Résilience

Bonjour à vous,

dernièrement j’ai vu un film et un documentaire qui m’ont beaucoup parlée, car ils faisaient écho à mon vécu. Alors aujourd’hui, c’est un billet un peu plus personnel que je vais écrire.

J’ai vu le film Pure, avec Alicia Vikander, que m’avait conseillée une lectrice du blog (coucou et merci, si tu te reconnais ! ). Ce film m’a vraiment marquée. L’histoire se passe en Suède, dans une banlieue, et on y découvre Katarina, une jeune fille déscolarisée, déjà en échec dans sa jeune vie, suivie par les services sociaux, vivant avec une mère alcoolique. Le film commence avec Katarina qui, par hasard, par erreur, découvre Mozart, et est subjuguée par la beauté et la force de sa musique. On la voit d’abord écouter La méditation de Thaïs de Massenet, et conclure qu’elle ne veut plus de cette vie laide et sale qui est la sienne, qu’elle désire de la pureté.
Fascinée par la musique classique, elle se rend à un concert dans un auditorium, et découvre l’autre monde, celui de la bourgeoisie, des gens riches, élégants, bien élevés, un monde où les apparences sont belles et raffinées. Le contraste avec son monde à elle est frappant. Même la belle Alicia Vikander, en Katarina mal peignée, pas maquillée et vêtue d’amples tee-shirt informes, détonne dans cet univers gracieux et ordonné. Elle désire à tout prix pénétrer cet autre monde, s’élever, elle veut quitter sa misère et la pauvreté intellectuelle de son microcosme. Être entourée d’artistes, de musiciens, de gens cultivés et raffinés, qui lisent, qui se passionnent pour autre chose que des jeux vidéos et les clips de MTV (les deux activités de son petit-ami lorsqu’il ne travaille pas).

pure
Je ne vous raconterai pas la suite, car à partir de là, le film et mon vécu ne se ressemblent plus. Mais ce début, ce contraste entre deux univers sociaux, c’est un peu mon histoire. Évidemment, ce n’est pas aussi extrême que dans le film : je ne viens pas d’un quartier glauque et défavorisé, ma mère n’était pas alcoolique, je n’ai pas été déscolarisée ! Et lorsque j’ai voulu changer de milieu social, ce n’est pas vers la bourgeoisie des auditoriums, des conservatoires, vers l’intelligentsia que je me suis tournée. Mais j’ai vécu quelque chose de similaire : très jeune, j’ai évolué dans des groupes de gens pas très intéressants, et surtout pas très ouverts sur le monde. Très tôt, mon monde a été très limité : du rap, des jeux vidéos, des pétards, et pas beaucoup de perspectives. Enfant, j’avais été si curieuse, si enthousiaste… adolescente je suis devenue apathique, renfermée, intolérante. J’avais un petit-copain qui n’était pas vraiment ce qu’on appelle une « bonne fréquentation ». Je me suis enfermée dans un carcan très, très étriqué. J’ai éteint tout ce qui me faisait vibrer, j’ai essayé de me couler dans un moule qui ne me plaisait pas beaucoup mais je n’avais pas d’autre choix : dans mon village, c’était comme ça et pas autrement. Dans mon collège, c’était comme ça et pas autrement. Être différent, c’était se mettre à l’écart et être dédaigné, je n’étais pas capable de faire ce choix. Et pourtant ce n’était pas moi : je n’aimais pas le rap, Skyrock, les jeux vidéos, les pétards, ne rien faire. Au fond de moi, j’aimais le rock, déjà peut-être le métal, la folk. Je dévorais les livres, Emily Brontë, Zola, Flaubert, mais je n’en parlais pas. Comme Katarina, il y avait une large part de moi qui rêvait de pureté, mais j’évoluais dans un univers sale et dégradant. Je ne vous raconterai pas tout, il y a des choses qui ne se disent pas sur un blog, et dont j’ai pu parler plus tard, une fois adulte, avec des thérapeutes ou avec mes proches. Mais en tous cas, pendant des années, six, sept ans, j’ai été quelqu’un que je n’avais pas envie d’être, dans un monde qui me dégoutait.
À la fin, vers 19 ans, je ne savais même plus que j’avais pu être autrement. J’avais mis mes désirs de pureté de côté, je pense que je m’étais résignée, et surtout que j’étais devenue aussi étriquée d’esprit que les gens que je fréquentais. J’étais bête, je ricanais, je ne réfléchissais plus beaucoup, j’étais bagarreuse, malpolie, j’étais devenue moi même une « mauvaise fréquentation »…
Et puis, par hasard, par une amie, j’ai découvert un groupe de personnes de mon âge, très différents de mon univers. Au départ, ils ne m’intéressaient pas beaucoup, je m’étais persuadée que j’étais bien, dans mon monde étroit et violent, limité à un petit périmètre de cinq kilomètres autour de mon village. Et puis, la musique a été le premier déclic. Ces inconnus, la plupart musiciens, tous étudiants, écoutaient ce que j’aimais, des groupes de rock, de métal, ils organisaient des festivals de musique dans ma région, des concerts à Metz, des fêtes géniales chez eux, ils connaissaient tout le monde en ville, sortaient dans des bars, parlaient de livres et de politique, étaient engagés, et assumaient leurs pensées et leurs paroles. Tout cela était absolument nouveau pour moi. À côté d’eux, je me sentais gueuse. J’avais honte de mon langage plein de gros mots, de mon cerveau ramolli et encrassé qui n’était plus capable de réflechir par lui-même, de mon agressivité. J’étais toujours à côté de la plaque, en leur compagnie. Je disais systématiquement ce qu’il ne fallait pas, ne réagissait pas comme il fallait, je mettais les pieds dans le plat. Ç’a été rude, un choc pour moi. Évidemment, j’étais une telle péquenaude qu’il m’était impossible d’entrer dans leur monde, ils ne pouvaient pas m’accepter. Mais j’ai insisté. Oui, comme une vraie sangsue opportuniste, j’ai senti que mon salut dépendait de mon intégration à ce monde qui me plaisait tant, alors je n’ai pas abandonné. J’en ai bavé, vous pouvez me croire ! Ce rejet, ces mois de traversée du désert social, alors que je fêtais mes vingt ans, ç’a été une claque, pour mon égo et pour tout le reste. Je me suis éloignée de mes anciennes connaissances, mais je n’ai pas, pour autant, gagné de nouveaux amis dans la foulée. J’étais assez seule. Ça m’a remis les idées en place, mais surtout ça m’a appris. Beaucoup. Ça m’a appris à ne pas dire toutes les bêtises qui me passaient par la tête. À réflechir, à nouveau. À attendre, à comprendre, à écouter. À sourire aussi. À calmer mon impétuosité. Petit à petit je me suis adoucie, j’ai remis mon cerveau en marche, je l’ai nourri, nourri, encore et encore, j’ai lu tout ce qu’on me conseillait, écouté tous les groupes qu’ils aimaient et que, miracle, j’aimais aussi (et que j’attendais depuis des années !) , découvert des choses fabuleuses, abandonnées celles qui ne me plaisaient pas mais que je traînais par habitude. Petit à petit, j’ai conquis une personne après l’autre de ce groupe d’étudiants si passionnés, si vivants, si intéressants. J’ai pris mon temps, j’ai fait des erreurs, j’ai réparé, et… treize ans plus tard, j’ai un enfant avec un de ces étudiants, et les autres sont mes meilleurs amis, l’un d’entre eux est aussi le parrain de Little. C’est devenu mon monde. Enfin, non, ça ne l’est pas devenu. Je crois que j’y appartenais au départ, de par mon éducation, ma famille, mais que je l’ai perdu et m’en suis éloignée à cause de rencontres, de chemins qui bifurquent, de mauvais choix de ma part. À vingt ans, j’en suis sûre, j’étais sur le fil du rasoir, prête à basculer du mauvais côté de ma vie. Par le hasard puis par la volonté de m’extirper de mon milieu social, j’ai rencontré des gens qui ont changé ma vie. Je suis tellement fière et heureuse de les avoir dans ma vie aujourd’hui, et du chemin parcouru depuis cette rencontre.
Voilà, voilà pourquoi Pure m’a tant touchée. J’ai été Katarina, à côté de la plaque, un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je me suis sentie humiliée d’être si nulle, de ne pas avoir les bons codes, les bons filtres de lecture du monde, j’ai eu honte de moi-même, comme elle. Et comme elle, j’ai refusé d’accepter un état qui me rendait malheureuse, j’ai voulu m’élever socialement parce-que je savais que ça me rendrait plus heureuse et que j’y trouverais de quoi m’enrichir intérieurement. Je ne me trompais pas. Grâce à mes amis et Robinson, je pense que je suis devenue la personne que je désirais être éperdument alors que je pensais que ça me serait toujours inaccessible. Je ne renie rien, je suis passée par tout ça, j’ai appris des choses durant mes années noires, auprès de mes mauvaises fréquentations. Je me sens riche de ces expériences contrastées. Peut-être qu’il n’y a pas de hasard et que tout cela était écrit, que je devais en passer par là, par ces chemins alambiqués, pour arriver où je suis aujourd’hui.

♥♥♥♥♥

L’autre film qui m’a touchée, dernièrement, est un documentaire sur Netflix : I am Maris. C’est la thématique du yoga qui m’a attirée, et puis finalement j’ai trouvé plus de points communs encore entre Maris et moi.

maris
Bon, c’est typiquement LE documentaire à l’américaine, avec ses moments larmoyants, sa musique émouvante, le schéma habituel de la descente aux enfers suivie de la renaissance du phénix, le message empli d’espoir, et les gens pleins de bons sentiments. Malgré tout, j’ai aimé regarder ce documentaire, inspirant et lumineux. Les peintures de Maris sont magnifiques, et la jeune femme est, simplement, touchante.
Pour résumer, il s’agit du témoignage de Maris sur sa maladie mentale. Elle souffre d’anxiété, d’angoisses incontrôlables. Cela a entrainé, à l’adolescence, un épisode d’anorexie et une hospitalisation en urgence. Puis, Maris a découvert le yoga, et ça l’a aidée à aller mieux.
Je grossis un peu le trait, car en réalité ce n’est pas si simple, pas si linéaire. Les peurs de Maris n’ont pas disparues. Elle ne donne pas de leçon, de recette, elle admet que ses troubles sont toujours là et ne disparaîtront jamais, elle apprend juste à vivre avec et à les anticiper.
Vous vous en souvenez peut-être, j’ai aussi connu un épisode d’anorexie. Je n’étais déjà plus adolescente, c’était il y a cinq ans. Ça m’a fait quelque chose d’entendre à nouveau parler des symptômes et explications psychologiques de ce trouble alimentaire. Le besoin de contrôle lorsqu’on perd pied dans sa vie, et toutes les petites manies qui deviennent de véritable tocs qui régissent le quotidien…
Je ne reviendrai pas sur tout ça, j’avais écrit un billet à l’époque, dans lequel je mettais cartes sur table avec vous (ici). Je voulais seulement vous parler de ce documentaire car je l’ai trouvé beau et inspirant.
J’ai noté une phrase que dit Maris, qui peut paraître évidente et simple mais parfois cela a du bon de se le rappeler, et je souhaiterais terminer ce long article avec ses mots :

Quand les choses vont dans le bon sens pendant un moment, on oublie ce qui n’allait pas. On oublie qu’on est qui on est, grâce aux épreuves qu’on a traversées.

Maris Degener

Bonne semaine à vous ! À bientôt.

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Bazar #1

Parfois j’ai envie de vous parler d’un truc qui me passe par la tête, et puis lorsque je me retrouve face au clavier j’ai oublié. C’est embêtant.

Ce soir, je vais faire un effort pour tenter de remobiliser mon cerveau. Voici comme des petits aplats de peinture multicolore les idées et sujets qui me sont passés par la tête dernièrement et que je désirais partager avec vous. Comme un Sunday Morning, à la différence que, au lieu de vous présenter des photos de notre quotidien, dans ce billet je parlerai plutôt d’inspirations et proposerai donc des images qui ne sont pas de moi.

Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma… Et j’y vais si peu !
Ces derniers jours, trois films que j’ai très envie de voir sont sortis :

  • Come as you are, avec Chloe Grace Moretz et Sasha Lane (et accessoirement, Jennifer Ehle, qui jouait Lizzie Bennett dans la mémorable version BBC de Pride and Prejudice)
  • Dark River, avec la très douée Ruth Wilson (la plus inoubliable Jane Eyre à mes yeux, qui joue aussi la mystérieuse Alison dans The Affair)
  • Fleuve noir, un polar français avec Romain Duris, Sandrine Kiberlain et Vincent Cassel (je ne suis pas très film français mais celui-là me fait vraiment envie…)darkriver

 

Dimanche, je me suis éclipsée pour aller voir Come as you are. L’affiche, avec son côté vintage, grunge et wild promettait un film alliant tout ce que j’aime. Et puis je suis rarement déçue par la sélection du festival de Sundance, qui met en avant des films indépendants au sujet de société passionnants ou aux acteurs époustouflants de justesse et de naturel. Le film n’est pas à la hauteur de mes (hautes) attentes mais il reste un très bon film, intéressant de par le sujet qu’il traite (la volonté de « rééduquer » les ados homosexuels en les cloisonnant dans un centre où la religion et le reniement les poussent à détester ce qu’ils sont et à leur faire croire qu’ils peuvent changer).
J’ai aimé le film, sans l’adorer. J’ai aimé l’ambiance des années 90 très bien retranscrite (cassettes audio, bombers, coupes de cheveux improbables, moustaches, émission de gym ringardes…) et les acteurs, ainsi que les décors – une forêt américaine en automne, typiquement le genre de nature qui m’inspire et me plait beaucoup.

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Déco

Après avoir rénové le séjour-cuisine de notre maison, nous nous sommes attelés aux chambres, qui avaient désespérément besoin d’un coup de frais. Vieux papiers-peints, crépis, et même d’épouvantables frises fleuries, assorties de couleurs beurk (orange, jaune, beige…)… j’avais honte de laisser Little dormir dans sa chambre, dont on avait grossièrement arraché la frise, et qui présentait deux crépis différents : sur le haut du mur, un crépi qui ressortait, et sur le soubassement, un crépi présentant comme des creux. Le tout recouvert de peinture plastifiée très difficile à décoller. Bref, vous voyez le tableau… Il était urgent de s’attaquer aux chambres mais le chantier n’était pas facile, car il fallait avant tout poncer et lisser tous les murs !
Les copains sont venus nous prêter main forte, j’ai laissé les mecs s’occuper du gros œuvre, et je me suis chargée de ce que je préfère dans la rénovation de la maison : imaginer la déco finale. Peintures des murs, agencement de la pièce, choix des meubles… Pour ce projet, j’ai écumé internet, Pinterest et les sites de design, et passé un peu de temps dans les boutiques à la recherche des éléments clés de la décoration choisie. J’ai aussi chiné quelques meubles et récupéré des éléments chez mes parents (ma mère est une chineuse exceptionnelle, la maison familiale regorge de pépites, vieux pupitres d’écolier, établi en bois massif, armoires colossales, lustres à pampilles et autres trésors…). Voici quelques images de mes inspirations, qui ont orienté les choix pour la chambre de Little et la nôtre :

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Cette femme pose dans sa merveilleuse maison australienne, avec ses deux très beaux enfants. La photo est à la fois inspirante et un peu énervante, vous ne trouvez pas ^-^ ? Cette maman est belle, et sa maison est superbement décorée, il y a de quoi être un peu envieuse… 😉
Dans cette déco, j’aime le mélange de vintage, de récup, et de touches colorées ethniques avec les tissus damassés, et les empiècements précieux sur les petits vêtements suspendus. J’aime aussi l’impression de joyeux bazar qui se dégage de cette photo, les enfants nus sous la salopette, à la cool, peignant à même le sol, et leurs peintures enfantines accrochées au mur et présentées comme de véritables ouvrages d’artistes.
Son site ici : captainandthegypsykid

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Pour la couleur de la chambre de Little, j’ai opté pour ce gris aux tons un peu parme. Comme sur cette photo, il y aura des meubles en bois brut et clairs, et d’autres blancs cérusés. La patère en bois sera aussi un des éléments de décoration de la chambre de mon petit garçon.

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Chez mes parents, j’ai récupéré une armoire dans ce style, une vieille bonnetière que je trouve magnifique. Elle a été repeinte légèrement, un voile de blanc qui laisse apparaître les imperfections du bois et les éclats bruts en dessous. Elle remplacera la commode blanche dans laquelle nous rangions les vêtements de Little. J’aimerais pouvoir remplacer l’une des étagères (en bas) par une tringle afin de lui créer, dans l’armoire, une petite penderie et lui permettre d’être autonome au niveau de l’habillage. On verra si je parviendrai à bricoler ce meuble, mais déjà, tel quel, je l’adore.

Si vous souhaitez découvrir le reste de mes inspirations pour la chambre de Little, n’hésitez pas à jeter un œil à mon tableau Pinterest dédié.

 

Écriture

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Après avoir terminé de corriger mon premier projet de roman (Les Soeurs Ponsard – titre provisoire en attendant de trouver mieux) et avoir un peu saturé je dois bien l’admettre, une nouvelle idée d’histoire a tranquillement germé dans mon esprit, et si j’avais pourtant décidé de ne pas ma replonger dans l’écriture trop rapidement après Les Soeurs Ponsard, histoire de faire un break et d’avancer sur mes autres projets, il m’a bien fallu m’y remettre, tant cette petite idée trottait dans ma tête et prenait corps jour après jour, m’insufflant motivation et envie qu’il m’était impossible de tempérer ! J’ai couché mes idées dans mon cahier d’écriture, pour m’en débarrasser et soulager mon esprit, mais cela n’a pas aidé – au contraire – ; les choses se sont faites plus concrètes, le décor et les personnages se dessinaient plus précisément dans mon imagination, des noms de personnages dansaient en permanence dans mes pensées… Bref, l’inspiration était là, j’ai donc commencé à écrire mon second projet de roman : Wanaka Blues. Cette fois, rodée grâce à l’expérience de mon premier travail d’écriture, j’ai décidé de travailler de manière rigoureuse et organisée. J’utilise Scribbook (et c’est fantastique ! ) et je suis la méthode flocon (écrire pas à pas, en suivant des étapes bien précises pour dérouler tranquillement les personnages/l’intrigue/la narration et préparer de manière précise le travail d’écriture). Je ne me mets pas la pression, je sais désormais qu’écrire peut prendre du temps, des années, et que je suis capable d’aller jusqu’au bout de ce genre de projet. On verra bien ce que ça donne… Je vous propose ici quelques images qui m’inspirent et qui sont liées à l’intrigue et surtout aux décors de ce deuxième projet (comme je le répète souvent ici, en lecture, en écriture, et même dans les films ou séries que j’aime, ce sont les ambiances, les univers qui me guident ou me parlent, avant même de penser à l’intrigue en elle-même).

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Ah, et si ça vous dit de lire une de mes nouvelles, hier j’ai mis en ligne Bleu Corail sur une des pages de ce blog ! N’hésitez pas à découvrir ce texte écrit en 2015.

 

Inspiration

En faisant des recherches pour les travaux des chambres, je suis tombée sur le blog de Gabrielle (designmom) et je me suis laissée emporter par la simplicité et les jolies photos de ces billets. J’ai notamment aimé lire les articles de la série « Living with kids » présentant des intérieurs de familles, et donc des chambres d’enfants. J’ai aimé lire ce que disaient ces mamans sur le fait d’allier décoration et design avec la vie tourbillonnante d’un quotidien avec enfants. Avoir des enfants signifie accepter un certain désordre chez soi, un lâcher prise qui demande un long (loooooong) temps d’adaptation je trouve. Lire ces articles, et les commentaires associés, m’ont fait beaucoup de bien. Surtout ce billet où Gabrielle, maman de 6 ENFANTS (oui oui…) essaie d’expliquer ce qui l’a poussée à faire ce choix d’une famille nombreuse. Les réactions, en commentaires, sont extrêmement intéressantes. Des mamans expliquent à quel point elles se sont coupées des autres, de leurs amis, car il leur était impossible de sortir avec leurs enfants, car les tout-petits sont ingérables, etc… Je me suis reconnue dans les propos de ces mamans « désespérées » car, croyez le ou non, je suis souvent dépassée par l’énergie, le cyclone de vie qu’est mon fils. Il grandit, et en ce moment il est en pleine phase de… de trop-plein. Il déborde d’énergie, d’émotions, d’envies, c’est une petite tornade et je me sens épuisée (et pourtant je n’ai QU’UN ENFANT!!!). Parfois aussi, je ressens du désarroi, ou du découragement. Élever un enfant, c’est avancer à l’aveugle. C’est avoir la foi, et se dire que quoi qu’il fasse à ce moment précis de sa petite enfance (ce moment qu’on traverse actuellement, où il nous rend chèvres…), il faut croire en lui et se dire qu’il ne restera pas, non, cette boule de fureur ou ce petit être en crise qu’il est en ce moment. Et des fois, c’est dur de se convaincre. De ne pas abandonner… Il faut y croire, et cela demande une énergie de chaque instant. Je ne me plains pas, j’aime être maman, j’aime m’occuper de ce petit bout d’homme incroyable, mais je suis humaine et parfois je fatigue. Lire les témoignages de ces mamans de familles nombreuses (ou non) qui expliquent qu’elles ne peuvent plus rien faire en famille car leurs enfants sont des tornades, qu’elles ont l’impression de déranger les gens où qu’elles aillent quoi qu’elles fassent en famille, et surtout, lire les réponses rassurantes d’autres mamans dont les enfants-piles électriques ont grandi et se sont apaisés, m’a rassérénée.

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Éducation

Sur ce même blog (décidément très inspirant), j’ai adoré (A-DO-RÉ!) le billet Living with kids présentant la maison de Vivien (ce prénom… ❤ )

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Vivien a deux filles, adolescentes, et elles vivent toutes les trois au Pays de Galles dans une charmante maison qui m’a fait penser à un cottage. Ce n’est pas hyper design, mais juste cosy et agréable, douillet et beau. Mais le plus beau, le plus doux, ce sont les mots de Vivien qui dépeint son quotidien avec ses filles ; regarder des épisodes de Gilmore Girls, se faire un chocolat chaud, accéder à tous les petits commerces de la bourgade à pieds, se promener dans la nature environnante, discuter, échanger et débattre des faits de société, aller chercher ses filles tard le soir lorsqu’elles sortent… Vivien n’en fait pas des tonnes, son texte est très simple et sonne vrai, elle parle des difficultés d’être mère célibataire, d’élever des adolescentes dans le monde actuel. Une phrase a résonné en moi la jeune mère qu’elle était, ce serait de profiter à fond de sa parentalité, même des moments où ses filles, petites, l’accaparaient beaucoup et où elle regrettait de ne pas avoir plus de temps pour elle (oh que ce sentiment m’est familier…) car le temps file et on ne sait jamais quand on vivra le dernier moment d’une routine qui nous accable parfois : la dernière couche à changer, où le dernier biberon que notre enfant boira, où le dernier instant avant qu’il ne se mette debout pour essayer de marcher, où la dernière nuit où il vient se réfugier dans notre lit après un cauchemar… Elle ajoute que, si elle avait su, elle se serait moins mis la pression avec le temps passé devant les écrans. Et ça, ça me parle. Little n’a jamais regardé la télévision, ni un dessin animé sur l’ordinateur ou le téléphone. Je suis à la lettre la prérogative ministérielle qui dit : « pas d’écran avant trois ans ». Dans mon métier, je le conseille depuis longtemps aux parents et à mes élèves, limiter les écrans me paraît vital chez les petits enfants. En même temps, on a peu de témoignages de parents qui ont vécu ce changement et qui ont aujourd’hui des enfants assez grands pour mesurer si l’impact du « moins d’écran » a porté ses fruits ou non. Or, Vivien peut témoigner de cela, elle fait partie de ces parents qui ont connu le boom des écrans au moment où ils ont eu leurs premiers enfants. Vivien dit donc que, si elle avait su, elle se serit moins mis la pression car, dans tous les cas, les enfants finissent par grandir et devenir des adolescents qui vivent le nez rivé sur leurs écrans de portable. Bon, je ne sais pas si j’ai envie de croire à cette fatalité (n’existe-t-il vraiment pas d’adolescent qui ne soit accro à son téléphone ? ) mais dans tous les cas, voir cette femme qui semble équilibrée, parler de ses filles avec qui elle a une relation qui semble saine (et non violente et cataclismique comme celle de certains ados avec leurs parents (moi, par exemple ^-^) ) est plutôt rassurant. Elle m’a donné envie de lâcher prise, un tout petit peu plus. Je suis très très rigoureuse sur mes principes d’éducation (en bonne taureau que je suis, si je n’ai pas un cadre défini pour me rassurer, je fais n’importe quoi…) et lorsque je rencontre des personnes moins « control freak » que moi sur cet aspect, cela me fait du bien (mon amie Alma, donc je vous ai déjà parlé, est comme ça elle aussi. Un vent de fraicheur, cette maman. Beaucoup plus cool et « on verra, advienne que pourra » que moi…).

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Le texte est en anglais mais c’est assez facile à comprendre. Je vous encourage à le lire car, entre le côté cottage cosy dans la campagne anglaise (ou presque), et cool-raoul-(oui, j’utilise cette expression démodée)-je-suis-mère-d’adolescente-et-je-le-vis-bien, je trouve cette Vivien Jones très inspirante. (Et si j’ajoute qu’en plus, elle a lancé son propre magazine pour ado…)

Et voilà pour mon bazar !
Je vous montrerai le résultat de la rénovation des chambres dès que ce sera terminé (fin août, j’espère !). On verra bien si cela ressemblera ou non aux photos qui m’ont inspirée !

Bon week-end !