Petits bonheurs de l’automne (idées, inspirations, instantanés)

Je ne suis pas très présente ces derniers temps, disons que la vie de famille, le quotidien, les soucis entre travail et éducation de Little me prennent toute mon énergie, et m’aspirent en ne laissant de moi plus rien qui vaille la peine d’être rapporté ici (je vous en parlerai sans doute plus en détail prochainement, le temps que je digère un peu ces dernières semaines). Heureusement, je suis en vacances depuis quelques jours, et je me suis dépêchée de partir (avec Little sous le bras, bien sûr) chez mes parents, dans leur belle et apaisante campagne lorraine, pour me faire dorloter, dormir un peu plus les matins, et profiter de ma famille. J’ai donc pu recharger mes batteries, lire lire lire, me reposer, et prendre à nouveau beaucoup de temps pour d’autres aspirations que celles du quotidien. Bien sûr, mes passions tournent toujours autour des mêmes thématiques : l’éducation libre (on ne se refait pas…), la nature, les livres et fabriquer des trucs.

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Vie de famille

Les débuts à l’école pour Little sont…, hum, compliqués. Il ne s’agit pas de l’école en soi, mais plutôt d’un ensemble d’éléments qui ont un peu perturbé notre équilibre. Je rentre plus tard car je travaille loin, et plus. Les journées sont longues pour Little. Je sens qu’on a fortement besoin de nous reconnecter à la nature, car même en vivant à la campagne et en randonnant beaucoup, on passe finalement encore trop peu de temps dehors. C’est comme si, depuis que je vis dans une maison, j’avais moins besoin de sortir tout le temps car j’ai la nature sous les yeux à chaque instant. Or, cette baisse de mon envie d’être dehors n’a peut-être pas aidé Little à bien vivre tous les changements de ces derniers mois. Je sens qu’il a besoin de passer énormément de temps à l’extérieur, en liberté totale. Libre de grimper, de fabriquer des choses, de gratter la terre ou le sable, de transporter des cailloux ou de sauter dans les flaques.
Mes désirs de jolis jardins ou de potagers prolifiques se sont confrontés à son besoin de liberté ; je crois que je dois me recentrer sur sa croissance à lui, et oublier celle de mes légumes. Stresser à cause du jardin, des plates-bandes, des semis et jeunes pousses qu’il ne faut pas abimer, tout cela a créé des tensions et m’a fait perdre de vue mon objectif en tant que mère : laisser mes enfants grandir librement, sans les stresser, sans transformer leur environnement naturel en espace policé et contraint. Bien sûr, il y a des règles, il faut respecter certains espaces et Little ne doit pas se transformer en Destructor sous couvert d’autonomie et de liberté. Entre ces extrêmes, à moi de trouver l’équilibre pour que chacun trouve sa place dans notre grand jardin en fouillis.
J’ai regardé cette courte vidéo qui parle des écoles en forêt, au Danemark. Il y en a de plus en plus qui se créent dans le monde, je trouve le principe très intéressant, pas forcément pour l’idée de l’école en soi, mais de manière plus globale, et ce que cela révèle des besoins des enfants : s’épanouir en autonomie et en symbiose avec la nature.
Je réalise que Little a actuellement un fort besoin de bouger, de sauter, de crier, comme s’il était à l’étroit dans un carcan trop rigide ou en train d’essayer de se débarrasser de son ancienne peau pour muer vers la nouvelle. Il est clairement en train d’évoluer du stade de bébé à celui de petit garçon, je le vois grandir – à une vitesse folle ! Il a besoin d’explorer le monde, et ce monde, pour l’instant, est celui que ses parents vont préparer pour lui, dans lequel le laisser tranquillement vaquer à ses occupations : notre jardin, notre village, la forêt. Le reste, viendra en temps voulu, ou avec d’autres accompagnants (à l’école…)
J’ai découvert cette citation de Nietzsche et elle me parle beaucoup : Si nous nous trouvons tellement à l’aise dans la pleine nature, c’est qu’elle n’a pas d’opinion sur nous.

 

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Cinéma

J’aime tellement aller au cinéma, mais depuis que nous sommes parents et surtout, depuis que nous ne vivons plus en centre-ville, j’y vais rarement, trop rarement à mon goût. Je me rattrape en regardant des films à la maison mais ce n’est pas pareil, rien ne vaut une vraie sortie au cinéma, dans la salle obscure, avec un paquet de pop-corn bien sucré et le son au maximum pour se plonger totalement dans l’ambiance d’un film. Alors, à chaque fois que je rentre chez mes parents, j’en profite pour leur laisser Little le temps d’une soirée et m’offrir une escapade au cinéma, seule ou avec Robinson s’il est là lui aussi. Cette semaine, nous avons eu de la chance car sortait First Man, le dernier film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling. Je ne suis pas particulièrement fan des films traitant de l’exploration spatiale, mais Robinson, lui, adore (son film préféré ? Interstellar… ^-^) et étant donné que, pour ma part, j’aime énormément Chazelle ET Gosling (La La Land midinette forever) je ne me suis pas faite prier pour me rendre à cette séance ! Et tant mieux car nous avons passé un bon moment : le film est chouette (pas aussi exceptionnel que La La Land ou Whiplash, c’est sûr…) et on a passé un bon moment. Je peux vous dire, surtout, que cela m’a changé les idées et que c’est exactement ce dont j’avais besoin.

 

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Automne

Little ramasse des feuilles, s’y roule avec délice, on a fait cuire des châtaignes dans le feu de la cheminée, on dessine des arbres et on les colorie aux couleurs de l’automne… Je lis devant le feu, ma mère me prépare des tasses de thé, de tisane. On fait de grandes balades en trottinette et draisienne, ou à pieds. Ma mère tricote tranquillement à côté de nous pendant qu’on lit des histoires. Au goûter, on se régale de chocolat dans du pain. Un classique inégalé.
Little a regardé ses premiers Walt Disney (La Belle et la Bête, sa passion, et Le Livre de la Jungle) mais j’essaie de limiter encore les écrans, et de ne lui proposer un dessin animé que TRÈS ponctuellement (j’avais essayé de dédramatiser mon opinion sur les écrans et la petite enfance, mais je viens de retomber sur des textes et informations qui m’ont questionnée et je n’ai donc, à nouveau, plus du tout envie que Little regarde des films… Je tergiverse, je m’interroge, je ne sais pas quoi penser…) (#lâcherprise…)
Je viens d’acheter un presse-fleurs afin de faire sécher les jolies feuilles d’automne que Little ramasse et collectionne. J’ai hâte de l’essayer et d’accompagner mon fils pour la création de belles affiches ou d’un herbier poétique à quatre mains.

 

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Yoga

Dans mon village ont lieu deux cours de yoga chaque semaine, je suis inscrite à l’un des cours et j’y vais hebdomadairement, pour mon plus grand plaisir. Je ne m’attendais pas à trouver un cours de si grande qualité dans un tout petit village comme le mien. Ma prof propose des cours de Yoga Integral, j’aime le fait qu’elle nous parle des saisons, des quatre éléments, de nourriture… en plus des postures ou de la respiration. En cette période de rentrée, de stress, et de fin des beaux jours, je peux vous dire que cette échappée a été extrêmement bénéfique pour moi, et je ne m’en passerais pour rien au monde en ce moment !
J’ai aussi décidé de pratiquer plus souvent chez moi devant Little. En effet, je pratique déjà à la maison, mais seule et tranquille. Or, je crois que si je veux encourager mon fils à plus de sérénité, faire du yoga devant lui et lui donner envie de participer, de se joindre à moi, pourrait être utile. J’ai déjà essayé de l’initier, nous avons un très bel album sur le sujet, et il adore me piquer mon tapis de yoga orange…
Il faut que j’achète un nouveau tapis (ça tombe bien, le mien commence à partir en lambeaux…) afin que nous ayons chacun le nôtre, et que je puisse l’inviter à me joindre sur le tapis de manière ludique et informelle le plus souvent possible.
Si vous avez des marques de bon tapis de yoga à me conseiller, je suis preneuse ! Car je cherche, je cherche, mais je n’y connais rien et je ne sais pas que choisir !

 

J’espère avoir le temps ces vacances de rédiger un deuxième billet pour vous raconter nos derniers mois agités ! À très bientôt.

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Culture confiture

Ces derniers temps, dès que j’ai un moment (et franchement, ce n’est pas gagné, avec ce rush de la rentrée qui me ponctionne toute mon énergie!) je m’immerge dans tout ce qui peut me faire oublier les soucis du quotidien ; films, livres, musique, séries… J’ai eu quelques coups de cœur que je ne veux pas garder pour moi ! Les diffuser, les partager avec vous, et attendre vos retours en espérant que ça vous plaira autant qu’à moi, voilà l’idée de ce billet « culture confiture ».

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Un film attrape-coeur

Le prix du jury de Cannes 2017 était passé inaperçu chez moi. Et puis la dernière fois, en errant sur OCS, je vois ce titre et une image qui m’accroche, American Honey. Je me laisse tenter (c’est un soir où je suis seule, tant pis si je regarde un navet, je pourrais toujours zapper sans me faire chambrer par Robinson…^-^) et là, grosse claque. Je ne m’attendais pas du tout à ça.
American Honey, c’est l’histoire d’une bande de jeunes un peu paumés qui arpente des zones pas très sexys des USA pour vendre des abonnements de magazines en faisant du porte à porte. Drivés par une patronne aussi magnifique que vulgaire, ils sillonnent les villes dans une camionnette qui les déverse dans des lotissements, des quartiers huppés ou des terrains de forage de pétrole. Le soir, ils s’entassent des motels, ou parfois dans une cabane perdue dans la nature. Ils fument, boivent, écoutent de la musique très fort, s’insultent, se battent, se draguent, font n’importe quoi. American Honey m’a fait l’effet d’un immense souffle de liberté à l’odeur de souffre. Moitié film aux images sublimes, moitié documentaire où les acteurs n’en sont pas et improvisent leur texte tout du long, c’est un film qui m’a subjuguée et transportée.
J’ai hésité à vous en parler ici car je sais qu’il est loin d’avoir fait l’unanimité ! Tout d’abord au niveau des critiques officielles, mais aussi de la part de Robinson, qui, absent le soir où j’ai visionné le film pour la première fois, et m’entendant en parler durant toute la semaine qui a suivi, a voulu le voir lui aussi. J’ai donc regardé American Honey une seconde fois sept jours plus tard, toujours aussi emballée par ce long long métrage (2h40 !). Mais Robinson a été déçu, il n’a pas du tout accroché, et surtout n’a pas compris mon emballement.
Un film qui divise mais qui fait parler, donc. Regardez la bande-annonce avant de vous laisser tenter, vous saurez tout de suite si le film peut vous attraper vous aussi, ou vous laisser de marbre.

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Une musique qui me hante

On connait tous Moriarty, et on connait tous Jimmy. Peut-être même que vous, vous connaissez tous les autres morceaux de Moriarty. Mais moi, je découvre seulement depuis peu A history of violence, un de leurs titres que je trouve fascinant, mystérieux et sinistre tout autant que poétique. Les paroles ne cessent de résonner dans ma tête et me rappellent des choses enfouies aussi. Je trouve le texte brut sans qu’il ne révèle vraiment rien. C’est beau et douloureux, je trouve cela incroyable que certaines chansons, aussi courtes soient elles, aient autant de puissance d’évocation. En quelques mots, le décor et l’histoire sont là sous nos yeux, alors que rien n’est dit. L’imagination se charge de combler les zones d’ombres et voilà comment une chanson résonne aussi fort qu’un roman.
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Je ne peux pas mettre la vidéo ici mais voici le lien pour écouter cette merveille :
ici

Une série qui ne quitte pas mes pensées

Vous connaissez tous, j’en suis sûre, la première saison de True Detective. Immanquable, un chef-d’oeuvre, un bijou. Tout le monde est d’accord là-dessus, je crois. Par contre, la saison 2 est loin d’avoir déchainé les mêmes passions. Casting et décors différents -> exit Mathew Macgonaughey, bonjour Colin Farell. Fini le bayou collant et poisseux, bienvenue dans une cité industrielle sale et miteuse. Les deux premiers épisodes peinent à convaincre et je comprends aisément que ceux qui ont voulu y gouter aient été décontenancés, voire même aient abandonné. Une de mes amies m’avait assuré que, si si, cette deuxième saison valait largement le coup, et heureusement car sinon je n’aurai pas été plus loin que ces deux premiers – laborieux – épisodes de la deuxième saison.
Mais True Detective 2 prend le temps d’installer son décor hostile et gangréné, ses personnages amochés, cruels et ambivalents, son intrigue complexe et simpliste à la fois. Et la magie opère. La belle étincelle de cette saison deux, c’est Rachel McAdams en flic sauvage et brutale. j’étais habituée à la voir jouer des rôles de femme souriante et épanouie, des amoureuses, des anglaises pleine de vie. La voir dans ces oripeaux de femme acérée a été une révélation. Elle crève l’écran. Et l’ambiance glauque, l’impression de tragédie irréversible qui se dégage de cette série, ne me lâchent plus. Les détails font tout : le bar sinistre tenu par une femme défigurée, où chante une jeune femme dépressive à la voix entêtante – Lera Lynn, une chanteuse qui a été embauchée sur la série pour en créer les chansons originales, des petits diamants lancinants qui collent parfaitement à l’intrigue, à écouter ici – , la vie de plus en plus ratée du flic pourri incarné par Colin Farell, les paysages sinistrés par l’industrie et l’emprise dévastatrice des puissants, les magouilles minables de crapules ordinaires… sont autant de touches de peinture formant un ensemble magnétique et troublant. J’y pense encore…

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Je vous laisse découvrir ou re-découvrir ces trois petits trésors en espérant qu’ils plairont à certain(e)s (mais le choix est risqué, éclectique et ambitieux, je ne suis pas sûre de faire carton plein ^-^). N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et à me suggérer d’autres musiques entêtantes, d’autres séries envoûtantes, d’autres films surprenants, je suis preneuse et à l’écoute de vos bons conseils !