Avril aux Nouettes

Nous sommes en vacances scolaires depuis une semaine, Little et moi. Et j’avais oublié à quel point les vacances d’avril peuvent être ressourçantes. Je voulais l’écrire et les décrire ici, afin de m’en souvenir pour les prochaines années.
Le printemps et l’automne sont des saisons intermédiaires : périodes de gros changements climatiques, mais aussi émotionnels. Ma prof de yoga nous a expliqué qu’on pouvait fréquemment se sentir déprimé, ou nerveux, et la plupart du temps, fatigué aussi. Le corps s’épuise pour s’adapter aux changements. Il y a quelques années, ma kiné, elle, m’avait raconté que le taux de dépressions était plus élevé durant ces saisons intermédiaires. Je ne sais pas si c’est une vérité, mais ça me semble probable car j’ai moins même très souvent ressenti des passages de blues, inexplicables, au printemps (mais moins en automne, saison que j’adore et savoure toujours intensément).
Cette année, je redoutais un peu ces nouvelles chutes émotionnelles du printemps, car après une rentrée scolaire difficile, et un automne mouvementé, je ne me sentais pas la force d’affronter une nouvelle vague de doutes, d’angoisses, de crises ou de déprime.
Heureusement pour moi, cette année, le printemps, je le vis bien ! Je ne sais pas si c’est dû au fait de vivre à la campagne, ou de passer mes journées dans une maison que j’adore, et dans mon jardin… ou encore si c’est parce que Little a grandi et qu’il devient plus facile de s’en occuper aujourd’hui qu’il y a six mois encore… Tout est possible, je n’ai pas de réponse, mais une seule certitude : cette première semaine de vacances d’avril a été parfaite. Et je VEUX m’en souvenir !

Un coin du jardin, le bac à compost et Little qui attrape des insectes.

 

VIVRE DEHORS

Notre maison n’est pas une grande et belle demeure avec des poutres apparentes et des moulures aux plafonds (dommage…). Je veux dire : on ne peut pas vraiment lui trouver du cachet. Elle est toute simple, pas vraiment belle de l’extérieur, mais bon, elle est bien pratique car elle c’est une maison de plein-pied. Et pour ce qui est de l’intérieur, nous avons tout refait à notre goût, alors même si elle n’a pas trois mètres de hauteur sous plafond ni un parquet en chêne massif, je la trouve agréable à vivre, fonctionnelle, et à mon goût (et c’est ça qui compte, on est d’accord). L’une des choses que j’apprécie dans ma maison, ce sont ses portes vitrées tout le long du séjour-cuisine. Aux beaux jours, on ouvre tout, porte d’entrée incluse, et on vit moitié dedans, moitié dehors. C’est exactement ce dont je rêvais lorsque j’imaginais ma maison.
Vous commencez à le savoir, je suis une amoureuse de la nature. Vivre dans une maison sans jardin ou sans accès à l’extérieur, c’était inenvisageable. Le plein-pied et les baies vitrées sont parfaits pour notre mode de vie. Ainsi, nos journées de vacances, avec Little, se passent aussi bien dehors que dedans. La maison déborde sur la terrasse, le matériel de dessin, les jouets, les préparatifs des repas, tout ce que l’on peut faire à l’extérieur est un prétexte pour vivre hors des murs. Aujourd’hui, en fin de journée, Little faisait des Legos dans le salon, et j’étais de l’autre côté de la baie ouverte, j’épluchais des légumes pour le dîner. On avait mis la musique dans le salon, on discutait de part et d’autre de l’ouverture, c’était très agréable. À un moment, il y a eu Dancing in the streets (Martha Reeves and the Vandellas) et on s’est mis à danser dans le séjour, Little sautillait partout, on a ri comme des baleines… puis on a couru dans le jardin pour jouer au loup, faire un peu de balançoire pendant que les artichauts cuisaient tranquillement. Cette vie dedans-dehors, ça paraît évident, mais ça me rend vraiment heureuse. Alors, oui, ma maison n’est pas toujours super propre car les allers-retours intempestifs font entrer l’herbe, les feuilles, la terre, les cailloux, les petites bêtes. Mais l’élan de vie qui accompagne cette ouverture sur l’extérieur vaut largement les quelques minutes d’aspirateur supplémentaire que j’offre chaque jour à ma maison ^-^

Little au bord de la Saône.

JARDINER

C’est devenu une véritable passion, mais au fond je sais que ç’a toujours été là, en moi. Ma grand-mère italienne avait un jardin minuscule mais d’une richesse incroyable. Elle cultivait de tout, faisait du compost, récupérait l’eau des pâtes et des légumes bouillis pour arroser ses plantations. J’étais enfant, je ne m’intéressais pas encore au jardinage, mais aujourd’hui je le regrette. J’aurais aimé partager ça avec elle.
Ma mère a repris le flambeau : dans notre maison familiale, elle cultive un jardin qui, année après année, se révèle de plus en plus spectaculaire. C’est un paradis de fleurs et de massifs colorés. Son potager, l’été dernier, nous a tous laissés bouches bées. Les tomates croulaient, tout était luxuriant et savoureux.

Les iris se sont ouverts ce matin.

Jardiner, aujourd’hui, c’est comme le yoga pour moi. Je passe beaucoup de temps à observer mes plantations, ou tout simplement la vie au jardin, ce qui se passe sous mes yeux sans que j’intervienne. Je ne connais pas encore tous mes arbres, toutes mes fleurs, je me laisse surprendre par des éclosions et des couleurs, car je n’ai vécu qu’un printemps dans notre maison pour l’instant, et je n’ai pas eu le temps de tout mémoriser.
Jardiner m’enseigne la patience et la persévérance car il faut beaucoup d’erreurs et d’échecs avant d’obtenir une réussite dans un potager. Je suis du genre impatiente, alors je me tempère, je prends mon temps. Je sais que nous sommes ici pour quelques années, et que je n’ai pas besoin de me presser. J’aimerais planter des dizaines d’arbres fruitiers, des mûriers, des framboisiers, des groseilliers… mais j’attends de voir si les trois pieds que j’ai plantés cet hiver donneront quelque chose. J’observe mon terrain, l’ensoleillement, je teste et expérimente. Chaque week-end, je fais des semis, je note tout sur mon carnet de bord du jardin, j’aimerais parvenir à des conclusion intéressantes pour les années à venir, afin de gagner en efficacité et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Le printemps est un moment passionnant au jardin, on a envie de planter, de faire pousser, la nature se réveille et on veut participer à l’explosion de bourgeons, de fleurs, de parfums, aux centaines de micro-changements qui s’effectuent tout autour de nous.

Il y a quelques mois, ici il n’y avait qu’une pente raide d’herbe, de ronces et de bulbes. J’ai créé des terrasses et planté toutes sortes de fleurs et arbustes. Dans deux ou trois ans, on verra bien si j’ai parfaitement échoué ou si ce projet va porter ses fruits et nous offrir une belle entrée colorée et foisonnante.

Mon jardin imparfait, où il reste tant à faire, ce projet-en-cours qui durera des années, je crois que c’est lui aussi qui me fait aimer le printemps cette année.

LECTURE ET INSPIRATION

Ma petite bible superficielle

Au printemps 2013, j’avais acheté un petit livre de cuisine-lifestyle : Ma detox made in Hollywood, d’Elsa Launay. Le titre peut faire sourire, oui. C’était le début de la mode healthy, cuisine bio et veggie, écolo sexy et tout le reste. À l’époque, ce genre de livre ne pullulait pas dans les librairies, et j’avais été très heureuse de découvrir Ma detox made in Hollywood qui était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là de ma vie. J’avais envie de cuisiner mieux, de bouger plus, ce petit ouvrage a été plus qu’une source d’inspiration pour moi, comme vous allez le voir.
C’est devenu comme un rituel, au printemps : je relis Ma detox made in… (MDMIH pour faire court, si vous le voulez bien).
À noter : je le relis, certes, mais pas sans un regard critique ni un sourire aux lèvres.
Pourquoi ce livre et pas un autre ? MDMIH n’est pas qu’un simple recueil de recettes. D’ailleurs, en parlant de recettes, elles ne sont pas vraiment exceptionnelles, celles que propose l’ouvrage. Healthy mais simplistes, et pas toutes végétariennes. Parfois, Elsa Launay décrit une simple salade pamplemousse-avocat. Ou une galette de riz soufflé tartinée de compote maison. Rien d’extravagant ni de compliqué.

Les petits-déjeuners des vacances sont les meilleurs…

Ce livre n’a pas pour ambition de nous transformer en Cyril Lignac, ni d’impressionner nos invités, PAS. DU. TOUT.
C’est un livre pour soi, un ouvrage qui part du principe qu’on aurait, pouf comme par magie, dix jours de temps libre à occuper, seule, et qu’on en profiterait pour se faire une detox. Et pas n’importe où, attention. Non. À Los Angeles, excusez du peu.
(D’où, entre autre, mon sourire narquois lorsque je relis ce bouquin ^-^)
Mais l’objectif, ce n’est pas la véracité, l’authenticité de l’expérience qu’on nous décrit. Moi, quand je lis MDMIH, j’y cherche l’inspiration. Ce serait l’histoire d’une française qui passerait quelques jours en solo à L.A. (ma ville chouchoute), et qui n’aurait pour seule directive que de prendre soin d’elle. Alors Elsa Launay nous décrit une espèce de déroulement journalier parfait et idyllique : tu te lèves le matin, tu fais quelques postures de yoga au bord de la piscine, puis tu bois un smoothie épinards-poire-ananas. Ensuite, tu chausses tes baskets pour un petit running au Runyon Canyon de L.A. À midi, tu prépares des tagliatelles de courgettes sauce pesto, et une salade de patates douces rôties sur lit de roquette, hyper detox. Après une sieste au bord de la piscine, il est temps de faire une séance de yoga en regardant les étoiles, et bla bla bla…
Hilarant, n’est-ce-pas ?
Alors bon, j’imagine que les lectrices-eurs qui ont pris ce bouquin au pied de la lettre ont du être quelque peu, heu, … décontenancé(e)s ? Difficile de reproduire à l’identique ce que l’auteure nous encourage à mettre en œuvre pour notre semaine de detox. Il faudrait pour cela : vivre à LA, avoir un jardin à LA, avec un spa, beaucoup d’argent pour assister aux cours de yoga ou se payer les massages dont elle parle, et aussi, ne pas avoir de mec, d’enfant, de boulot, etc… Bref. PAS POSSIBLE.
En fait, je crois que c’est ça que j’adore dans cet ouvrage. Je ne pense pas qu’Elsa Launay se prenne au sérieux deux minutes. Elle nous décrit un fantasme total, et moi j’adhère, je voyage, je rêve complètement.
Lire quelques pages par jour, ça me redonne juste la dose d’inspiration et de motivation nécessaires pour prendre soin de moi à ma façon et dans la mesure de mes moyens.
Je suis humaine, parfois je craque volontiers pour un goûter bien gras et pas healthy du tout, ça arrive, pas grave… Mais il y a aussi des moments où je me laisse un peu dépasser par mes envies (pulsions?) et où j’ai besoin de reprendre le contrôle. Au printemps, après un hiver un peu difficile, j’ai envie de prendre soin de moi et de faire mieux. De retrouver des bonnes habitudes, de prendre du temps pour cuisiner et innover un peu côté recettes, de faire le plein de vitamines pour affronter tous les changements de cette saison. Lire MDMIH, c’est comme écouter une playlist motivante lorsque les beaux jours reviennent et avoir envie de se remettre au sport. Tous ces clichés décrits dans le livre, cette parenthèse enchantée racontée par Elsa Delaunay, ça me fait rêver et m’inspire et me donne envie de dérouler mon tapis de yoga plus souvent, d’offrir à mon corps des petits plats pleins d’antioxydants et de vitamines, de délester mon organisme de toxines et d’autres trucs qui m’alourdissent, de dormir beaucoup, de marcher, de sourire.
Bref, c’est un tout petit livre de cuisine hyper marketing qui a surfé sur la vague de la mode bobo-healthy, mais pour moi c’est juste efficace et inspirant, un véritable shoot de bonne humeur et de motivation pour vivre sereinement le printemps.

 

CUISINER

Je ne vais pas beaucoup développer cette partie, car cela recouperait ce que je viens de dire. Notons simplement que j’ai très envie de cuisiner et de prendre soin de moi et de ma petite famille en ce moment ; je prépare des salades fraîches, je cuisine des légumes de saison (j’adore les asperges, les petits pois, les artichauts… c’est un bonheur de les réintroduire dans nos menus !), je prends le temps de prévoir plusieurs repas pour les jours à venir afin d’anticiper les courses et le gaspillage (si seulement j’avais le temps de faire ça toute l’année…). On fait aussi beaucoup de pâtisserie avec Little, et souvent ces moment gourmands suffisent à combler mes fringales de sucre car, après avoir préparé la pâte à gâteaux ou le mélange pour des Bounty maison par exemple, je n’ai plus vraiment envie de les manger lorsqu’ils sont prêts ^-^ J’ai l’impression que je parviens plus vite à satiété lorsqu’il s’agit de produits faits maison.

 

FAIRE DU YOGA

Est-il besoin d’en dire plus ? Dans les périodes où j’ai besoin de me recentrer, le yoga est toujours un allié de choix. Plus de douceur et d’indulgence envers moi-même, apaisement du mental, ralentir et se satisfaire de ce qu’on a… tous les messages, tous les objectifs du yoga sont honorables et devraient, idéalement, accompagner notre quotidien. En tous cas, ce serait le rêve pour moi, pratiquer tous les jours. Honnêtement, avec une vie de famille et un travail prenant, des trajets longs et ma foultitude d’autres passions (!), c’est difficile de caser une pratique quotidienne du yoga. Mais je ne désespère pas, et ce que je trouve très positif dans tout ça, c’est que depuis presque dix ans, le yoga m’accompagne de façon extrêmement régulière. Pour la fille papillonnante que je suis, c’est assez rare une telle fidélité (je parle de mes activités et centres d’intérêts, bien sûr, pas de ma vie amoureuse ^-^). Je sais que le yoga tient une place primordiale dans ma vie et, tel un pendule, ou un papillon de nuit subjugué par une lumière dans le noir (pour rester dans la métaphore), je gravite continuellement autour, parfois de près, de manière très assidue, parfois d’un peu plus loin, en pratiquant par pointillés, par petites touches de temps en temps. Mais c’est là, en moi, les enchaînements d’asanas sont ancrés, le flux de mes respirations devient automatique dès que je mets un pied sur mon tapis, alors je sais que c’est gagné et que, avec le temps, je grignoterai de plus en plus de moments pour pratiquer. J’en suis sûre. Parce-que je le veux.

 

BOUGER

Ce matin, Little et moi sommes allés dans un village voisin qui propose plusieurs sentiers de marche. Nous avons fait une randonnée de 2H30, dans les vignes, la forêt, les champs, en pleine campagne et sur les hauteurs de la vallée de la Saône. Il faisait beau, chaud, Little étrennait sa nouvelle paire de chaussures de rando, nous avions pris une gourde en alu et deux pommes, et tout notre enthousiasme pour effectuer notre parcours. C’était tout simplement parfait. Little a marché (je ne peux plus le porter, de toutes façons, il est bien trop grand et lourd !), ramassé des bâtons, pêché (des poissons imaginaires dans les ornières du chemin), cueilli des fleurs, dévalé des pentes en courant, grimpé aux arbres, découvert une cabane en branches, écouté les histoires des Trois petits cochons et du Petit Poucet (un bon moyen pour le faire se concentrer sur autre chose que les kilomètres, lorsque la fatigue se fait sentir ^-^), partagé sa pomme verte avec moi, et croqué dans ma pomme rouge, bu à la gourde comme un véritable Robinson… et puis, clou du spectacle, alors que nous ne y attendions pas, nous sommes tombés nez à nez avec un serpent ! Le choc ! Je vous avoue que j’ai eu peur, nous étions à quelques centimètres seulement, et la couleuvre était immense, elle faisait plus d’1m50, et ne nous quittait pas des yeux !!! Nous avons pris des photos, malgré tout, pour garder un souvenir de cette rencontre mémorable.
C’est peut-être bête, mais c’est ce genre de moments que je rêvais pour mes enfants. Je voulais les élever dans la nature, à la campagne (bon, ou à la montagne, je ne suis pas difficile !), et partager en famille des moments simples et authentiques, sans besoin de consommer ou de paraître. La randonnée, c’est exactement ça : on découvre des belles choses, on apprend à respecter la nature, on se dépense physiquement, on discute et on se tait aussi, c’est une activité que j’aime depuis longtemps et que je suis profondément heureuse de partager aujourd’hui avec mon petit loulou de trois ans et demi.

Le serpent qui m’a surprise en pleine randonnée dans les champs.

 

Comment profitez-vous du printemps de votre côté ?
À bientôt, avec un billet sur notre voyage dans le Yorkshire (on décolle demain !).

 

NB : les photos de ce billet sont privées et non libres de droits. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Petits bonheurs de l’automne (idées, inspirations, instantanés)

Je ne suis pas très présente ces derniers temps, disons que la vie de famille, le quotidien, les soucis entre travail et éducation de Little me prennent toute mon énergie, et m’aspirent en ne laissant de moi plus rien qui vaille la peine d’être rapporté ici (je vous en parlerai sans doute plus en détail prochainement, le temps que je digère un peu ces dernières semaines). Heureusement, je suis en vacances depuis quelques jours, et je me suis dépêchée de partir (avec Little sous le bras, bien sûr) chez mes parents, dans leur belle et apaisante campagne lorraine, pour me faire dorloter, dormir un peu plus les matins, et profiter de ma famille. J’ai donc pu recharger mes batteries, lire lire lire, me reposer, et prendre à nouveau beaucoup de temps pour d’autres aspirations que celles du quotidien. Bien sûr, mes passions tournent toujours autour des mêmes thématiques : l’éducation libre (on ne se refait pas…), la nature, les livres et fabriquer des trucs.

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Vie de famille

Les débuts à l’école pour Little sont…, hum, compliqués. Il ne s’agit pas de l’école en soi, mais plutôt d’un ensemble d’éléments qui ont un peu perturbé notre équilibre. Je rentre plus tard car je travaille loin, et plus. Les journées sont longues pour Little. Je sens qu’on a fortement besoin de nous reconnecter à la nature, car même en vivant à la campagne et en randonnant beaucoup, on passe finalement encore trop peu de temps dehors. C’est comme si, depuis que je vis dans une maison, j’avais moins besoin de sortir tout le temps car j’ai la nature sous les yeux à chaque instant. Or, cette baisse de mon envie d’être dehors n’a peut-être pas aidé Little à bien vivre tous les changements de ces derniers mois. Je sens qu’il a besoin de passer énormément de temps à l’extérieur, en liberté totale. Libre de grimper, de fabriquer des choses, de gratter la terre ou le sable, de transporter des cailloux ou de sauter dans les flaques.
Mes désirs de jolis jardins ou de potagers prolifiques se sont confrontés à son besoin de liberté ; je crois que je dois me recentrer sur sa croissance à lui, et oublier celle de mes légumes. Stresser à cause du jardin, des plates-bandes, des semis et jeunes pousses qu’il ne faut pas abimer, tout cela a créé des tensions et m’a fait perdre de vue mon objectif en tant que mère : laisser mes enfants grandir librement, sans les stresser, sans transformer leur environnement naturel en espace policé et contraint. Bien sûr, il y a des règles, il faut respecter certains espaces et Little ne doit pas se transformer en Destructor sous couvert d’autonomie et de liberté. Entre ces extrêmes, à moi de trouver l’équilibre pour que chacun trouve sa place dans notre grand jardin en fouillis.
J’ai regardé cette courte vidéo qui parle des écoles en forêt, au Danemark. Il y en a de plus en plus qui se créent dans le monde, je trouve le principe très intéressant, pas forcément pour l’idée de l’école en soi, mais de manière plus globale, et ce que cela révèle des besoins des enfants : s’épanouir en autonomie et en symbiose avec la nature.
Je réalise que Little a actuellement un fort besoin de bouger, de sauter, de crier, comme s’il était à l’étroit dans un carcan trop rigide ou en train d’essayer de se débarrasser de son ancienne peau pour muer vers la nouvelle. Il est clairement en train d’évoluer du stade de bébé à celui de petit garçon, je le vois grandir – à une vitesse folle ! Il a besoin d’explorer le monde, et ce monde, pour l’instant, est celui que ses parents vont préparer pour lui, dans lequel le laisser tranquillement vaquer à ses occupations : notre jardin, notre village, la forêt. Le reste, viendra en temps voulu, ou avec d’autres accompagnants (à l’école…)
J’ai découvert cette citation de Nietzsche et elle me parle beaucoup : Si nous nous trouvons tellement à l’aise dans la pleine nature, c’est qu’elle n’a pas d’opinion sur nous.

 

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Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma, mais depuis que nous sommes parents et surtout, depuis que nous ne vivons plus en centre-ville, j’y vais rarement, trop rarement à mon goût. Je me rattrape en regardant des films à la maison mais ce n’est pas pareil, rien ne vaut une vraie sortie au cinéma, dans la salle obscure, avec un paquet de pop-corn bien sucré et le son au maximum pour se plonger totalement dans l’ambiance d’un film. Alors, à chaque fois que je rentre chez mes parents, j’en profite pour leur laisser Little le temps d’une soirée et m’offrir une escapade au cinéma, seule ou avec Robinson s’il est là lui aussi. Cette semaine, nous avons eu de la chance car sortait First Man, le dernier film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling. Je ne suis pas particulièrement fan des films traitant de l’exploration spatiale, mais Robinson, lui, adore (son film préféré ? Interstellar… ^-^) et étant donné que, pour ma part, j’aime énormément Chazelle ET Gosling (La La Land midinette forever) je ne me suis pas faite prier pour me rendre à cette séance ! Et tant mieux car nous avons passé un bon moment : le film est chouette (pas aussi exceptionnel que La La Land ou Whiplash, c’est sûr…) et on a passé un bon moment. Je peux vous dire, surtout, que cela m’a changé les idées et que c’est exactement ce dont j’avais besoin.

 

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Automne

Little ramasse des feuilles, s’y roule avec délice, on a fait cuire des châtaignes dans le feu de la cheminée, on dessine des arbres et on les colorie aux couleurs de l’automne… Je lis devant le feu, ma mère me prépare des tasses de thé, de tisane. On fait de grandes balades en trottinette et draisienne, ou à pieds. Ma mère tricote tranquillement à côté de nous pendant qu’on lit des histoires. Au goûter, on se régale de chocolat dans du pain. Un classique inégalé.
Little a regardé ses premiers Walt Disney (La Belle et la Bête, sa passion, et Le Livre de la Jungle) mais j’essaie de limiter encore les écrans, et de ne lui proposer un dessin animé que TRÈS ponctuellement (j’avais essayé de dédramatiser mon opinion sur les écrans et la petite enfance, mais je viens de retomber sur des textes et informations qui m’ont questionnée et je n’ai donc, à nouveau, plus du tout envie que Little regarde des films… Je tergiverse, je m’interroge, je ne sais pas quoi penser…) (#lâcherprise…)
Je viens d’acheter un presse-fleurs afin de faire sécher les jolies feuilles d’automne que Little ramasse et collectionne. J’ai hâte de l’essayer et d’accompagner mon fils pour la création de belles affiches ou d’un herbier poétique à quatre mains.

 

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Yoga

Dans mon village ont lieu deux cours de yoga chaque semaine, je suis inscrite à l’un des cours et j’y vais hebdomadairement, pour mon plus grand plaisir. Je ne m’attendais pas à trouver un cours de si grande qualité dans un tout petit village comme le mien. Ma prof propose des cours de Yoga Integral, j’aime le fait qu’elle nous parle des saisons, des quatre éléments, de nourriture… en plus des postures ou de la respiration. En cette période de rentrée, de stress, et de fin des beaux jours, je peux vous dire que cette échappée a été extrêmement bénéfique pour moi, et je ne m’en passerais pour rien au monde en ce moment !
J’ai aussi décidé de pratiquer plus souvent chez moi devant Little. En effet, je pratique déjà à la maison, mais seule et tranquille. Or, je crois que si je veux encourager mon fils à plus de sérénité, faire du yoga devant lui et lui donner envie de participer, de se joindre à moi, pourrait être utile. J’ai déjà essayé de l’initier, nous avons un très bel album sur le sujet, et il adore me piquer mon tapis de yoga orange…
Il faut que j’achète un nouveau tapis (ça tombe bien, le mien commence à partir en lambeaux…) afin que nous ayons chacun le nôtre, et que je puisse l’inviter à me joindre sur le tapis de manière ludique et informelle le plus souvent possible.
Si vous avez des marques de bon tapis de yoga à me conseiller, je suis preneuse ! Car je cherche, je cherche, mais je n’y connais rien et je ne sais pas que choisir !

 

J’espère avoir le temps ces vacances de rédiger un deuxième billet pour vous raconter nos derniers mois agités ! À très bientôt.

La vie au ralenti

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              Nous sommes chez mes parents, en Lorraine, depuis une dizaine de jours, et je me sens enfin en vacances, enfin reposée, je profite ! Pourtant, il y a Little dont il faut s’occuper chaque minute, avec son énergie débordante et malheureusement non communicative ^-^ Il y a la maison à garder propre, car mes parents travaillent et je passe mes journées seule, je n’ai pas envie qu’ils retrouvent leur intérieur sens dessus dessous en rentrant du travail. Mais malgré cela, je me sens en vacances et reposée. Peut-être est-ce le vert qui nous entoure, couleur dominante de notre décor depuis plusieurs jours. Peut-être est-ce l’absence de bruit dehors, de route passante, de voitures, de travaux, de cris, de foule. Peut-être est-ce le fait d’être tant d’heures à l’extérieur, quel que soit le temps. Peut-être est-ce dû aux longs bains qu’on prend chaque soir, Little et moi, dans l’immense baignoire de mes parents (bien sûr, ce n’est pas très écologique, mais Little n’est pas encore prêt pour la douche… On y travaille ! Et un bain pour deux, c’est toujours mieux que deux bains pour deux ^-^). Peut-être que les températures douces et la fraîcheur des soirs y sont pour quelque chose aussi…

Je ne sais pas, c’est sans doute tout ça. En tous cas, je sens que je décompresse, que je laisse descendre toutes les tensions de ces dernières semaines, qu’elles quittent mon corps petit à petit…

Notre quotidien ici est simple, je ne cherche pas à trop le remplir, à trop nous occuper. Le matin, Little et moi mangeons plein de tartines de confiture, puis il joue avec ses voitures tandis que je range la cuisine. J’ouvre la baie vitrée pour aller cueillir les légumes du déjeuner dans le potager de mes parents. En ce moment, on mange surtout des haricots, des tomates, des courgettes et des salades. Je prépare le repas de midi en avance, pour ne pas être pressée par la suite. Je trouve ça fabuleux d’avoir ainsi tout à portée de main. Ça parait naturel, c’est ancestral, mais chaque jour je m’extasie devant la profusion de légumes qui poussent dans trois mètres carrés de terre !

Généralement, nous sortons dans le village vers 9h, Little veut désormais marcher et je prends sa poussette pour la forme, au cas où il serait trop fatigué sur le chemin du retour. Il est en train d’apprendre les règles de sécurité route-trottoir, c’est long et laborieux mais il commence à comprendre. Il n’y aurait pas meilleur endroit qu’ici pour lui apprendre ces règles. Peu de circulation, des trottoirs larges, on a l’espace et le temps qu’il faut pour travailler cette aptitude !
On fait de grandes marches, au bord de l’eau, puis on va voir les chevaux, les tracteurs, les vaches, enfin on termine par l’aire de jeux avec notre rituel du bateau pirate (Little est le capitaine, il court vers la barre, crie « à babord » puis se précipite sur les jumelles et lance « baleines bleues !! » puis on évacue le bateau par le toboggan, hilares, et on recommence) (= maman essouflée.à la fin).

A midi, on déjeune dehors, les pieds dans l’herbe. Au soleil, ou pas, mais ici on a l’habitude de ne pas attendre que la météo soit clémente pour être à l’extérieur. Puis c’est la sieste, et je profite de ce moment pour coudre, ou lire, mais surtout pour écrire. J’ai bien avancé dans mon projet de roman, j’en suis à la moitié, j’espère vous en reparler bientôt par ici.

Après la sieste, on goûte, on joue dehors, on lit, on dessine, et on marche encore et encore. Je discute avec les voisins, Little est très sociable ça me force à ne pas être sauvage. Le soir venu, parfois on boit un apéritif avec mes parents dans le jardin, parfois on reste à l’intérieur et on prépare le diner. Lorsqu’il fait nuit je lis un peu, ma mère fait des tisanes pour tout le monde, et voilà à quoi ressemble une journée ici. Lente et douce.

Les vacances…

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la récolte du jour

 

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figues et poires du jardin

 

cueillir des carottes sauvages et en faire des bouquets

 

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le plant de courge butternut qui envahit l’espace,
et le potager qui se fond dans le reste du jardin….