Avril aux Nouettes

Nous sommes en vacances scolaires depuis une semaine, Little et moi. Et j’avais oublié à quel point les vacances d’avril peuvent être ressourçantes. Je voulais l’écrire et les décrire ici, afin de m’en souvenir pour les prochaines années.
Le printemps et l’automne sont des saisons intermédiaires : périodes de gros changements climatiques, mais aussi émotionnels. Ma prof de yoga nous a expliqué qu’on pouvait fréquemment se sentir déprimé, ou nerveux, et la plupart du temps, fatigué aussi. Le corps s’épuise pour s’adapter aux changements. Il y a quelques années, ma kiné, elle, m’avait raconté que le taux de dépressions était plus élevé durant ces saisons intermédiaires. Je ne sais pas si c’est une vérité, mais ça me semble probable car j’ai moins même très souvent ressenti des passages de blues, inexplicables, au printemps (mais moins en automne, saison que j’adore et savoure toujours intensément).
Cette année, je redoutais un peu ces nouvelles chutes émotionnelles du printemps, car après une rentrée scolaire difficile, et un automne mouvementé, je ne me sentais pas la force d’affronter une nouvelle vague de doutes, d’angoisses, de crises ou de déprime.
Heureusement pour moi, cette année, le printemps, je le vis bien ! Je ne sais pas si c’est dû au fait de vivre à la campagne, ou de passer mes journées dans une maison que j’adore, et dans mon jardin… ou encore si c’est parce que Little a grandi et qu’il devient plus facile de s’en occuper aujourd’hui qu’il y a six mois encore… Tout est possible, je n’ai pas de réponse, mais une seule certitude : cette première semaine de vacances d’avril a été parfaite. Et je VEUX m’en souvenir !

Un coin du jardin, le bac à compost et Little qui attrape des insectes.

 

VIVRE DEHORS

Notre maison n’est pas une grande et belle demeure avec des poutres apparentes et des moulures aux plafonds (dommage…). Je veux dire : on ne peut pas vraiment lui trouver du cachet. Elle est toute simple, pas vraiment belle de l’extérieur, mais bon, elle est bien pratique car elle c’est une maison de plein-pied. Et pour ce qui est de l’intérieur, nous avons tout refait à notre goût, alors même si elle n’a pas trois mètres de hauteur sous plafond ni un parquet en chêne massif, je la trouve agréable à vivre, fonctionnelle, et à mon goût (et c’est ça qui compte, on est d’accord). L’une des choses que j’apprécie dans ma maison, ce sont ses portes vitrées tout le long du séjour-cuisine. Aux beaux jours, on ouvre tout, porte d’entrée incluse, et on vit moitié dedans, moitié dehors. C’est exactement ce dont je rêvais lorsque j’imaginais ma maison.
Vous commencez à le savoir, je suis une amoureuse de la nature. Vivre dans une maison sans jardin ou sans accès à l’extérieur, c’était inenvisageable. Le plein-pied et les baies vitrées sont parfaits pour notre mode de vie. Ainsi, nos journées de vacances, avec Little, se passent aussi bien dehors que dedans. La maison déborde sur la terrasse, le matériel de dessin, les jouets, les préparatifs des repas, tout ce que l’on peut faire à l’extérieur est un prétexte pour vivre hors des murs. Aujourd’hui, en fin de journée, Little faisait des Legos dans le salon, et j’étais de l’autre côté de la baie ouverte, j’épluchais des légumes pour le dîner. On avait mis la musique dans le salon, on discutait de part et d’autre de l’ouverture, c’était très agréable. À un moment, il y a eu Dancing in the streets (Martha Reeves and the Vandellas) et on s’est mis à danser dans le séjour, Little sautillait partout, on a ri comme des baleines… puis on a couru dans le jardin pour jouer au loup, faire un peu de balançoire pendant que les artichauts cuisaient tranquillement. Cette vie dedans-dehors, ça paraît évident, mais ça me rend vraiment heureuse. Alors, oui, ma maison n’est pas toujours super propre car les allers-retours intempestifs font entrer l’herbe, les feuilles, la terre, les cailloux, les petites bêtes. Mais l’élan de vie qui accompagne cette ouverture sur l’extérieur vaut largement les quelques minutes d’aspirateur supplémentaire que j’offre chaque jour à ma maison ^-^

Little au bord de la Saône.

JARDINER

C’est devenu une véritable passion, mais au fond je sais que ç’a toujours été là, en moi. Ma grand-mère italienne avait un jardin minuscule mais d’une richesse incroyable. Elle cultivait de tout, faisait du compost, récupérait l’eau des pâtes et des légumes bouillis pour arroser ses plantations. J’étais enfant, je ne m’intéressais pas encore au jardinage, mais aujourd’hui je le regrette. J’aurais aimé partager ça avec elle.
Ma mère a repris le flambeau : dans notre maison familiale, elle cultive un jardin qui, année après année, se révèle de plus en plus spectaculaire. C’est un paradis de fleurs et de massifs colorés. Son potager, l’été dernier, nous a tous laissés bouches bées. Les tomates croulaient, tout était luxuriant et savoureux.

Les iris se sont ouverts ce matin.

Jardiner, aujourd’hui, c’est comme le yoga pour moi. Je passe beaucoup de temps à observer mes plantations, ou tout simplement la vie au jardin, ce qui se passe sous mes yeux sans que j’intervienne. Je ne connais pas encore tous mes arbres, toutes mes fleurs, je me laisse surprendre par des éclosions et des couleurs, car je n’ai vécu qu’un printemps dans notre maison pour l’instant, et je n’ai pas eu le temps de tout mémoriser.
Jardiner m’enseigne la patience et la persévérance car il faut beaucoup d’erreurs et d’échecs avant d’obtenir une réussite dans un potager. Je suis du genre impatiente, alors je me tempère, je prends mon temps. Je sais que nous sommes ici pour quelques années, et que je n’ai pas besoin de me presser. J’aimerais planter des dizaines d’arbres fruitiers, des mûriers, des framboisiers, des groseilliers… mais j’attends de voir si les trois pieds que j’ai plantés cet hiver donneront quelque chose. J’observe mon terrain, l’ensoleillement, je teste et expérimente. Chaque week-end, je fais des semis, je note tout sur mon carnet de bord du jardin, j’aimerais parvenir à des conclusion intéressantes pour les années à venir, afin de gagner en efficacité et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Le printemps est un moment passionnant au jardin, on a envie de planter, de faire pousser, la nature se réveille et on veut participer à l’explosion de bourgeons, de fleurs, de parfums, aux centaines de micro-changements qui s’effectuent tout autour de nous.

Il y a quelques mois, ici il n’y avait qu’une pente raide d’herbe, de ronces et de bulbes. J’ai créé des terrasses et planté toutes sortes de fleurs et arbustes. Dans deux ou trois ans, on verra bien si j’ai parfaitement échoué ou si ce projet va porter ses fruits et nous offrir une belle entrée colorée et foisonnante.

Mon jardin imparfait, où il reste tant à faire, ce projet-en-cours qui durera des années, je crois que c’est lui aussi qui me fait aimer le printemps cette année.

LECTURE ET INSPIRATION

Ma petite bible superficielle

Au printemps 2013, j’avais acheté un petit livre de cuisine-lifestyle : Ma detox made in Hollywood, d’Elsa Launay. Le titre peut faire sourire, oui. C’était le début de la mode healthy, cuisine bio et veggie, écolo sexy et tout le reste. À l’époque, ce genre de livre ne pullulait pas dans les librairies, et j’avais été très heureuse de découvrir Ma detox made in Hollywood qui était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là de ma vie. J’avais envie de cuisiner mieux, de bouger plus, ce petit ouvrage a été plus qu’une source d’inspiration pour moi, comme vous allez le voir.
C’est devenu comme un rituel, au printemps : je relis Ma detox made in… (MDMIH pour faire court, si vous le voulez bien).
À noter : je le relis, certes, mais pas sans un regard critique ni un sourire aux lèvres.
Pourquoi ce livre et pas un autre ? MDMIH n’est pas qu’un simple recueil de recettes. D’ailleurs, en parlant de recettes, elles ne sont pas vraiment exceptionnelles, celles que propose l’ouvrage. Healthy mais simplistes, et pas toutes végétariennes. Parfois, Elsa Launay décrit une simple salade pamplemousse-avocat. Ou une galette de riz soufflé tartinée de compote maison. Rien d’extravagant ni de compliqué.

Les petits-déjeuners des vacances sont les meilleurs…

Ce livre n’a pas pour ambition de nous transformer en Cyril Lignac, ni d’impressionner nos invités, PAS. DU. TOUT.
C’est un livre pour soi, un ouvrage qui part du principe qu’on aurait, pouf comme par magie, dix jours de temps libre à occuper, seule, et qu’on en profiterait pour se faire une detox. Et pas n’importe où, attention. Non. À Los Angeles, excusez du peu.
(D’où, entre autre, mon sourire narquois lorsque je relis ce bouquin ^-^)
Mais l’objectif, ce n’est pas la véracité, l’authenticité de l’expérience qu’on nous décrit. Moi, quand je lis MDMIH, j’y cherche l’inspiration. Ce serait l’histoire d’une française qui passerait quelques jours en solo à L.A. (ma ville chouchoute), et qui n’aurait pour seule directive que de prendre soin d’elle. Alors Elsa Launay nous décrit une espèce de déroulement journalier parfait et idyllique : tu te lèves le matin, tu fais quelques postures de yoga au bord de la piscine, puis tu bois un smoothie épinards-poire-ananas. Ensuite, tu chausses tes baskets pour un petit running au Runyon Canyon de L.A. À midi, tu prépares des tagliatelles de courgettes sauce pesto, et une salade de patates douces rôties sur lit de roquette, hyper detox. Après une sieste au bord de la piscine, il est temps de faire une séance de yoga en regardant les étoiles, et bla bla bla…
Hilarant, n’est-ce-pas ?
Alors bon, j’imagine que les lectrices-eurs qui ont pris ce bouquin au pied de la lettre ont du être quelque peu, heu, … décontenancé(e)s ? Difficile de reproduire à l’identique ce que l’auteure nous encourage à mettre en œuvre pour notre semaine de detox. Il faudrait pour cela : vivre à LA, avoir un jardin à LA, avec un spa, beaucoup d’argent pour assister aux cours de yoga ou se payer les massages dont elle parle, et aussi, ne pas avoir de mec, d’enfant, de boulot, etc… Bref. PAS POSSIBLE.
En fait, je crois que c’est ça que j’adore dans cet ouvrage. Je ne pense pas qu’Elsa Launay se prenne au sérieux deux minutes. Elle nous décrit un fantasme total, et moi j’adhère, je voyage, je rêve complètement.
Lire quelques pages par jour, ça me redonne juste la dose d’inspiration et de motivation nécessaires pour prendre soin de moi à ma façon et dans la mesure de mes moyens.
Je suis humaine, parfois je craque volontiers pour un goûter bien gras et pas healthy du tout, ça arrive, pas grave… Mais il y a aussi des moments où je me laisse un peu dépasser par mes envies (pulsions?) et où j’ai besoin de reprendre le contrôle. Au printemps, après un hiver un peu difficile, j’ai envie de prendre soin de moi et de faire mieux. De retrouver des bonnes habitudes, de prendre du temps pour cuisiner et innover un peu côté recettes, de faire le plein de vitamines pour affronter tous les changements de cette saison. Lire MDMIH, c’est comme écouter une playlist motivante lorsque les beaux jours reviennent et avoir envie de se remettre au sport. Tous ces clichés décrits dans le livre, cette parenthèse enchantée racontée par Elsa Delaunay, ça me fait rêver et m’inspire et me donne envie de dérouler mon tapis de yoga plus souvent, d’offrir à mon corps des petits plats pleins d’antioxydants et de vitamines, de délester mon organisme de toxines et d’autres trucs qui m’alourdissent, de dormir beaucoup, de marcher, de sourire.
Bref, c’est un tout petit livre de cuisine hyper marketing qui a surfé sur la vague de la mode bobo-healthy, mais pour moi c’est juste efficace et inspirant, un véritable shoot de bonne humeur et de motivation pour vivre sereinement le printemps.

 

CUISINER

Je ne vais pas beaucoup développer cette partie, car cela recouperait ce que je viens de dire. Notons simplement que j’ai très envie de cuisiner et de prendre soin de moi et de ma petite famille en ce moment ; je prépare des salades fraîches, je cuisine des légumes de saison (j’adore les asperges, les petits pois, les artichauts… c’est un bonheur de les réintroduire dans nos menus !), je prends le temps de prévoir plusieurs repas pour les jours à venir afin d’anticiper les courses et le gaspillage (si seulement j’avais le temps de faire ça toute l’année…). On fait aussi beaucoup de pâtisserie avec Little, et souvent ces moment gourmands suffisent à combler mes fringales de sucre car, après avoir préparé la pâte à gâteaux ou le mélange pour des Bounty maison par exemple, je n’ai plus vraiment envie de les manger lorsqu’ils sont prêts ^-^ J’ai l’impression que je parviens plus vite à satiété lorsqu’il s’agit de produits faits maison.

 

FAIRE DU YOGA

Est-il besoin d’en dire plus ? Dans les périodes où j’ai besoin de me recentrer, le yoga est toujours un allié de choix. Plus de douceur et d’indulgence envers moi-même, apaisement du mental, ralentir et se satisfaire de ce qu’on a… tous les messages, tous les objectifs du yoga sont honorables et devraient, idéalement, accompagner notre quotidien. En tous cas, ce serait le rêve pour moi, pratiquer tous les jours. Honnêtement, avec une vie de famille et un travail prenant, des trajets longs et ma foultitude d’autres passions (!), c’est difficile de caser une pratique quotidienne du yoga. Mais je ne désespère pas, et ce que je trouve très positif dans tout ça, c’est que depuis presque dix ans, le yoga m’accompagne de façon extrêmement régulière. Pour la fille papillonnante que je suis, c’est assez rare une telle fidélité (je parle de mes activités et centres d’intérêts, bien sûr, pas de ma vie amoureuse ^-^). Je sais que le yoga tient une place primordiale dans ma vie et, tel un pendule, ou un papillon de nuit subjugué par une lumière dans le noir (pour rester dans la métaphore), je gravite continuellement autour, parfois de près, de manière très assidue, parfois d’un peu plus loin, en pratiquant par pointillés, par petites touches de temps en temps. Mais c’est là, en moi, les enchaînements d’asanas sont ancrés, le flux de mes respirations devient automatique dès que je mets un pied sur mon tapis, alors je sais que c’est gagné et que, avec le temps, je grignoterai de plus en plus de moments pour pratiquer. J’en suis sûre. Parce-que je le veux.

 

BOUGER

Ce matin, Little et moi sommes allés dans un village voisin qui propose plusieurs sentiers de marche. Nous avons fait une randonnée de 2H30, dans les vignes, la forêt, les champs, en pleine campagne et sur les hauteurs de la vallée de la Saône. Il faisait beau, chaud, Little étrennait sa nouvelle paire de chaussures de rando, nous avions pris une gourde en alu et deux pommes, et tout notre enthousiasme pour effectuer notre parcours. C’était tout simplement parfait. Little a marché (je ne peux plus le porter, de toutes façons, il est bien trop grand et lourd !), ramassé des bâtons, pêché (des poissons imaginaires dans les ornières du chemin), cueilli des fleurs, dévalé des pentes en courant, grimpé aux arbres, découvert une cabane en branches, écouté les histoires des Trois petits cochons et du Petit Poucet (un bon moyen pour le faire se concentrer sur autre chose que les kilomètres, lorsque la fatigue se fait sentir ^-^), partagé sa pomme verte avec moi, et croqué dans ma pomme rouge, bu à la gourde comme un véritable Robinson… et puis, clou du spectacle, alors que nous ne y attendions pas, nous sommes tombés nez à nez avec un serpent ! Le choc ! Je vous avoue que j’ai eu peur, nous étions à quelques centimètres seulement, et la couleuvre était immense, elle faisait plus d’1m50, et ne nous quittait pas des yeux !!! Nous avons pris des photos, malgré tout, pour garder un souvenir de cette rencontre mémorable.
C’est peut-être bête, mais c’est ce genre de moments que je rêvais pour mes enfants. Je voulais les élever dans la nature, à la campagne (bon, ou à la montagne, je ne suis pas difficile !), et partager en famille des moments simples et authentiques, sans besoin de consommer ou de paraître. La randonnée, c’est exactement ça : on découvre des belles choses, on apprend à respecter la nature, on se dépense physiquement, on discute et on se tait aussi, c’est une activité que j’aime depuis longtemps et que je suis profondément heureuse de partager aujourd’hui avec mon petit loulou de trois ans et demi.

Le serpent qui m’a surprise en pleine randonnée dans les champs.

 

Comment profitez-vous du printemps de votre côté ?
À bientôt, avec un billet sur notre voyage dans le Yorkshire (on décolle demain !).

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

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Résilience

Bonjour à vous,

dernièrement j’ai vu un film et un documentaire qui m’ont beaucoup parlée, car ils faisaient écho à mon vécu. Alors aujourd’hui, c’est un billet un peu plus personnel que je vais écrire.

J’ai vu le film Pure, avec Alicia Vikander, que m’avait conseillée une lectrice du blog (coucou et merci, si tu te reconnais ! ). Ce film m’a vraiment marquée. L’histoire se passe en Suède, dans une banlieue, et on y découvre Katarina, une jeune fille déscolarisée, déjà en échec dans sa jeune vie, suivie par les services sociaux, vivant avec une mère alcoolique. Le film commence avec Katarina qui, par hasard, par erreur, découvre Mozart, et est subjuguée par la beauté et la force de sa musique. On la voit d’abord écouter La méditation de Thaïs de Massenet, et conclure qu’elle ne veut plus de cette vie laide et sale qui est la sienne, qu’elle désire de la pureté.
Fascinée par la musique classique, elle se rend à un concert dans un auditorium, et découvre l’autre monde, celui de la bourgeoisie, des gens riches, élégants, bien élevés, un monde où les apparences sont belles et raffinées. Le contraste avec son monde à elle est frappant. Même la belle Alicia Vikander, en Katarina mal peignée, pas maquillée et vêtue d’amples tee-shirt informes, détonne dans cet univers gracieux et ordonné. Elle désire à tout prix pénétrer cet autre monde, s’élever, elle veut quitter sa misère et la pauvreté intellectuelle de son microcosme. Être entourée d’artistes, de musiciens, de gens cultivés et raffinés, qui lisent, qui se passionnent pour autre chose que des jeux vidéos et les clips de MTV (les deux activités de son petit-ami lorsqu’il ne travaille pas).

pure
Je ne vous raconterai pas la suite, car à partir de là, le film et mon vécu ne se ressemblent plus. Mais ce début, ce contraste entre deux univers sociaux, c’est un peu mon histoire. Évidemment, ce n’est pas aussi extrême que dans le film : je ne viens pas d’un quartier glauque et défavorisé, ma mère n’était pas alcoolique, je n’ai pas été déscolarisée ! Et lorsque j’ai voulu changer de milieu social, ce n’est pas vers la bourgeoisie des auditoriums, des conservatoires, vers l’intelligentsia que je me suis tournée. Mais j’ai vécu quelque chose de similaire : très jeune, j’ai évolué dans des groupes de gens pas très intéressants, et surtout pas très ouverts sur le monde. Très tôt, mon monde a été très limité : du rap, des jeux vidéos, des pétards, et pas beaucoup de perspectives. Enfant, j’avais été si curieuse, si enthousiaste… adolescente je suis devenue apathique, renfermée, intolérante. J’avais un petit-copain qui n’était pas vraiment ce qu’on appelle une « bonne fréquentation ». Je me suis enfermée dans un carcan très, très étriqué. J’ai éteint tout ce qui me faisait vibrer, j’ai essayé de me couler dans un moule qui ne me plaisait pas beaucoup mais je n’avais pas d’autre choix : dans mon village, c’était comme ça et pas autrement. Dans mon collège, c’était comme ça et pas autrement. Être différent, c’était se mettre à l’écart et être dédaigné, je n’étais pas capable de faire ce choix. Et pourtant ce n’était pas moi : je n’aimais pas le rap, Skyrock, les jeux vidéos, les pétards, ne rien faire. Au fond de moi, j’aimais le rock, déjà peut-être le métal, la folk. Je dévorais les livres, Emily Brontë, Zola, Flaubert, mais je n’en parlais pas. Comme Katarina, il y avait une large part de moi qui rêvait de pureté, mais j’évoluais dans un univers sale et dégradant. Je ne vous raconterai pas tout, il y a des choses qui ne se disent pas sur un blog, et dont j’ai pu parler plus tard, une fois adulte, avec des thérapeutes ou avec mes proches. Mais en tous cas, pendant des années, six, sept ans, j’ai été quelqu’un que je n’avais pas envie d’être, dans un monde qui me dégoutait.
À la fin, vers 19 ans, je ne savais même plus que j’avais pu être autrement. J’avais mis mes désirs de pureté de côté, je pense que je m’étais résignée, et surtout que j’étais devenue aussi étriquée d’esprit que les gens que je fréquentais. J’étais bête, je ricanais, je ne réfléchissais plus beaucoup, j’étais bagarreuse, malpolie, j’étais devenue moi même une « mauvaise fréquentation »…
Et puis, par hasard, par une amie, j’ai découvert un groupe de personnes de mon âge, très différents de mon univers. Au départ, ils ne m’intéressaient pas beaucoup, je m’étais persuadée que j’étais bien, dans mon monde étroit et violent, limité à un petit périmètre de cinq kilomètres autour de mon village. Et puis, la musique a été le premier déclic. Ces inconnus, la plupart musiciens, tous étudiants, écoutaient ce que j’aimais, des groupes de rock, de métal, ils organisaient des festivals de musique dans ma région, des concerts à Metz, des fêtes géniales chez eux, ils connaissaient tout le monde en ville, sortaient dans des bars, parlaient de livres et de politique, étaient engagés, et assumaient leurs pensées et leurs paroles. Tout cela était absolument nouveau pour moi. À côté d’eux, je me sentais gueuse. J’avais honte de mon langage plein de gros mots, de mon cerveau ramolli et encrassé qui n’était plus capable de réflechir par lui-même, de mon agressivité. J’étais toujours à côté de la plaque, en leur compagnie. Je disais systématiquement ce qu’il ne fallait pas, ne réagissait pas comme il fallait, je mettais les pieds dans le plat. Ç’a été rude, un choc pour moi. Évidemment, j’étais une telle péquenaude qu’il m’était impossible d’entrer dans leur monde, ils ne pouvaient pas m’accepter. Mais j’ai insisté. Oui, comme une vraie sangsue opportuniste, j’ai senti que mon salut dépendait de mon intégration à ce monde qui me plaisait tant, alors je n’ai pas abandonné. J’en ai bavé, vous pouvez me croire ! Ce rejet, ces mois de traversée du désert social, alors que je fêtais mes vingt ans, ç’a été une claque, pour mon égo et pour tout le reste. Je me suis éloignée de mes anciennes connaissances, mais je n’ai pas, pour autant, gagné de nouveaux amis dans la foulée. J’étais assez seule. Ça m’a remis les idées en place, mais surtout ça m’a appris. Beaucoup. Ça m’a appris à ne pas dire toutes les bêtises qui me passaient par la tête. À réflechir, à nouveau. À attendre, à comprendre, à écouter. À sourire aussi. À calmer mon impétuosité. Petit à petit je me suis adoucie, j’ai remis mon cerveau en marche, je l’ai nourri, nourri, encore et encore, j’ai lu tout ce qu’on me conseillait, écouté tous les groupes qu’ils aimaient et que, miracle, j’aimais aussi (et que j’attendais depuis des années !) , découvert des choses fabuleuses, abandonnées celles qui ne me plaisaient pas mais que je traînais par habitude. Petit à petit, j’ai conquis une personne après l’autre de ce groupe d’étudiants si passionnés, si vivants, si intéressants. J’ai pris mon temps, j’ai fait des erreurs, j’ai réparé, et… treize ans plus tard, j’ai un enfant avec un de ces étudiants, et les autres sont mes meilleurs amis, l’un d’entre eux est aussi le parrain de Little. C’est devenu mon monde. Enfin, non, ça ne l’est pas devenu. Je crois que j’y appartenais au départ, de par mon éducation, ma famille, mais que je l’ai perdu et m’en suis éloignée à cause de rencontres, de chemins qui bifurquent, de mauvais choix de ma part. À vingt ans, j’en suis sûre, j’étais sur le fil du rasoir, prête à basculer du mauvais côté de ma vie. Par le hasard puis par la volonté de m’extirper de mon milieu social, j’ai rencontré des gens qui ont changé ma vie. Je suis tellement fière et heureuse de les avoir dans ma vie aujourd’hui, et du chemin parcouru depuis cette rencontre.
Voilà, voilà pourquoi Pure m’a tant touchée. J’ai été Katarina, à côté de la plaque, un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je me suis sentie humiliée d’être si nulle, de ne pas avoir les bons codes, les bons filtres de lecture du monde, j’ai eu honte de moi-même, comme elle. Et comme elle, j’ai refusé d’accepter un état qui me rendait malheureuse, j’ai voulu m’élever socialement parce-que je savais que ça me rendrait plus heureuse et que j’y trouverais de quoi m’enrichir intérieurement. Je ne me trompais pas. Grâce à mes amis et Robinson, je pense que je suis devenue la personne que je désirais être éperdument alors que je pensais que ça me serait toujours inaccessible. Je ne renie rien, je suis passée par tout ça, j’ai appris des choses durant mes années noires, auprès de mes mauvaises fréquentations. Je me sens riche de ces expériences contrastées. Peut-être qu’il n’y a pas de hasard et que tout cela était écrit, que je devais en passer par là, par ces chemins alambiqués, pour arriver où je suis aujourd’hui.

♥♥♥♥♥

L’autre film qui m’a touchée, dernièrement, est un documentaire sur Netflix : I am Maris. C’est la thématique du yoga qui m’a attirée, et puis finalement j’ai trouvé plus de points communs encore entre Maris et moi.

maris
Bon, c’est typiquement LE documentaire à l’américaine, avec ses moments larmoyants, sa musique émouvante, le schéma habituel de la descente aux enfers suivie de la renaissance du phénix, le message empli d’espoir, et les gens pleins de bons sentiments. Malgré tout, j’ai aimé regarder ce documentaire, inspirant et lumineux. Les peintures de Maris sont magnifiques, et la jeune femme est, simplement, touchante.
Pour résumer, il s’agit du témoignage de Maris sur sa maladie mentale. Elle souffre d’anxiété, d’angoisses incontrôlables. Cela a entrainé, à l’adolescence, un épisode d’anorexie et une hospitalisation en urgence. Puis, Maris a découvert le yoga, et ça l’a aidée à aller mieux.
Je grossis un peu le trait, car en réalité ce n’est pas si simple, pas si linéaire. Les peurs de Maris n’ont pas disparues. Elle ne donne pas de leçon, de recette, elle admet que ses troubles sont toujours là et ne disparaîtront jamais, elle apprend juste à vivre avec et à les anticiper.
Vous vous en souvenez peut-être, j’ai aussi connu un épisode d’anorexie. Je n’étais déjà plus adolescente, c’était il y a cinq ans. Ça m’a fait quelque chose d’entendre à nouveau parler des symptômes et explications psychologiques de ce trouble alimentaire. Le besoin de contrôle lorsqu’on perd pied dans sa vie, et toutes les petites manies qui deviennent de véritable tocs qui régissent le quotidien…
Je ne reviendrai pas sur tout ça, j’avais écrit un billet à l’époque, dans lequel je mettais cartes sur table avec vous (ici). Je voulais seulement vous parler de ce documentaire car je l’ai trouvé beau et inspirant.
J’ai noté une phrase que dit Maris, qui peut paraître évidente et simple mais parfois cela a du bon de se le rappeler, et je souhaiterais terminer ce long article avec ses mots :

Quand les choses vont dans le bon sens pendant un moment, on oublie ce qui n’allait pas. On oublie qu’on est qui on est, grâce aux épreuves qu’on a traversées.

Maris Degener

Bonne semaine à vous ! À bientôt.

Sunday morning # novembre 2018

walk

Ce matin, le brouillard envahit les baies vitrées, on distingue à peine le grand sapin planté devant nos fenêtres, que dire de la vallée, des toits du village, ou des monts qu’on ne devine même pas, tout là bas ? Robinson, à peine levé, à démarré un feu dans la cheminée, Little boit son chocolat chaud encore tout endormi (mais en chantonnant, toujours…) et j’émerge doucement en savourant le silence de cette journée d’automne, blanche et opaque, aussi cotonneuse que de la ouate.

Mon café au lait fume, je tartine une tranche de pain en me disant que j’aurais du préparer des crêpes. J’adore les crêpes. Je le ferai dimanche prochain.
Little a terminé son chocolat, il réclame son deuxième petit-déjeuner : le nôtre. Tartines, oranges, bananes, il chipe tout ce qu’il peut. Cet enfant est un incorrigible glouton, pas étonnant qu’il mesure deux têtes de plus que tous ses camarades…

Après avoir englouti une montagne d’aliments, il s’installe à la table basse du salon pour jouer dessiner. Je bois mon deuxième café. Robinson propose à Little de colorier un dessin de Noël ensemble, alors tous les trois on se met au travail. Little s’applique, et nous aussi. Notre ours de Noël est plutôt réussi. Autour de nous, la petite guirlande luciole et l’étoile lumineuse donnent déjà des airs de fête. J’allume ma nouvelle Yankee Candle au nom évocateur : a calm and quiet place… le feu crépite, Little joue avec son train éléctrique qu’on entend carillonner dans toute la maison.

breakfast

Puis, il est temps de s’habiller : bottes en caoutchouc, cirés, vêtements chauds, et zou tout le monde au jardin. Tandis que Little joue dans le bac à sable avec des marrons et des rondins de bûches, Robinson pioche la terre pour déraciner les bambous coriaces qui envahissent notre terrain. C’est un travail pénible et long, cela fait des mois qu’il a commencé. D’ici quelques années, il espère qu’il n’y aura plus de bambous.
Pendant ce temps, je nettoie le jardin, je le prépare pour son hivernation. J’ai planté un nouvel arbuste dans le grand bac près de la porte d’entrée, pour agrémenter un peu notre terrasse. Quelques pots de pensées oranges et mauves côtoient les pots de bruyères tricolores, c’est joli.

Tout à l’heure, nous accrocherons les décorations de Noël sur la rambarde de la terrasse, la couronne de branches de sapin entrelacées à la porte. Déjà, les odeurs de clémentine qui envahissent toute la maison donne à l’atmosphère des airs de fêtes.

Cet après-midi, nous irons marcher dans un village voisin, ou au bord de la rivière. Nous évitons les forêts ces temps-ci, pas envie de nous retrouver nez à nez avec un chasseur.

Ce sera un dimanche doux en famille, qui se terminera pas notre habituel plat de pâtes à la sauce tomate mijotée par Robinson, notre traditionnel repas réconfortant de la fin de semaine.

 

Sunday looks (attention les yeux – montage photo de l’extrême)

Voici un aperçu de mes tenues fétiches du moment : la salopette.  Je la porte chic ou version « bleu de travail », en velours noir + dentelle ou velours beige + chemise de bûcheron, selon que je vais travailler dans le jardin ou que je m’accorde un resto avec mes copines… J’adore les salopettes et leur côté absolument décontracté, quelle que soit l’association.
La qualité de mes photos était tellement médiocre que j’ai préféré faire un montage psychédélique, avec un paysage de Nouvelle-Zélande en arrière-plan (improbable) de deux silhouettes découpées. C’était ça ou bien ma salle de bain en fond ah ah. Excusez-moi pour ce délire absolument pas esthétique, promis je ne le ferai plus !! Oui, je sais, c’est très très moche et bizarre, non ? 🙂

psychédelique

 

Sunday movie

Après avoir terminé la dernière saison en date de The Americans, une série que nous apprécions beaucoup, nous avons réservé deux semaines au visionnage intégral des adaptations version longues du Seigneur des Anneaux, un de nos petits rituels. Régulièrement, tous les quatre ans environ, nous adorons nous replonger des heures durant dans cette fabuleuse épopée, tournée dans le plus beau pays du monde… À hauteur d’une heure chaque jour, douze soirées furent nécessaires pour engloutir la totalité des versions longues. Ah, je peux vous dire que Frodon, Sam et Aragorn me manquent déjà… Heureusement, à présent, c’est dans un cycle Harry Potter que nous nous lançons 😉 N’est-ce pas la période idéale pour s’aventurer à Poudlard sans bouger de son canapé et d’une montagne de plaids en polaire ?

 

Sunday artcraft with kids

presse fleurs

Comme je l’avais mentionné dans un précédent article, j’ai offert un petit presse-fleurs à Little, afin que les dizaines de feuilles qu’il ramasse quotidiennement puissent avoir un autre usage que de finir en tas dans le compost. Ainsi, lorsqu’on part en balade, j’encourage Little à chercher des feuilles de différentes couleurs pour notre presse-fleurs, puis une fois rentrés à la maison nous les compulsons avec soin entre les cartons épais. Little adore visser et dévisser les boulons qui servent à serrer le presse-fleurs. Lorsque les feuilles ont bien séché, au bout de quelques jours, on re-déboulonne tout, puis Little applique avec enthousiasme de grosses tartines de glue au dos des feuilles pour les coller sur des cartons peints ou un cahier (futur herbier ?). Je trouve le rendu très joli, simple et poétique.
Et lorsqu’il préfère faire de la peinture, je sors ma petite boîte de pastilles aquarelles et le laisse divaguer sur grand format (le rouleau de papier Ikea est parfait pour ça), puis une fois tout cela sec, on décore au feutre ou au stylo, en dessinant de petites bébêtes qui grimpent sur les arabesques colorées. Enfin, j’ai commencé à utilisé ces grandes peintures pour emballer les cadeaux de Noël. Surprenant : le rendu est vraiment chouette ! On n’aurait presque pas envie d’arracher l’emballage… Ça peut paraître incongru à certain(e)s que je ne garde pas précieusement les peintures de mon rejeton, mais en réalité je garde énormément de ses productions, et je ne peux pas tout stocker, alors je peux me permettre d’écouler un peu mon stock d’œuvres d’art 😉 Et puis, cette double utilisation, c’est un peu écologique, non ?

herbier

Sunday run and yoga

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Depuis quelques mois, j’ai repris la course à pieds de manière régulière et ça me rend HEU-REUSE ! Évidemment, je me sais en sursis ; ce sport n’est pas fait pour moi, il est bien trop traumatisant, j’ai des blessures et des antécédents, mon dos mes genoux ma cheville encore faible… je profite tant que je peux, jusqu’à la prochaine blessure, ou autre. Je me fais plaisir, j’engrange un maximum de souvenirs de runs matinaux un peu frais ou de couchers de soleil sur les prés, de petites foulées dans la brume mystérieuse près du château fort, ou sous la pluie battante dans un décor d’halloween. J’aime courir dans toutes les conditions (sauf la chaleur), froid, soleil, grisaille, bruine et même neige. L’endorphine du footing me donne toujours le sourire, je savoure ma playlist spéciale course à pieds et j’écoute les battements de mon coeur qui cogne au rythme des pulsations de Nine Inche Nails, M83, The Dead Weather ou Karnivool…
Après ma sortie course, je prolonge le plaisir en faisant une séance de yoga, soit sur la terrasse face à la vue sur toute la vallée, soit au coin de la cheminée, au chaud sur mon tapis. J’ai trois séances toutes prêtes griffonnées sur mon carnet, que j’alterne en fonction de mes envies, de mes besoins (ouverture des hanches, travail du dos, étirements des jambes…) et je m’accorde parfois quelques sauts dans mon ancien studio de Lyon, pour une séance avec mon super professeur de yoga histoire de garder le rythme et le niveau !

runLes décors bucoliques de mes entrainements

Sunday travel (inspiration)

Sur l’Instagram de Bakpoki, on peut admirer les sublimes photos de l’échappée dans le Yorkshire de cette famille qui sait toujours comment nous faire partager son goût des beaux voyages et des grands espaces. Les landes verdoyantes et humides, les pierres nappées de brume, les moutons, les époustouflants lieux de tournage d’Harry Potter… j’ai très envie de découvrir cette partie de l’Angleterre, qui semble très adaptée pour un voyage avec des petits enfants. Et puis, le Yorkshire est la terre des Brontë, j’adorerais arpenter la lande qui a inspiré deux de mes livres préférés du monde entier !
Voici le lien du blog de Bakpoki où est publié un petit compte-rendu de ce voyage très nature en Angleterre.

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(photos de l’Instagram de Bakpoki)

Je vous souhaite un bon dimanche tout doux. Allez-vous commencer vous aussi à décorer votre intérieur pour les fêtes de fin d’année ? Ou paresser devant un bon film du dimanche ? À très bientôt !

 

NB : les photos de ce billet, exceptée la dernière, sont ma propriété, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Petits bonheurs de l’automne (idées, inspirations, instantanés)

Je ne suis pas très présente ces derniers temps, disons que la vie de famille, le quotidien, les soucis entre travail et éducation de Little me prennent toute mon énergie, et m’aspirent en ne laissant de moi plus rien qui vaille la peine d’être rapporté ici (je vous en parlerai sans doute plus en détail prochainement, le temps que je digère un peu ces dernières semaines). Heureusement, je suis en vacances depuis quelques jours, et je me suis dépêchée de partir (avec Little sous le bras, bien sûr) chez mes parents, dans leur belle et apaisante campagne lorraine, pour me faire dorloter, dormir un peu plus les matins, et profiter de ma famille. J’ai donc pu recharger mes batteries, lire lire lire, me reposer, et prendre à nouveau beaucoup de temps pour d’autres aspirations que celles du quotidien. Bien sûr, mes passions tournent toujours autour des mêmes thématiques : l’éducation libre (on ne se refait pas…), la nature, les livres et fabriquer des trucs.

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Vie de famille

Les débuts à l’école pour Little sont…, hum, compliqués. Il ne s’agit pas de l’école en soi, mais plutôt d’un ensemble d’éléments qui ont un peu perturbé notre équilibre. Je rentre plus tard car je travaille loin, et plus. Les journées sont longues pour Little. Je sens qu’on a fortement besoin de nous reconnecter à la nature, car même en vivant à la campagne et en randonnant beaucoup, on passe finalement encore trop peu de temps dehors. C’est comme si, depuis que je vis dans une maison, j’avais moins besoin de sortir tout le temps car j’ai la nature sous les yeux à chaque instant. Or, cette baisse de mon envie d’être dehors n’a peut-être pas aidé Little à bien vivre tous les changements de ces derniers mois. Je sens qu’il a besoin de passer énormément de temps à l’extérieur, en liberté totale. Libre de grimper, de fabriquer des choses, de gratter la terre ou le sable, de transporter des cailloux ou de sauter dans les flaques.
Mes désirs de jolis jardins ou de potagers prolifiques se sont confrontés à son besoin de liberté ; je crois que je dois me recentrer sur sa croissance à lui, et oublier celle de mes légumes. Stresser à cause du jardin, des plates-bandes, des semis et jeunes pousses qu’il ne faut pas abimer, tout cela a créé des tensions et m’a fait perdre de vue mon objectif en tant que mère : laisser mes enfants grandir librement, sans les stresser, sans transformer leur environnement naturel en espace policé et contraint. Bien sûr, il y a des règles, il faut respecter certains espaces et Little ne doit pas se transformer en Destructor sous couvert d’autonomie et de liberté. Entre ces extrêmes, à moi de trouver l’équilibre pour que chacun trouve sa place dans notre grand jardin en fouillis.
J’ai regardé cette courte vidéo qui parle des écoles en forêt, au Danemark. Il y en a de plus en plus qui se créent dans le monde, je trouve le principe très intéressant, pas forcément pour l’idée de l’école en soi, mais de manière plus globale, et ce que cela révèle des besoins des enfants : s’épanouir en autonomie et en symbiose avec la nature.
Je réalise que Little a actuellement un fort besoin de bouger, de sauter, de crier, comme s’il était à l’étroit dans un carcan trop rigide ou en train d’essayer de se débarrasser de son ancienne peau pour muer vers la nouvelle. Il est clairement en train d’évoluer du stade de bébé à celui de petit garçon, je le vois grandir – à une vitesse folle ! Il a besoin d’explorer le monde, et ce monde, pour l’instant, est celui que ses parents vont préparer pour lui, dans lequel le laisser tranquillement vaquer à ses occupations : notre jardin, notre village, la forêt. Le reste, viendra en temps voulu, ou avec d’autres accompagnants (à l’école…)
J’ai découvert cette citation de Nietzsche et elle me parle beaucoup : Si nous nous trouvons tellement à l’aise dans la pleine nature, c’est qu’elle n’a pas d’opinion sur nous.

 

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Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma, mais depuis que nous sommes parents et surtout, depuis que nous ne vivons plus en centre-ville, j’y vais rarement, trop rarement à mon goût. Je me rattrape en regardant des films à la maison mais ce n’est pas pareil, rien ne vaut une vraie sortie au cinéma, dans la salle obscure, avec un paquet de pop-corn bien sucré et le son au maximum pour se plonger totalement dans l’ambiance d’un film. Alors, à chaque fois que je rentre chez mes parents, j’en profite pour leur laisser Little le temps d’une soirée et m’offrir une escapade au cinéma, seule ou avec Robinson s’il est là lui aussi. Cette semaine, nous avons eu de la chance car sortait First Man, le dernier film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling. Je ne suis pas particulièrement fan des films traitant de l’exploration spatiale, mais Robinson, lui, adore (son film préféré ? Interstellar… ^-^) et étant donné que, pour ma part, j’aime énormément Chazelle ET Gosling (La La Land midinette forever) je ne me suis pas faite prier pour me rendre à cette séance ! Et tant mieux car nous avons passé un bon moment : le film est chouette (pas aussi exceptionnel que La La Land ou Whiplash, c’est sûr…) et on a passé un bon moment. Je peux vous dire, surtout, que cela m’a changé les idées et que c’est exactement ce dont j’avais besoin.

 

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Automne

Little ramasse des feuilles, s’y roule avec délice, on a fait cuire des châtaignes dans le feu de la cheminée, on dessine des arbres et on les colorie aux couleurs de l’automne… Je lis devant le feu, ma mère me prépare des tasses de thé, de tisane. On fait de grandes balades en trottinette et draisienne, ou à pieds. Ma mère tricote tranquillement à côté de nous pendant qu’on lit des histoires. Au goûter, on se régale de chocolat dans du pain. Un classique inégalé.
Little a regardé ses premiers Walt Disney (La Belle et la Bête, sa passion, et Le Livre de la Jungle) mais j’essaie de limiter encore les écrans, et de ne lui proposer un dessin animé que TRÈS ponctuellement (j’avais essayé de dédramatiser mon opinion sur les écrans et la petite enfance, mais je viens de retomber sur des textes et informations qui m’ont questionnée et je n’ai donc, à nouveau, plus du tout envie que Little regarde des films… Je tergiverse, je m’interroge, je ne sais pas quoi penser…) (#lâcherprise…)
Je viens d’acheter un presse-fleurs afin de faire sécher les jolies feuilles d’automne que Little ramasse et collectionne. J’ai hâte de l’essayer et d’accompagner mon fils pour la création de belles affiches ou d’un herbier poétique à quatre mains.

 

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Yoga

Dans mon village ont lieu deux cours de yoga chaque semaine, je suis inscrite à l’un des cours et j’y vais hebdomadairement, pour mon plus grand plaisir. Je ne m’attendais pas à trouver un cours de si grande qualité dans un tout petit village comme le mien. Ma prof propose des cours de Yoga Integral, j’aime le fait qu’elle nous parle des saisons, des quatre éléments, de nourriture… en plus des postures ou de la respiration. En cette période de rentrée, de stress, et de fin des beaux jours, je peux vous dire que cette échappée a été extrêmement bénéfique pour moi, et je ne m’en passerais pour rien au monde en ce moment !
J’ai aussi décidé de pratiquer plus souvent chez moi devant Little. En effet, je pratique déjà à la maison, mais seule et tranquille. Or, je crois que si je veux encourager mon fils à plus de sérénité, faire du yoga devant lui et lui donner envie de participer, de se joindre à moi, pourrait être utile. J’ai déjà essayé de l’initier, nous avons un très bel album sur le sujet, et il adore me piquer mon tapis de yoga orange…
Il faut que j’achète un nouveau tapis (ça tombe bien, le mien commence à partir en lambeaux…) afin que nous ayons chacun le nôtre, et que je puisse l’inviter à me joindre sur le tapis de manière ludique et informelle le plus souvent possible.
Si vous avez des marques de bon tapis de yoga à me conseiller, je suis preneuse ! Car je cherche, je cherche, mais je n’y connais rien et je ne sais pas que choisir !

 

J’espère avoir le temps ces vacances de rédiger un deuxième billet pour vous raconter nos derniers mois agités ! À très bientôt.

What make’s me happy

J’aime beaucoup cette période de l’année. Bon, ok, les arbres ont définitivement perdu leur beau feuillage doré, il pleut et la nuit semble grignoter presque toutes les pauvres heures du jour… mais, je ne sais pas, j’aime bien ces quelques semaines de transition entre le bel automne flamboyant et Noël. Et voici quelques petits plaisirs qui, malgré le temps maussade ou le stress du quotidien, peuvent rendre mes journées plus douces et plus lumineuses :

– prendre un bain bien chaud en plein après-midi, le week-end, lorsque Little fait sa sieste. Faire un gommage, laisser poser un masque sur mon visage, me chouchouter… Puis ouvrir la fenêtre pour aérer la pièce et laisser entrer la forêt, son silence et ses mystères, dans la maison…

– allumer des bougies aux odeurs épicées dans n’importe quelle pièce où je me trouve ; bureau, salon, cuisine, et même salle de jeux !

– préparer Noël, faire des listes de cadeaux pour les proches, mais aussi réfléchir à ce qui me ferait plaisir (ben oui, je me chouchoute -bis ^-^)

– partir au fond d’un champs avec Little, chaussés de nos bottes en caoutchouc, pour faire nos emplettes directement chez notre producteur de légumes. En profiter pour patauger dans la boue au milieu des dindons, des poules, des lapins et de l’énooooorme cochon paresseux. Voir les yeux de Little s’agrandir de plaisir et d’étonnement à la découverte de tous ces animaux, si proches, bien vivants ! Et repartir avec un gros panier de légumes de saison qui ne m’a presque rien coûté. Punaise, mais qu’est-ce-que c’est chouette la nature !

– reprendre le yoga, à la maison, tranquillement. Face aux baies vitrées et à la vue sur la vallée, dérouler le tapis un peu usé, sortir mes nouveaux accessoires (une brique et une sangle !) et me détendre profondément.

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(Little devant notre cheminée, dans laquelle pour l’instant on ne fait brûler que de grosses bougies car on attend que le ramoneur vienne la remettre en marche)

– partager une tisane avec mon fils. Little adooooore la tisane vanille-lavande (avec une cuillerée de miel, forcément ^-^). Le soir, vers 17h, on se fait nos deux petits mugs, comme des papis-mamies, et on s’installe côté à côté sur le canapé pour la déguster, en faisant un puzzle, ou des legos… Et entendre Little dire de sa petite voix zozotante : « hum, est bon la tiz-zane, maman ». ❤

– regarder Stranger Things recroquevillée sous une épaisse couverture en polaire, trembler un peu de froid mais aussi de peur ^-^ (je suis une grosse chochote)

– l’odeur des mandarines qui flotte dans la maison. Et Little qui, de ses tous petits doigts agiles, pèle déjà allègrement les siennes. Le regarder grandir et être fière.

– regarder dehors, par n’importe laquelle de nos fenêtres, et m’émerveiller. L’autre soir, je crois que j’ai vu une chouette, toute blanche, dans le bois au fond du jardin. Parfois il y a les écureuils qui viennent sur la terrasse, mais aussi des petits moineaux mignons et gourmands. Il paraît que l’ancienne propriétaire a déjà vu des biches et même des sangliers traverser le jardin!!!

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(la vue depuis notre chambre)

-aller chez Ikéa pour terminer d’emménager correctement : acheter des étagères pour la salle de bain, quelques tapis, des rangements pour la cuisine ou le bureau, des chevets, et une magnifique parure de lit qui me faisait envie depuis longtemps…

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-cuisiner et savourer des soupes (depuis que j’ai vécu en Irlande, j’adore la soupe… Ils ont l’art et la manière de la manger, dans ce pays! Grosses tartines de beurre trempées dans le potage, mmh c’est un régal, bien plus gourmand que l’image light et diététique qu’avait avant la soupe pour moi)

-regarder des DVD de mes films doudous, et me faire une (re)immersion victorienne en regardant deux fois de suite (!) Pride and Prejudice (de Joe Wright) puis enchainer sur la mini-série si parfaite Pride and Prejudice BBC avec ❤ Colin Firth, avant de regarder Anna Karenine du même Joe Wright, pour terminer sur Atonement (Reviens-moi, en VF) toujours du même réalisateur. Et me rendre compte que, j’avais beau avoir déjà vu ces films, je ne m’étais pas aperçu que j’étais fan du travail de Joe Wright ^-^
Par contre, Anna Karenine était une découverte, et j’ai adoré (pourtant, je n’avais pas vraiment accroché avec le roman, alors que je suis habituellement fan de littérature du 19ème et que j’aime beaucoup les auteurs russes. Ce Tolstoï là, pourtant si encensé je le sais bien, ne m’avait pas emballée).
Et puis, Keira Knightley, quoi… quelle beauté, quelle grâce… je crois que j’ai vu absolument tous ces films, ça y est !

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– ne pas faire de shopping (ben oui, maintenant que je vis loin de tout !) et être fière. Et ressentir le contentement de consommer peu et mieux. Se nourrir d’autre chose et trouver ça bon.

– manger des biscuits de Noël et boire du thé de Noël

– sentir les odeurs de feux de bois qui envahissent toutes les rues du village…

J’aurais pu continuer encore… et pourtant je ne pensais pas que ma liste serait si longue ! Comme quoi, parfois, c’est bien de mettre par écrit ce qui nous rend heureux, ça permet de se rendre compte qu’on a vraiment un puits immense dans lequel puiser du bonheur et qu’on n’a pas de quoi se plaindre. Enfin, pas trop… ^-^

Et vous, des petits plaisirs de saison à partager avec moi ?

A bientôt !

 

 

Nourrir son âme

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Je vous le confessais dans ce billet, je n’ai pas fait de yoga depuis les attentats du 13 novembre. Cela fait donc 3 mois. Et je ressens ce manque.
Je ne vous parlerai pas que de yoga aujourd’hui, rassurez-vous (pour celles/ceux qui en ont marre de mes articles dédiés à ce sujet ^-^). C’est juste que ce manque est le point de départ d’un constat.

Trois mois sans yoga, donc, et je sens en moi de plus en plus de nervosité. Ce n’est pas le fruit de mon imagination, car Robinson a constaté la même chose. Alors bien sûr, l’hiver et ses courtes journées, le quotidien et sa routine, l’ambiance générale un peu morose de ces dernières semaines, sont autant d’ingrédients à prendre en considération pour expliquer mon état à fleur de peau de ces derniers temps. Mais je sais bien que je suis aussi, en partie, responsable de celui-ci ; n’ai-je pas un peu négligé d’entretenir ma spiritualité dernièrement ?

A être tous les jours à la maison avec mon fils, je passe finalement beaucoup de temps à papillonner, à ouvrir mon ordinateur et mes boîtes mails, à errer sur internet, à lancer des séries ou des films que je ne regarde que 5 minutes. Car c’est bien ça le coeur du problème : avec un bébé à gérer, on n’a jamais plus de 5 minutes devant soi. Alors on ne se lance dans rien, par peur d’être frustré(e) de ne pas pouvoir finir. C’est plus simple d’ouvrir Instagram et de faire défiler les images, que d’attraper mon livre et d’essayer de reprendre ma lecture là où je l’avais laissée ; le temps que je me remette dedans, bim, Little appelle ou s’impatiente, et je dois abandonner mon bouquin. Ou alors, parfois, tout simplement, je suis incapable de rester concentrée assez longtemps pour lire, car je surveille bébé en même temps, ou suis préoccupée par des soucis extrêmement terre-à-terre (la purée de bébé, le transit de bébé, le chauffage dans la salle de bain, l’aspirateur à passer, la Poste,  les courses… voilà en gros le tableau…!).

Je me suis aperçue que je négligeais de nourrir mon esprit, qui était donc constamment azimuté par les sollicitations des réseaux sociaux, des blogs, des vidéos youtube, des séries, des films sur Netflix… Au lieu de me poser pour lire, ou pour écrire, au lieu de prendre un peu de temps pour réfléchir, me documenter, m’inspirer, au lieu de mettre mon cerveau sur off, de m’octroyer une vraie pause réparatrice grâce au yoga, je m’éparpille, gaspille mon temps, papillonne.

Je ne m’auto-flagelle pas. C’est dur de tout faire, on ne peut pas contrôler chaque minute de son quotidien, et avec un bébé il faut être souple et s’adapter aux aléas : alors non, je ne vais pas m’imposer un emploi du temps avec des heures de yoga, d’autres de lecture, des siestes et un temps restreint sur internet. Je pourrais le faire et ça pourrait marcher, mais… commençons avec moins d’ambition ! Avoir pris conscience de cela, c’est déjà un grand pas. Aujourd’hui, je prends le temps d’écrire ce billet, et de cuisiner. Demain, peut-être, j’essaierai de faire une séance de yoga, ou de lire une heure. Pas de stress ni de contraintes, la culpabilité et la pression ne sont pas les alliées de quelqu’un qui essaie d’être plus zen, plus alignée, moins irritable, moins nerveuse.

Le yoga me calme physiquement, c’est sûr, mais il y a tout l’a-côté qui entre en jeu aussi, l’univers du yoga : les gens bienveillants, la philosophie du « ce qui doit arriver arrivera, c’est le destin/karma », le non-jugement… Quand je pratique plus régulièrement, je m’inscris durablement dans ce cocon apaisant, et surtout j’y trouve plus facilement refuge lorsque la réalité du monde m’agresse. Je suis alors capable de relativiser, mon cerveau parvient à court-circuiter les ondes négatives, bref, le yoga permet à mon corps de filtrer toutes les violences et le stress du quotidien, mon esprit ne se laisse pas envahir, et je reste plus zen. Tous ces automatismes, dernièrement, ce sont estompés : je n’ai pas entretenu ma spiritualité par la pratique, alors je suis à nouveau vulnérable, je le sens. Me voilà à m’énerver plus vite, à laisser l’irritation monter en moi, à ne pas supporter certains petits désagréments…. je déteste être comme ça, ce n’est pas moi, ni ce que j’ai envie d’être…

Alors voilà, je le sais, j’ai besoin de faire du yoga, et j’ai besoin de lire et écrire ; ce ne sont pas uniquement des loisirs plaisants, ce sont des sources de recentrage qui m’aident à être la personne que je veux être, quelqu’un d’équilibré et de bien dans sa peau. Je vais essayer de prendre un peu de temps pour m’y remettre sérieusement, il le faut, et pas seulement pour moi mais pour mes proches aussi…

Et vous, cela vous arrive-t’il de ressentir ce besoin de vous ré-ancrer, de vous ré-aligner ? Quels sont vos moyens de vous retrouver, de vous réparer ?

NB : la photo (prise au retour de notre week end au ski, le ciel était beau à couper le souffle) est personnelle mais libre de droits. La citation qui y figure est de Jorge Luis Borges

Bilan de début d’année – les billets en cours

Je me suis rendue compte que certains de mes billets auraient nécessité une suite, une deuxième partie, un retour, mais que je laissais dormir aux oubliettes de la blogosphère. Par exemple, l’an passé, je vous avais parlé de mes bonnes résolutions : bien hydrater ma peau, et boire plus d’eau tout au long de la journée. Aussi, j’avais entrepris le challenge « 30 days of yoga with Adriene » et je n’ai pas rédigé la dernière partie de ma review sur le sujet… Enfin, je vous avais annoncé notre week-end à Amsterdam (avec Little agé de 2 mois) et promis de vous en toucher un mot, et puis le temps a passé et je ne l’ai pas fait ! Shame on me ! Heureusement, aujourd’hui, j’ai décidé de rattraper mon retard et de clore ces différents chapitres ouverts ça et là sur le blog.

Les bonnes résolutions de 2015, on en est où ?

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Ce n’était pas encore officiel mais, en janvier 2015, je savais déjà être enceinte, aussi cela explique pourquoi j’avais tant besoin d’insister sur l’hydratation de ma peau. J’avais une peur bleue des vergetures ! Je savais très bien que je n’étais pas assez rigoureuse, trop la flemme d’appliquer de la crème sur tout le corps TOUS les jours !!!
La grossesse a été l’impulsion qu’il me fallait, et pas un jour je n’ai failli à l’étape du crémage en règle de tout le corps. Même les jours où j’étais extrêmement fatiguée, même loin de chez moi, en voyage ou chez des amis, mes crèmes étaient avec moi et je prenais chaque jour 10à 15 minutes pour m’hydrater entièrement le corps. Au 6ème mois de grossesse, étant donné que j’étais en arrêt et avais donc plus de temps, j’ai même commencé à mettre de la crème matin ET soir. Mes efforts n’ont pas été vains (ouf !!), je n’ai pas eu de vergetures. Par contre, je n’ai pas non plus réussi à garder le rythme, et depuis que la menace de la peau du ventre craquant et se fissurant ne plane plus sur moi, j’avoue avoir à nouveau remisé mes crèmes au fond du placard ! (oui mais c’est l’hiver, j’ai froiiiidddddd….!!)
De même, l’autre bonne résolution qui était de boire plus d’eau, a été très bien tenue, mais surtout très facile à tenir vu que, enceinte, j’étais constamment assoiffée. Tellement assoiffée que j’ai eu peur, à un moment, d’être devenue potomane ^_^ Par contre, pour m’aider dans cette résolution je m’étais achetée une gourde, qui s’est avérée bien inutile car pas du tout étanche ! J’ai donc utilisé de simples bouteilles d’eau en plastique que je re-remplissais – écologique, mais pas forcément bon pour la santé, à cause des composants du plastique de ces bouteilles…

Le challenge des 30 jours de yoga, on en est où ?

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Je me suis arrêtée à la séance 19 ! Eh oui, je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout du défi ! Et, pour être franche, je ne me suis pas trop culpabilisée de ne pas le faire… C’est comme ça, parfois on a envie de faire bien mais la vie et ses impératifs font que ce n’est pas toujours possible. Ou alors peut-être est-ce tout simplement la flemme, l’hiver…?

Bon, en vérité, aussi, il y a eu les événements de novembre… pendant des jours, je ne me sentais plus l’envie de faire du yoga, je trouvais ça vain, complètement à côté de la plaque par rapport au drame qui venait de se produire. Grosse remise en question des priorités, à quoi bon, pour quoi faire, tout ça tout ça… Et puis finalement, je n’ai pas eu envie de m’y remettre… j’ai sans doute associé ce qui venait de se passer avec ces moments d’insouciance qui faisaient partie de mon quotidien, et peut-être que j’ai culpabilisé d’avoir eu le privilège de les vivre, ces moments; je m’en suis voulue d’avoir été naïve et insouciante, et le challenge de yoga que je faisais à ce moment là a pâti de cet amalgame, alors je l’ai mis de côté avec le reste. Comme si, vous voyez, il y avait eu un avant et un après attentats. Et après, je n’étais plus la même, et je n’avais plus envie de cela… Mais je suis sûre que l’envie reviendra, pas de pression, je me connais, je fonctionne par cycles ! Pour l’instant, je suis dans autre chose, mais sûre qu’on en reparlera par ici…!

Et Amsterdam avec 15 potes et un bébé de 2 mois, en plein novembre, ça donne quoi ?

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C’était la première fois que j’allais à Amsterdam, et je dois avouer que j’ai été un peu déçue (c’est pour ça que je n’en ai pas trop parlé par ici, je pense). Bon, c’est sûr, on a eu un temps horrible et ça n’aide pas : pluie continue, froid, vent… En plus, il y avait un festival assez énorme ce week-end là et donc beaucoup beaucoup de monde dans les rues. Je m’attendais aussi à ce que ce soit, comme souvent dans les pays « du nord », très kids friendly. Eh bien pas du tout ! On a halluciné, car partout où on arrivait avec Little (qui est quand même un bébé hyper cool, calme et tout… donc pas relou !) les gens, clients et serveurs/patrons, nous regardaient de travers. Dans le petit shop où l’on a mangé un midi, Robinson s’est même un peu énervé (ce qui ne lui ressemble pas du tout ! Il est toujours d’un calme olympien) avec le patron, qui lui répondait très mal, et avec mépris, à ses demandes concernant le bébé (il demandait s’il y avait une table à langer dans les toilettes, LE truc qu’on trouve quand même un peu partout, sans être regardés comme des martiens lorsque l’on demande, non ?). On a vraiment eu l’impression de débarquer d’une autre planète car on avait un enfant… ! On s’est même fait refouler de certains salons de thé, même, sous prétexte qu’il n’y avait pas de place pour mettre la poussette. C’est quelque chose que je n’ai jamais vécu en France…! Bon, peut-être qu’on est vraiment des gros bobos habitués à vivre dans des quartiers bondés de jeunes couples trentenaires qui traînent leurs gamins partout, dans les bars et les restos, en soirée ou sur les péniches… mais je ne m’attendais pas à ce qu’on soit aussi mal considérés avec notre bébé ! En tous cas, pas à Amsterdam ! Surtout qu’on a évité les endroits trop touristiques et privilégiés les petites rues, les petites boutiques, les petites adresses sympas, que l’on s’attend généralement à voir être plus « avant-gardiste » (mais est-ce de l’avant-gardisme que tout simplement tolérer lap présence de touts-petits et faciliter l’accès d’un lieu aux parents, aux familles…?). L’impression qui ne m’a pas quittée du week-end, c’était celle de n’avoir rien à faire là avec un bébé. Je me suis demandée comment faisait les jeunes mamans hollandaises, si elles étaient vouées à rester enfermées chez elles jusqu’à l’adolescence de leurs enfants…??? J’imagine bien que non, et qu’il doit y avoir des lieux où elles vont en famille… mais je ne les ai pas trouvés!
Au delà de ce point un peu négatif, nous avons passé un super week-end : on a bien ri, bien profité les uns des autres, arpenter les rues en large et en travers, bruncher et bu des bières… c’était chouette. Et Little a eu l’air d’apprécier le voyage, il a été hyper cool et calme, est passé de bras en bras pendant 3 jours sans broncher, a fait des sourires et des câlins à tout le monde… C’est donc le point positif de ce weekend : on s’est rendus compte que l’on pouvait partir avec lui et qu’on ne devait d’ailleurs pas hésiter à le faire, car  comme on dit les voyages forment la jeunesse (enfin, là, ils apprennent surtout à Little à devenir un parfait petit nomade, ce qu’il est à priori, pour l’instant !).

Voilà pour ce « bilan » des articles commencés mais jamais terminés. Maintenant la boucle est bouclée (ouf, je me sens mieux !). Je tâcherai, à l’avenir, d’être plus rigoureuse et de ne pas vous faire attendre un an entier avant de vous donner le fin mot d’une histoire entamée ici ! Et, pour ce qui est d’Amsterdam, ne vous inquiétez pas, je ne m’arrêterai pas sur ce « demi fiasco », nous avons l’intention d’y retourner à la belle saison (pas forcément cette année), et d’en profiter encore plus, mais toujours avec notre fils ! Alors si vous avez de bonnes adresses, des bons plans d’endroits family friendly, n’hésitez pas à partager ! Je ne veux pas rester sur cette image un peu écornée de la ville, je suis sûre qu’il y a plein de trucs chouettes à faire et à voir encore !

Et vous alors ? Pour celles qui s’étaient lancées dans le challenge de yoga, êtes-vous allées jusqu’au bout ?
Avez-vous déjà eu des déconvenues en voyage ? Quelle destination vous a déjà déçu(e)s ?
Et vos résolutions passées, les avez-vous tenues ??

Je vous laisse, je vais préparer ma valise et mon matériel pour mon week end de SNOWBOARD ENTRE COPINES !!!! Youhou j’ai hâte d’être sur les pistes ! Je vous souhaite un très bon week-end, à bientôt !

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