Holiday mornings

Je voulais intituler ce billet « Sunday Morning » mais nous sommes mercredi et mon esprit cartésien et obtu ne pouvait se résoudre à ce genre d’entorse juste pour faire rentrer un post dans la bonne case des intitulés du blog… ^-^ Alors, à la place, voilà un Holiday Morning tout frais tout neuf. Et un bon concept fourre-tout comme je les aime 😉

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.07.26

Je n’ai pas donné signe de vie dernièrement car la fin d’année, à l’école, est toujours très intense. Il y a les évaluations et les livrets à remplir (beurk), les spectacles à préparer (chouette!) et la kermesse à assurer (pfiou…), ainsi que les sorties de fin d’année, le goûter final, les photos à distribuer, le matériel et la classe à ranger… Ajouté à cela, les au-revoirs, les cadeaux pour les collègues, les compléments, les AVS, le personnel de la crèche qui s’est occupé de Little pendant deux ans… et le reste ! Bref, fin d’année intense, éprouvante, les vacances sont toujours très attendues.

Heureusement, mi-juin, nous avons pu faire garder Little pendant une semaine entière chez mes parents. Des mini-pré-vacances pour lui, et une coupure dans le course folle du quotidien pour nous. C’était la première fois qu’on le laissait si longtemps et il ne voulait même plus revenir à la maison tant il était bien avec son papi et sa mamie… (ingrat !). Et heureusement, en fait – pour mon petit cœur de maman poule qui n’aurait pas supporté que son fiston soit triste éloigné de la maison. Et pour mon taux de culpabilité qui est toujours prêt à faire des pics à la moindre réaction de mon entourage. Voilà, ouf, tout va bien, Little aime être séparé de ses parents, nous ne lui avons pas manqué, il n’a pas réclamé sa maman ni pleuré, bref, fortiche le fiston (sans cœur va !)…

Et puis à part ça, à part Little qui me prend tout mon temps de cerveau disponible, toute ma place de questionnements et tout mon champ d’action (oui, rien que ça. Ça passera, je sais.), à part ça, on a profité de ces pré-vacances juste à deux, avec Robinson, pour aller au ciné. Il n’y avait pas grand-chose à l’affiche, on a opté pour un pop-corn movie, le dernier Star Wars (et en vrai, c’était super !). J’ai aussi eu droit à une longue journée entièrement seule à la maison (merci la Coupe du Monde et ce besoin qu’ont les supporters (= Robinson) d’aller voir le match au milieu d’une foule d’autres supporters dans un bar plein à craquer où il faut attendre des heures pour se voir servir une bière sans bulles… ^-^). Robinson est donc allé à Lyon rejoindre ses copains et regarder le match de foot tandis que moi, je me suis aménagée un petit atelier couture dans la chambre d’amis du sous-sol, bien au frais, et j’y ai passé la journée à coudre tout en écoutant de fabuleux et passionnants podcasts (j’en reparle plus bas) et je me suis sentie légèrement en décalage, là, avec ma machine à coudre, la vie de la fratrie Brontë en fond sonore, le silence de la campagne autour de moi, tandis que la France entière se retrouvait en communion dans des cafés bruyants pour acclamer les exploits sportifs de son équipe de footballeurs. BREF. J’ai repris la couture, et ça fait du bien.

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.11.07
mon petit atelier de couture au sous-sol, bien tranquille

 

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.08.14
notre potager, un peu permaculture, un peu à l’arrache…

Aussi, la vie à la campagne, c’est aussi jardiner quotidiennement et regarder avec amour des petites graines sortir de terre pour devenir de jeunes plants puis de belles plantes puis faire des légumes et des fruits. Je ne m’en lasse pas, même si je dois bien avouer ne pas avoir la main si verte que ça et rater pas mal de choses. Je sais que ce sont les débuts, ça prend du temps de créer un potager ex-nihilo, plusieurs années sont nécessaires avant d’avoir de vrais résultats. Je prends mon mal en patience. Jusqu’à présent, nous avons quand même pu manger des radis, quelques haricots, des fraises et des salades. Nos plants de tomates sont lourds de gros fruits encore verts mais prometteurs (je prie pour qu’ils n’attrapent pas le mildiou, le fameux, terrible, redouté mildiou), les tournesols sont magnifiques, dorés et fiers sous le soleil, les plants de maïs croissent bien, et les courges promettent un automne riche en soupes, tartes et autres fournées de légumes rôtis.

oui, j’ai craqué, je porte des Crocs. Dieu que c’est pratique pour la vie au jardin !

Je ne me lasse pas de notre maison. Je crois bien que je l’aime chaque jour davantage. J’ai l’impression de vivre dans un livre, dans un rêve. Elle n’a rien d’extraordinaire cette maison, mais si vous saviez comme je l’aime ! Je fais parfois des cauchemars, où nous déménageons, où nous prenons une autre maison, moins parfaite, et où je regrette tristement cette petite baraque perchée sur sa colline, à l’orée du bois. J’aime notre vue sur le soleil couchant, sur le ciel orange ou rose ou violet ou bleu-blanc. J’aime le silence des jours et des nuits. J’aime la fraîcheur du soir et les grillons qui emplissent l’air à l’heure de l’apéro. J’aime – chose étrange – faire la lessive depuis que nous vivons ici. Étendre le linge dans le jardin, l’entendre claquer dans le vent, et l’odeur de la lessive, du propre, qui enveloppe tout, qui rafraîchit le soleil brûlant et qui, en l’espace de quelques minutes, est devenue une véritable madeleine de Proust dont je chéris déjà le souvenir. Je n’ai jamais été aussi heureuse de m’occuper du linge sale…

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.09.37

J’aime être dehors, être dedans, que les portes-fenêtres soient toujours ouvertes et que l’ombre des arbres dansent sur le plancher du bureau, du salon, de la cuisine, d’une chambre. J’aime la fenêtre ouverte dans la douche, le jet d’eau fraîche combiné à la petite bise, qui provoquent la chair de poule et me donnent l’impression de prendre une douche dans le jardin, comme en vacances en Italie. J’aime m’installer à l’Est le matin pour profiter du soleil qui se lève et chauffe à peine, j’aime rester sous les arbres lorsqu’il fait trop chaud, puis me déplacer encore dans un coin de la terrasse, plein Ouest, le soir pour admirer le soleil abricot fondre et disparaitre derrière les monts du Beaujolais.

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.08.04
soleil couchant

 

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.07.50
l’Acacia de Constantinople qui orne l’entrée de la terrasse et ressemble à un nid d’oiseaux de paradis, oui rien que ça… ^-^

Nous avons installé la terrasse, elle est faite de bric et de broc, tout est dépareillé, récupéré à droite à gauche, exactement comme je le désirais. J’aimerais un jour y faire construire un porche, sous lequel on boirait une bière le soir, Robinson et moi, tandis qu’on se raconterait nos journées, puis nos souvenirs. Mais pour l’instant, même sans le porche, la terrasse est agréable, douillette et assez grande pour accueillir les activités de toute une journée – jeux avec Little, repas, barbecue, apéro avec les voisins, sieste et lecture sur le transat…

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.09.25avec les décombres de la vieille cuisine, nous avons fabriqué une table basse d’extérieur, un peu gondolée à cause des orages mais très pratique et bien solide !

La petite chilienne bleue -sur la photo plus haut- était jaune à l’origine, une toile ajourée qui a lâché très rapidement. C’est donc pour la réparer, d’abord, que j’ai ressorti ma machine à coudre. Ça n’a pas été aussi simple que je le croyais mais j’ai finalement réussi à refaire une toile de transat passable, et qui, à défaut d’être totalement fiable et solide, sera tout du moins décorative et adaptée à de petits gabarits tels que celui de Little.
N’empêche, cette réparation m’a redonnée l’envie de coudre et après cela, je me suis fait deux pantalons, j’ai réparé tous les petits ouvrages qui m’attendaient depuis plus d’un an (boutons de jeans, de chemise, accrocs dans des sweats…) et j’ai de nouveaux projets en couture qui vont bien m’occuper durant ces vacances !

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.07.36
coucher du soleil et Nigelle de Damas tout juste éclos, la fleur préférée de ma maman

 

Aussi, je me suis remise à la course à pieds, tranquillement. Le running et moi, après une histoire d’amour aussi intense que douloureuse, n’étions plus très copains depuis quelques années ; blessures diverses, périnée pas conciliant, et puis cette mode qui a transformé les allées du Parc en autoroute de runneurs… un peu too much pour moi qui vit très mal l’impression d’être un mouton. Alors je m’étais dit tant pis, pas pour toi, laisse tomber, fais autre chose. De toutes façons, pour mon corps, il valait mieux éviter cette activité traumatisante. Mais le plaisir de courir n’est jamais parti, lui. Et malgré un genou toujours aussi pourri, et une cheville qui a décidé de partir en sucette depuis quelques mois, et un périnée pas toujours d’accord, malgré cet effet de mode qui m’agace, malgré mon amour pour d’autres sports plus doux, comme ça l’air de rien, en emménageant à la campagne, je me suis remise à courir. Moins vite, moins longtemps, et surtout moins intensément qu’avant, bien sûr. Mais un peu, juste pour renouer, juste pour y regoûter, et juste pour le plaisir de transpirer beaucoup, de souffrir et de haleter comme aucun autre sport ne parvient à me faire transpirer, souffrir et haleter (bon, c’est sûr qu’en pratiquant le yoga, la marche et la natation, je n’espérais pas vivre des moments de sport exténuants non plus, hein…!)
Et je peux vous dire que ça n’a plus rien à voir avec le tranquille run du parc de la Tête d’Or, et que ça ressemble bien plus aux trails que je faisais en Nouvelle-Zélande ! Vivre dans des villages perchés sur des collines, dans une région bien vallonnée, me permet de faire des sorties pas trop longues mais bien éreintantes ! Pas d’alternatives ! Au niveau cardio, il n’y a pas à dire, ça bosse dur, toutes ces montées, ces descentes, ces chemins de VTT pleins de cailloux, et puis la chaleur actuelle n’aidant pas… Mes entrainements me donnent du fil à retordre et ce sentiment m’avait manqué, lui aussi !
Bref, j’en profite tant que j’en suis encore capable (jusqu’à la prochaine blessure, ou autre… ^-^) je prends ce qu’il y a à prendre sans chercher à trop en faire (ohhhh, cela ne me ressemble pas, dites voir… Serait-ce un début de sagesse?) et advienne que pourra.

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.11.33

 

Je parlais de podcast, un peu plus haut. C’est grâce à mon amie Camille (coucou ^-^), qui a toujours d’inspirants conseils et semble si bien me connaître, que j’ai découvert les podcasts de l’émission de France Culture : La compagnie des auteurs. Elle évoquait les quatre épisodes concernant Harry Potter qui l’avait passionnée (et qui m’ont passionnée aussi, depuis), et de fil en aiguille, je me suis mise à écouter de nombreux podcasts de cette émission. Je suis FAN. J’ai adoré les épisodes sur Jane Austen, et ceux sur les quatre Brontë. J’ai hâte d’en écouter d’autres : Virginia Woolf, Joyce Carol Oates, la Beat Generation, George Sand, Françoise Sagan… Que de belles promesses, et des heures savoureuse en perspective !

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.11.22
les podcasts sur Jane Austen et sur la fratrie Brontë sont, eux aussi, une ôde à la quiétude de la vie à la campagne (voire de la nature sauvage…)

 

Voilà pour ces dernières semaines en images. Je vous laisse avec un vœu, pour ma part, et que je vous souhaite volontiers à tous : plus tard, j’espère ressembler à ces deux là, mes parents, toujours amoureux et mignons comme tout :

Capture d_écran 2018-07-11 à 14.10.52

Êtes-vous en vacances vous aussi ? Trouvez-vous, comme moi, que ce mois de juillet est particulièrement indolent et relax ?
À bientôt, belle semaine à vous.

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Publicités

Notre vie à temps partiel

Cette année, j’ai eu la chance (et je l’ai encore pour les quelques semaines d’école qu’il reste avant les vacances) de travailler à mi-temps. Soit, de ne travailler que du mercredi matin au vendredi midi. Et de pouvoir rester chez moi, avec Little, les lundis et mardis. Alors, outre que je n’ai pas subi la fameuse et hebdomadaire « déprime du dimanche soir », j’ai pu profiter de ces deux jours à la maison pour passer plus de temps avec mon fils – ce qui était le but, n’est-ce pas ?!
Ce mi-temps, il était nécessaire dans notre équilibre familial, et répondait au désir de ne pas mettre trop Little à garder (en crèche, cette année). Mais cela me permettait aussi (et ce dans une vision tout à fait classique et traditionnelle de la famille, je vous l’accorde) d’avoir du temps pour toutes ces tâches du quotidien qui peuvent rapidement submerger un couple si on attend le week-end pour les faire – et surtout, si on doit tout faire le week-end, il devient difficile de passer du temps de qualité avec ses enfants, ou en couple, justement… Bref, les lundis et mardis, je range la maison, je fais un peu de ménage, je boucle mes lessives entamées le week-end, je passe les appels importants et prends le rendez-vous (administratifs, médicaux, livraisons diverses), j’avance dans nos tâches afin que, les trois jours de fin de semaine où Robinson et moi travaillons et où Little va à la crèche, ce ne soit pas trop la spirale infernale du « métro-boulot-dodo ».
J’ai de la chance (enfin, moi, je trouve ça normal, parce-que mon père m’a élevée en me donnant cette image là) car Robinson participe à moitié dans les tâches quotidiennes. Et pourtant, si on suivait vraiment un schéma traditionnel, étant donné que je ne travaille qu’à mi-temps, je devrais accepter de faire plus à la maison. Mais, d’un accord tacite, cette disponibilité que j’ai la chance d’avoir en début de semaine, on a décidé qu’elle devait en grande partie être dédiée à l’éducation de notre fils (l’éducation, dans le sens d’être présent et disponible pour lui, pour l’éveiller, pour jouer avec lui, pour lui proposer des activités en famille).

Aussi, les lundis et mardis, je fais un peu de ménage, de rangement, de courses, mais surtout, je passe du temps avec Little. Je m’occupe de lui, je joue avec lui, on lit, on va faire du vélo, des promenades, du jardinage… Et ces moments, pas toujours réussis, pas toujours « photographiables », ou qui ne ressemblent pas toujours à l’idée que je m’en faisais (parce-que rien, avec un enfant, ne peut être sous contrôle !) sont malgré tout des petits souvenirs que je nous créé, des apprentissages qui le rendent plus autonome, plus « grand », et des partages qui cimentent notre complicité.
Parfois, il y a des journées parfaites. Elles sont extrêmement rares, mais inoubliables. De celles où je ne me sens pas oppressée par un truc à faire (le boulot, le rangement, les rendez-vous…) et où je parviens à me rendre disponible, vraiment disponible, physiquement mais surtout mentalement. De celles où je ne me dis pas « bon, vite, que la sieste arrive et que je puisse avoir un peu de temps rien que pour moi… ». De celles où on ne se fâche pas, Little et moi (eh oui, ça arrive. On a beau prôner une éducation bienveillante, douce et positive, parfois on se frictionne, parfois je crie et gronde, Little est un enfant comme tous les enfants, qui teste les limites, fait des « bêtises » et, parfois, n’en fait qu’à sa tête… et je suis comme toutes les mamans, parfois épuisée, parfois sans patience, et irritable.)
Et puis le reste du temps, ce sont des journées imparfaites, avec des ratages, des moments de flottement, de l’ennui parfois (pour Little), du stress aussi (pour moi), et des choses-qui-ne-vont-pas-comme-on-veut, générant une certaine frustration. Quand on est à temps-partiel, qu’une belle journée libre se profile, on a envie d’en profiter et que tout soit parfait. Mais la réalité n’est jamais aussi prévisible et parfaite. Pourtant, ça donne des journées non moins réussies, mais juste un peu plus fatigantes, et dont le sentiment de satisfaction final est sans doute moins éclatant ^-^

Voici à quoi ressemblent, la plupart du temps, ces deux journées mi-réussies mi-ratées, « hors du temps » dont nous avons la chance de profiter chaque semaine, Little et moi.

 

Nous passons beaucoup de temps dehors

À présent que vous avons la chance inouïe d’avoir un immense jardin dans un village très vallonné, nous en profitons au maximum, quel que soit le temps ! Le matin, on joue un peu à l’intérieur, puis vers 10h on sort. Cache-cache dans le jardin, lancés de Vortex, balançoire dans le grand cèdre, bac à sable… Il y a de quoi faire dans notre jardin, ce qui ne nous empêche pas de le quitter très souvent pour vagabonder à l’extérieur.
Depuis quelques semaines, je sais attacher le porte-vélos sur ma voiture toute seule (grande fierté ^-^) alors j’embarque mon VTC et la draisienne de Little pour que nous allions rouler le long de la Saône dans le village voisin (notre village est vraiment trop pentu pour que Little puisse faire de la draisienne dans la rue, et les trottoirs ne sont pas assez sécurisés. Je préfère les chemins déserts au bord de l’eau, sans voiture et bien plats, pour ses débuts de cycliste).

IMG_1841
Mon petit bolide, sur sa draisienne, rejoignant les berges de la Saône.

Lorsqu’on est n’est pas à vélos, on fait de grandes promenades à pieds. Ce matin, on est carrément allés randonner, dans la forêt d’un village à côté. C’était fabuleux. Nous avons marché 1 heure et demi, fait 4 kilomètres (ce qui me paraît énorme pour un petit garçon de 2 ans trois quarts), sur des chemins de cailloux qui grimpaient secs et dégringolaient tout aussi abruptement. On s’est régalés, même si Little était bien fatigué après cette marche. J’étais fière de lui, j’espère qu’il aimera autant la randonnée que ses parents.

IMG_1880
Mini-Robinson des bois, entre la forêt et les prés.

 

On joue, on joue, on joue…

Little est dans cet âge où il pourrait passer ses journées, entières, à JOUER. Même dans son sommeil, car parfois il parle en dormant, il lui arrive de demander : Tu peux jouer ? (C’est trop, trop mignon… ❤ )
Ses jeux favoris sont les voitures et les Legos. Ses petites voitures sont une vraie passion. Il y joue des heures (fractionnées, bien sûr ^-^). Il a un garage (qui vient de chez Emmaüs, 1 euro…), un morceau de gouttière provenant d’un magasin de bricolage (pour faire office de toboggan de voitures), et un bout de planche en bois, un autre toboggan pour les voitures. Et ça l’occupe énormément. Sauf que, lui, il aime bien quand je joue avec lui, mais moi les voitures, ça ne m’inspire pas ! Autant, j’aime lire des histoires, jouer aux Legos, aux kaplas, etc… mais les voitures, je n’ai jamais su y jouer, même avec mon petit frère quand nous étions petits ! Alors j’ai cherché sur internet (oui oui, il y a des gens qui ont pensé aux parents, comme moi, qui sont à court d’idée quand il s’agit de jouer aux petites voitures avec leurs enfants ^-^) et j’ai trouvé quelques pistes. De toutes façons, Little aime que je lui fasse les mêmes histoires : les voitures de police poursuivent les voitures des « méchants », les arrêtent, mais elles s’enfuient, elles se cachent, on les cherche. Ou alors, on créé de gigantesques embouteillages ou accidents (coucou l’humour morbide des enfants… on en parle ? 😉  )

Ce que je préfère, c’est jouer aux Legos. Enfin, aux Duplos, plutôt, ces gros Legos pour les plus petits. Avec ce jeu, ça marche par phase : on a eu une longue période construction de maison, avec toutes les pièces, les toilettes, la cuisine, la salle de bain… Puis on est passé par une période « manège », on essayait de reproduite un grand carrousel avec tous nos animaux. Il y a eu une petite phase « Parc de la Tête d’or », durant laquelle on construisait un zoo, un jardin botanique, une mare aux canards… Une longue (trop longue) période construction de garages de voitures (les voitures, toujours…) et en ce moment, c’est passion lavage-auto. On s’éclate bien. Dernièrement, j’ai décidé d’agrémenter mon complexe lavage-auto d’une cafétéria pour que nos petits bonshommes Duplos puissent boire un café pendant que leur voiture se fait laver. On a aussi ajouter un camion-marchand de glaces, car il y a un glacier dans un des livres qu’on lit, et que Little aime beaucoup les glaces (évidemment…). Voyez, je m’amuse beaucoup, avec les Duplos… ^-^

IMG_1885
Les Duplos en action : notre magnifique lave-auto (on entre par la barrière à droite, puis on passe sous la cafétéria…)

On vit et on partage « local » :

Vivre à la campagne, dans un village, résulte bien sûr de notre volonté de plus de calme et de nature, de plus d’espace et d’un désir de ralentir. Mais autre chose m’attirait aussi dans le concept : la vie en communauté. Faire partie d’un village, c’est avoir la possibilité de s’y investir, de connaître tous ces voisins, d’échanger avec eux, de donner un peu de son temps aussi pour faire vivre l’endroit où l’on vit. Je ne désire pas forcément connaître tout le monde (et encore moins être connue de tous mes voisins!) mais j’aime ce côté « proximité » et « communauté » qui donne un sens à notre exil urbain. J’ai envie de m’investir dans la vie locale, ici dans nos villages, je me sens plus citoyenne, plus actrice éco-citoyenne, qu’avant. Et bien sûr, j’essaie de communiquer ces enjeux à mon petit garçon, car ce sont des choses qui ne s’apprennent pas dans des livres ni à la télé, mais bien en les vivant, en les expérimentant directement.
Je suis bénévole pour la bibliothèque, et nous y passons aussi régulièrement Little et moi, pour y emprunter quinze livres pour lui. Little adore les livres et je nourris ardemment sa passion en lui donnant la possibilité de lire de tout et beaucoup. Aller à la bibliothèque municipale lui permet aussi de rencontrer mes « collègues » bénévoles, de fréquenter des lieux culturels très différents de la grande médiathèque de Lyon ou des librairies où je l’emmène souvent. J’espère pouvoir un jour dégager plus de temps encore, pour m’investir dans une seconde association et lui montrer que, donner du temps, pour les autres, apporte du sens et rend heureux.
Un autre rituel de nos journées « off » consiste à nous rendre chez Ben, un maraîcher rencontré au marché des quais à Lyon, et qui nous a fourni pendant quatre ou cinq ans tous nos légumes hebdomadaires. Lorsque nous avons déménagé et que j’ai su que son exploitation était à quelques kilomètres de notre village, je lui ai demandé si nous pourrions, désormais, venir directement chez lui pour nous ravitailler. Et il a accepté.
Et c’est encore mieux que ce que j’espérais ! Ben est un cultivateur plutôt bio/naturel, il a de grandes serres et quelques bêtes au milieu de nulle part. Y aller est, chaque mardi, un grand moment. Little entre tout seul dans la basse cour, pénètre dans le poulailler, se faire suivre par l’énorme dindon qui l’adore, va saluer le cochon, cherche les poussins, ramasse les œufs. Et puis surtout, il eut s’adonner à une autre de ses passions : les TRACTEURS. Et Ben s’en donne à cœur joie : il montre à Little toutes ses machines, le fait grimper sur les tracteurs, lui donne des carottes fraîchement cueillies et lavées que mon fils croque allègrement, avec la peau ! Ben nous fait toujours visiter les serres, nous montre la progression des plantations, il m’explique plein de choses que j’essaie de remettre en pratique ensuite dans mon potager. Il m’a donné les graines des radis que j’ai semés et récoltés (et mangés !), des pieds de salades… Au fur et à mesure de nos visites dans son exploitation, c’est devenu un copain. On y reste toujours trois quarts d’heure, environ, je bavarde, je regarde émerveillée, Little patauge dans les flaques de boue et traîne avec son ami le dindon. C’est un moment hyper simple, mais génial, dont on ressort toujours très heureux (et surtout, alourdis de plusieurs kilos de légumes de saison). Je ne vous dirai pas, en plus, que les légumes de Ben sont une tuerie gustative, que ses épinards sont les meilleurs que j’ai jamais mangés, que ses carottes sont douces et sucrées, que ses tomates sont les meilleures du marché et que, chaque samedi et dimanche, c’est devant son stand qu’il y a la plus longue file d’attente du marché ^-^

IMG_1686
Little devant les serres, chez Ben

Tous les trois (fin de semaine)

Après ces deux jours parfois merveilleux parfois intenses, il est temps de retourner travailler, pour moi, et de retrouver les copains de la crèche, pour Little. Généralement, lui est assez content d’alterner entre ces moments en famille et ces trois petites journées en collectivité avec des enfants de son âge. Je trouve que c’est plutôt bien équilibré, il partage beaucoup avec nous, ses parents, mais a aussi des contacts avec des petits, et apprend les contraintes, les joies et les difficultés de la vie en groupe. Ce sont comme des respirations, ces temps hors de chez nous, avec d’autres personnes. Ça nous permet de reprendre un peu d’énergie, de souffle, pour savourer à nouveau la vie de famille trois jours plus tard.
Lorsqu’on se retrouve tous les trois le vendredi, on a notre rituel : l’apéro en famille. Grenadine pour Little, bière ou vin pour nous, quelques olives et, depuis le retour des beaux jours, coucher de soleil depuis notre terrasse. On met de la musique et on se pose un peu, après la tornade des trois jours d’allers-retours à Lyon, de levers aux aurores, d’embouteillages, de réunions, de bruit…

IMG_1816
Depuis notre terrasse, le coucher de soleil sur les Monts du Beaujolais. Peut-on un jour se lasser de cette vue…?

Le week-end file, et ce sont les mêmes activités qu’on refait à trois cette fois : balades, jardinage, Duplos, voitures… Lorsqu’on veut des moments plus tranquilles, on sort les puzzles (j’adore faire des puzzles avec Little. On est très concentrés, et quelle satisfaction quand on termine !), ou alors la pâte à modeler et alors on organise un goûter pour les doudous : gâteaux orange, fruits bleus turquoise, saucisses jaunes fluos… Ça permet à Little de muscler ses petits doigts, et toutes les sensations tactiles induites par la manipulation de la pâte à modeler sont utiles à la maturation de son cerveau (cf les travaux de Maria Montessori). Et puis, malaxer, couper, étirer… ça détend, aussi !
J’essaie aussi de proposer au moins une fois par semaine, une activité d’arts plastiques, dessin ou peinture (parfois argile). Ça demande plus d’organisation (et c’est plus « risqué ») mais c’est indispensable pour compléter cet éveil que l’on souhaite pour Little. Les feutres et les crayons ne doivent pas être l’apanage de la crèche/l’école, selon moi. Et la créativité des enfants a besoin d’être stimulée, encouragée, dédramatisée. Quoi de mieux qu’une grande feuille recouvrant la table, des outils de toutes les couleurs et textures (craies grasses, feutres, gros et petits crayons de couleur, aquarelle, pastels…), quelques gommettes aussi, pour passer un bon moment, relativement calme, en famille ?

 

Encore du vélo…

Lorsque Robinson est là, nous profitons de son super VTT et de ses muscles (!) (n’oubliez pas que notre village est trop pentu pour que je puisse faire du vélo avec Little dans le porte bébé sur le porte-bagage…) pour faire du vélo tous ensemble dans le village. C’était une activité que j’adorais lorsque j’étais enfant : les soirs de printemps et d’été, vers 18 heures ou 19 heures, partir faire le tour du village en vélo, avec mon frère et mes parents. Les odeurs, les couleurs des soirs chauds sont incomparables à tout le reste. Pédaler le nez au vent, au milieu des champs de blé et de maïs, sentir les premiers barbecues qu’on allume, la pelouse fraîchement tondue, voir les piscines scintiller sous le soleil déclinant, entendre les bruits de la vie des gens, contents d’être en week-ends, détendus, profitant de ces belles soirées chaudes et douces… Little bien accroché dans le porte bébé sur le vélo de Robinson, et moi pédalant derrière eux, on file sur les petites routes désertes, on découvre notre campagne, et je suis projetée vingt-cinq ans en arrière, dans mon village d’enfance, sur ma bicyclette jaune…

IMG_1707
Robinson et Little pédalant devant moi, au milieu des champs sur une route du village.

Voilà, un billet encore une fois bien long (mais que je suis bavarde ! ) pour vous raconter ma vie, enfin, notre vie. Je crois qu’aussi, quelque part, c’était pour l’écrire et m’en souvenir. Ces moments passent vite, l’année scolaire est presque finie, et l’année prochaine je reprendrai à temps plein et Little ira à l’école. Nous n’aurons plus ces parenthèse des lundis et mardis mère-fils. Nous ferons sans doute toujours des Duplos, des randos et du vélo, mais tout sera concentré le week-end, et aura forcément, moins le goût de la slow life qui me plaît tant cette année. Mais je me sens déjà très chanceuse d’avoir eu ces temps partiels depuis sa naissance. D’avoir pu profiter de lui, comme ça.

A bientôt, au plaisir de lire vos réactions sur ce billet, comme d’habitude. Merci encore de passer par ici !

PS : j’ai tout à fait conscience que pouvoir travailler à mi-temps est un luxe, financièrement parlant. Je sais que ce n’est pas une opportunité donnée à tout le monde, et, même si je n’en parle pas plus dans ce billet, sachez que cette organisation de travail n’est possible pour nous que parce-que nous avons accepté de faire, par ailleurs, certains sacrifices. Sinon, financièrement, c’était impossible. Et malgré ces sacrifices, c’est une situation tout de même assez exigeante et contraignante financièrement, qui ne serait pas viable pour nous si elle devait se prolonger l’année prochaine. Nous avions l’opportunité de le faire cette année, nous l’avons fait, mais impossible pour nous de reconduire ce temps partiel une année supplémentaire, pour l’instant. Je tenais à être transparente sur ce point, car même si je suis bien consciente d’avoir cette chance, je n’ai pas écrit ce billet pour m’en vanter, ou le revendiquer comme étant le meilleur fonctionnement existant, ou quelque chose de ce genre, car je sais que c’est un luxe parfois impossible pour certaines familles et ce serait manquer de tact que de prôner ce mode de vie au détriment des autres organisations familiales que chacun peut trouver pour son foyer.

NB : toutes les photos de ce billet sont privées, non libres de droits, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Bonne année !

A vous qui êtes nombreux par ici (mais, merci !! ??!) je vous souhaite une très belle année 2018, pleine de projets enthousiasmants et de jolies rencontres, de moments doudous et d’envolées intenses.

Je me fais rare ces dernières semaines car j’ai eu la surprise d’apprendre (non, pas que je suis enceinte, ah ah… ^-^) que j’étais inspectée à la rentrée de janvier. Je dis surprise car j’ai déjà été inspectée l’an dernier et que, avant, on n’était inspectables que tous les trois ans. J’avais, bien sûr, entendu parler de la réforme des inspections dans l’Education Nationale, mais je ne pensais pas être si vite concernée. Résultat : même si j’ai déjà été inspectée il y a dix mois à peine, étant donné mon échelon je repasse à la casserole cette année. Et ça, je ne m’y étais pas du tout préparée ! Je me pensais libérée du poids de tout cela pour cette année : l’administratif lourd et rébarbatif, les justifications de tout ce qu’on fait pour nos élèves, les préparations à outrance… Je m’étais réjouie, à la rentrée de septembre, de pouvoir savourer une année un peu plus libre, un peu simple, sans inspection ni comptes à rendre, et j’étais donc partie en mode freestyle, enthousiasmée à l’idée de pouvoir enfin expérimenter des pédagogies, des méthodes, des intuitions, en dehors du cadre, sans avoir besoin de montrer patte blanche à mes supérieurs.

Raté.

Voilà pourquoi, depuis que j’ai reçu mon « invitation » à être inspectée, je bosse comme une dingue pour préparer ces tonnes de documents administratifs qu’on nous demande pour justifier notre travail (j’y passe un temps fou, temps qui grignote mes heures si précieuses de travail utile à mes élèves). Mais bon, je ne voudrais pas commencer 2018 en me plaignant ^-^ C’était pour la petite anecdote ! Rassurez-vous, l’inspecteur, dans sa grande bonté (…) vient me voir le jeudi de la première semaine de rentrée… Après, hop, débarrassée, cette fois je n’entendrai plus parler d’inspection avant de nombreuses années – sauf si une nouvelle réforme vient à nouveau tout bouleverser… !!

Mais j’ai d’autres nouvelles à vous conter, rien de sensationnel, plutôt des tranches d’une vie tranquille : il a neigé avant les vacances, et notre maison était magnifique, ensevelie sous cette épaisse couche de blanc. La neige à la campagne, c’est incroyable. On a pu en profiter toute la journée, la nature autour de nous était magnifique, entièrement immaculée, où que l’on regarde. La luminosité des jours de neige est magique – c’est pour ça que j’aime tant la montagne… Découvrir ce manteau blanc en me réveillant le matin, le silence ouaté de la forêt par la fenêtre de ma chambre, c’était -un peu- merveilleux. Honnêtement, depuis qu’on a déménagé, je n’ai pas regretté une seule fois notre vie en ville…

 

fullsizeoutput_2f4 (Little descend l’allée de notre jardin, pour aller voir le chasse-neige qui déblaie la rue)

 

Les fêtes de Noël sont passées très rapidement cette année, nous avons peu profité de nos familles, heureusement je suis encore en vacances pour profiter de Little. On joue à la maison, on sort se promener, on fait des courses, on lit. On a la chance d’avoir une super bibliothèque très bien fournie dans le village, à peine arrivés nous avions déjà fait faire nos 3 cartes d’emprunteurs, et nous nous y ravitaillons régulièrement. Je pense pouvoir me mettre (enfin !) à lire des BD et à approfondir ce genre que je connais peu, car le stock de la bibliothèque municipale est impressionnant en la matière ! Je me suis aussi engagée comme bénévole pour faire des permanences et accueillir les lecteurs, les conseiller, et même pour faire les achats de nouveaux livres ! Je suis ravie de découvrir un nouveau  »milieu », et de donner un peu de mon temps pour participer à la vie du village !

 

IMG_0542

(ça débordait de cadeaux sous le sapin, dans la maison familiale)
(oui, Little est immense, je vais devoir lui trouver un autre surnom…  ^-^)

Je prépare un billet « culturel » relatant coups de coeur et déceptions littéraires, cinéma et séries de l’année 2017. C’est un peu long, forcément, mais j’ai bon espoir de pouvoir le terminer une fois l’inspection passée.

D’ici là, portez-vous bien, profitez bien de ces premiers jours de 2018 (avez-vous pris de bonnes résolutions ? ) et encore tous mes voeux ❤

NB : les photos de ce billet sont personnelles et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.