La maison

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J’aime la façon dont les anglais désignent leur foyer, leur maison, leur « chez-nous », un seul mot : home. A la fois le toit, et le coeur palpitant refuge de la famille. Le foyer chaleureux. Les racines. La maison douillette. Home.

On a cherché pendant deux années. On a visité des tonnes de biens. D’abord des appartements à Lyon, puis, Little étant né, la maison hors de Lyon devenait notre Graal et nous abandonnions l’idée de vivre en ville dans un appartement exigu. On a cherché, écumé les sites et les agences, passé nos weeks-ends, nos soirées à visiter des logements. J’ai passé des heures au téléphone à prendre des renseignements, sur Google Maps à chercher des localisations… Le bruit de la ville, les travaux qui ont envahi notre quartier, le stress des trajets, des embouteillages, la saturation des routes et des commerces, tout nous poussait à partir et notre recherche de maison devenait quasiment une quête de survie. Fuir pour reprendre de l’air, retrouver de l’espace et un rythme de vie normal. A la fin de ces deux ans, croyez le, nous étions découragés. Les tensions s’accumulaient, on en avait clairement marre. On ne voyait pas ce qui allait suivre, on n’arrivait plus à se projeter, il nous fallait trouver l’étape suivante pour reprendre souffle et forces et continuer à avancer.
A un moment, Robinson m’a dit : on se donne encore un mois. Si on n’a pas trouvé d’ici là, on change de projet, on n’achète rien, je lâche mon boulot, on quitte la région, voire le pays.

°_°         (radical, hein?)

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C’est là qu’on a visité notre maison. Elle n’était pas là où on avait cherché au départ, un tout petit peu plus éloignée que prévu. Mais parfaite et pleine d’imperfections. Je rêvais d’une maison isolée, au calme, je voulais une cheminée et un immense jardin arboré. Je voulais de la place, des pièces pour ranger, des pièces pour jouer avec Little, et dans mes rêves les plus fous, cette maison fantasmée aurait été à la lisière de la forêt. Robinson, lui, rêvait d’une vue. La vue imprenable de notre appartement allait être son seul regret de notre vie en ville, en étage élevé. Tous ces critères, vue, forêt, cheminée, jardin, espace… évidemment, lorsqu’on les verbalisait à un agent immobilier, on percevait bien le ton dubitatif et condescendant de sa réponse : « oui, bien sûr, mais vous savez, pour un premier achat, on met de côté ses rêves et idéaux, il s’agit bien souvent de faire le deuil de la maison idéale pour commencer par quelque chose de simple, de petit, mettre le pied à l’étrier avant un futur achat plus conséquent… Faire des compromis. Faire des sacrifices. Faire des concessions… »

Ces mots, on les a entendus, encore et encore. On était à deux doigts d’acheter une maison minuscule (90 m carrés) avec un jardin lilliputien (100 mètres carrés) dans un lotissement (!) à 30 minutes de Lyon, pour 50 000 euros de plus que la maison que l’on a finalement achetée. Une maison chère, sans cheminée, sans vue, sans immense jardin, sans forêt bien sûr, sans espace… !  On était prêts à faire ces concessions. Mon dieu heureusement qu’on ne l’a pas fait ! Il a suffit qu’on ouvre notre compas un tout petit peu plus, qu’on s’éloigne de Lyon de cinq minutes supplémentaires aux trente minutes qu’on s’était fixées comme limite, pour que nos critères deviennent réalisables et non plus des extravagances de jeune couple plein de rêves.

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(Cette affiche (d’un magazine Flow) est sur notre mur dans le séjour, je déjeune face à elle chaque jour. Elle était là, durant tous ces mois, pour me rappeler mon rêve, et pour me donner la motivation de continuer à chercher malgré tous les échecs de nos visites immobilières. A chaque fois que je la regardais, je me disais qu’il devait forcément y avoir un moyen d’obtenir ça, ce rêve, juste une maison au milieu d’un jardin, la possibilité de faire pousser des légumes, et de vivre au calme. En famille. Un rêve qui semblait fou mais pourquoi renoncer à le poursuivre pour autant ? Pourquoi ne serions nous pas parvenus à réaliser cela ? Lorsque je pensais à la somme que nous étions prêts à débourser pour un appartement ou une petite maison de lotissement, je me disais qu’il devait bien y avoir, quelque part, un peu plus loin sans doute, une maison comme celle-là qui nous attendait, pour y mener une vie paisible… Cette affiche est précieuse pour moi aujourd’hui.)

*

Aujourd’hui, je me dis : ces deux années de cheminement n’ont pas été vaines. Elles nous ont amenés exactement là où on devait aller. A cette maison. A renoncer aux sacrifices. Sans quoi, on aurait sans doute été un peu malheureux, dans une maison riquiqui au milieu de cinquante minuscules maisons les unes sur les autres, avec un prêt de vingt ans sur le dos…

On a donc élargi notre secteur de recherches, et on a visité une maison.
Une maison avec un immense jardin, en lisière d’un bois. En haut d’une colline, avec une vue imprenable sur le village, les champs, les fermes, la campagne. Avec une cheminée, et 160 mètres carrés d’espace, complétés par deux énormes terrasses de trente et cinquante mètres carrés éventuellement réaménageables en agrandissement de la maison. Une maison pas forcément jolie, plutôt simple et fonctionnelle, avec des rafraichissements à faire et des petits travaux à prévoir pour exploiter tout son potentiel. Une maison tranquille, un peu dans les arbres, dans un tout petit village au bord de la Saône, entre le Beaujolais, l’Ain et le Rhône. Une maison quelconque mais parfaite à mes yeux. Notre maison. Pour ma petite famille que je veux mettre au vert. Pour Little qui pourra courir, patauger dans la boue, marcher sur la route, ramasser des champignons, être couvert de terre et de feuilles mortes, faire des cabanes, inviter ses copains, avoir une petite piscine gonflable, faire un élevage d’escargots, ou de grenouilles, faire de la peinture sans avoir peur de salir, et respirer. Pour moi, pour avoir du vert autour de moi, pour lire au coin du feu, pour passer mes journées dehors avec mon fils, même quand il pleut, pour ne plus avoir peur des voitures qui saturent l’espace urbain, pour couper quand je rentre du travail, pour ne plus faire mes courses dans un Market de centre-ville hors de prix et au choix réduit, pour sortir et être immédiatement en pleine nature, pour pouvoir courir, marcher, faire du vélo quand j’ai envie, pour m’isoler et écrire, pour m’éloigner du centre névralgique qu’est Lyon, tentaculaire, emprisonnante, asphyxiante parfois… Pour Robinson aussi, pour les mêmes raisons que moi même si lui ressent moi cette pesanteur de la ville car il travaille déjà à la campagne.

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Voilà, au bout de deux ans, on l’a visitée, on a signé, on a obtenu notre prêt, on change de vie.

On a trouvé notre chez-nous. Home.
Je suis vraiment heureuse et j’ai hâte de commencer cette nouvelle aventure.

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Septembre, la rentrée

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Je l’avait évoqué par ici il y a quelques semaines : après trois années passées dans mon école en REP avec des CP et une équipe formidable, à la rentrée je change d’école. C’était très improbable mais c’est arrivé : j’ai obtenu une école de centre-ville à cinq minutes à pieds de chez moi (le chez-moi actuel, hein… dans 2 mois, lorsque nous déménagerons à la campagne, je serai bien éloignée, mais tout autant que si j’étais restée à Villeurbanne dans mon école REP). Une toute petite école dans laquelle je ne pensais jamais obtenir un poste avant d’atteindre 15 ans de carrière ! Mais le « mouvement' » a ses mécanismes mystérieux et me voilà changeant d’école (et de niveau de classe) alors que je ne m’étais pas vraiment préparée à cette éventualité… Rassurez-vous, je le vis très bien, j’adorais mon ancienne école et mes collègues mais j’avais aussi envie de changement et de changer un peu de quartier !

L’autre grand changement de cette rentrée, c’est que je travaillerai à mi-temps, seulement les fins de semaine, ce qui est vraiment extrêmement confortable, j’en suis bien consciente. Mais je voulais profiter de la dernière année où Little sera à la maison avant qu’il n’aille à l’école lui aussi. Et avec le déménagement et les travaux qui nous attendent dans notre maison, je vais avoir beaucoup de choses à gérer. Cet emploi du temps allégé, il m’était indispensable pour aborder au mieux ce que cette nouvelle vie nous réserve. Des tas de routines différentes vont devoir être mises en place : moi qui faisais tout à vélo, je vais avoir à nouveau une voiture, faire de longs trajets… Vivre à la campagne signifie aussi la fin des petites courses quotidiennes au Market du coin, et le nouveau rythme des « grosses » courses hebdomadaires dans les grands supermarchés à une dizaine de kilomètres de la maison… Bref, une toute nouvelle organisation nous attend, matinée de petits et gros travaux d’aménagement qui vont eux aussi être une grande découverte pour les bricoleurs novices que nous sommes !

Mes deux journées de repos – lundi et mardi – seront consacrées à Little, à des promenades, et des jeux et ateliers d’éveil (j’ai bon espoir de parvenir à aménager une pièce qui serait notre atelier d’expériences et de jeux, à la manière de cette maman dont j’adore le blog * et qui m’inspire beaucoup), mais aussi à la maison, son organisation, le ménage, le jardin, et un tout petit peu de temps sera dédié à ma classe pour me permettre de préparer mes journées de travail et de corriger fiches et cahiers (mais j’ai aussi la ferme intention de travailler de plus en plus en système d’ateliers de manipulation Montessoriens et donc d’évaluer de manière continue plutôt que finale, ce qui me demandera beaucoup plus de travail en classe mais moins à la maison (désolée pour le jargon, les non-PE ^-^)) (j’ai déjà bien amorcé cette transition l’an passé, en faisant beaucoup travailler mes élèves à partir de centres et d’ateliers, mais j’espère faire évoluer encore ce cheminement et parvenir, un jour, à obtenir une classe totalement Montessori en Cycle 2 ! Je consacrerai peut-être un article à ce propos si cela vous intéresse). J’espère aussi qu’il me restera une petite heure ou deux pour écrire : j’ai achevé deux tiers de mon projet, je pense qu’il me faudra encore une année de travail pour terminer, relire et corriger tout cela. C’est vraiment porteur d’avoir réussi à mener aussi loin ce travail, car à présent je ne peux plus abandonner, j’y ai consacré trop de temps et d’énergie, et c’est plutôt positif car ça me pousse à continuer, à aller jusqu’au bout. Je vous en donnerai des nouvelles de temps en temps.

Voilà pour cette rentrée 2017 : plutôt excitante car pleine de promesses, de renouveau, de projets… et d’inattendu !

Et vous votre « rentrée » ? Le mois de septembre vous fait-il le même effet « nouvelle année » qu’à moi ?

A bientôt !

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-> ma tenue de rentrée : du doré, du bariolé, du confortable… !

 

* si le sujet vous intéresse, le blog d’Elsa (merci qui? merci montessori) est une mine d’or, mais je vous préviens, une fois qu’on commence, on ne peut plus s’arrêter de lire et de s’émerveiller… il faut un peu de temps devant soi pour véritablement éplucher ces articles passionnants et détailler les photos toutes plus parlantes les unes que les autres…!

NB : pour la rentrée, quoi de plus adéquat qu’une photo des acteurs d’Harry Potter, le jour de leur rencontre lors du tout premier tournage ? Je ne sais pas vous, mais moi, je rêve toujours d’une école qui ressemblerait à Poudlard, d’uniformes rouges et or, de grandes tablées d’élèves qui festoient, et de tournois de balais volants… J’ai beau être de l’autre côté du pupitre, je reste une grande enfant… ^-^
Source de la photo : ici

Vacances en campervan #3

J’écris depuis notre vieille chaise pliable en toile Decathlon, face à la mer et au soleil qui s’y couche. Le ciel est rose et gris, avec une traînée de nuages, une masse sombre sans couleur, poudreuse, qui strie le ciel. C’est beau. C’est les vacances. Le goût de la liberté.

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C’est la 3ème fois que nous louons un camping-car, et la 2ème avec notre fils. Cet été, Little a eu deux ans, et c’est un peu plus difficile qu’avant ; il court partout, s’affirme, s’exprime, ne respecte pas toutes les règles de sécurité… Mais on s’était préparés à cet âge réputé difficile, on encaisse, on en rigole le soir, quand il fait nuit noire, que Little dort enfin, et que Robinson et moi nous retrouvons, épuisés, vaincus, contents, autour de la dernière bière ou d’une tisane bien chaude dehors, sous l’auvent du camping-car, dans le bruit des grillons et du vent breton.

On ne connaissait pas la Bretagne, et on n’avait pas de pièce d’identité pour Little, donc impossible de sortir de France cet été pour les vacances. Faire le tour de la Bretagne, ça a été un peu l’évidence, nous qui aimons voyager, les vacances itinérantes, et qui fuyons la chaleur des côtes méditerranéennes. Bon, pour éviter le monde, on repassera… La Bretagne, comme n’importe quelle côté française au mois d’août, est archi-bondée. On a peine à y croire. On pensait être peu nombreux à aimer le froid, le vent, la pluie d’été et les paysages désolés. Il faut croire que non… On oscille donc entre stations balnéaires noires de monde, et villages déserts. Routes bouchonnées, et chemins vides. Visites touristiques prisées, et randonnées sauvages. Le soir, immanquablement, on cuisine des pâtes, on boit du vin, et on initie Little à l’art de l’apéro en vacances (jus d’orange, olives vertes, et trois chips – l’enfant le plus content de la Terre). On regarde le soleil se coucher. On écoute les vagues… Parfois, nous sommes chanceux, comme ce soir ; nous avons trouvé un camping entourés de randonneurs, d’amoureux de la nature comme nous, pour qui camper est synonyme de vie dehors et de liberté de mouvement.

Ce qui me marque, dans cette région nouvelle pour moi, c’est la beauté des maisons et des jardins. Cela regorge de massifs d’hortensias énormes, d’agapanthes, les maisonnettes sont coquettes comme des cottages anglais, et si bien entretenues… On se croirait dans un magazine de décoration. On dirait qu’il fait bon vivre en Bretagne… Ces petits villages si typiques, la mer toute proche, l’air frais, pur, salé, revigorant…

Je savoure cette pause juste pour nous trois, bien méritée après une année un peu fatigante. On reprend des forces, on pense à la belle perspective qui nous attend après la rentrée (la maison), on prend des résolutions, comme à chaque fin d’année (scolaire, pour notre part ; nous sommes réglés par le calendrier de l’école, et septembre plus que janvier représente le renouveau pour nous, le moment de se lancer dans de nouveaux projets et de repartir à zéro). On prend des forces, aussi, pour tout ce qui reste à faire, les montagnes à déplacer (emprunts, travaux, déménagements, rentrée dans une nouvelle école, Little qui grandit…). Les vacances quoi, reposantes et ressourçantes, inspirantes.

Vous êtes parti(e)s cet été ? Vous connaissez la Bretagne ? Des endroits ou activités à nous conseiller ?

PS : la Bretagne, c’est beau, c’est sûr… Mais ça manque de montagnes tout de même…! 😉 Mes beaux sommets sauvages et enneigés me manquent…^-^
#jesuisunefilledesmontagnes

La vie au ralenti

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              Nous sommes chez mes parents, en Lorraine, depuis une dizaine de jours, et je me sens enfin en vacances, enfin reposée, je profite ! Pourtant, il y a Little dont il faut s’occuper chaque minute, avec son énergie débordante et malheureusement non communicative ^-^ Il y a la maison à garder propre, car mes parents travaillent et je passe mes journées seule, je n’ai pas envie qu’ils retrouvent leur intérieur sens dessus dessous en rentrant du travail. Mais malgré cela, je me sens en vacances et reposée. Peut-être est-ce le vert qui nous entoure, couleur dominante de notre décor depuis plusieurs jours. Peut-être est-ce l’absence de bruit dehors, de route passante, de voitures, de travaux, de cris, de foule. Peut-être est-ce le fait d’être tant d’heures à l’extérieur, quel que soit le temps. Peut-être est-ce dû aux longs bains qu’on prend chaque soir, Little et moi, dans l’immense baignoire de mes parents (bien sûr, ce n’est pas très écologique, mais Little n’est pas encore prêt pour la douche… On y travaille ! Et un bain pour deux, c’est toujours mieux que deux bains pour deux ^-^). Peut-être que les températures douces et la fraîcheur des soirs y sont pour quelque chose aussi…

Je ne sais pas, c’est sans doute tout ça. En tous cas, je sens que je décompresse, que je laisse descendre toutes les tensions de ces dernières semaines, qu’elles quittent mon corps petit à petit…

Notre quotidien ici est simple, je ne cherche pas à trop le remplir, à trop nous occuper. Le matin, Little et moi mangeons plein de tartines de confiture, puis il joue avec ses voitures tandis que je range la cuisine. J’ouvre la baie vitrée pour aller cueillir les légumes du déjeuner dans le potager de mes parents. En ce moment, on mange surtout des haricots, des tomates, des courgettes et des salades. Je prépare le repas de midi en avance, pour ne pas être pressée par la suite. Je trouve ça fabuleux d’avoir ainsi tout à portée de main. Ça parait naturel, c’est ancestral, mais chaque jour je m’extasie devant la profusion de légumes qui poussent dans trois mètres carrés de terre !

Généralement, nous sortons dans le village vers 9h, Little veut désormais marcher et je prends sa poussette pour la forme, au cas où il serait trop fatigué sur le chemin du retour. Il est en train d’apprendre les règles de sécurité route-trottoir, c’est long et laborieux mais il commence à comprendre. Il n’y aurait pas meilleur endroit qu’ici pour lui apprendre ces règles. Peu de circulation, des trottoirs larges, on a l’espace et le temps qu’il faut pour travailler cette aptitude !
On fait de grandes marches, au bord de l’eau, puis on va voir les chevaux, les tracteurs, les vaches, enfin on termine par l’aire de jeux avec notre rituel du bateau pirate (Little est le capitaine, il court vers la barre, crie « à babord » puis se précipite sur les jumelles et lance « baleines bleues !! » puis on évacue le bateau par le toboggan, hilares, et on recommence) (= maman essouflée.à la fin).

A midi, on déjeune dehors, les pieds dans l’herbe. Au soleil, ou pas, mais ici on a l’habitude de ne pas attendre que la météo soit clémente pour être à l’extérieur. Puis c’est la sieste, et je profite de ce moment pour coudre, ou lire, mais surtout pour écrire. J’ai bien avancé dans mon projet de roman, j’en suis à la moitié, j’espère vous en reparler bientôt par ici.

Après la sieste, on goûte, on joue dehors, on lit, on dessine, et on marche encore et encore. Je discute avec les voisins, Little est très sociable ça me force à ne pas être sauvage. Le soir venu, parfois on boit un apéritif avec mes parents dans le jardin, parfois on reste à l’intérieur et on prépare le diner. Lorsqu’il fait nuit je lis un peu, ma mère fait des tisanes pour tout le monde, et voilà à quoi ressemble une journée ici. Lente et douce.

Les vacances…

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la récolte du jour

 

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figues et poires du jardin

 

cueillir des carottes sauvages et en faire des bouquets

 

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le plant de courge butternut qui envahit l’espace,
et le potager qui se fond dans le reste du jardin….

Les réseaux sociaux – 2

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Je vous en parlais dans mon précédent billet, j’ai abandonné Instagram il y a quelques semaines (mois ?) car je n’en pouvais plus. Pardonnez-moi ma franchise mais je n’ai pas pour habitude de passer par quatre chemins (sauf pour la poésie).

Je ne renie pas internet et l’univers des blogs, qui sont bien trop vastes pour être réduits à une seule forme d’utilisation. C’est pourquoi, d’ailleurs, je me permets de repasser par ici, de reprendre du clavier, et de voir ce que ça donne. Peut-être que j’utiliserai à nouveau Instagram bientôt, qui sait? Peut-être aurai-je prochainement besoin de remettre ce blog en pause pour cause de manque de temps, qui sait? Pourquoi se faire ce genre de promesse ? Pourquoi s’engager pour tout et pour rien? Je me sais fluctuante et ce n’est pas un trait de caractère que je blâme, ni chez moi ni chez les autres. Encore heureux qu’on ait le droit de changer autant de fois qu’on veut, pour de petites ou de grandes décisions (tant qu’on ne fait de mal à personne).

Bref. Revenons à Instagram.

C’était aux alentours de mars, avril…

Il y a eu ce moment où je ne supportais plus rien dans ma vie, je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé. Je ne comprenais pas pourquoi. J’attribuais cela à des causes diverses ; le travail, le stress, la vie citadine trop intense, Little qui entrait dans une période difficile, la recherche trop longtemps inaboutissante d’une maison à la campagne… Petit à petit je suis devenue irritable, puis carrément déprimée. J’avais l’impression de subir ma vie, de perdre mon temps, de n’être pas au bon endroit, de gaspiller mes belles années de jeune trentenaire à galérer… bref, je broyais du noir. Et bien sûr, qui subissait de plein fouet cette humeur terriblement maussade ? Mon pauvre Robinson, toujours stoïque dans la tourmente, toujours prêt à me soutenir et à encaisser mes coups durs pour m’aider à doucement remonter la pente et défricher les terrains vagues de mes orageuses émotions.

Lors de nos discussions, Robinson a quelques fois évoqué le mal-être que me causait Instagram, mais je n’avais pas envie d’entendre et de le croire. Il fallait que je prenne consience par moi-même du mal que je m’infligeais avec ce réseau social.

Est venu un moment où, tout simplement, je me laissais totalement envahir par les images (et donc les vies) projetées par cette application. Moi qui étais persuadée de maîtriser assez internet et ses méandres pour ne pas être concernée par les risques inhérents aux réseaux sociaux. Moi qui pensais faire si facilement la part des choses. « On ne me la fait pas, à moi! », m’exclamais-je souvent avec un peu trop de confiance en mes capacités de discernement…

En réalité, il n’y avait plus assez de réalité justement. Je voyais toutes ces vies au bord de la mer, ces filles dont le job fait rêver et vendre, ces enfants parfaits vêtus en Bonton, en Numéro 74, ces mères faussement cools qui mitraillent leur vie aux tons pastels, photos faites de lin, de feuilles tropicales et de sandales Saltwater… Je me disais : non non non, je ne veux pas vivre ici, à Lyon, alors que je pourrais être à Bordeaux ! A Biarritz ? A Annecy ?! Pourquoi chercher une maison dans la campagne lyonnaise alors que la vie serait tellement plus cool au bord de l’océan? Tellement plus… photogénique ?

J’ai réalisé que ça n’allait plus lorsque, en visitant des maisons et en pensant à notre vie future entre ces différents murs, je me demandais comment rendre cette vie là attrayante sur Instagram. Comment rivaliser face aux maisons dans les Landes, face aux surfeuses passant leur vie à boire des smoothies sur la plage et à faire la fête dans des piscines pleines de flamands roses gonflables. Et ce projet de maison à la campagne, notre projet, m’apparaissait de plus en plus déprimant. Je n’arrivais plus à en avoir envie. Je voulais PLUS, je voulais MIEUX. Ma vie me semblait tout simplement nulle.

Et là, vous allez vous dire : WHAT ?! Comment peut-elle dire une connerie pareille ?! La nana a un job qu’elle aime, un petit garçon trop mignon, un mec plutôt génial, plein de hobbies, une belle bande d’amis, et une famille aimante et présente. Que veut-elle de plus? À quel moment a-t’elle cru qu’elle avait le droit de se plaindre…?!

Oui. J’avais beau relativiser, me dire qu’on était tous en bonne santé, qu’on n’avait pas de problèmes d’argent, que je n’étais en froid avec personne, je ne parvenais pas à me défaire de cette impression de nullité. Et forcément, dans cet état d’esprit, impossible pour moi de m’investir dans notre projet d’achat de maison. Mais, si vous suivez bien, je n’en pouvais plus non plus de la vie en ville, du bruit et de la pollution, de l’absence de verdure et de grands espaces… J’étais paumée, et je faisais tourner en bourrique mon pauvre Robinson qui essayait simplement de me rendre heureuse mais ne savait plus à quel Saint se vouer. Bref, à un moment, j’ai compris que le problème ne venait pas de ma vie. J’ai déconnecté Instagram avant de finir totalement déconnectée moi-même. Et croyez le ou non, ça m’a fait, très rapidement, un bien fou.

J’ai compris que je n’étais pas obligée de m’infliger ça. Que j’avais le droit d’être un peu envieuse, au fond on l’est tous et c’est plutôt normal, mais que je ne pouvais pas me dégouter du quotidien en me plongeant trop profondément dans des envies inatteignables. J’ai décidé d’accepter que d’autres aient des vies incroyables, de faire le deuil de mes grands rêves (la vie au bord de l’océan) et de me satisfaire de ce que j’avais. En discutant avec Robinson, j’ai pris conscience que déjà plusieurs fois dans ma vie j’avais voulu plus, visé mieux, et obtenu ce que je désirais. Et même si cela est plutôt positif, j’ai compris que le risque pour moi résidait justement dans ces ambitions toujours accomplies. N’allais-je pas passer mon temps à vouloir encore plus et mieux ? Et devenir éternellement insatisfaite. Une quête sans fin…
J’ai fermé les yeux et essayé d’imaginer : à quoi ça ressemblerait, si je réalisais tous ces désirs qui me rongeaient, la vie à l’océan (mais nous n’aurions pas assez d’argent pour avoir une maison là bas), un autre boulot plus zen et plus cool, et et et… et toujours plus, mais pas forcément mieux. Robinson, toujours si sage, m’a juste doucement dit : « et qui d’autre que toi peut être aussi fier de son boulot ? ( note = il parlait du corps enseignant en général hein !). Tous ces jobs à la mode, instagramables et compagnie, ils font du bien à qui ? Ils sauvent la vie de quels enfants ? (car oui, Robinson pense que les instits, au moins une fois ou deux dans leur carrière,, parviennent à insuffler une flamme dans un gamin un peu perdu et à le  »repêcher », et j’aime bien cette vision là des choses, c’est beau…) ». J’ai coupé Instagram et mon homme m’a aidée à redescendre sur Terre, et c’est exactement ce dont j’avais besoin.

Bizarrement, quelques jours après cette déconnexion, nous avons trouvé la maison de nos rêves dans une campagne perdue, assez éloignée de Lyon (mais toujours pas plus proche de l’océan ^-^). Le genre de campagne absolument pas Instagramable (qui voudrait vivre entre le Rhône, l’Ain et le Beaujolais…? Je vous le demande!). Je me suis longuement demandée si cette maison aurait été la nôtre si je n’avais pas fermé mon compte Instagram et que j’avais encore été sous l’influence d’une dépendance aussi forte au réseau social. Aurai-je, alors, osé l’acheter ?

Et franchement, quand on en vient à se poser ce genre de question, ça devient grave !

Bref, j’ai fait un burn out d’Instagram, et ça va mieux 😉
Je ne prends plus mes repas en photo même si je suis parfois tentée de le faire. Je ne dégaine plus mon Iphone pour immortaliser le moindre moment cool que je vis, et cela ne m’empêche pas d’en vivre plein (et peut-être même plus ? ). Je prends du recul sur le monde d’internet et je ne sais pas si je dois rire ou pleurer de la situation de laquelle je sors, de l’état dans lequel je me suis mise toute seule et sans m’en rendre compte.

Je n’ai pas vraiment parlé de tout ça autour de moi. A part avec Robinson, je veux dire. Je ne sais pas si mes amis pourraient comprendre car ils n’ont pas le même rapport que moi à la vie virtuelle. Tous ont Facebook, Instagram, mais l’utilisent comme des réseaux sociaux  »de proximité », pour communiquer avec leur cercle d’amis, de proches, de connaissances. Pas comme moi qui l’utilisais comme le prolongement de ce blog, et donc de mon identité  »virtuelle » (c’est-à-dire véridique bien qu’anonyme) et pour qui la mise en scène faisait un peu partie de l’équation.

Je n’ai plus envie de m’imposer ça. J’ai envie de vivre mes trucs tranquillement et de cesser de comparer mes journées à celles d’autres personnes dont je ne sais finalement pas grand-chose. J’ai envie de trouver ma vie belle et heureuse et de me satisfaire de mon quotidien, aussi banal, aussi peu exotique soit-il. J’ai envie d’écrire, encore et toujours, et la seule transformation de la réalité qui m’intéresse est la fiction d’un roman ou la poésie d’une autobiographie.

Je ne sais pas si ce  »coming out » vous parlera ou vous semblera farfelu, mais finalement peu importe, j’avais besoin de l’écrire, et de m’affranchir de tout ça. Et puis, j’avais aussi envie d’expliquer à certain(e)s les raisons de mon absence et de mon silence sur Instagram. A eux, encore merci pour vos inquiétudes si touchantes. Mais vous voyez, tout va bien, tout va mieux, et rien n’est grave ! A très bientôt ! (mais pas sur Instagram!) (en tous cas, pas avant un loooong moment).

 

PS : utilisateurs/trices d’Instagram, surtout, ne vous sentez pas visé(e)s par ce billet, je fais une grosse généralisation d’une utilisation finalement relativement exceptionnelle des réseaux sociaux, et je ne juge pas, je ne critique pas ces instagrameuses à la vie un peu trop mise en scène. La seule que je blâme, ici, c’est moi, et mon incapacité à faire la part des choses, ma faculté à tout remettre en question pour des broutilles que je laisse m’envahir.

Les vacances ou prendre le temps

Bonjour !

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir vos commentaires laissés par ici alors que je pensais l’endroit complètement désert. Merci pour ces petits mots encourageants qui me donnent toujours envie de tapoter sur mon clavier.

Je suis en vacances depuis vendredi, presque deux mois de pause que j’attendais impatiemment (évidemment !). Au programme : passer du temps avec Little, préparer un peu ma rentrée (il le faut bien), lire beaucoup, écrire beaucoup, coudre beaucoup, et faire des cartons ! Il y a eu pas mal de changements dans notre vie ces derniers temps, des bonnes nouvelles et des projets qui se concrétisent, j’ai hâte de vous raconter ça.

Certain(e)s l’ont remarqué aussi, je ne suis plus active sur Instagram depuis quelques semaines. Je sentais que ce réseau social me minait petit à petit, et même si je sais pertinemment faire la différence entre le réel et la vie enjolivée sur les réseaux sociaux, il est parfois difficile de faire la part des choses, surtout dans la période de changements dans laquelle on était ces derniers temps, et je me suis laissée submergée. J’ai préféré couper court, au moins pour un moment.

Me voilà donc en vacances, il fait beau et chaud, ça sent l’été et l’indolence des longues journées sans but – le bonheur. J’ai envie de chiller dans la nature, loin du bruit de Lyon, de son bitume et de sa frénésie. Je repartirais bien au Costa Rica, tiens ! En attendant, je vais simplement savourer ce moment où Little est couché et s’endort en gazouillant, l’air devient enfin plus frais, et je peux m’allonger un moment sur le canapé pour bouquiner tranquille. Je suis dans une période où je dévore les romans de Joyce Carol Oats, j’espère trouver le temps de vous en reparler.

D’ici là, je vous souhaite une belle semaine sous le soleil, et espère vous revoir par ici ! A très vite !

 

L’inspiration du moment : comme une envie de buller face à l’océan, de déguster des jus bien frais, de sentir l’air et les embruns balayer mes cheveux sur mon dos nu… les vacances quoi !

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Bye bye 2016, welcome 2017 ! (Mes coups de coeur lectures de 2016)

Hello !

D’abord, tout d’abord, un immense IMMENSE gigantissime MERCI pour tous vos mots depuis l’arrêt du blog, j’ai été surprise et très touchée par vos réactions, vos commentaires, vos encouragements, wahou… Internet, ça peut quand même être ouf, quand on a la chance de vivre ce genre de choses – avoir un blog et partager avec des gens bienveillants, tolérants et ouverts sur le monde.
Merci.

Depuis quelques temps le clavier me démange et le blog me manque. Je sais pourtant que je n’ai vraiment pas le temps de recommencer à bloguer, mais je me dis que rien ne m’empêche de passer de temps en temps par ici pour publier un billet qui me tient à coeur. Par exemple, j’avais envie de partager avec vous mes coups de coeur lectures de 2016, et de publier quelques billets sur l’éducation, ainsi que des propositions de livres pour les petits… Quelques idées de billets me traversent l’esprit de temps en temps, et il n’y a aucune raison pour que je les bride, si ce n’est le temps. Alors aujourd’hui, comme j’avais un tout petit peu de temps pour moi *, j’ai voulu en profiter, et revenir vous saluer, vous souhaiter une belle année, et papoter un peu des livres que j’ai découverts en 2016.

(* parce-que j’ai fini 2016 et commencé 2017 avec une bonne grosse grippe de fou ! Eh oui ! Lucky me… ^-^ Donc, je suis à la maison aujourd’hui, à grelotter comme une dingue pour, dans deux minutes, me mettre à suer comme si je chauffais à 200 ° degrés…. Youpi.)

Bon, tout d’abord, comme vous vous en doutez, j’ai lu… trop peu. Avec la reprise du travail, notre bébé, mes douze mille passions et le reste, difficile de se trouver du temps pour lire. Heureusement qu’il y a eu les vacances où le rythme s’est ralenti… Mais mon palmarès 2016 n’est pas brillant : 17 lectures au compteur (et encore, j’ai pris en compte les BD !!). Bon, pour ma défense, j’ai aussi lu beaucoup de magazines et de Hors-séries, notamment le super chouette Harry Potter à l’école des Philosophes (Hors-Série Philosophie magazine) et le très inspirant LIRE dédié à Roald Dahl, lecture qui m’a beaucoup marquée et, je ne vous le cache pas, motivée pour me remettre à écrire et me lancer dans un projet de roman.

Je vous propose un petit top et flop, en essayant de ne pas être trop longue pour chaque lecture ! J’espère que cela vous plaira et que vous aurez envie de découvrir certains titres !

— MON TOP —

La maison de Sugar Beach, de Hélène Cooper

Ce récit autobiographique d’un enfance dorée au Liberia bercée par la musique de Michael Jackson est brusquement interrompu par la guerre civile de 1980. 
Fille, petite-fille et arrière-petite fille des fondateurs du pays, H. Cooper est ce que l’on appelle une congo : elle appartient à la famille d’anciens esclaves affranchis venus reconquérir leur ancienne terre africaine.

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Merveilleuse lecture, que j’ai beaucoup conseillée autour de moi après l’avoir dévorée. Ce roman a reçu le prix ELLE du documentaire, et même si je me méfie des prix attribués par les magazines féminins (je suis toujours déçue…) j’ai bien fait de me laisser tenter par la couverture et le titre de cet ouvrage. Hélène Cooper y retrace l’histoire de sa famille et du Liberia, petit pays d’Afrique qui a connu beaucoup d’atrocités. J’ai découvert ce pays et son histoire qui m’étaient absolument inconnus (oui, je suis assez nulle en géopolitique…), et je me suis laissée entrainée par la jolie plume de l’auteure. Ce livre n’est pas un documentaire pur et dur, sec et froid, car Hélène Cooper parvient à nous faire vivre avec elle son enfance colorée et bruyante, elle a ce don de parvenir à nous faire sentir les odeurs de sa ville natale, nous faire entendre l’accent et les intonations de sa langue dans la bouche de ses personnages, et nous mettre l’eau à la bouche en décrivant les plats qui la faisaient elle-même saliver enfant. On est en totale immersion dans le Liberia des années 70. Et puis brusquement une guerre civile éclate en 1980 et le chaos s’installe. Même si on n’aime pas les livres de guerre ou les documentaires, cet ouvrage peut plaire. Il m’a fait voyager, il m’a appris des choses, il m’a transportée, il m’a un peu fait pleurer aussi… bref, tout ce qu’on attend d’un bon bouquin, non ?

L’armée furieuse, de Fred Vargas

– Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l’Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.
– C’est une association ?
– L’armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?
– Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.
– Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle ?
– Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l’Armée furieuse, vous connaissez cette bande ?
Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc.
– Votre fille l’a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ?
– Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.
Veyrenc retint discrètement le commissaire.
– Jean-Baptiste, vraiment, tu n’as jamais entendu parler de ça ?
– Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.
– Pourquoi ?
– Parce que, pour ce que j’en sais, c’est l’annonce d’une secousse. Peut-être d’une sacrée secousse.

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JE RAPPELLE QUE JE N’AIME PAS LES POLARS.
Voilà, maintenant que ça, c’est dit, je peux ajouter que ce polar est mon coup de coeur incontesté de 2016. Inexplicablement… Ou, si, explicablement. Fred Vargas est tellement douée pour créer des ambiances … Je suis admirative de ce talent là. Bien sûr, comme tous les lecteurs de Vargas, je suis très attachée aux personnages, notamment au génialissime commissaire Adamsberg. Et puis, il y a toujours ces petits détails qui font la différence, qui font qu’on s’imprègne des lieux, qu’on entre presque physiquement dans le bouquin. Cet opus là se passe en Normandie et, très sincèrement, j’avais juste envie de prendre ma voiture et de partir découvrir cette région si tranquille, de m’asseoir sous un pommier et de regarder la fumée s’échapper d’un toit voisin… Fred Vargas est aussi très douée pour saisir et retranscrire des caractères : le côté un peu bourru, brut de décoffrage des campagnards normands est délicieusement distillé dans tous les personnages que croise Adamsberg… Et puis, l’intrigue, comme d’habitude, haletante, passionnante, avec son petit enracinement historique qui nous donne l’impression de finir cette lecture en étant un peu plus intelligent… ^-^ Bref, un coup de coeur…

Temps glaciaires, de Fred Vargas

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Je vous épargne un second rappel (non, je n’aime toujours pas les polars). Mais CE livre… Comme le précédent, un coup de coeur, dévoré en un rien de temps mais savouré avec délectation… Cette fois, Adamsberg nous emmène en Islande ET au coeur d’une société secrète adepte de Robespierre… Hum, pas banal n’est-ce-pas ? Et même si vous n’aimez pas Robespierre, vous aimerez ce roman j’en suis certaine. Comme d’habitude, Fred Vargas fait des ronds concentriques encore et encore, mais jamais pour rien. Et comme d’habitude, Adamsberg, surnommé « pelleteur de nuage », semble s’attacher à des détails et faire des digressions (savoureuses, toujours) mais ne perd jamais de vue son objectif. Et nous, comme d’habitude, on est complètement emportés, sous le charme de cette équipe de policiers si particuliers, ces doux-dingues, sous le charme du froid polaire et de la beauté brute de l’Islande, sous le charme de la petite auberge au bord de la mer et balayée par le vent,…  sous le charme du roman tout simplement.

Harry Potter et l’enfant maudit

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Nul besoin de le présenter, celui-là, n’est-ce-pas ?

En grande grande fan d’Harry Potter que je suis, je savais que j’aimerais cette pièce de théâtre, même si, bien sûr, elle me laisse sur ma faim : trop courte, trop peu détaillée… J’aurais aimé que JK Rowling écrive réellement ce 8ème tome, mais je suis déjà heureuse d’avoir pu repasser un peu de temps dans le monde merveilleux d’Harry Potter. Je m’en suis rendue compte en lisant cette pièce de théâtre : l’ambiance si particulière de cette série m’avait beaucoup manquée. Après cette lecture, j’ai eu envie de me replonger dans cet univers et c’est pourquoi j’ai acheté le Hors-Série Philosophie dédié à Harry Potter. Dans la foulée (ou presque) je suis aussi allée voir le film « Les animaux fantastiques » que j’ai adoré (oui, je suis sans demie mesure, vous le savez… ^-^) et j’ai passé un peu trop de temps sur le site Pottermore pendant les vacances de Noël, pour dévorer les textes que Rowling poste par ci par là (j’ai énormément aimé lire l’histoire de la création d’Ilvermorny, par exemple) ou pour créer mon Patronus et essayer le choixpeau magique… ^-^
Et vous, êtes-vous des puristes qui ne jurez que par le vrai de vrai Harry Potter et refusez tous les dérivés, ou bien des fanatiques qui aimez tout ce qui touche à cet univers ? 

— MON FLOP —

Retour à Little Wing, de Nickolas Butler

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« Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages. »
Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l’âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d’autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.
Une chose les unit encore : l’attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute…
Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d’une magnifique amitié et véritable chant d’amour au Midwest américain.

Même si j’ai bien aimé le « véritable chant d’amour au Midwest américain », je n’ai pas trop compris où voulait en venir ce livre… Pas de début, pas de fin, pas d’intrigue, pas d’élément perturbateur, une narration chorale qui fait que tous les personnages sont des personnages principaux… Oui, l’ambiance est sympa, et on pourrait argumenter dans cette direction : n’est-ce-pas un livre qui nous immerge dans une atmosphère atypique (le Midwest américain de nos jours) plutôt qu’un énième roman d’amour ou d’aventure ? Je ne sais pas. Et quand je ne sais pas… ça m’embête.
J’avais lu sur un blog une critique au sujet de ce bouquin, et je pense que cela a en partie biaisé ma lecture. Cette critique disait que ça sentait le roman écrit selon tous les codes appris à l’université (ben oui, parce qu’aux USA, ils ont cette chance là : des cours d’écriture pour tout le monde ! On t’apprend à devenir écrivain à l’université…! Nous, en France, on est bien loin de cela… on mise tout sur le talent inné et on ne donne pas leur chance aux autres… :-/  #scrogneugneu ). En gros, le roman sans âme, écrit avec les bons outils, en suivant bien les codes et les règles du genre, donc pas un mauvais roman, mais pas un bouquin mémorable non plus.
Bon, et pour l’épargner un peu, j’ajouterais quand même que cette lecture a été assez agréable, hein ! Ce n’était pas du tout un moment de torture. C’était chouette, simple et doudou, et ça fait du bien aussi de temps en temps…

Les quatre saisons de l’été, de Grégoire Delacourt

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Été 99, dont certains prétendent qu’il est le dernier avant la fin du monde.
Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil. Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d’amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, se rencontrent, se croisent et s’influencent sans le savoir.
Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d’amour.

Pfiou, qu’est-ce-que c’était naze ! Je me suis forcée à le finir (parce qu’il était très court, ouf) mais j’ai trouvé ça cucul… Typiquement le genre de bouquin qui me fait fuir la littérature française contemporaine (alors qu’il y a des tas de très bons auteurs). J’ai toujours peur de tomber sur des romans un peu naïfs et pleins de poncifs. Et là, j’ai été servie… C’est niais, irréaliste, ça se veut poétique mais c’est lourd, c’est prévisible, sans rythme, les stéréotypes s’enchainent, et le côté « je me regarde écrire » de ce genre d’auteur m’horripile. On dirait qu’il a fait des phrases juste pour se relire et se dire « ah ouais, là, ça sonne bien, c’est onirique, on ne comprend pas tout mais c’est beau… ». Je me moque, mais ce genre écriture ampoulée m’énerve un peu ah ah… A ce genre d’écrivain, j’ai envie de rappeler l’adage : le mieux est l’ennemi du bien. Parfois, il vaut mieux être sobre et efficace que trop lyrique et tombé dans le ridicule. Surtout lorsque, comme ici, on n’a rien d’intéressant à dire.

Les filles de Hallows Farm, d’Angela Huth

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Octobre 1941. Trois jeunes filles volontaires se retrouvent dans une ferme isolée du Dorset pour remplacer les hommes partis à la guerre : Prue l’effrontée, coiffeuse à Manchester ; Stella, la romantique, qui se croit amoureuse d’un enseigne de vaisseau ; Agatha, l’étudiante rêveuse de Cambridge. 
Leur intrusion bouleverse la vie des fermiers – et notamment celle de Joe, leur fils, réformé pour raisons de santé et très officiellement fiancé à Janet qui travaille dans une usine d’armement. 
Dans cet univers rustique déroutant, Prue, Stella et Agatha nouent entre elles et avec leurs hôtes des liens compliqués et intenses qui dureront toute la vie. Le décor d’une campagne apparemment paisible peut favoriser les jeux ou les feux de toutes sortes de passions.

J’attendais sans doute un peu trop de ce roman, dont j’avais entendu parler sur le forum Whoopsie Daisy (qui est un peu mon Télérama à moi… ^-^) et j’ai été déçue. Bon, il se lit bien, vite, on est bien dans l’ambiance, etc… Mais le côté bucolique de ce roman champêtre qui s’égare même de temps en temps dans le roman-passion, le manque de profondeur dans l’étude des caractères psychologiques, et le côté très téléphoné (voire lourd) de certains actions m’ont un peu gâchée la lecture. A lire si on a envie de légèreté, de frivolité même, bref, si on n’a pas envie de se prendre la tête avec de la vraie littérature (OH MAGAAD elle a osé le dire… !!! ^-^)

Faut-il manger les animaux, de Jonathan Safran Foers

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons? Convoquant souvenirs d’enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête. 
Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d’une ferme où l’on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l’abomination contemporaine et se penche sur les derniers vestiges d’une civilisation qui respectait encore l’animal. 
Choquant, drôle, inattendu, ce livre d’un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe.

Ce n’est pas que je n’ai pas aimé, mais j’ai mis un temps fou pour le lire (deux mois !) car il est vraiment très indigeste. Evidemment, c’est une bible en terme de données scientifiques et si l’on veut devenir incollable sur le végétarisme, il est préférable de le lire (et de retenir ce qui y est dit ! ). Mais j’avoue que le soir après ma journée de classe puis mon rôle de maman-faire-la-cuisine-la-lessive-ranger-coucher-bébé-tout-ça je n’ai plus la tête à lire de longs longs longs chapitres sur des sujets aussi douloureux. Souvent, le soir, dans mon lit, je lisais quelques pages, horrifiée par la cruauté décrite, je voulais en parler avec Robinson, du coup après je ne dormais plus, révoltée par tant de sauvagerie. C’est clairement un livre intéressant, très bien fait, très documenté, et si l’on veut approfondir ses connaissances sur le thème il est indispensable. C’est juste qu’il a été trop indigeste pour moi.

Et voilà ! Cela fait plus de deux heures que j’écris et je me souviens donc pourquoi j’ai du arrêter ce blog ! Je repasserai sûrement de temps en temps poster un billet sur des sujets qui me tiennent à coeur et/ou que je ne peux pas développer sur Instagram ! Je ne sais pas si vous serez au rendez-vous, j’espère que oui !

En attendant, je serai bien curieuse de connaitre votre propre TOP-FLOP de 2016, et de découvrir vos conseils lecture pour 2017 ! J’ai commencé une petite liste de livres que j’aimerais lire cette année, et je l’agrémenterai volontiers de vos suggestions ! Si cela vous intéresse d’ailleurs, j’ai fait un tableau Pinterest pour ne pas oublier les livres et films qu’il faut que j’ai lus/vus en 2017 (si je ne les note pas, je les oublie, j’ai une mémoire de petit poisson rouge!). Vous pouvez voir ça ici. (bon, pour l’instant, il n’y a pas grand chose, surtout des films, mais je n’ai pas d’inspiration pour mes lectures !! Help !)

Je vous souhaite encore une très belle année 2017 avec plein de paillettes, de couchers de soleil sur les montagnes, d’apéros entre potes et de soirées pizza-bière en amoureux ! Je vous embrasse !