Juin aux Nouettes

L’été, la chaleur, les longues soirées dehors…

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Au moins de juin, je ne suis pas encore lassée des chaudes températures, j’ai juste envie de profiter de la belle saison. Voici les petits riens qui me rendent très heureuses ces jours-ci :

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Jardiner entre 20 et 22 heures.
Lorsque Little est couché, Robinson et moi sortons au jardin et travaillons à nos chantiers : lui, les bambous à défricher, les bûches qu’il faut ranger et empiler, et autre réjouissances d’homme ^-^ Moi : entretenir le potager, arracher les mauvaises herbes, pailler, planter les semis qui sont prêts à être en terre, arroser mes fleurs, mes talus, mes plates-bandes de légumes…
Ça n’a pas l’air, dit comme ça, mais en réalité c’est un moment très agréable : on bavarde à la fraîche, on s’aide, on patouille dans la terre et on transpire beaucoup, mais ce genre d’efforts partagés, cet engagement mutuel pour embellir notre chez-nous, fait partie du ciment de notre couple aussi.
Une fois qu’on en a assez ou que notre mini-tâche du jour est terminée, on s’assied quelques minutes sur la terrasse, les mèches de cheveux collantes sur le front, les ongles noirs de terre, mais emplis de la satisfaction du travail accompli. On discute encore un peu, jusqu’à ce que le soleil disparaisse totalement et que les moustiques nous délogent. Alors, rien de meilleur que la douche délassante qui lave toute cette saleté, toute cette sueur, qui détend les muscles et nous prépare à la relaxation de la nuit…

Manger des tomates et une boule de mozzarella, avec un filet d’huile d’olive, et puis c’est tout. Mon repas fétiche lorsque les belles tomates anciennes sont enfin mûres.

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Commencer à recueillir les fruits de mon labeur dans le potager, récolter les premiers légumes : petits pois, radis, roquette… et les mettre directement dans nos assiettes.

Prendre ma douche en laissant la fenêtre ouverte.
La fenêtre de la salle de bain donne directement dans la baignoire. De là, lorsque je prends ma douche, j’ai une vue sur mon jardin et sur le potager, et la forêt en arrière-fond.
Je considère comme un luxe le fait de pouvoir ouvrir la fenêtre sans craindre d’être vue (pas de voisin de ce côté là de la maison), mais surtout de profiter du jet d’eau tout en observant la nature, la végétation foisonnante du bois, le ciel, etc… J’ai l’impression de me doucher dehors, au Costa Rica par exemple (le pouvoir de l’imagination ^-^). Et ce que j’aime le plus :  la petite brise légère qui s’engouffre et rafraîchit, parfaite en ces chaudes journées de canicule.

Manger une glace par jour.
Sans culpabiliser.

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Regarder les orages avec Robinson.
Les soirs d’orage, nous aimons nous installer dehors, à l’abri, et observer le spectacle des éclairs et du tonnerre. On s’assied dans nos fauteuils de jardin, une bière (0% pour moi) ou une tisane à la main, et on s’extasie en frissonnant, bien heureux de ne pas être directement sous la tempête.

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Traîner en uniforme estival = short en jeans et débardeur loose.
Et puis, exceptionnellement, pour sortir, pour voir des amis, pour boire un verre, enfiler une de mes robes longues que j’adore.

L’odeur de la crème solaire.
Impression immédiate d’être au bord de la mer.
Mes préférées sont : l’huile solaire de Bioderma (indice 50) et la crème solaire des laboratoires de Biarritz (qui a, en plus, une bonne composition je crois ! et sent divinement bon…)

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Voici des petits riens qui, je les ai remarqués, me font sourire chaque jour, m’emplissent de bien-être ou de félicité, et participent de la douceur de cette période de fin d’année scolaire, de début de vacances… Ce sont aussi des petites perles qui, enfilées les unes après les autres, construiront des souvenirs durables de la vie douce qu’on a pu mener à certains moments de notre existence…
Bien sûr, comme tout le monde, parfois je rêve de plus. Maintenant que j’ai une maison, un jardin, eh bien… j’ai envie d’une piscine… ! C’est insupportable, le besoin humain de toujours plus, toujours mieux. Non ? Heureusement, pour l’instant, mes idéaux écologiques et la réalité de nos finances freinent mes envies de bassin bleu turquoise… Et puis j’ai d’autres d’autres projets, d’autres rêves fous, surtout, qui seront prioritaires sur la piscine ! En attendant, on continuera d’avoir chaud, de s’arroser au jet d’eau extérieur, d’aller se baigner à la rivière, de faire trempette dans la mini-piscine de Little, et… de manger des glaces.

Et vous, quels sont vos petits bonheurs de ce début d’été ?

Let the night fall

IMG_1006Le rythme de nos vies, la ville, l’alternance des saisons… beaucoup de choses font qu’on ne peut pas, ou plus, vivre au rythme du soleil. Dans certains pays, plus proches de l’équateur, cette vie basée sur le rythme de la nature existe encore. Au Costa Rica, par exemple, la durée de la nuit ne varie pas beaucoup entre l’hiver et l’été, aussi il est plus facile pour les Costa Riciens de s’adapter au rythme naturel de la journée, un rythme équilibré et stable tout au long de l’année : on se lève en même temps que le soleil, et lorsque celui-ci décline, on ne tarde pas trop et on va se coucher. En France, avec nos nuits de 6 heures en été et de 12 heures en hiver (j’exagère à peine), imaginez le bazar que ce serait si nos vies, notre travail, étaient basés sur le lever et le coucher du soleil ! Impossible.

Et pourtant, qui n’a pas rêvé d’hiberner pendant les longs mois d’hiver, comme le font les animaux? Quel enfant que nous avons été n’a pas ressenti une énorme frustration à devoir aller se coucher avant que le soleil n’ait disparu, à 22h30 au mois de juin? « Mais, maman, il est encore TÔT!!!!!! Il fait encore jour !!!… » Au Moyen-Age, ils avaient tout compris : en été, les paysans travaillaient des heures et des heures dans les champs, faisant des journées de 10, 12, 14 heures. En hiver, on restait chez soi, on « hivernait ».

Notre organisme, j’en suis sûre, est fait pour s’adapter à la lumière naturelle et au rythme de la terre. Malheureusement, nos vies, la société que l’on a construite et dont on a besoin, ne permettent pas ce respect du rythme naturel. Mais rien ne nous empêche, parfois, de revenir à ce rythme plus « originel ». Surtout ces jours-ci, avec l’été qui se profile, les journées qui s’étirent, la chaleur…

L’idée est simple : laisser le soleil se coucher, accueillir l’obscurité de la nuit tombante, sans s’imposer la transition par la lumière artificielle.
Nous avons presque tous cette habitude d’allumer la lumière dès que le soleil décline, comme si nous ne supportions pas la pénombre. C’est juste un réflexe, je le fais aussi. Le jour décline? Hop, j’appuie sur l’interrupteur, et c’est Versailles dans mon appartement, les 3 ampoules de la cuisine, les spots au-dessus du bar, les petites lampes dans chaque coin du salon, la guirlande lumineuse à côté de la porte, etc… Je ne laisse pas la nuit tomber, je préfère anticiper et prendre l’obscurité de vitesse. Et pourtant, rien de plus apaisant pour notre esprit, pour notre organisme, que de vivre la tombée naturelle du jour et l’arrivée progressive de la nuit. La transition naturelle, au rythme des éléments.

IMG_0951Plutôt que de brancher tous nos appareils électriques, et, pire, plutôt que d’allumer nos écrans (qui, par leur lumière blanche et puissante, envoie à notre cerveau un message complètement contradictoire : « Ah ah, tu croyais que c’était le soir et tu commençais à te mettre en veille? Non non non! Avec ma lumière blanche, hop je te fais croire que c’est à nouveau le grand jour et je te réactive puissance dix-mille!!! Gnark gnark gnark… » (oui, les écrans sont méchants), bref, plutôt que de céder à nos bonnes vieilles habitudes de terriens 2.0 ultra connectés, pourquoi ne pas, pour une fois, prendre le temps de laisser la nuit tomber ?

L’idée est simple : le soleil se couche tranquillement, je n’allume aucune lumière, je laisse la pénombre pénétrer dans l’appartement et mes yeux s’adapter à la lumière déclinante. J’accepte ce « entre chien et loup » si poétique et si traînant. J’aime vraiment ce moment, on croirait que le temps s’arrête, laissant suspendu le jour pas encore parti, la nuit pas encore arrivée, comme si la Terre n’était pas bien décidée, comme si la nature hésitait. Et puis fatalement, à un moment, on réalise que voilà, la nuit est bien là, tombée sans qu’on s’en soit vraiment aperçu, discrète et légère qu’elle est. Et la lune finit par apparaître elle aussi, si elle n’était pas déjà présente en plein jour, narguant le soleil qui lui, n’a pas cette chance de pouvoir être et ne pas être à la fois…

Accepter cette transition entre le jour et la nuit, laisser la pénombre s’installer… ça paraît tout bête, mais le fait-on assez ? Prend-on le temps d’arrêter le temps, dans nos soirées minutées, soirées dont on veut profiter de chaque seconde car elles sont trop courtes et nos journées de travail trop longues ?
Robinson râle un peu, parfois, lorsqu’il veut allumer la lumière et que je l’arrête. Mais lorsqu’il a plus le temps, le week-end par exemple, il apprécie aussi ce nouveau rythme, et on savoure ensemble les couchers de jour (l’orientation de notre appartement nous offre de magnifiques levers de soleil, mais pas les couchers ^^), les levers de lune, on prend le temps de regarder les rares étoiles qui ne se sont pas laissées intimider par la ville (ahhh, ces nuits étoilées à la campagne ou à la montagne , c’est autre chose !), on n’allume aucune lumière et on laisse la nuit nous envelopper. Ces moments sont magiques, lents et intenses à la fois, et toujours une source d’apaisement (le cerveau se calme), de sérénité (avoir la certitude de ne faire qu’un avec la nature, faire partie d’un tout) et de prise de conscience : on est bien, là… que pourrait-on désirer de plus ?

IMG_0994Ces moments suspendus et calmes me renvoient aussi, systématiquement, à nos souvenirs de voyage, aux couchers de soleils incroyables auxquels nous avons assisté dans des endroits magiques, la nuit tombant sur Los Angeles, le soir rouge et chaud sur Red Canyon, les milliards d’étoiles sur le lac Tekapo en Nouvelle-Zélande, la pleine lune phosphorescente près de Wanaka, le gros soleil orangé, déclinant, bordé de nuages anthracites sur les eaux de Tahiti, l’immense océan argenté aux reflets de cuivre de Playa Grande au Costa Rica … la nature me rappelle la Nature, la grande et sauvage, et me donne des envies d’évasion…

KAA-Etats-Unis (6)souvenir d’un coucher de soleil et d’un « lever de nuit » sur Los Angeles, il y a presque deux ans

Regarder la nuit, les étoiles, ne rien faire… un luxe à portée de tous, qui nous rappelle combien nous sommes petits, sur cette immense, puissante Terre.

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