Travaux chapitre 2 : peintures, parquet, cuisine

(suite du chapitre 1 : le gros œuvre)

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Le séjour-cuisine après rénovation : murs et cheminée peints, parquet posé, cuisine installée. Au moment de la photo, la cuisine n’était pas tout à fait terminée, il manquait les crédences, les luminaires… et nous avions encore notre vieille table de salle à manger.

Murs blancs blafards, tomette rouge, vieille cuisine délabrée, traces des anciennes cloisons au sol, nouveaux sas… Nous rentrions de vacances et retrouvions notre maison métamorphosée, mais encore en gros chantier. Les décisions concernant les étapes à suivre furent tout aussi prises de tête. Peintures, parquet, et surtout… plans pour la nouvelle cuisine.
Le parquet fut assez rapidement choisi, on voulait quelque chose de clair, brut et sobre qui passe partout. Nous l’avons fait poser par des professionnels via le magasin où nous l’avons acheté (Saint-Maclou). En deux jours, le séjour, la cuisine et les sas étaient équipés, les plinthes collées, et notre sol métamorphosé. Adieu, tommettes.

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La partie séjour, avec notre nouvelle table de salle à manger en pin massif, qui provient de chez Grenier Alpin, spécialisé dans les produits savoyards et montagnards. Elle a un aspect brut et rustique que nous adorons, elle est solide et de bonne qualité, et surtout ne nous a pas couté les yeux de la tête. Nous sommes ravis de cet achat.

Pour les peintures, ce fut plus laborieux : c’était ma mission et j’ai passé de nombreux samedis à discuter avec une conseillère en déco dans un endroit spécialisé à Villefranche (des conseils gratuits, avec une vraie prise en charge du projet, un accompagnement vraiment pro… je ne pensais pas que ça existait ! C’est à la fois un magasin et un showroom, les vendeuses ont donc aussi des compétences en décoration d’intérieur, et elles sont formidables !). J’avais des envies très marquées, du rose pâle, un bleu ardoise, mais aussi des kakis et autres verts végétaux. Il fut question, un temps, de moutarde et d’ocre associés à un papier peint monochrome… mais le papier peint (un Cole and Son imprimé de troncs d’arbres en noir et blanc) était tellement à la mode sur les réseaux sociaux, vu et archi-vu, que j’étais déjà lassée avant même de l’avoir posé dans mon salon !

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Le papier-peint Cole and Son, qui a failli atterrir sur un mur de notre séjour (en association avec un mur moutarde), mais que je trouvais un peu trop à la mode et qui a donc été éliminé de nos inspirations (source)

Une chose était certaine : ni mur blanc, ni mur gris chez nous, je voulais de la couleur et de l’originalité.

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Le papier peint à partir duquel j’ai défini la palette de couleurs dont je rêvais pour la pièce de vie. Source.

Je me suis inspirée d’une image sur Pinterest, un papier peint à grosses fleurs mêlant des roses et des bleus très doux, dans une ambiance assez anglaise (ou l’idée que je m’en fais ^-^). Pour atténuer la froideur du bleu, on a décidé de l’adoucir encore un peu plus avec deux nuances de verts : un vert d’eau pour l’espace cuisine, et un vert plus amande-kaki pour le renfoncement derrière la cheminée. Ce double vert est presque invisible, souvent les visiteurs pensent qu’il ne s’agit que d’un seul vert, nuancé par l’exposition, les ombres et la lumière.

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Une des images qui m’a inspirée pour la couleur de la cheminée. Source.

La cheminée est mise en valeur par le contraste de la pierre jaune avec le bleu ardoise qui habille ses quatre pans. Trônant au milieu de la grande pièce, elle se détache tout en se fondant parfaitement dans les autres couleurs. Deux murs roses pâles soulignent la partie salon-canapé-télé de cette grande pièce multi-usage. L’exposition ouest nous offre des couchers de soleil incroyables qui viennent colorer ce rose et lui apportent une richesse infinie de variations : rose sunset, rose orangé, rose cocktail, rose bleuté… Les couleurs varient en fonction de l’heure de la journée, et moi qui avais peur de me lasser de ce rose, ne cesse de me répéter que c’était le meilleur choix que nous avons fait. Robinson, lui, était un peu dubitatif lorsque je lui ai parlé de mon envie de rose, puis il a très vite adhéré à l’idée et il est, depuis, conquis par cette couleur. Comme quoi…

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La partie séjour / salle à manger.

Ce fut à Robinson que revint la lourde tâche de conceptualiser la cuisine, puis de la construire ! Lui qui n’était pas bricoleur pour un sou, avec cette maison il a appris à tout faire ou presque. Et il s’en est tiré avec les félicitations du jury ( = moi ^-^).

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La vue depuis le salon : la cuisine ouverte, les luminaires et les crédences sont posés.

Dessiner une cuisine qui nous correspondait, qui s’intégrait harmonieusement à la maison, à son style, à ses nouveaux volumes, fut laborieux. On a décidé d’aller au plus simple et de passer par Ikea, qui propose un outil de design en ligne. Je me souviens très bien, il y a un an et demi, des innombrables soirées passées à comparer des vues 3D, à interchanger des plans de travail, des couleurs de portes, à dessiner encore et encore un bar (trop haut, trop large, trop petit, trop étroit, trop massif, trop…). À force d’échanger, d’essayer, de modifier, nos attentes, nos besoins se sont dessinés de plus en plus clairement, et surtout nous étions conscients de ce qui ne nous convenait pas. En conclusion, on a cherché à faire une cuisine hyper fonctionnelle et largement pourvue en rangements, avec de grands plans de travail car nous aimons tous les deux cuisiner et passer du temps dans cet endroit. Nous voulions aussi qu’elle soit ouverte sur le séjour et qu’elle permette une vraie communication entre les différents espaces, par exemple quand nous recevons des invités : on peut aussi bien s’installer à table dans le séjour ou disposer les verres et prendre l’apéro de part et d’autre du « bar » tandis que l’un d’entre nous prépare aussi le repas. L’espèce d’îlot-bar-plan de travail est un élément central qui à la fois délimite les espaces et les réunit. Après de longues hésitations, on a renoncé à le surélever pour qu’il ait la hauteur d’un vrai bar et qu’on puisse s’y installer sur des tabourets hauts par exemple. On désirait que tous les plans soient à la même hauteur dans la cuisine, pour créer une harmonie plus épurée.

Avant / après

Enfin, la simplicité et le minimalisme ont été les maîtres mots dans la conceptualisation de la cuisine : nous hésitions entre plusieurs modèles, des placards plus traditionnels, cottage, en bois avec de petits carreaux et plein de beaux détails, une cuisine plus massive, ou plus colorée, du noir moderne, du vert laqué, une crédence carreaux de métro, des étagères… Le choix est si vaste ! Pour nous aider, nous avons fini par décréter que le plus simple serait le mieux, et que l’important était : l’harmonie visuelle (du blanc, du bois clair, pas de poignée de porte, pas de fioriture…), beaucoup d’espaces de rangements-tiroirs (larges, coulissants, le plus pratique ! ), peu de meubles hauts qui saturent les murs et rétrécissent l’espace, pas d’étagères pour les mêmes raisons et parce qu’elles prennent plus rapidement la poussière. Minimaliste, je vous dis. Et au final, nous sommes convaincus par nos critères. Au quotidien, notre cuisine est pratique pour cuisiner, pour ranger, et facile à nettoyer. Le plan de travail XXL de notre « bar » est d’un confort incroyable, car on peut y cuisiner à un, deux, trois… Les énormes tiroirs sont pratiques et permettent à Little de nous aider à mettre la table ou ranger la vaisselle, mais aussi à avoir une certaine autonomie dans la préparation de ses goûters ou lorsqu’on fait un gâteau ensemble.

Le blanc apporte de la luminosité, et le bois clair se marie parfaitement avec tous les meubles de notre intérieur qu’on ne choisit qu’en pin brut.

Cerise sur le gâteau, Robinson s’est vraiment débrouillé comme un chef pour démonter et dégager l’ancienne cuisine et construire entièrement la nouvelle. Il a appris à couper les plans de travail, à fixer les placards, les tiroirs, à poser un évier, un four, des plaques de cuisson, une hotte. Il m’a épatée. Je suis extrêmement fière de son travail.

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Sur cette photo le vert ressort saturé, en réalité il est beaucoup plus kaki, végétal, et sombre.

Avant / après

NB : les photos de ce billet sont personnelles et non libres de droits, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.
Article non sponsorisé, je donne un avis honnête, personnel et sans contrepartie sur les sites/magasins cités.

Travaux chapitre 1 : le gros œuvre

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L’entrée de notre maison avant travaux, lorsqu’on nous avons fait la première visite

Nous sommes dans notre maison depuis deux ans tout pile, désormais. Nous avions emménagé le 1er novembre 2017. Deux ans, ça me parait si peu alors que j’ai l’impression d’être tellement à ma place ici.

En l’espace de deux ans, la maison a complètement changé. Nous avons fait un certain nombre de petits travaux, de petites transformations qui mis bout à bout ont totalement métamorphosé la maison. J’ai réalisé cela il y a quelques jours, quand mon frère et ma belle-sœur (qui vivent à Lyon et nous rendent visite souvent, et qui ont donc vu chaque étape de chaque transformation) découvraient notre nouvelle chambre d’amis et la chambre de bébé 2 et qu’ils nous disaient à quel point la maison avait changé depuis notre achat. Dernièrement, ce sont aussi mes voisins qui sont venus voir les derniers travaux, eux qui habitent dans le lotissement depuis sa création il y a quarante ans, qui ont connu chaque propriétaire de notre maison et qui ont vu évoluer celle-ci au fil des décennies. Quelle fierté j’ai ressenti lorsque Christian, mon voisin donc, m’a avoué son admiration pour les changements opérés, et nous a félicités d’avoir investi les lieux de la sorte et d’avoir découvert le potentiel caché de la maison. Effectivement, cette maison, quand on l’a visitée, c’était dur de s’y projeter, il fallait avoir un peu d’imagination pour envisager d’en faire quelque chose de cosy et qui nous ressemble, comme c’est le cas aujourd’hui. Depuis sa construction vers 1980, elle était restée dans son jus, les propriétaires successifs n’étant jamais restés vraiment longtemps pour investir pleinement les lieux et s’engager dans de gros travaux de modernisation.

En gros, il s’agit d’une petite maison sans charme particulier, posée sur un terrain immense mais très dénivelé, ce qui complique forcément l’entretien du jardin, mais nous offre en contrepartie une vue imprenable sur tout le village, les villages alentours, et les monts du Beaujolais derrière. C’est cette vue qui nous a décidés. Et depuis, on a réalisé que finalement, dans le choix d’un logement, la localisation est l’un des critères les plus importants, car il ne peut pas être modifié, contrairement à l’aspect de la maison, ses volumes, l’organisation de ses espaces intérieurs, extérieurs, sa luminosité… on peut toujours abattre des cloisons, créer des ouvertures, repeindre des murs, faire des extensions… (bien sûr, je parle plutôt d’une maison, là. Avec un appartement, en copropriété, c’est plus délicat…) mais on ne peut pas déplacer le logement, on ne peut pas changer son environnement. La maison était quelconque, fonctionnelle mais sans charme, par contre la vue était incroyable ; en toute sincérité, on a surtout acheté le cadre, l’écrin de verdure, la forêt à l’arrière et le panorama à l’avant, l’impression d’espace et de liberté, plutôt qu’une maison ! Et on a bien fait : pas une personne n’est montée chez nous sans s’exclamer face à la vue depuis notre terrasse et notre jardin. Pas un ami, pas un proche n’a résisté au charme de ce panorama grandiose. Bien sûr, ce n’est ni l’océan, ni la montagne, mais c’est beau et apaisant, et on se sent infiniment riches et chanceux de pouvoir profiter de ce cadre au quotidien.

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Le séjour avant travaux, lorsqu’on nous avons visité la maison. Les tomettes rouges au sol, les cloisons, les murs blancs, l’impression d’étouffer dans les petites pièces…

Concernant les travaux, nous avons d’abord essayé de vivre dans la maison telle quelle, afin de poser des constats : qu’est-ce qui nous convenait, qu’est-ce qui ne nous allait pas, dans sa disposition ? On a vite conclu que les espaces très fermés (cuisine d’un côté du couloir, salon de l’autre, puis long couloir perpendiculaire au premier pour desservir trois petites chambres d’un côté, une salle de bain, les toilettes et un placard de l’autre) étaient invivables pour nous, et pour Little. Bien sûr, cela avait un côté cosy, comme de petits cocons fermés et enveloppants. Mais nous savons que nous avons besoin d’ouverture, de circulation entre les pièces, et Little est comme ses parents, il suffoque rapidement dans des lieux trop confinés. De plus, au niveau du chauffage, toutes ces cloisons étaient pénalisantes : la chaleur de la cheminée stagnait dans le salon, où les températures montaient jusqu’à 25, 27 °C, alors que dans les autres pièces régnait un froid cru.
Le second constat (mais je m’en étais immédiatement aperçue) était que la tommette, présente partout (sauf dans les chambres), devait être remplacée par du parquet. Bien sûr, on nous a dit et redit que « c’est trop beau la tomette, c’est rare, c’est élégant, etc… » et je suis tout à fait d’accord. Mais ça ne correspondait pas du tout à la maison ni à notre style de vie. La tomette rouge bordeaux, c’est froid, tant au niveau de la couleur que de la matière. Impossible de chiller, pieds nus à la maison, le froid du sous-sol (garage notamment) remontait et glaçait l’atmosphère. Et l’association du sol bordeaux avec les murs blancs blafards n’était pas des plus chaleureuses. En bref, il fallait re-cosyfier tout cela, en amenant du bois et des couleurs plus chaudes dans la maison.
Le troisième constat fut : la cuisine. Une vieille cuisine toute en bois était installée, avec plein de placards, de rangements, un four qui ne fonctionnait pas, des plaques de cuisson neuves, et un carrelage hideux au sol (petits carreaux beiges mouchetés mariés avec des petits hexagones bordeaux). Les placards étaient bringuebalants, les installations électriques n’étaient pas aux normes (l’électricien était outré lorsqu’il est venu faire la vérification), et la grande quantité de meubles surchargeaient la petite pièce. J’avais cru, au départ, que cette cuisine à l’allure un peu rustique allait nous convenir. J’aime bien les trucs anciens, le bois, la déco un peu campagne. Il y avait un petit côté « cottage anglais » dans cette cuisine repeinte en bleu gris doux. Mais en réalité, elle était trop sale, et avait été installée n’importe comment, ce qui la rendait même dangereuse (chute de meuble, incendie électrique…). Et puis, le sol, lui, devait absolument disparaître ! Alors quitte à refaire un sol, autant tout jeter et recommencer sur une page blanche.

cuisine 1

La cuisine à l’origine, vétuste, avec un carrelage très laid.

Ce furent les constats que nous fîmes dans un premier temps, après un ou deux mois dans la maison. À partir de là, Robinson et moi avons mis de longues semaines à définir notre projet travaux, nous avions conscience de ce qui n’allait pas mais il fallait alors proposer des transformations cohérentes et faisables. Et surtout, il fallait se projeter, imaginer les lieux sans cloison, sans tomettes, sans cuisine, ouvrir en pensées tous les volumes pour considérer les nouveaux (futurs) espaces de la maison et pouvoir les aménager correctement. Ce ne fut pas facile, par exemple on avait peur de tomber les cloisons du salon/couloir/cuisine et de se retrouver avec l’entrée de la maison directement dans notre pièce de vie, sans sas, sans rien pour faire une séparation. On a aussi bloqué sur la cloison du second couloir à cause des chambres qu’il desservait, car dans notre esprit il était inconcevable que les chambres donnent directement sur le séjour, à cause du bruit. À force de discuter ensemble, mais aussi avec les deux supers artisans qui ont travaillé sur notre chantier (l’électricien sus-cité et un peintre-plâtrier, tous deux habitants du village), à force de croquis et de pérégrinations sur Pinterest, nous avons finalement eu un déclic et décidé de faire tomber, dans un premier temps, toutes les cloisons, puis à partir de là de voir s’il y avait besoin de recréer des séparations pour isoler d’autres espaces (créer une entrée avec une verrière par exemple, ou un sas pour les chambres…)

plan maison originale

Les plans de la maison (le rez-de-chaussée) telle que nous l’avons achetée. On voit qu’il y a beaucoup de cloisons, de couloirs, d’espaces étroits et/ou perdus.

Plan après

Les plans après travaux : cloisons abattues, création de deux petits sas pour isoler l’espace SDB, WC, escaliers du sous sol et l’espace nuit. La cheminée se retrouve au centre de la pièce principale.

Au final, l’espace entièrement ouvert, sur l’entrée, sur le séjour, sur les chambres, autour de la cheminée qui devenait alors un élément central de la maison et non plus un détail relégué dans un coin du séjour, nous a beaucoup plu. Nous avons juste fait monter deux cloisons et portes pour créer deux sas, l’un pour deux chambres, l’autre pour l’espace SDB, toilettes, escaliers du sous-sol. La troisième chambre donne directement sur notre séjour et c’est très bien comme ça. Nous avons une petite maison où toutes les pièces sont de plain-pied, il faut envisager les espaces à travers cette donne. Dans une grande maison, ou une maison sur deux niveaux, ce serait étrange que les chambres soient si proches des pièces de vie. Mais nous avons envisagé notre espace comme un loft, ou un appartement, et alors l’entrée directement dans la pièce de vie ou les chambres donnant sur le séjour ne nous ont plus dérangés.

Ce sont les gros travaux qui ont lancé le chantier : pendant une semaine, alors que nous étions en vacances aux sports d’hiver, les artisans ont cassé les cloisons, déblayé, et remonté des murs. Quand on est rentrés du ski, nous avions une coquille presque vide : un immense espace ouvert, et de nouvelles interrogations.

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La fin des premiers gros travaux : les cloisons ont disparu. La tomette est toujours là, il faut peindre les murs et poser du plancher.

chantier 2 cheminée ouverte

La cheminée n’est plus dans un angle de pièce mais au centre de la maison, entre la cuisine, le séjour et les espaces nuit/ sanitaires. Un morceau de la pierre de taille qui l’encadrait a été découpé et enlevé pour une plus jolie finition.

La suite des étapes de la rénovation de notre maison se trouve dans un deuxième article que vous pouvez lire ici : lire la suite : chapitre 2

Juin aux Nouettes

L’été, la chaleur, les longues soirées dehors…

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Au moins de juin, je ne suis pas encore lassée des chaudes températures, j’ai juste envie de profiter de la belle saison. Voici les petits riens qui me rendent très heureuses ces jours-ci :

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Jardiner entre 20 et 22 heures.
Lorsque Little est couché, Robinson et moi sortons au jardin et travaillons à nos chantiers : lui, les bambous à défricher, les bûches qu’il faut ranger et empiler, et autre réjouissances d’homme ^-^ Moi : entretenir le potager, arracher les mauvaises herbes, pailler, planter les semis qui sont prêts à être en terre, arroser mes fleurs, mes talus, mes plates-bandes de légumes…
Ça n’a pas l’air, dit comme ça, mais en réalité c’est un moment très agréable : on bavarde à la fraîche, on s’aide, on patouille dans la terre et on transpire beaucoup, mais ce genre d’efforts partagés, cet engagement mutuel pour embellir notre chez-nous, fait partie du ciment de notre couple aussi.
Une fois qu’on en a assez ou que notre mini-tâche du jour est terminée, on s’assied quelques minutes sur la terrasse, les mèches de cheveux collantes sur le front, les ongles noirs de terre, mais emplis de la satisfaction du travail accompli. On discute encore un peu, jusqu’à ce que le soleil disparaisse totalement et que les moustiques nous délogent. Alors, rien de meilleur que la douche délassante qui lave toute cette saleté, toute cette sueur, qui détend les muscles et nous prépare à la relaxation de la nuit…

Manger des tomates et une boule de mozzarella, avec un filet d’huile d’olive, et puis c’est tout. Mon repas fétiche lorsque les belles tomates anciennes sont enfin mûres.

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Commencer à recueillir les fruits de mon labeur dans le potager, récolter les premiers légumes : petits pois, radis, roquette… et les mettre directement dans nos assiettes.

Prendre ma douche en laissant la fenêtre ouverte.
La fenêtre de la salle de bain donne directement dans la baignoire. De là, lorsque je prends ma douche, j’ai une vue sur mon jardin et sur le potager, et la forêt en arrière-fond.
Je considère comme un luxe le fait de pouvoir ouvrir la fenêtre sans craindre d’être vue (pas de voisin de ce côté là de la maison), mais surtout de profiter du jet d’eau tout en observant la nature, la végétation foisonnante du bois, le ciel, etc… J’ai l’impression de me doucher dehors, au Costa Rica par exemple (le pouvoir de l’imagination ^-^). Et ce que j’aime le plus :  la petite brise légère qui s’engouffre et rafraîchit, parfaite en ces chaudes journées de canicule.

Manger une glace par jour.
Sans culpabiliser.

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Regarder les orages avec Robinson.
Les soirs d’orage, nous aimons nous installer dehors, à l’abri, et observer le spectacle des éclairs et du tonnerre. On s’assied dans nos fauteuils de jardin, une bière (0% pour moi) ou une tisane à la main, et on s’extasie en frissonnant, bien heureux de ne pas être directement sous la tempête.

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Traîner en uniforme estival = short en jeans et débardeur loose.
Et puis, exceptionnellement, pour sortir, pour voir des amis, pour boire un verre, enfiler une de mes robes longues que j’adore.

L’odeur de la crème solaire.
Impression immédiate d’être au bord de la mer.
Mes préférées sont : l’huile solaire de Bioderma (indice 50) et la crème solaire des laboratoires de Biarritz (qui a, en plus, une bonne composition je crois ! et sent divinement bon…)

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Voici des petits riens qui, je les ai remarqués, me font sourire chaque jour, m’emplissent de bien-être ou de félicité, et participent de la douceur de cette période de fin d’année scolaire, de début de vacances… Ce sont aussi des petites perles qui, enfilées les unes après les autres, construiront des souvenirs durables de la vie douce qu’on a pu mener à certains moments de notre existence…
Bien sûr, comme tout le monde, parfois je rêve de plus. Maintenant que j’ai une maison, un jardin, eh bien… j’ai envie d’une piscine… ! C’est insupportable, le besoin humain de toujours plus, toujours mieux. Non ? Heureusement, pour l’instant, mes idéaux écologiques et la réalité de nos finances freinent mes envies de bassin bleu turquoise… Et puis j’ai d’autres d’autres projets, d’autres rêves fous, surtout, qui seront prioritaires sur la piscine ! En attendant, on continuera d’avoir chaud, de s’arroser au jet d’eau extérieur, d’aller se baigner à la rivière, de faire trempette dans la mini-piscine de Little, et… de manger des glaces.

Et vous, quels sont vos petits bonheurs de ce début d’été ?

Avril aux Nouettes

Nous sommes en vacances scolaires depuis une semaine, Little et moi. Et j’avais oublié à quel point les vacances d’avril peuvent être ressourçantes. Je voulais l’écrire et les décrire ici, afin de m’en souvenir pour les prochaines années.
Le printemps et l’automne sont des saisons intermédiaires : périodes de gros changements climatiques, mais aussi émotionnels. Ma prof de yoga nous a expliqué qu’on pouvait fréquemment se sentir déprimé, ou nerveux, et la plupart du temps, fatigué aussi. Le corps s’épuise pour s’adapter aux changements. Il y a quelques années, ma kiné, elle, m’avait raconté que le taux de dépressions était plus élevé durant ces saisons intermédiaires. Je ne sais pas si c’est une vérité, mais ça me semble probable car j’ai moins même très souvent ressenti des passages de blues, inexplicables, au printemps (mais moins en automne, saison que j’adore et savoure toujours intensément).
Cette année, je redoutais un peu ces nouvelles chutes émotionnelles du printemps, car après une rentrée scolaire difficile, et un automne mouvementé, je ne me sentais pas la force d’affronter une nouvelle vague de doutes, d’angoisses, de crises ou de déprime.
Heureusement pour moi, cette année, le printemps, je le vis bien ! Je ne sais pas si c’est dû au fait de vivre à la campagne, ou de passer mes journées dans une maison que j’adore, et dans mon jardin… ou encore si c’est parce que Little a grandi et qu’il devient plus facile de s’en occuper aujourd’hui qu’il y a six mois encore… Tout est possible, je n’ai pas de réponse, mais une seule certitude : cette première semaine de vacances d’avril a été parfaite. Et je VEUX m’en souvenir !

Un coin du jardin, le bac à compost et Little qui attrape des insectes.

 

VIVRE DEHORS

Notre maison n’est pas une grande et belle demeure avec des poutres apparentes et des moulures aux plafonds (dommage…). Je veux dire : on ne peut pas vraiment lui trouver du cachet. Elle est toute simple, pas vraiment belle de l’extérieur, mais bon, elle est bien pratique car elle c’est une maison de plein-pied. Et pour ce qui est de l’intérieur, nous avons tout refait à notre goût, alors même si elle n’a pas trois mètres de hauteur sous plafond ni un parquet en chêne massif, je la trouve agréable à vivre, fonctionnelle, et à mon goût (et c’est ça qui compte, on est d’accord). L’une des choses que j’apprécie dans ma maison, ce sont ses portes vitrées tout le long du séjour-cuisine. Aux beaux jours, on ouvre tout, porte d’entrée incluse, et on vit moitié dedans, moitié dehors. C’est exactement ce dont je rêvais lorsque j’imaginais ma maison.
Vous commencez à le savoir, je suis une amoureuse de la nature. Vivre dans une maison sans jardin ou sans accès à l’extérieur, c’était inenvisageable. Le plein-pied et les baies vitrées sont parfaits pour notre mode de vie. Ainsi, nos journées de vacances, avec Little, se passent aussi bien dehors que dedans. La maison déborde sur la terrasse, le matériel de dessin, les jouets, les préparatifs des repas, tout ce que l’on peut faire à l’extérieur est un prétexte pour vivre hors des murs. Aujourd’hui, en fin de journée, Little faisait des Legos dans le salon, et j’étais de l’autre côté de la baie ouverte, j’épluchais des légumes pour le dîner. On avait mis la musique dans le salon, on discutait de part et d’autre de l’ouverture, c’était très agréable. À un moment, il y a eu Dancing in the streets (Martha Reeves and the Vandellas) et on s’est mis à danser dans le séjour, Little sautillait partout, on a ri comme des baleines… puis on a couru dans le jardin pour jouer au loup, faire un peu de balançoire pendant que les artichauts cuisaient tranquillement. Cette vie dedans-dehors, ça paraît évident, mais ça me rend vraiment heureuse. Alors, oui, ma maison n’est pas toujours super propre car les allers-retours intempestifs font entrer l’herbe, les feuilles, la terre, les cailloux, les petites bêtes. Mais l’élan de vie qui accompagne cette ouverture sur l’extérieur vaut largement les quelques minutes d’aspirateur supplémentaire que j’offre chaque jour à ma maison ^-^

Little au bord de la Saône.

JARDINER

C’est devenu une véritable passion, mais au fond je sais que ç’a toujours été là, en moi. Ma grand-mère italienne avait un jardin minuscule mais d’une richesse incroyable. Elle cultivait de tout, faisait du compost, récupérait l’eau des pâtes et des légumes bouillis pour arroser ses plantations. J’étais enfant, je ne m’intéressais pas encore au jardinage, mais aujourd’hui je le regrette. J’aurais aimé partager ça avec elle.
Ma mère a repris le flambeau : dans notre maison familiale, elle cultive un jardin qui, année après année, se révèle de plus en plus spectaculaire. C’est un paradis de fleurs et de massifs colorés. Son potager, l’été dernier, nous a tous laissés bouches bées. Les tomates croulaient, tout était luxuriant et savoureux.

Les iris se sont ouverts ce matin.

Jardiner, aujourd’hui, c’est comme le yoga pour moi. Je passe beaucoup de temps à observer mes plantations, ou tout simplement la vie au jardin, ce qui se passe sous mes yeux sans que j’intervienne. Je ne connais pas encore tous mes arbres, toutes mes fleurs, je me laisse surprendre par des éclosions et des couleurs, car je n’ai vécu qu’un printemps dans notre maison pour l’instant, et je n’ai pas eu le temps de tout mémoriser.
Jardiner m’enseigne la patience et la persévérance car il faut beaucoup d’erreurs et d’échecs avant d’obtenir une réussite dans un potager. Je suis du genre impatiente, alors je me tempère, je prends mon temps. Je sais que nous sommes ici pour quelques années, et que je n’ai pas besoin de me presser. J’aimerais planter des dizaines d’arbres fruitiers, des mûriers, des framboisiers, des groseilliers… mais j’attends de voir si les trois pieds que j’ai plantés cet hiver donneront quelque chose. J’observe mon terrain, l’ensoleillement, je teste et expérimente. Chaque week-end, je fais des semis, je note tout sur mon carnet de bord du jardin, j’aimerais parvenir à des conclusion intéressantes pour les années à venir, afin de gagner en efficacité et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Le printemps est un moment passionnant au jardin, on a envie de planter, de faire pousser, la nature se réveille et on veut participer à l’explosion de bourgeons, de fleurs, de parfums, aux centaines de micro-changements qui s’effectuent tout autour de nous.

Il y a quelques mois, ici il n’y avait qu’une pente raide d’herbe, de ronces et de bulbes. J’ai créé des terrasses et planté toutes sortes de fleurs et arbustes. Dans deux ou trois ans, on verra bien si j’ai parfaitement échoué ou si ce projet va porter ses fruits et nous offrir une belle entrée colorée et foisonnante.

Mon jardin imparfait, où il reste tant à faire, ce projet-en-cours qui durera des années, je crois que c’est lui aussi qui me fait aimer le printemps cette année.

LECTURE ET INSPIRATION

Ma petite bible superficielle

Au printemps 2013, j’avais acheté un petit livre de cuisine-lifestyle : Ma detox made in Hollywood, d’Elsa Launay. Le titre peut faire sourire, oui. C’était le début de la mode healthy, cuisine bio et veggie, écolo sexy et tout le reste. À l’époque, ce genre de livre ne pullulait pas dans les librairies, et j’avais été très heureuse de découvrir Ma detox made in Hollywood qui était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là de ma vie. J’avais envie de cuisiner mieux, de bouger plus, ce petit ouvrage a été plus qu’une source d’inspiration pour moi, comme vous allez le voir.
C’est devenu comme un rituel, au printemps : je relis Ma detox made in… (MDMIH pour faire court, si vous le voulez bien).
À noter : je le relis, certes, mais pas sans un regard critique ni un sourire aux lèvres.
Pourquoi ce livre et pas un autre ? MDMIH n’est pas qu’un simple recueil de recettes. D’ailleurs, en parlant de recettes, elles ne sont pas vraiment exceptionnelles, celles que propose l’ouvrage. Healthy mais simplistes, et pas toutes végétariennes. Parfois, Elsa Launay décrit une simple salade pamplemousse-avocat. Ou une galette de riz soufflé tartinée de compote maison. Rien d’extravagant ni de compliqué.

Les petits-déjeuners des vacances sont les meilleurs…

Ce livre n’a pas pour ambition de nous transformer en Cyril Lignac, ni d’impressionner nos invités, PAS. DU. TOUT.
C’est un livre pour soi, un ouvrage qui part du principe qu’on aurait, pouf comme par magie, dix jours de temps libre à occuper, seule, et qu’on en profiterait pour se faire une detox. Et pas n’importe où, attention. Non. À Los Angeles, excusez du peu.
(D’où, entre autre, mon sourire narquois lorsque je relis ce bouquin ^-^)
Mais l’objectif, ce n’est pas la véracité, l’authenticité de l’expérience qu’on nous décrit. Moi, quand je lis MDMIH, j’y cherche l’inspiration. Ce serait l’histoire d’une française qui passerait quelques jours en solo à L.A. (ma ville chouchoute), et qui n’aurait pour seule directive que de prendre soin d’elle. Alors Elsa Launay nous décrit une espèce de déroulement journalier parfait et idyllique : tu te lèves le matin, tu fais quelques postures de yoga au bord de la piscine, puis tu bois un smoothie épinards-poire-ananas. Ensuite, tu chausses tes baskets pour un petit running au Runyon Canyon de L.A. À midi, tu prépares des tagliatelles de courgettes sauce pesto, et une salade de patates douces rôties sur lit de roquette, hyper detox. Après une sieste au bord de la piscine, il est temps de faire une séance de yoga en regardant les étoiles, et bla bla bla…
Hilarant, n’est-ce-pas ?
Alors bon, j’imagine que les lectrices-eurs qui ont pris ce bouquin au pied de la lettre ont du être quelque peu, heu, … décontenancé(e)s ? Difficile de reproduire à l’identique ce que l’auteure nous encourage à mettre en œuvre pour notre semaine de detox. Il faudrait pour cela : vivre à LA, avoir un jardin à LA, avec un spa, beaucoup d’argent pour assister aux cours de yoga ou se payer les massages dont elle parle, et aussi, ne pas avoir de mec, d’enfant, de boulot, etc… Bref. PAS POSSIBLE.
En fait, je crois que c’est ça que j’adore dans cet ouvrage. Je ne pense pas qu’Elsa Launay se prenne au sérieux deux minutes. Elle nous décrit un fantasme total, et moi j’adhère, je voyage, je rêve complètement.
Lire quelques pages par jour, ça me redonne juste la dose d’inspiration et de motivation nécessaires pour prendre soin de moi à ma façon et dans la mesure de mes moyens.
Je suis humaine, parfois je craque volontiers pour un goûter bien gras et pas healthy du tout, ça arrive, pas grave… Mais il y a aussi des moments où je me laisse un peu dépasser par mes envies (pulsions?) et où j’ai besoin de reprendre le contrôle. Au printemps, après un hiver un peu difficile, j’ai envie de prendre soin de moi et de faire mieux. De retrouver des bonnes habitudes, de prendre du temps pour cuisiner et innover un peu côté recettes, de faire le plein de vitamines pour affronter tous les changements de cette saison. Lire MDMIH, c’est comme écouter une playlist motivante lorsque les beaux jours reviennent et avoir envie de se remettre au sport. Tous ces clichés décrits dans le livre, cette parenthèse enchantée racontée par Elsa Delaunay, ça me fait rêver et m’inspire et me donne envie de dérouler mon tapis de yoga plus souvent, d’offrir à mon corps des petits plats pleins d’antioxydants et de vitamines, de délester mon organisme de toxines et d’autres trucs qui m’alourdissent, de dormir beaucoup, de marcher, de sourire.
Bref, c’est un tout petit livre de cuisine hyper marketing qui a surfé sur la vague de la mode bobo-healthy, mais pour moi c’est juste efficace et inspirant, un véritable shoot de bonne humeur et de motivation pour vivre sereinement le printemps.

 

CUISINER

Je ne vais pas beaucoup développer cette partie, car cela recouperait ce que je viens de dire. Notons simplement que j’ai très envie de cuisiner et de prendre soin de moi et de ma petite famille en ce moment ; je prépare des salades fraîches, je cuisine des légumes de saison (j’adore les asperges, les petits pois, les artichauts… c’est un bonheur de les réintroduire dans nos menus !), je prends le temps de prévoir plusieurs repas pour les jours à venir afin d’anticiper les courses et le gaspillage (si seulement j’avais le temps de faire ça toute l’année…). On fait aussi beaucoup de pâtisserie avec Little, et souvent ces moment gourmands suffisent à combler mes fringales de sucre car, après avoir préparé la pâte à gâteaux ou le mélange pour des Bounty maison par exemple, je n’ai plus vraiment envie de les manger lorsqu’ils sont prêts ^-^ J’ai l’impression que je parviens plus vite à satiété lorsqu’il s’agit de produits faits maison.

 

FAIRE DU YOGA

Est-il besoin d’en dire plus ? Dans les périodes où j’ai besoin de me recentrer, le yoga est toujours un allié de choix. Plus de douceur et d’indulgence envers moi-même, apaisement du mental, ralentir et se satisfaire de ce qu’on a… tous les messages, tous les objectifs du yoga sont honorables et devraient, idéalement, accompagner notre quotidien. En tous cas, ce serait le rêve pour moi, pratiquer tous les jours. Honnêtement, avec une vie de famille et un travail prenant, des trajets longs et ma foultitude d’autres passions (!), c’est difficile de caser une pratique quotidienne du yoga. Mais je ne désespère pas, et ce que je trouve très positif dans tout ça, c’est que depuis presque dix ans, le yoga m’accompagne de façon extrêmement régulière. Pour la fille papillonnante que je suis, c’est assez rare une telle fidélité (je parle de mes activités et centres d’intérêts, bien sûr, pas de ma vie amoureuse ^-^). Je sais que le yoga tient une place primordiale dans ma vie et, tel un pendule, ou un papillon de nuit subjugué par une lumière dans le noir (pour rester dans la métaphore), je gravite continuellement autour, parfois de près, de manière très assidue, parfois d’un peu plus loin, en pratiquant par pointillés, par petites touches de temps en temps. Mais c’est là, en moi, les enchaînements d’asanas sont ancrés, le flux de mes respirations devient automatique dès que je mets un pied sur mon tapis, alors je sais que c’est gagné et que, avec le temps, je grignoterai de plus en plus de moments pour pratiquer. J’en suis sûre. Parce-que je le veux.

 

BOUGER

Ce matin, Little et moi sommes allés dans un village voisin qui propose plusieurs sentiers de marche. Nous avons fait une randonnée de 2H30, dans les vignes, la forêt, les champs, en pleine campagne et sur les hauteurs de la vallée de la Saône. Il faisait beau, chaud, Little étrennait sa nouvelle paire de chaussures de rando, nous avions pris une gourde en alu et deux pommes, et tout notre enthousiasme pour effectuer notre parcours. C’était tout simplement parfait. Little a marché (je ne peux plus le porter, de toutes façons, il est bien trop grand et lourd !), ramassé des bâtons, pêché (des poissons imaginaires dans les ornières du chemin), cueilli des fleurs, dévalé des pentes en courant, grimpé aux arbres, découvert une cabane en branches, écouté les histoires des Trois petits cochons et du Petit Poucet (un bon moyen pour le faire se concentrer sur autre chose que les kilomètres, lorsque la fatigue se fait sentir ^-^), partagé sa pomme verte avec moi, et croqué dans ma pomme rouge, bu à la gourde comme un véritable Robinson… et puis, clou du spectacle, alors que nous ne y attendions pas, nous sommes tombés nez à nez avec un serpent ! Le choc ! Je vous avoue que j’ai eu peur, nous étions à quelques centimètres seulement, et la couleuvre était immense, elle faisait plus d’1m50, et ne nous quittait pas des yeux !!! Nous avons pris des photos, malgré tout, pour garder un souvenir de cette rencontre mémorable.
C’est peut-être bête, mais c’est ce genre de moments que je rêvais pour mes enfants. Je voulais les élever dans la nature, à la campagne (bon, ou à la montagne, je ne suis pas difficile !), et partager en famille des moments simples et authentiques, sans besoin de consommer ou de paraître. La randonnée, c’est exactement ça : on découvre des belles choses, on apprend à respecter la nature, on se dépense physiquement, on discute et on se tait aussi, c’est une activité que j’aime depuis longtemps et que je suis profondément heureuse de partager aujourd’hui avec mon petit loulou de trois ans et demi.

Le serpent qui m’a surprise en pleine randonnée dans les champs.

 

Comment profitez-vous du printemps de votre côté ?
À bientôt, avec un billet sur notre voyage dans le Yorkshire (on décolle demain !).

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

La vie aux Nouettes

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Lorsqu’on a acheté notre maison, il s’est passé d’abord tout un été avant qu’on n’ait les clés et qu’on puisse emménager. Cet été-là, je l’ai passé à chercher un nom pour notre maison !
Bizarre ?
Je ne sais pas pourquoi, j’avais envie que notre premier, vrai, chez-nous, ne soit pas anonyme, ne soit pas un simple numéro dans une rue, mais qu’il ait un nom avec une signification, ou une évocation qui nous ressemblerait.

Et puis j’ai laissé tomber cette idée. L’emménagement, les travaux, le quotidien, m’ont fait oublier cette envie, et notre maison a finalement gardé son matricule anonyme.
Mais l’hiver dernier, alors que je cousais tranquillement dans mon atelier, en écoutant La compagnie des auteurs, j’ai repensé à cette envie. Mathieu Garrigou-Lagrange proposait un cycle sur la Comtesse de Ségur, qui, une fois adulte et mariée, une fois expatriée de sa Russie natale, vécut en France dans un château de l’Aube : Les Nouettes. Ce nom me plut immédiatement.

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Aux Nouettes, la Comtesse de Ségur vivait loin de son mari avec qui elle n’avait que très peu de rapports, mais entourée de ses enfants et de ses petits-enfants. Les Nouettes furent un lieu joyeux, dédié à la famille, à l’écriture et à la bonne chère. Évidemment, ça me parle : ces trois éléments, je les partage avec cette illustre dame, donc…^-^
J’aime les sonorités du nom de ce château, mais surtout ce qu’il représente, les valeurs qui y sont chéries.
La Comtesse de Ségur accueillait ses petits-enfants pour les vacances, elle les choyait, leur écrivait des histoires pour les divertir. Sa famille était tout pour elle. Les Petites Filles Modèles a été écrit pour ses deux petites-filles parties vivre à Londres. Lorsque ses petits-fils venaient passer leurs vacances aux Nouettes, elle faisait préparer de fastueux repas et leur laissait une grande liberté de jeux.
Cette femme, qu’on accuse souvent de conservatisme, n’était pas si consensuelle que l’on veut bien le croire. Elle accordait une véritable importance à l’enfance, alors qu’au 19ème siècle, cela paraissait une idée complètement incongrue.

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En écoutant ces podcasts, le nom du château a chatouillé mes oreilles et réveillé mes envies de nommer ma maison. Les premières idées que j’avais eues, ce fameux été où j’attendais les clés de notre nouveau chez-nous, avaient été simples et étaient au nombre de deux : Les Églantines, ou Le Terrier.
Le premier nom me plaisait pour ses sonorités rondes et fraîches, et les promesses de nature abondante et gourmande qu’il portait. Le second, mon favori, sous-tendait l’idée d’une tribu vivant là, nichée dans une maison douillette, bien à l’abri du reste du monde. Et puis, Le Terrier, c’est le nom de la maison des Weasley dans Harry Potter, le havre de paix confortable et chaleureux où Harry trouve refuge, à l’opposé de l’horrible maison au 4 Privet Drive où vivent son oncle et sa tante. Cette référence littéraire absolument pas fortuite, ajoutée à celle de l’attachement familial, de la « portée », de la meute, me faisaient pencher pour ce nom-là.
Comme vous pouvez le constater, toujours les mêmes éléments… Les idées de gourmandise partagée, de famille, de chaleur du foyer et de littérature étaient déjà bien enracinées, dès le départ.
Alors, lorsque j’ai découvert le château des Nouettes, ç’a été comme une évidence.

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Voilà, notre maison a un nom désormais. Un nom déjà porté et au passé illustre un peu lourd à porter peut-être, mais j’ose espérer que peu de passants reconnaitront la référence et nous reprocheront, à tort, un certain manque d’humilité. Et à vrai dire, au fond de notre impasse, en haut de notre colline, des passants il n’y en a pas ! Seuls quatre voisins, le facteur, et nos amis, poseront les yeux sur la petite plaque qui orne notre mur extérieur. Ce nom, je le choisis pour nous, pour mon plaisir, et puis c’est tout.

Alors à l’avenir, pour suivre les aventures de la maison, vous n’aurez qu’à taper le mot clé : Nouettes, et vous y trouverez les articles (à venir) concernant notre home sweet home !

Et vous, cette histoire de nom pour maison, ça vous évoque quoi ?
Si vous deviez trouver un nom pour votre maison, avez-vous déjà une idée de ce qui vous plairait ?