Les jouets #2 Conseils et liste d’essentiels

Have less.

Do more.

Be more.

Suite au premier article concernant la nécessité de simplifier les chambres de nos enfants, et de consommer moins mais mieux, même pour les jouets, voici donc, dans un premier temps, les liens vers mes tableaux Pinterest vous proposant des idées de cadeaux selon l’âge de l’enfant, ainsi que des activités et des jeux avec les petits, puis dans un second temps une liste de jouets qui reflète bien ce à quoi ressemblerait ma ludothèque idéale, respectueuse des besoins et du développement des enfants.

 

MES TABLEAUX PINTEREST

Cadeaux pour enfants autour d’un an

Cadeaux pour enfants 1 à 2 ans

Cadeaux pour enfants 3 ans

Activités types Montessori avec les touts-petits / petits

kaplas

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QUELS JOUETS POUR MON ENFANT ?

  • une boîte de kaplas : on peut tout faire avec ça. Construire des routes, des ponts, des maisons, des tours, des barrières pour les animaux… Le bois brut et la forme simplifiée des petites planchettes lui confèrent une infinité de possibles. C’est à l’enfant d’y voir ce qu’il veut ou ce dont il a besoin pour tel ou tel jeu.
  • des Duplos, beaucoup de briques et d’animaux. Ce jeu de construction pour le premier âge, bien qu’en plastique, trouve grâce à nos yeux. C’est l’un des jeux avec lesquels Little a le plus joué. On a emporté notre sac/tapis de Duplos partout avec nous : dans le van au bord de l’océan, dans la tente à la montagne, chez les grands-parents à Noël, sur la terrasse, dans le jardin, dans la chambre, chez les copains, sur la terrasse des bars en été, dans le chalet de montagne en hiver… Le rapport prix/usage est largement amorti, c’est un des meilleurs investissements qu’on ait pu faire pour les trois premières années de notre fils. Et la solidité de ces Duplos est incroyable, on sait qu’ils seront encore en état pour un deuxième voire un troisième enfant (voire nos petits-enfants !!! )
  • des animaux Schleich. Ces petites figurines en plastique sont d’une qualité incroyable, et le réalisme des animaux est saisissant. C’est un petit investissement car cette marque n’est pas donnée, un animal coûte entre 5 et 15 euros, donc autant vous dire qu’il faut investir un peu pour se constituer un zoo digne de ce nom ! L’idée, c’est de fonctionner par famille (mâle, femelle, bébé) mais aussi par environnement (des animaux de la savane, de la ferme, de l’océan, de la forêt…). Ces figurines permettent aux enfants d’avoir des jeux d’imagination bien sûr, mais aussi de catégoriser et de classer. Chez nous, les animaux Schleich sont régulièrement sortis, parfois pour jouer dans la petite maison de poupée, parfois pour les aligner, parfois pour les mettre dans le bain, parfois pour les ranger dans des enclos de Kaplas… On les utilise aussi pour les fêtes des saisons (un article sur le sujet arrive très bientôt). Vu leur prix, on en achète un de temps en temps pour une occasion : pour la fête de l’été, le 21 juin, Little a reçu un cachalot et un poulpe, animaux de l’océan qui allaient avec le thème de la fête. Lorsque son papa est parti en déplacement pro à l’étranger pendant une semaine cet hiver, il lui a offert avant de partir un requin tigre pour lui dire qu’il penserait à lui et qu’il allait lui manquer. Toute la semaine, Little n’a pas quitté le requin, il l’a trainé dans toutes les flaques, sur tous les sentiers de forêt, dans son lit, dans son bain… On en a commandé quelques-uns à Noël aussi, et il se peut que pour son anniversaire avec ses copains, je suggère à chaque maman (et papa, hein, je sais bien qu’ils sont investis eux aussi ^-^) d’acheter comme unique cadeau une figurine de l’animal préféré de leur enfant, afin d’augmenter la collection petit à petit.

    schleichsource

Lorsqu’il sera plus grand, on pourra utiliser les figurines pour des classifications plus pointues, plus poussées, plus scientifiques. Observer les pattes des animaux, classer les vertébrés/invertébrés, les vivipares/ovipares, rattacher chaque espère à son continent, etc… tout cela en lien avec la pédagogie Montessori.

maison bois

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  • des puzzles, beaucoup de puzzles. J’ai commencé assez tôt à en proposer à Little. Les premiers lui ont été offerts pour ses deux ans, de gros puzzles à 2 ou 3 pièces seulement. Ils étaient vendus sans le modèle, j’avais donc photocopié en couleurs les puzzles, plastifié et coupé, afin de créer des modèles et des supports pour débuter. Progressivement, je lui ai proposé des puzzles de plus en plus complexes. Aujourd’hui, en fin de petite section, Little est capable de réaliser des puzzles de 48 pièces sans modèle. Mais ç’a été un apprentissage long, accompagné, et laborieux, car il n’aimait pas trop la difficulté lorsqu’il était plus petit. j’ai dû lui apprendre à trier les pièces, les bords d’un côté les milieux de l’autre, les couleurs similaires, etc… en gros, il a fallu lui enseigner la méthodologie du puzzle. Tout cela est très important car ça participe au développement d’autres facultés plus globales (repérages spatiaux, esprit logique, déduction, capacités d’analyse et d’observation…). Le puzzle, c’est essentiel, il ne faut pas hésiter à en proposer encore et encore et à apprendre aux touts-petits des techniques pour les réaliser (souvent, ils ont tendance à abandonner très vite car c’est une activité complexe. Il ne faut pas se décourager, mais reproproser encore et encore, prendre le temps, dédramatiser…).

puzzle encastsource

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J’achète les puzzles dans les vides-greniers, il y en a toujours des tas et des tas, pour pas grand-chose. Je privilégie ceux en bois qui tiennent plus longtemps et sont plus beaux, et je n’achète pas de puzzles de franchise (Disney et compagnie) (ma mère s’en charge … ^-^ donc Little en a quand même, mais bon…). J’ai des puzzles des lettres, des planisphères, des puzzles de livres et albums jeunesse, mais surtout d’animaux dans leur environnement, le top pour la pluridisciplinarité…!

  • une caisse d’accessoires et d’outils d’arts plastiques, de création, pour fabriquer des choses… de la colle, des perles, du tissu, des lacets, etc…
  • une belle boîte de crayons de couleur : alors ça c’est l’achat du siècle. Au départ, comme tout le monde, je donnais des crayons du supermarché ou autre à mon fils. Puis, en lisant un article d’Eve sur son blog, j’ai réalisé que si moi j’aimais travailler avec de beaux outils adaptés, pourquoi pas Little ? J’ai donc investi dans une belle boîte de crayons de couleur haut de gamme, avec différentes nuances d’une même couleur. 24 crayons, pour notre fils de 2 ans et demi. Au départ j’étais sceptique. Mais ç’a tout changé pour lui. Il s’est mis à dessiner de plus en plus, à expliquer ses choix de couleurs, à s’intéresser aux nuances. Il prend soin de son matériel et aime aligner les crayons en dégradé dans sa boîte. Avoir des outils de qualité lui a donné envie de faire bien, de s’appliquer, de soigner son travail et son matériel. Si petit, c’était incroyable… ! Là où au même âge il aurait laissé traîner les feutres sans leur capuchon, appuyé comme un fou sur les mines, délaissé les mauvais crayons de couleurs qui font des couleurs pâlichonnes, il a vraiment investi cette boîte de crayons et on l’a emportée partout avec nous elle aussi (vacances, week-end, jardin, sorties au bar, plage…). Après tout ce temps et cette utilisation intensive, il était temps d’en changer, certains crayons sont minuscules à force d’être taillés et inutilisables. Pour ses 4 ans en août, on a prévu une nouvelle boîte de couleurs, une gamme encore au-dessus, 36 crayons Faber-Castel cette fois. La boîte est si belle, les crayons si fins, les couleurs si intenses, que l’objet donne envie de s’asseoir et de dessiner, de s’appliquer, de créer… Je rejoins vraiment Eve sur ce sujet : les enfants ont besoin de matériel de qualité, même si cela coûte un peu plus cher. Au final, cette première boîte que Little a possédé était un investissement, certes, mais quand on voit comme il l’a utilisée, le rapport « cost per use » si je puis dire est clairement minime !couleurs(apparté : les ergothérapeutes et les psychomotriciens conseillent souvent de ne pas donner de feutres aux enfants avant la fin de la maternelle, car le feutre ne participe pas au bon développement de la motricité fine de l’enfant. Le crayon de couleur oblige l’enfant à appuyer et l’aide à muscler ses doigts encore patauds, cela fait partie du bon développement nécessaire à l’apprentissage, plus tard, de l’écriture. Un enfant qui n’utilise que le feutre risque d’avoir une main moins agile, une dextérité moins développée, des doigts moins musclés qu’un enfant qui aura l’habitude d’appuyer sur son crayon, de colorier avec des couleurs, etc… En plus, le feutre ce n’est pas terrible, ça tâche, ça fait des trous dans la feuille, les couleurs qui se mélangent font du marron-moche, le noir bave dans les autres coloris… Bref, chers parents de jeunes bambins, rien de sert d’investir dans un seau de feutres, préférez plutôt une belle boîte de crayons de bois ! )
  • maintenant que Little est plus grand, les Duplos font la place aux Legos. Little adore les petits Legos et aime passer des heures (oui oui ! ) à construire des animaux marins, des engins, des maisons… Ce qu’il préfère, c’est suivre les modèles étape par étape, mais ça c’est typique de son esprit logique et mathématique et ce n’est pas de sa maman qu’il le tient 😉
  • des jeux de société : les jeux Haba et SmartGames sont nos préférés. Ils sont un peu chers (entre 20 et 30 euros la boîte) mais ils sont PAR-FAITS, vraiment intelligents et adaptés. Je ne peux que vous conseiller le jeu du Verger, l’incontournable, le grand classique, un jeu de coopération Haba qu’on peut sortir avec un petit dès 2 ans 1/2 – 3 ans. Chez nous, on adore se faire un apéro-verger : pendant que le dîner mijote, Little installe le plateau, les petits fruits en bois (trop mignons), les petits paniers, le puzzle du corbeau, puis on s’installe en famille avec notre verre de jus, de bière, de sirop, de vin au choix, et on se fait une partie tous les trois juste avant le dîner. C’est très agréable, et le principe du jeu collaboratif c’est que soit on gagne tous ensemble, soit on perd tous ensemble, ce qui permet à l’enfant de relativiser l’échec et d’apprendre à perdre (parce que, ça aussi, c’est un sacré apprentissage !! ).vergerbahuts
    On a aussi le jeu des Bahuts Malins, chez SmartGames, qui se joue seul avec un petit livret de modèle. C’est un jeu de logique, de réflexion, de topologie, encore une fois extrêmement bien pensé.
    Pour compléter cela, nous avons des memory, un jeu de cartes pour jouer à la bataille, un petit jeu tout simple de plateau où il faut lancer un dé et déplacer une petite grenouille sur les nénuphars, ce qui permet à l’enfant d’apprendre à se déplacer sur un plateau de jeu (et c’est une compétence pas si facile que ça à acquérir car il faut compter correctement, sans prendre en compte la case sur laquelle se trouve le pion, etc…) et nous empruntons régulièrement d’autres jeux SmartGames à la ludothèque à laquelle nous sommes abonnés, ce qui permet de découvrir plein de jeux sans se ruiner ni se lasser.
    Nos proches ont offert d’autres jeux à Little, plus classiques et plus… stimulants, bruyants, comme Bourricot (le cheval sauvage sur lequel il faut poser des petits éléments sans le faire ruer) mais il accroche moins. Encore une fois, les trucs trop élaborés, qui bougent tout seul, qui excitent les enfants, ont souvent moins de succès chez nous que le jeu simple, efficace, inusable.
  • un train électrique en bois et des cubes en bois. Il y a un côté fascinant pour l’enfant, à regarder une locomotive tirer des wagons sur les rails de bois qu’il vient d’installer dans sa chambre. Même si c’est un jeu qui est sorti un peu moins souvent que les autres cités plus haut, il fait partie des classiques qui, me semble-t-il, sont intéressants pour un petit enfant. Les notions d’espace, d’assemblage, de logique, d’analyse entrent en jeu lorsqu’on construit le circuit du train puis qu’on éprouve la satisfaction de le voir avancer sur le parcours, monter les côtes, traverser les ponts, passer sous les tunnels, ressortir sous une montagne… Les cubes en bois permettent de compléter les décors en créant autour du circuit des villages, des tours, à la manière des Kaplas. Notre train en bois est un Lidl et il est d’excellente facture ! Pas la peine de se ruiner.

    train bois
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  • un arc-en-ciel Grimm’s. C’est beau, c’est en bois, c’est solide, et c’est multi-usage. On peut jouer avec pour créer des ponts et des tunnels pour les petites voitures, les trains, les figurines d’animaux Schleich. On peut les empiler de différentes manières pour construire des tours et s’amuser avec l’équilibre et les poids. On peut les agencer les uns par rapport aux autres sur le sol pour créer des œuvres d’art éphémères, des sortes de mandalas colorés, en bois. On peut les utiliser comme référent pour faire des activités de tri de couleur : sous l’arche bleu, tous les objets bleus !

empilement-montagnes-grand-modele

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Petites voitures, crayons, cubes, billes, etc… J’aimerais posséder tous les jouets en bois de la marque Grimm’s car je les trouve beaux, solides, doux, poétiques. Mais ils sont aussi très chers. Un jour, j’investirai peut-être dans les petits lutins de couleur, ou dans un puzzle d’encastrement en bois. Mais je suis déjà très contente que Little ait l’arc-en-ciel, un joli cadeau qu’on s’est fait offrir à Noël il y a deux ou trois ans.

lutins et bois

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  • une poupée toute simple, en tissu. Plus elle est sophistiquée, plus elle réduit les possibilités de jeux. Celle proposée ci-dessous vient de chez Jacadi et elle est soldée à moins de 10 euros !

poupée
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« Plus la poupée est basique, plus l’enfant peut se projeter dans sa relation avec elle »

 

  • une malle de déguisements, tissus, accessoires.
  • une petite cuisine avec de la dinette en bois, des aliments en bois, et même des contenants récupérés dans la vraie cuisine (emballages, boîtes de beurre, conserves vides, bouteilles, flacons…)
  • un bout de jardin ou un bac de terre, pour patouiller, expérimenter, planter, observer…

J’ajouterais enfin cette citation du très pertinent Parents, tout simplement, pour conclure ma liste d’essentiels (et la nuancer ! ) :

La seule chose dont les enfants ont besoin, c’est de temps. De beaucoup de temps libre, l’esprit dégagé.

La frustration de n’avoir « rien à faire » est le point de départ de quelque chose de merveilleux.

 

Et puis surtout, n’oublions jamais que là où nos enfants sont le plus heureux, c’est dehors, dans la nature, avec des copains pour jouer. Les tas de feuilles mortes, le ruisseau, les arbres et les fleurs, les insectes, les oiseaux, la terre et le sable… sont autant d’invitation à créer, imaginer, raconter, jouer… que des objets en plastique colorés fragiles, coûteux en matière polluante et en argent. Non ?

kids outside

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Edit : je profite du commentaire d’une lectrice pour apporter quelques précisions. Je vous copie/colle ici ma réponse. Effectivement on pourrait croire que ma liste est excluante et qu’il faut acheter uniquement des jouets hors de prix, or ce n’est pas ce que j’essaie de dire dans ce billet (surtout pas !!). Je vous laisse donc lire ces précisions si toutefois vous aviez eu la même impression que Nathalie :

Bonjour Nathalie, merci d’avoir pris le temps d’écrire ici.
Je suis un peu embêtée car je vois tout à fait ce que tu veux dire et ce côté donneur de leçon culpabilisant, c’est exactement ce que je voulais éviter en rédigeant mes articles !!! Au contraire, je sais que si je veux faire adhérer les autres à une idée, ce n’est pas en les culpabilisant mais en étant pédagogue et dans la compréhension, alors zut zut zut c’est que je n’ai pas réussi à véhiculer mon message correctement !
D’un autre côté, ce que tu décris (le fait que tu aimes offrir des Playmobils, etc…) cela rejoint un peu mon propos : on a envie de bien faire en achetant des jouets qui nous plaisent, qui nous renvoient à nos souvenirs d’enfant, on pense bien faire. J’ai fait pareil tu sais : à Noël dernier, j’ai submergé Little de boîtes de Playmobils, me rappelant avec nostalgie comme j’avais aimé, moi, joué des heures et des heures aux Playmo… (j’ai écrit un billet sur le sujet à Noël, d’ailleurs).
D’un côté, je pense que j’étais plus enthousiaste que lui avec ces jouets, qu’il utilise un peu mais par petites tranches de 10-15 minutes, car il préfère les jouets moins « fermés », avec des possibilités plus étendues (parce qu’il a eu l’habitude de ce genre de jeux, je pense, aussi…) et qu’il est peut-être encore un peu petit pour les Playmobils, d’un autre côté, je persiste à penser qu’il y jouera peut-être plus lorsqu’il sera plus grand. En grandissant, la durée de ses jeux avec les Playmobils s’allongera sans doute.
Enfin, je ne mets pas les Playmobils dans le même sac que les autres jouets en plastique que je « critique » dans mes deux billets, au contraire je les associe plutôt aux Duplos et aux Legos dont je parle dans ma liste et que je plébiscite. Je trouve que ce sont des jeux intéressants et qu’on peut proposer à un enfant s’il accroche. Mon problème c’est plutôt que Little n’accroche pas encore. Mais ça viendra sûrement ^-^

Pour terminer, je voulais juste préciser que ma liste ci-dessus n’est pas exhaustive, et qu’effectivement on aurait pu ajouter d’autres éléments, typiquement les Playmobils. Mais aussi que les jouets que j’y mentionne ne sont pas tous hors de prix 😉 La poupée en tissu Jacadi coûte 9 euros ! Un puzzle simple (pas ceux sur les photos que j’ai choisies, qui sont en bois, massif, et faits main) coûte une dizaine d’euros aussi. Une boîte de Duplos ou de Legos vaut le même pris qu’une boîte de Playmobils… Si tu as envie de gâter les enfants de tes proches, je suis sûre que tu trouveras des choses abordables dans ma liste !!!!! 🙂
Un album de jeunesse, une ou deux figurines Schleich, un puzzle, un jeu de memory ou de 7 familles, un petit jeu de société de la marque Janod (10 euros, en carton et bois, et toujours bien pensé) type Fast and Frogs, Farm poursuit, Top 10…

Moi aussi j’ai dû réfrener mes envies et mes coups de coeur, mon désir que mon fils ait accès à toute sorte de beaux jouets, et j’ai dû mettre en sourdine mes jolis souvenirs patinés par le temps qui me faisaient croire que, si moi j’avais joué des heures et des heures avec tel jouet, pourquoi mon fils ne devrait-il pas avoir la même chose, ce serait une garantie qu’il passerait de longues et belles heures de jeu, non ? J’ai en fait compris que j’avais possédé beaucoup de jouets, petite, mais que ça ne m’avait pas forcément rendue heureuse. Par contre ça m’a peut-être fait devenir la consommatrice que j’ai été adulte (avant de raisonner cela aussi). Enfant, j’aimais déjà beaucoup acheter, posséder. Ma maison Playmobil est l’un des plus beaux jouets que j’ai eu et avec lequel j’ai joué, je ne le regrette pas. Je sais juste que j’aurais pu être aussi heureuse sans elle, sans doute. Et même si ce jouet pouvait rendre mon fils très heureux, je vois aujourd’hui qu’il n’en a pas besoin pour diversifier ses jeux, et développer son monde d’enfant. Et ça me va.

Voilà Nathalie, j’espère à nouveau ne pas avoir été trop péremptoire car encore une fois ce n’est pas du tout ma volonté !

Les jouets #1

Avoir des enfants émotionnellement sains dans l’Occident d’aujourd’hui implique de faire des choix face à l’économie de consommation.

trop jouets

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Aujourd’hui j’aimerais écrire à propos d’un sujet qui me semble important : la consommation. Mais en focalisant le propos (car sinon on en a pour des pages et des pages !) à l’un des pôles de consommation dans une famille : l’enfant.

Si vous n’êtes pas maman/papa, ne partez pas ! C’est une discussion plus générale sur notre société que cristallise ce sujet qui semble restreint. On peut dire beaucoup en ne parlant que des jouets d’un enfant. Si si.

CONSTAT

Il y a peu, Little rentrait d’un week-end à Paris chez ses cousines, un petit séjour de deux jours avec son papa. Robinson, lorsqu’il est entré dans la chambre de Little pour y vider sa valise et ranger ses vêtements, a eu un moment d’arrêt et a observé autour de lui. Puis il m’a dit : Ok, tu as raison. Little n’a vraiment pas beaucoup de jouets comparé aux autres enfants.

Nos nièces, les deux cousines de Little donc, vivent à Paris, dans un appartement.
Rempli de jouets.
Elles ont des Playmobils, des Barbies, des poupées Corolles, des Legos Friends, des tablettes, tous les DVD Disney, des peluches, une collection de chevaux et des dragons Schleich, des déguisements, des mallettes de coloriage, de bricolage, une cuisine, de la dînette, une marchande, et j’en passe…

Leur chambre, qu’elles partagent, est peine à craquer, les murs sont remplis de boîtes et de tiroirs pleins, le salon et les autres pièces sont envahis.

Bref, ce sont des enfants de 5 et 8 ans comme beaucoup d’autres, d’après ce que je peux voir.
Notre petit voisin, le meilleur copain de Little, a une chambre pleine de jouets en plastique lui aussi. Des trucs Cars et Planes (-> franchise Disney), des garages de voitures, des caisses de petites voitures, plein de DVD, et… un quad ! Un vrai quad. À MOTEUR.
Mais bon, ça c’est encore à part, laissons-le de côté.

Chez un autre copain de Little, la chambre est remplie de Playmobils. Il a tous les univers Playmo : dragons, city, animaux, pirates, chevaliers… La chambre reste belle et rangée car sa maman agence les jouets sur un tapis central, elle créé des petites scènes qui donnent envie de venir s’asseoir et de jouer. On sent, dans cette famille, qu’il y a une consommation plus réfléchie, si ce n’est réfrénée.

Voici donc quelques exemples mais je pourrais vous en citer des dizaines : des enfants de cousins, des élèves de mes classes, des connaissances ou des amis… J’en vu des chambres qui ressemblaient à des Toys’r’us, et ça m’a fait peur.

purge jouets

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IDÉAUX

Lorsqu’on a décidé d’avoir un enfant, avec Robinson, j’avais des principes assez arrêtés sur l’éducation : je désirais l’élever dans une pédagogie douce, bienveillante, lente et slow-consommation. Je ne rêvais que de jouets en bois, de vêtements cousus-main, tricotés-main, seconde-main, de vieux meubles vintage chinés et retapés, puis d’un bambin qui s’extasierait sur pas grand-chose, quelques bâtons, des cailloux, un peu de sable et des étoffes de tissus.

La réalité, comme souvent, a été un peu différente.

Les jouets en bois sont très très lourds. Little a fracassé le parquet massif de notre ancien appartement, et s’est blessé à plusieurs reprises (et nous a blessés, aussi. Se prendre une grosse locomotive en bois massif sur le pied, ça fait mal…).
Un enfant sera forcément plus attiré par le truc qui clignote en faisant du bruit et de la musique que par les pommes de pin qu’on a ramassées dans la forêt. Surtout si, dans un foyer, l’objet technologique et lumineux est rare tandis que les éléments naturels sont monnaie courante. Forcément.
Les proches ont voulu gâter notre fils et on s’est retrouvés avec un tas de jouets en plastique hyper colorés, bruyants, à pile, moches, pseudo-éducatifs, hypra-stimulants et excitants. Sauf que, ce sont des cadeaux, alors que faire ? Les jeter, les donner, les cacher sous le canapé … ?
J’ai essayé d’expliquer notre vision des choses à nos proches, de faire des listes d’idées-cadeaux pour Noël ou les anniversaires. Et puis, les gens nous connaissent, ils savent que nous ne sommes pas de gros consommateurs, qu’on fait partie de cette espèce de bobos écolos très répandues qui aime les matières naturelles, brutes, les choses simples (et hors de prix malheureusement…). 😉 Mais malgré tout, on a continué de nous offrir des jouets en plastique multi-usages sans intérêt.

(aparté : je n’écris pas cela pour critiquer et dénigrer, j’essaie juste de faire un état des lieux concis).

 

NOTRE EXPÉRIENCE AU BOUT DE 4 ANS AVEC LITTLE

Après quatre ans passés à vivre auprès d’un tout-petit, j’ai l’impression d’y voir un peu plus clair en ce qui concerne les besoins et les réels intérêts d’un enfant. Moi-même, malgré mes principes et mes idéaux, j’ai évidemment fait des erreurs, des achats idiots, j’ai consommé inutilement en pensant que mon fils avait besoin de ci ou de ça pour se développer, que ceci ou cela lui plairait et l’éveillerait, etc…
Je me dis que ce billet pourra éventuellement aider d’autres parents (ou proches ?) à évaluer les choses réellement utiles et les achats pertinents pour le développement d’un enfant. Car, concrètement, si on se soucie un tant soit peu de l’environnement et de la planète, et qu’on a envie d’avoir un rôle utile dans l’éducation d’un enfant (que ce soit le nôtre ou un neveu, un cousin, un enfant d’ami…), alors il faut prendre en considération ces deux critères avant d’acheter/d’offrir un jouet à un petit. Ce n’est pas parce-qu’il s’agit d’un cadeau qu’il faut renier ses valeurs et ses principes, non ?

En tous cas, c’est la conclusion à laquelle je suis arrivée. Je n’ai plus envie de faire des cadeaux pour faire des cadeaux, d’acheter des trucs parce-que « c’est de son âge », « c’est rigolo ça fait de la musique », « toutes ces lumières il va adorer! », « c’est moins cher qu’un jeu Grimm’s en bois »… etc… Pour illustrer avec un dernier exemple, je vous parlerai d’une cousine et de son mari, qui, depuis que Little est né, le gâtent exagérément (mais c’est très mignon je trouve). Le hic, c’est qu’ils achètent énormément de choses inutiles, de trucs en plastique, des jouets qu’on utilise très très peu et qui se retrouvent vite abandonnés. Des boules en plastique pour faire une piscine à balles par exemple (jamais utilisées). Des voiture qui clignotent et chantent. Un énorme camion de chantier, qui traine dans le garage. Plusieurs peluches. Par contre, une fois, à Noël, ils ont offert un train en bois. Et ça, c’était super, on y joue encore alors que c’était un cadeau de 2016 je crois. De notre côté, j’ai bien conscience qu’on gâte moins notre petit-cousin (leur fils, donc), né il y a peu. À Noël, je n’ai acheté que deux cadeaux pour lui, mais j’ai choisi la marque Vilac, des jouets en bois, bien solides (des instruments de musique, et un toboggan à billes, un grand classique pour les moins de 18 mois). J’ai essayé d’y réflechir à l’avance, de me demander de quoi ils avaient besoin, quel jeu serait adapté pour le petit de quelques mois, et serait utilisé longtemps. Quel jouet serait assez résistant aussi pour être utilisé par un deuxième, un troisième enfant plus tard.

Je ne dis pas que je fais mieux. Mais j’essaie de raisonner ma consommation et de penser mes achats, même lorsqu’il s’agit de cadeaux (et surtout s’il s’agit d’enfants).

Gâter un enfant, c’est chouette, c’est adorable et généreux, mais ce n’est pas forcément un service qu’on lui rend. Si le jouet n’a pas de valeur, qu’il est fragile, multi-usages, trop limité dans le temps, etc… il rejoindra la pile des jouets sans valeur, et l’enseignement que l’enfant risque de tirer de tout ça, c’est : les choses sont accumulables mais je ne les investis pas, elles n’ont pas de valeur. Il peut rapidement appliquer cette façon de penser, de consommer, de jeter, à l’ensemble de sa vie.
Mais aujourd’hui, on sait bien à quel point c’est important d’enseigner la durabilité à nos enfants, la consommation responsable, l’anti-gaspillage.

Alors en offrant un jouet « jetable », quel est le message qu’on transmet à nos enfants?

Pour un enfant, une montagne de jouets, c’est une carte topographique de sa vision du monde en émergence. « Il y en a tant qu’aucun d’entre eux n’a de valeur. Il me faut autre chose ! » L’enfant à qui l’on propose autant de choix apprend à les dévaloriser tous, et se réserve toujours pour autre chose d’attirant qu’il ne possède pas.

 

CONSEILS POUR LES ANNIVERSAIRES, NOËL…

En tant que parents qui les aiment (nos enfants), nous sommes en mesure d’aider nos enfants en limitant leurs choix.

toys alternative

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Concernant les cadeaux des proches, on ne peut rien faire d’autre que continuer à discuter de nos convictions, faire des listes et espérer qu’ils adhèrent à nos propos. D’un autre côté, nous persistons à ne pas faire de cadeaux inutiles, à ne pas « acheter pour acheter » et à essayer de coller à nos principes lorsque nous offrons un jouet à l’enfant d’un proche.

Pour l’anniversaire d’un copain de Little, plutôt que d’acheter un petit bidule qui aurait sans doute fini par traîner dans un coin de sa chambre, on a offert un bon-cadeau pour un atelier de construction de Kaplas à Lyon. On était très contents d’allier l’utile au dématérialisé. Et la maman du petit garçon était ravie.
À un autre anniversaire, j’ai envoyé un message à la maman pour savoir ce qui pouvait plaire à son fils, en lui proposant une liste d’idées que j’avais. Des puzzles, des jeux de société, des livres ? Je n’ai pas demandé « est-ce qu’il veut des voitures, des Legos…? » car je me doutais qu’il en avait déjà des tonnes. Lorsqu’on est arrivés dans leur maison, effectivement, on a constaté que la caisse de petites voitures débordait, et que le petit garçon ne manquait de rien (surtout qu’il avait récupéré les jeux de ses ainés). La maman de l’enfant m’avait dit : un livre, oui, pourquoi pas. Joie pour moi qui adore offrir des bouquins. J’ai sorti ma casquette de maitresse d’école, réfléchi aux albums qui plaisent le plus à cet âge là (4, 5 ans), et on lui a acheté Les trois brigands, de Tomi Ungerer (un graaaand classique, et un des auteurs jeunesse les plus connus et les plus géniaux. On l’adore ici…). J’avais peur que le petit garçon ait déjà cet album, mais ça c’est ma déformation de prof. En réalité, les albums jeunesse qu’on considère nous comme des grands classiques sont très étonnement, très souvent méconnus des familles. Mais bref, ceci est un autre débat.
Je ne suis pas restée pour assister à l’anniversaire et n’ai donc pas vu le déballage des cadeaux, mais la maman m’en a reparlé à la fin de la fête (elle l’avait lu à tous les petits invités et ils avaient été captivés), puis m’a même envoyé un sms pour me dire que son fils adorait et qu’elle devait lui lire tous les jours plusieurs fois par jour ! Un autre copain qui était là ce jour-là et dont je connais bien la maman (c’est donc elle qui m’a raconté ce qui suit), a demandé à ses parents de lui acheter « Les trois brigands comme le cadeau que Little a offert à G*****  » …  Apparemment, ce cadeau a été apprécié par tout le monde et remarqué par les autres enfants. Autant vous dire que j’étais  HY-PER-CON-TENTE !

LA CHAMBRE DE LITTLE

L’attention que l’enfant accorde à chaque jouet est réduite, rognée par la surabondance.

Concernant Little à présent : nous épurons très régulièrement sa chambre et lui offrons très peu de jouets.

J’ai réservé un placard de notre sous-sol pour ranger les jeux « off », c’est-à-dire que nous faisons une rotation des jeux afin qu’il n’y en ait que très peu de sortis en même temps. Concrètement, si Little a 10 jouets adaptés à ses 4 ans par exemple, nous en sortons 4 (répartis entre sa chambre et le séjour) et les 6 autres restent rangés dans le placard, que je surnomme « la ludothèque ». Régulièrement, je change les jeux, je range les 4 qui étaient sortis, en sors 4 autres, etc… Cela permet à Little de ne pas se lasser, et ne pas s’éparpiller en ayant trop de choix. Il peut ainsi se concentrer sur un petit nombre de jouets, et les investir à fond. Et il est toujours content de retrouver les jeux qui étaient rangés pendant quelques semaines dans la ludothèque et qu’il a eu le temps d’oublier.
Je fais la même chose avec sa bibliothèque. Je dois avouer qu’il a un nombre indécent de livres, j’ai donc consacré une étagère de la grande bibliothèque du sous-sol aux ouvrages « jeunesse » et régulièrement je. vais piocher quelques livres que je remonte au séjour, là où Little a une petite bibliothèque pour le quotidien. On y met aussi les livres empruntés à la médiathèque, ce qui nous permet d’avoir un changement très régulier de livres tout en évitant le débordement. Quand il y a une trop grande quantité de jouets ou de livres, l’enfant ne les voit même plus, comme nous lorsque notre dressing est plein à craquer et qu’on ne sait même plus ce qu’on possède alors on finit toujours par porter la même chose.

toys montessori

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LES CADEAUX DE LITTLE

Comme je le disais, on achète peu de jouets, de cadeaux à notre fils. On a compris que le couvrir d’objets n’avait aucun rapport avec le fait de l’aimer très fort. Depuis qu’il est né, j’ai pris l’habitude de lire des blogs, des articles concernant les besoins, le développement, etc, à différents âges. Je m’inspire toujours, bien sûr, des courants pédagogiques qui me parlent : Montessori, Freinet, Steiner, Waldorf. Avec une pincée de Céline Alvarez.
Une grande quantité de blogs existe sur le sujet. J’aime particulièrement celui de Merci qui, merci Montessori, extrêmement riches en conseils de lectures, de jouets, d’ateliers, d’activités dans la nature, mais aussi celui de Jackie et Cie, une maman qui fait l’école à la maison (IEF) et propose des activités simples et inspirantes avec ses enfants, d’Eve Herrmann, que j’adore, qui a une approche artistique et littéraire absolument passionnante (IEF aussi), d’Add fun and mix, maman de trois enfants IEF qui font des tonnes d’activités culturelles, plastiques, scientifiques, audiovisuelles, et qui est une mine d’idées, et de 2 louveteaux homeschoolers, enfin, qui propose pas mal d’activités en mode Montessori, Waldorf… donc plutôt pédagogiques.
Au fil des mois puis des années, j’ai créé des tableaux Pinterest pour centraliser les différentes idées de cadeaux, de jouets que je pensais utiles pour Little. Certains ont fini par être achetés, ou offerts à Noël ou aux anniversaires lorsque nos listes étaient prises en compte ^-^, d’autres sont restés des souhaits et c’est bien comme ça. Ces listes me sont très utiles aussi pour piocher des idées de cadeaux pour nos proches, pour des enfants d’un âge différent de celui de Little. J’ai catégorisé les tableaux par tranche d’âge, ce qui me permet d’avoir une vue d’ensemble pratique et efficace.

Avec l’expérience, après avoir catégoriquement refusé les jouets en plastique, puis avoir cédé par facilité en me disant que ça ne pouvait pas être si inutile que ça, avant de revenir à une conception épurée des besoins des enfants, en croisant ces constats avec mes lectures, ainsi qu’avec la visite d’autres chambres d’enfants, je peux aujourd’hui vous faire une liste des jouets et jeux qu’un enfant devrait avoir, et qui devrait se limiter à ce petit nombre d’items. Ce sont des suggestions, et cela reflète ce qui a intéressé et plu à Little dans sa petite enfance, mais je suis sûre que cette liste a un petit côté universel, et que chaque enfant peut être très heureux avec ces jouets, uniquement.
Rendez-vous dans l’article suivant pour découvrir la liste des indispensables pour un enfant jusqu’à 4 ou 5 ans (voire plus).

 

NB : toutes les citations sont extraites du fabuleux ouvrage Parents, tout simplement, de Kim J. Payne et Lisa M. Ross.