Mon année 2015 en quelques bouquins (ou mes tops/flops littéraires de l’année)

Avant toute chose, laissez moi vous souhaiter le meilleur pour l’année à venir, beaucoup de bonheur au quotidien et de l’amour à profusion ! Puisse 2016 être moins tragique que 2015, même si, d’un point de vue strictement personnel, l’année qui s’achève a été celle du plus grand bonheur qu’il m’ait été donné de vivre : la naissance de Little !

A présent, passons à cette petite rétrospective littéraire !

En 2015, j’ai lu 22 livres et abandonné deux bouquins (sans quoi, j’aurais pu avoir la joie d’annoncer 24 lectures, soit une petite moyenne de 2 par mois, ce que je m’étais fixée comme objectif). Les 2 mois qui ont suivi la naissance de Little n’ont pas été très prolifiques en terme de lecture, j’ai passé la grande partie de mon temps libre à dormir pour rattraper les heures de sommeil perdues. Mais finalement, mon rythme de lecture a repris comme avant, et je profite des siestes de bébé pour lire un peu et ne pas perdre cette habitude.

Cette année, j’ai découvert des auteurs que j’ai adorés et qui sont devenus des incontournables de ma bibliothèque, je me suis forcée à terminer certains romans et j’en ai dévorés d’autres, j’ai lu des choses très tristes et très joyeuses, réalistes et fantastiques. J’ai envie de dresser une petite liste thématique de mes coups de coeur littéraires de 2015, et de vous parler aussi un peu des déceptions livresques que j’ai connues.

C’est parti pour le bilan d’une année de lecture !

LES TOPS

La découverte de l’année

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De cette année, je retiendrai avant toute chose ma rencontre (livresquement parlant) avec Joyce Maynard, dont j’ai dévoré 4 romans, que je serais bien incapable de classer par ordre de préférence tellement ils m’ont tous plu! Je crois que, spontanément, je conseillerai toujours Baby Love avant tout car c’est celui qui m’a le plus marquée, et peut-être « parlée » étant donné que le roman évoque surtout le thème de la maternité. Au-delà de ça, dans tous ses romans, Joyce Maynard raconte l’adolescence, et c’est cela qui m’a immédiatement captivée dans son oeuvre. J’ai hâte de me plonger dans ses autres livres !

Le livre qui m’a fait voyager

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J’ai commencé 2015 par la lecture de Wild, de Cheryl Strayed. Conseillé par une amie (coucou Mona!) et offert par un ami, je crois qu’aucun livre ne pouvait plus me parler que celui-ci ! Durant toute la durée de la lecture, j’ai voyagé avec Cheryl, marché le long du Pacific Coast Trail à ses côtés, admiré les paysages époustouflants de la Californie avec elle… Ce livre m’a fait revivre notre grand voyage, les nombreuses randonnées et les décors de dingues qui nous ont tant marqués. Un gros coup de coeur donc ! Je l’ai d’ailleurs beaucoup offert par la suite, tellement j’avais envie de partager ce livre avec le plus grand nombre !

Le feel good book de l’année

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LE livre qu’il faut lire pour illuminer son quotidien, c’est Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, dont je parlais ici. Il se dévore à toute vitesse, et je vous garantis beaucoup de sourires après avoir refermer ce bouquin. Une vraie lecture-bonheur!

Le classique de l’année

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Chaque année, j’aime découvrir ou relire quelques classiques, incontournables de la littérature française et étrangère. Il y a 2 ans, j’avais commencé La vie devant soi, de Romain Gary, bien vite abandonné : trop bizarre, un peu glauque, un style déroutant, un propos qui ne m’intéressait pas tellement… Et puis, je ne sais pourquoi, en mai cette année, j’ai eu envie de redonner une chance à ce bouquin, et grand bien m’en a pris : j’ai adoré. Certes, il reste un peu étrange et loufoque à mes yeux, mais que c’est beau…! J’ai été transportée. Un beau roman poignant, sensible, plein d’humanité (et pas au sens cucul la praline du terme hein…!! ^-^)

L’essai de l’année

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Ne fuyez pas !
Je dis ça car, je ne sais pas vous mais moi, généralement, quand je vois écrit « essai », je détourne le regard, incapable de m’intéresser à autre chose qu’aux romans (oui, je sais, il y a plein de choses à lire autres que de la fiction… il faudra que je m’y mette un jour…!), mais celui-ci, qui a gagné le prix Médicis en 2011, vaut terriblement le coup !
Sylvain Tesson est un explorateur aventurier anthropologue (et tout un tas d’autres étiquettes géniales, on rêverait de faire la moitié de ce qu’il fait…), qui a décidé, un jour, d’expérimenter la vie en ermite au coeur de la Sibérie, dans une cabane au bord d’un immense lac gelé. Il s’est isolé durant 6 mois et a tenu un carnet de bord où il consignait des observations et réflexions sur la nature environnante et l’Homme de manière plus générale.
Ce livre est remarquablement beau, bien écrit et extrêmement érudit, c’est un régal pour qui aime la Littérature (et les grands espaces). Je n’ai jamais autant corné de pages et souligné de passages que dans ce livre, tellement je trouvais tout incroyablement intelligent et magnifiquement écrit. Les idées, les mots, les tournures de phrases, tout m’a transportée, j’ai littéralement voyagé à travers ces pages, au fin fond de la Sibérie gelée, immense et mystérieuse.
Ce livre fait aussi partie de ceux que j’ai racheté par la suite pour l’offrir à mon entourage, tellement j’ai aimé le lire !

Le coup de coeur absolu de l’année

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Outre mon coup de foudre pour Joyce Maynard, cette année j’ai eu la chance de découvrir une pépite, sur les conseils d’une amie (encore) (mes proches me connaissent bien!!) : L.A. Story, de James Frey. Pour l’amoureuse de Los Angeles que je suis, c’était un régal. J’ai avalé ses 500 (grandes) pages à la vitesse de l’éclair, subjuguée par le tourbillon infernal de la plume de l’auteur. Le personnage central de ce roman, c’est la ville tentaculaire, à la fois paradis sur terre et Babylone maudite. On croise tout un tas de personnages qui errent dans la cité, y échouent ou réussissent, des anges et des démons acteurs passifs de ce roman dédié à cette ville fascinante, obsédante, maléfique. Ce bouquin est un bijou sulfureux au ton provocateur et au style un peu barré. J’ai adoré !

LES FLOPS

Le succès de librairie un peu trop roman de gare

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Je me méfie toujours un peu des livres dont tout le monde parle et dont la couverture est placardée partout… sauf cette fois où j’ai cédé à l’appel de la com’, et je n’aurais pas du. Demain, j’arrête, de Gilles Legardinier, m’a fait perdre mon temps. Je ne suis décidément pas friande de ce genre de romans qui se veut drôle et barjot mais qui n’est qu’une succession de quiproquos et de gros gags pas très amusants. Je comprends qu’on puisse aimer ce livre pour son côté divertissant, mais malheureusement je n’ai pas été sensible à cet aspect là…

Le livre, encensé par la critique, qui m’a laissée de marbre

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Il y a deux ans (ou trois ?), La lettre à Helga faisait partie de la sélection du prix littéraire Price Minister. On a beaucoup entendu parler de ce roman, sur les blogs et dans les journaux un peu « culturels ». C’était LE bijou de littérature islandaise qu’il ne fallait pas rater. Je m’attendais donc à être transportée, mais la magie n’a pas eu lieu et j’ai trouvé ce petit bouquin assez banal et pas forcément bien traduit (eh non, je ne suis pas capable de lire l’islandais dans le texte ^-^).

Le roman qui avait le potentiel, mais non (et donc que j’ai abandonné)(deux fois)

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La dernière conquête du major Pettigrew, d’Helen Simonson, ne m’a pas emballée, du tout. Pourtant, j’avais tellement envie de le lire, ce roman anglais ! Il avait tout pour me plaire : la campagne anglaise, des personnages bien élevés et à cheval sur les traditions et le protocole, une histoire simple et réaliste mais aussi tendre et parfois un peu loufoque… Mais non, pas moyen de m’intéresser à l’histoire de ce papi un peu coincé aux prises avec les cancans de ces voisins et en désaccord avec les choix de vie de sa progéniture (voilà le peu que je peux en dire, je n’ai lu que les 200 premières pages). J’ai laissé tomber, puis ai essayé de redonner une chance à ce livre, puis re-laissé tomber. Comme on dit : quand ça veut pas…

Les autres lectures :

❤ ❤ ❤

Nina Simone, roman, de Gilles Leroy

Le jardin des secrets, de Kate Morton

Le meilleur pour mon enfant, de Guillemette Faure

Chaque soir à 11 heures, de Malika Ferdjoukh

❤ ❤

Une année studieuse, d’Anne Wiasmeski

Un été sans les hommes, de Siri Hustvedt

Mille femmes blanches, de Jim Fergus

Debout les morts, de Fred Vagras

Apocalypse bébé, de Virginie Despente

Une saison avec Jane Esther, de Shaïne Cassim

:-/

Les faux-fuyants, de Françoise Sagan

Le bruit des silences, de Valérie Gans

Et voilà ! Vous ne serez peut-être pas d’accord avec ces opinions et ce « classement », n’hésitez pas à partager ici vos accords et désaccords, vos amours et désamours littéraires, j’adore connaître votre avis !

A très vite !

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Sunday Morning # 26

La vie reprend son cours et les petits bonheurs quotidiens recommencent à s’accumuler, pour notre plus grand plaisir. Je ne sais pas vous, mais j’ai pris soin, cette semaine encore plus que d’habitude, de savourer chacun de ces instants, d’arrêter le temps pour les photographier dans ma mémoire (et un peu avec mon iphone pour les partager avec vous ici, aussi ^-^), bref, plus que jamais j’ai pris conscience de la chance que l’on a d’être vivant et heureux.

Le look de la semaine

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Histoire de changer un peu de mes sempiternels jeans déchirés, j’ai ressorti la jupe longue aux couleurs automnales.

Les gourmandises de la semaine

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Lorsque je vivais à Dublin, je travaillais dans un salon de thé qui vendait des pâtisseries à se rouler par terre, dont la fameuse apple pie. En partant, la cuisinière m’avait griffonnée la recette sur un bout de papier, et je viens seulement de le retrouver (6 ans plus tard, donc…). J’ai testé, et j’ai retrouvé le goût et la texture de la tarte que je dégustais là-bas. La particularité, c’est que les pommes ne sont pas déposées crues sur le fond de pâte, mais qu’elles ont été d’abord légèrement cuites, et largement arrosées de sucre ! La tradition irlandaise (et sans doute anglaise aussi…) veut que l’apple pie se déguste avec de la crème fraîche, et je n’ai pas dérogé à cette règle (vous me connaissez ^-^). C’était une petite merveille. de réconfort …

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J’ai continué sur ma lancée « tea time » en faisant une nouvelle fournée de scones, qui étaient très bons (merci la poudre toute prête chez Monop’).

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Mais mes petits-déjeuners n’ont pas été que sous le signe de la Grande-Bretagne : pour preuve, ces bonnes crêpes Picard (oui, je suis une bonne mère de famille, je réchauffe moi-même mes crêpes surgelées…^-^)

La bonne surprise de la semaine

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Je pensais que devenir maman serait synonyme de manque de temps donc de priorisation des activités, et que, de fait, mon rythme de lecture s’en verrait fortement ralenti. Mais c’est tout le contraire qui se passe. Souvent, Little s’endort dans mes bras après un biberon, et alors je me retrouve coincée sur le canapé, avec un livre à portée de main (les premières fois, je n’avais pas anticipée, j’étais bloquée avec le bébé dans les bras et rien, absolument rien pour me divertir pendant ses 2 heures de siestes… Maintenant, je suis rodée, je prépare tout mon attirail avant le biberon, portable et bouquins, une bouteille d’eau, et me voilà parée à affronter une ou deux heures de sieste !). Vous pourriez dire : tu n’as qu’à l’emmener dans son lit une fois qu’il s’est endormi. Moui, je sais. Mais j’aime bien le sentir dormir sur moi… Bref, tout ça pour dire que j’ai des tonnes de reviews lecture en retard, plein de bouquins dont je souhaiterais vous parler,  je prépare tranquillement cela. Sachez juste que j’ai lu l’un des derniers romans de Joyce Maynard (ma découverte de l’année, souvenez-vous) et que, sans surprise, j’ai adoré !

L’instant suspendu de la semaine

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Ça y est, ça approche, Noël commence à se faire sentir dans les décorations qui parent les rues, et les wishlists qui apparaissent sur les blogs et autres réseaux sociaux. Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai hâte de me plonger dans l’ambiance chaleureuse, rassurante, familiale de Noël… pour mettre de côté la folie et la peur qui flottent autour de nous tous depuis une semaine. Je résiste à l’envie de sortir décorations et chants de Noël avant le 1er décembre, mais les saveurs de Noël ont, elles, le droit d’apparaître plus tôt ! C’est donc sans attendre que j’ai acheté cette tisane de Noël que je déguste avec mes traditionnels Lebkuchen. On a commencé à regarder les Star Wars, une de nos traditions de fin d’année (comme Harry Potter et le Seigneur des Anneaux, Love Actually et The Holidays…) et hier, c’était raclette devant notre film de snowboard chouchou (je vous en parlais ici). Les rituels ont un tel pouvoir rassurant, usons et abusons en aujourd’hui!

Les films de la semaine

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Quoi de mieux que des films en costumes et de grandes passions pour fuir la réalité l’espace de quelques heures ?? Dans ce but, j’ai profité de deux siestes de Little (dans son lit, cette fois !) pour regarder Loin de la foule déchainée et Les jardins du Roi (A little chaos en VO). Pour le premier, la présence de Carey Mulligan était l’argument qui suffisait à me donner envie de le voir. Le second, un peu trop baroque à mon goût de prime abord, m’a conquise par son casting ; comment résister à Kate Winslet ET Alan Rickman (acteur et réalisateur de ce film)…?

J’ai bien fait de me laisser tenter, les deux étaient exactement ce qu’il me fallait en ce moment : bien joué, beaux, raffinés. Le 1er m’a réconciliée avec Thomas Hardy (auteur du livre duquel est tiré le film) que je n’avais pas du tout apprécié lorsque j’avais lu Tess d’Urbeville. Le second m’a donné envie de découvrir Versailles, que j’ai du visiter lorsque j’étais enfant mais dont je n’ai pas de souvenirs précis… Mais surtout, surtout…

… je me suis découverte une nouvelle passion : Matthias Schoenaerts… ❤

La promenade rituelle

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Je crois que je commence à me lasser du parc, où je vais tous les jours avec Little… Alors, ma traditionnelle question revient, comme tous les ans : pourquoi vivre en ville ? Et si on partait à la campagne (en l’occurrence, à la montagne ou au bord de l’océan)…? Depuis que Little est né, je m’interroge encore plus. Toute cette pollution, ce bruit, le peu d’espace et surtout d’espaces verts… Je rêve d’un chalet au fond des bois, avec un porche et une grande pièce de vie, une cheminée et beaucoup d’espace pour jouer, pleins de sentiers pour randonner, et le calme, le silence absolu, les étoiles la nuit, la neige en hiver… Bref, je rêve. En attendant, j’emmitoufle Little dans mon écharpe et on quadrille le parc en long, en large et en travers…

L’inspiration de la semaine

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L’échelle en bois brut, le macramé, la douce chaleur des bougies, du plaid et du tapis, rendent cet intérieur très cosy et lumineux, la pièce parfaite pour passer un hiver au chaud, non ?

Je vous souhaite un bon dimanche. Déconnectez, recentrez, profitez, chérissez vos proches, mangez… et continuez de vous projeter, c’est ce qui nous fait avancer.

A très vite, et mille mercis pour vos commentaires et votre présence par ici, c’est énorme, ça compte beaucoup pour moi et m’oblige à ne pas lâcher le blog, même dans les moments difficiles comme celui qu’on traverse en ce actuellement. Merci merci merci.

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits (exceptées celles des deux films, et la dernière qui provient du compte Instagram d’Ana Morais), merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Book crush (Lectures #64)

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Cela faisait longtemps que j’avais envie de découvrir Joyce Maynard. Tout d’abord et tout bêtement parce que j’adore son patronyme. Voilà, c’est dit. Et puis les images de couvertures de ses romans sont toujours belles et inspirantes et je me souviens avoir souvent lorgné sur ses bouquins en librairie ou à la bibliothèque, attirée par la beauté des premières de couvertures. Et aussi, Joyce Maynard m’intriguait car son histoire d’amour, toute jeune, avec Salinger (L’attrape-coeur!!!!), a éveillé ma curiosité envers elle, envers sa vie, et donc forcément envers son œuvre. Enfin, les titres de ses romans m’ont toujours donné envie d’en feuilleter les pages ; on y imagine aisément les grands espaces américains, les atmosphères surannées ou étouffantes des petits bleds figés dans le temps, les personnages complexes et les relations profondes, les grands drames des petites vies simples… Les filles de l’ouragan, Long week-end, L’homme de la montagne, Baby Love… Il y a un peu de mystère et un air d’évasion dans ces titres, vous ne trouvez pas ?

A force de prendre un de ses romans sur les rayons de la bibliothèque puis de le reposer, à force de lire des articles plein de louanges sur ses derniers romans publiés, à force de compulser ces articles dans mon petit Moleskine tout gonflé de découpes de magazines et de journaux, j’ai fini par capituler et filer à la librairie pour acheter Long week-end. Que j’ai dévoré en 3 jours (fait exceptionnel qui n’arrive habituellement que pendant les grandes vacances, lorsque j’ai deux longs mois devant mois et autant de temps à consacrer à la lecture). C’est vous dire si j’ai aimé ce livre ! Alléchée par les promesses de cette première découverte, j’ai ensuite filé chez Gibert Joseph où j’ai acheté Baby Love et Les filles de l’ouragan. Lus d’une traite eux aussi. Et mon envie d’en découvrir plus s’accroit au fil de ces lectures. Je m’immerge dans l’univers de cette auteure captivante qu’on a surnommée, à ses débuts, « la Françoise Sagan américaine » (rien que ça…) (et elle le vaut bien) (Eva Longoria sort de ce corps).

Ce que j’ai aimé dans ses livres et dans son écriture ? J’y ai trouvé une écriture de l’adolescence très fine, très juste, mais jamais pathétique. Maynard est aussi particulièrement douée pour dépeindre les relations intensément fortes, viscérales, qui lient les familles, ce lien du sang entre un père et sa fille, une mère et son fils, à l’intérieur d’une fratrie… ces liens parfois douloureux, tendus, fusionnels, effilochés, anéantis, étouffants, incompréhensibles… La relation de Ruth, l’héroïne des Filles de l’ouragan, et de sa mère, froide mais forte et présente, m’a marquée. Le regard exclusif et tendre que porte le héros de Long week-end sur sa mère célibataire et solitaire, un peu lunaire, m’a profondément touchée. L’amour dévorateur et physique que voue Tara à son bébé Sunshine, dans Baby Love, m’a remuée…

Bref : lire Joyce Maynard ne m’a pas laissée de marbre.

J’ai été subjuguée par l’ambiance de ses romans, prise par son écriture fluide, assez riche pour donner la quantité de détails nécessaires à créer des univers tangibles, et assez légère pour que le lecteur ne peine pas à entrer dans le roman. Je me suis laissée porter par les mots, les décors, et les intrigues qui lient les personnages.

Je ne saurais pas vous dire lequel de ses trois livres j’ai préféré. Après avoir lu Long week-end, je pensais qu’aucun autre n’égalerait celui-là. Puis Baby Love a tout emporté sur son passage, créant pourtant un peu plus de malaise que le premier. Baby Love est plus dur, certaines scènes étaient difficiles à lire, surtout enceinte (le roman traite essentiellement de la maternité, à travers l’histoire de quatre adolescentes, filles-mères ou en passe de le devenir, mais aussi par le biais d’autres personnages, leurs mères, grands-mères, et par le regard des hommes sur la maternité, et le prisme de la paternité). Baby Love, c’est la littérature américaine comme je l’aime. Sans fard, crue mais pas si brutale. La vraie vie, transcendée par la beauté de l’écriture et la poésie de la mise en scène. Pendant ma lecture, il m’était impossible de lâcher le livre, et lorsque je ne lisais pas, mon esprit sans cesse y revenait.

Et puis Les filles de l’ouragan, malgré un titre et une couverture extrêmement « catchy », me semblait ne pas pouvoir concurrencer les deux précédents. D’autant plus que, sur internet, les critiques étaient élogieuses pour Long week-end et Baby Love, mais plus mitigées pour Les filles de l’ouragan. J’appréhendais un peu cette nouvelle lecture, j’avais peur d’être déçue. Quelle idée ! J’ai été toute entière happée par l’univers de ce roman : une ferme, où se dessinent les portraits croisés de deux familles des années 50 à nos jours, à travers le récit de deux adolescentes (filles, puis femmes) nées le même jour dans une toute petite ville où l’on cultive des fraises et des petits pois. L’amour pour les grands espaces, pour la terre, les plaisirs simples d’une vie à la campagne, les relations compliquées au sein des familles, les liens avec le père… Autant de détails qui m’ont fait dévoré ce roman en une bouchée. Quel plaisir de s’immerger totalement dans cette ambiance, dans ces deux familles si différentes, si extrêmes, si fascinantes…

Bref, je ne sais toujours pas lequel je vous conseillerais en priorité… Je les ai tellement aimés, tous les trois ! En fait, cela dépendra surtout du thème que vous souhaitez découvrir. De ce qui vous parle le plus.

Et puis, n’hésitez pas à vous laissez guider, pour une fois, par ce que vous ressentez en regardant la première de couverture. Autant, parfois, les images de couvertures ne reflètent pas le contenu du bouquin (et alors généralement, on est plutôt déçu(e)s), autant dans le cas des romans de Joyce Maynard, je les trouve assez cohérents et ils sont de bons indicateurs de ce que l’on va découvrir à l’intérieur… Et pour vous faire une idée plus précise de ce que vous allez découvrir en ouvrant ces petites pépites de littérature américaine, vous pouvez aussi lire les résumés de quatrième de couv :

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Cette année 1987, une chaleur caniculaire s’abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day.
Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s’améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles.
Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne l’est pas. Encore jeune et jolie, Adèle vit pratiquement retirée du monde et ne sort qu’en de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial.
Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter Playboy, Henry se heurte à Frank, ou plutôt Frank s’impose à Henry: Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre…
Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se révélant un peu plus au fil des heures. Et, vingt ans plus tard, avec émotion et humour, Henry révélera les secrets de ce long week-end qui lui a appris à grandir…

(Et n’hésitez pas à aller lire cette critique parue dans Télérama, qui parle avec grâce et subtilité de ce roman que j’ai adoré)

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Fin des années 1970, quatre adolescentes confrontées à la maternité: Sandy, mariée à un paumé de dix-neuf ans peu concerné par son rôle de père; Tara, produit d’une famille désunie, seule avec son enfant; Wanda, toujours fêtarde malgré un bébé de trois mois; Jill, enceinte, et dans la peur de l’annoncer à ses parents.

Un même amour maternel unit ces jeunes filles: leur bébé, c’est leur seule réussite, l’unique preuve de leur importance. Elles le nourrissent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec comme à la poupée, le malmènent, aussi. Sur les marches d’une laverie automatique, leur lieu de rendez-vous favori, elles se racontent leurs histoires et parlent télé, cinéma, magazines… Jusqu’à ce que la venue de deux femmes en quête d’enfants fasse basculer ces vies d’une banalité à la fois touchante et terrifiante.

Avec ce premier roman paru en 1981 aux États-Unis, Joyce Maynard signe un subtil portrait – toujours d’actualité – de l’Amérique profonde.

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Les filles de l’ouragan

Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche.

Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir.

Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, ce récit suit les itinéraires personnels de deux « soeurs de naissance », des années 1950 à aujourd’hui.

Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Joyce Maynard raconte les voies étranges où s’entrecroisent les vies de ces deux femmes, de l’enfance et l’adolescence à l’âge adulte – les premières amours, la découverte du sexe, le mariage et la maternité, la mort des parents, le divorce, la perte d’un foyer et celle d’un être aimé – et jusqu’au moment inéluctable où un secret longtemps enfoui se révèle et bouleverse leur existence.

Voilà. Maintenant, j’attends avec impatience la sortie en poche de L’homme de la montagne, et dès que je tombe sur Prête à tout et Et devant moi, le monde, je les embarque ! J’espère aussi que Joyce Maynard écrira encore de nombreux romans de cette qualité, en tous cas, moi, je suis HEU-REUSE car cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de cœur littéraire !

Et vous, cette auteure, vous l’avez déjà lue ? Tentées par un de ces romans ?