ceux que me permet encore mon mi-temps. L’année prochaine, je reprendrai le travail à temps plein sans doute (je prie encore pour obtenir un 80%…) et Little ira à l’école (…! °_°)
Voici une photo de notre goûter.
En ce moment, nous sommes dans l’apprentissage des versés, et je profite de son goûter pour le laisser s’entrainer à verser son lait d’une petite carafe vers sa tasse. Il est très fier de lui lorsqu’il ne fait pas tomber une goutte à côté !
On s’entraine également à l’extérieur, avec des carafes remplies de coquillages, de sable ou de semoule très fine.

Home sweet home

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Actuellement, nous sommes dans une phase de travaux très grisante (pour moi, pas pour Robinson ^-^ Lui trime sur les plans de la cuisine). Je suis chargée de tout le côté « déco » et vous imaginez bien que je m’en donne à cœur joie. J’ai rencontré une super architecte d’intérieur qui me conseille avec beaucoup de justesse et de discernement, c’est génial d’avancer ainsi épaulée et écoutée dans un domaine que je ne maitrise pas bien.
J’ai donc compris, grâce à elle, que primait pour moi  les matières, par rapport aux couleurs ; que j’étais très attirée par les matériaux bruts, le bois, le béton, et donc les teintes naturelles ou neutres… En même temps, pas facile pour elle de me conseiller, car je lui explique que je ne veux pas d’un intérieur trop à la mode, trop Instagram ; que j’aimerais quelque chose de plus original, moins impersonnel, moins vu et rebattu… C’est assez difficile de trouver l’équilibre entre le beau, le chaleureux, et le personnel. Bien sûr j’aime les intérieurs scandinaves… mais ai-je vraiment envie de vivre dans une maison toute blanche et épurée, moi qui aime le désordre, les couleurs, les tissus ethniques et les objets chargés d’histoire, les livres et les tissages, les plantes, les tapis, les guirlandes de lampions… ? Je vais le mettre où, mon bazar…? Bref, voilà mes questionnements actuels, qui sont passionnants à mes yeux et dans lesquels je me plonge volontiers je l’admets ^-^ C’est un vrai plaisir de s’investir dans sa maison, de manière sérieuse je veux dire, avec Robinson qui me rappelle constamment à quel point il compte sur moi pour trouver le bon mix, le bon équilibre, pour que notre intérieur soit beau et chaleureux. Que notre maison soit lumineuse, accueillante, pratique, mais aussi… époustouflante 😉 On y met tellement de temps et d’argent, on a envie qu’elle soit magnifique, comme tous les gens qui passent par là (achat, travaux, réaménagement…) j’imagine. En tous cas, j’ai hâte de vous montrer tout ça, je prends des photos de chaque étape pour pouvoir vous faire, à la fin, un avant-après des changements de la maison.

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Voici les petits et plaisants événements de notre quotidien ces derniers temps. La vie est douce même si l’hiver traine, on se languit de voir les premiers bourgeons sur nos arbres, et on rêve déjà des futurs apéros qu’on prendra sur notre terrasse face au coucher de soleil (oui, ça, c’est un peu le rêve ultime… Le soleil qui se couche dans la vallée aux pieds de notre village, qu’on domine de notre petite colline boisée…). A très bientôt !

 

NB : les photos de ce billet sont personnelles et non libres de droits, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.