Le mois de décembre ou préparer Noël

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Que j’aime ces semaines qui précèdent les fêtes ! J’aime l’effervescence du mois de décembre et toutes les promesses qui l’accompagnent. On espère toujours que cette année là, notre Noël ressemblera à ceux qu’on voit dans les films, enneigé, illuminé, tourbillonnant, familial et heureux.  Chaque année, je me dis que mes cadeaux seront faits à temps, réfléchis, bien choisis, durables… Chaque année, je rêve d’avoir le temps de fabriquer des cadeaux avec amour, des nappes, des carrés démaquillants, des totes-bags, des tissages… Chaque année, j’ai envie de prendre une jolie photo de famille, devant le sapin qui clignote, et sur nos têtes des bonnets de père Noël, puis en faire de jolies cartes de vœux bien kitsch pour nos familles. Et puis finalement, décembre passe toujours trop vite, il ne neige presque jamais à Noël, on n’a pas le temps de faire la photo ni d’écrire des cartes de voeux, et les cadeaux deviennent toujours une tâche qui s’ajoute à une longue liste intenable et donc, forcément, pas des plus agréables…  Rassurez-moi, c’est pareil pour vous ?

De plus, cette année, le nouveau challenge pour nous était de préparer Noël dans une maison. Une maison plutôt grande (donc nécessitant beaucoup de décorations), avec un jardin à décorer aussi… et puis une maison sans four, ce qui signifie : pas de biscuits de Noël, pas d’odeur de cannelle dans la cuisine, pas de bon gâteau moelleux pour accompagner le goûter et le thé de Noël… (le four viendra plus tard, quand nous changerons la cuisine…. ^-^)  Challenge, donc.
Eh bien oui, car j’ai beau avoir accumulé beaucoup de décorations pour les fêtes, je n’ai rien pour l’extérieur. Et plus les moyens financiers, cette année, d’investir dans de grandes guirlandes lumineuses pour illuminer mon jardin. Alors tant pis. Moi qui pensais que le jour où j’aurai ma maison, j’allais pouvoir transformer l’endroit en un palais des lumières pour Noël, je n’ai plus qu’à attendre l’an prochain et que nos comptes en banque soient un peu renfloués!… (non, en vrai, ça va, je m’en remettrai 😉  )

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Mais bon, n’ayez crainte, j’ai quand même bien décoré l’intérieur de notre home sweet home cette année, et préparé des listes de voeux au Père Noël, pour Little d’abord, mais aussi pour moi ^-^ Le père Noël sera peut-être surpris de découvrir sur ma liste un pied de vigne vierge à replanter contre la façade de la maison, ou un eucalyptus en pot, ou encore un gros manuel de permaculture. C’est sûr, ça change de mes précédentes listes de cadeaux… Mais il se rassurera en voyant que j’ai quand même émis le souhait de découvrir une belle paire de bottes (en caoutchouc) sous mon sapin (mais je crois que je devrai attendre encore un petit peu, et que ce ne sera pas cette année que les Hunter de mes rêves seront à mes pieds ^-^). Bon, et puis, en attendant d’avoir un four pour faire de bons gâteaux, je me console en préparant des crêpes, juste besoin d’une poêle pour ça ! Et c’est pour cette même raison que j’ai aussi suggéré l’idée de recevoir un gaufrier pour Noël. Les dimanches matins qui embaument les gaufres chaudes, c’est un peu comme si c’était Noël toute l’année, non ?

Allez, je file, car pour les instits le mois de décembre rime aussi avec livrets d’évaluations et ça, c’est pas un cadeau… 😦

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Et vous ? What’s on your list ?? 

 

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La joie de pouvoir fabriquer une couronne de Noël avec quatre branches de sapin directement coupées dans mon jardin… ❤

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En attendant la neige, j’en ai accroché de faux glaçons à mes baies vitrées. On y croirait presque 😉 

 

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Préparez bien les fêtes !

 

NB : les photos de ce billet sont personnelles et non libres de droits, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

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What make’s me happy

J’aime beaucoup cette période de l’année. Bon, ok, les arbres ont définitivement perdu leur beau feuillage doré, il pleut et la nuit semble grignoter presque toutes les pauvres heures du jour… mais, je ne sais pas, j’aime bien ces quelques semaines de transition entre le bel automne flamboyant et Noël. Et voici quelques petits plaisirs qui, malgré le temps maussade ou le stress du quotidien, peuvent rendre mes journées plus douces et plus lumineuses :

– prendre un bain bien chaud en plein après-midi, le week-end, lorsque Little fait sa sieste. Faire un gommage, laisser poser un masque sur mon visage, me chouchouter… Puis ouvrir la fenêtre pour aérer la pièce et laisser entrer la forêt, son silence et ses mystères, dans la maison…

– allumer des bougies aux odeurs épicées dans n’importe quelle pièce où je me trouve ; bureau, salon, cuisine, et même salle de jeux !

– préparer Noël, faire des listes de cadeaux pour les proches, mais aussi réfléchir à ce qui me ferait plaisir (ben oui, je me chouchoute -bis ^-^)

– partir au fond d’un champs avec Little, chaussés de nos bottes en caoutchouc, pour faire nos emplettes directement chez notre producteur de légumes. En profiter pour patauger dans la boue au milieu des dindons, des poules, des lapins et de l’énooooorme cochon paresseux. Voir les yeux de Little s’agrandir de plaisir et d’étonnement à la découverte de tous ces animaux, si proches, bien vivants ! Et repartir avec un gros panier de légumes de saison qui ne m’a presque rien coûté. Punaise, mais qu’est-ce-que c’est chouette la nature !

– reprendre le yoga, à la maison, tranquillement. Face aux baies vitrées et à la vue sur la vallée, dérouler le tapis un peu usé, sortir mes nouveaux accessoires (une brique et une sangle !) et me détendre profondément.

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(Little devant notre cheminée, dans laquelle pour l’instant on ne fait brûler que de grosses bougies car on attend que le ramoneur vienne la remettre en marche)

– partager une tisane avec mon fils. Little adooooore la tisane vanille-lavande (avec une cuillerée de miel, forcément ^-^). Le soir, vers 17h, on se fait nos deux petits mugs, comme des papis-mamies, et on s’installe côté à côté sur le canapé pour la déguster, en faisant un puzzle, ou des legos… Et entendre Little dire de sa petite voix zozotante : « hum, est bon la tiz-zane, maman ». ❤

– regarder Stranger Things recroquevillée sous une épaisse couverture en polaire, trembler un peu de froid mais aussi de peur ^-^ (je suis une grosse chochote)

– l’odeur des mandarines qui flotte dans la maison. Et Little qui, de ses tous petits doigts agiles, pèle déjà allègrement les siennes. Le regarder grandir et être fière.

– regarder dehors, par n’importe laquelle de nos fenêtres, et m’émerveiller. L’autre soir, je crois que j’ai vu une chouette, toute blanche, dans le bois au fond du jardin. Parfois il y a les écureuils qui viennent sur la terrasse, mais aussi des petits moineaux mignons et gourmands. Il paraît que l’ancienne propriétaire a déjà vu des biches et même des sangliers traverser le jardin!!!

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(la vue depuis notre chambre)

-aller chez Ikéa pour terminer d’emménager correctement : acheter des étagères pour la salle de bain, quelques tapis, des rangements pour la cuisine ou le bureau, des chevets, et une magnifique parure de lit qui me faisait envie depuis longtemps…

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-cuisiner et savourer des soupes (depuis que j’ai vécu en Irlande, j’adore la soupe… Ils ont l’art et la manière de la manger, dans ce pays! Grosses tartines de beurre trempées dans le potage, mmh c’est un régal, bien plus gourmand que l’image light et diététique qu’avait avant la soupe pour moi)

-regarder des DVD de mes films doudous, et me faire une (re)immersion victorienne en regardant deux fois de suite (!) Pride and Prejudice (de Joe Wright) puis enchainer sur la mini-série si parfaite Pride and Prejudice BBC avec ❤ Colin Firth, avant de regarder Anna Karenine du même Joe Wright, pour terminer sur Atonement (Reviens-moi, en VF) toujours du même réalisateur. Et me rendre compte que, j’avais beau avoir déjà vu ces films, je ne m’étais pas aperçu que j’étais fan du travail de Joe Wright ^-^
Par contre, Anna Karenine était une découverte, et j’ai adoré (pourtant, je n’avais pas vraiment accroché avec le roman, alors que je suis habituellement fan de littérature du 19ème et que j’aime beaucoup les auteurs russes. Ce Tolstoï là, pourtant si encensé je le sais bien, ne m’avait pas emballée).
Et puis, Keira Knightley, quoi… quelle beauté, quelle grâce… je crois que j’ai vu absolument tous ces films, ça y est !

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– ne pas faire de shopping (ben oui, maintenant que je vis loin de tout !) et être fière. Et ressentir le contentement de consommer peu et mieux. Se nourrir d’autre chose et trouver ça bon.

– manger des biscuits de Noël et boire du thé de Noël

– sentir les odeurs de feux de bois qui envahissent toutes les rues du village…

J’aurais pu continuer encore… et pourtant je ne pensais pas que ma liste serait si longue ! Comme quoi, parfois, c’est bien de mettre par écrit ce qui nous rend heureux, ça permet de se rendre compte qu’on a vraiment un puits immense dans lequel puiser du bonheur et qu’on n’a pas de quoi se plaindre. Enfin, pas trop… ^-^

Et vous, des petits plaisirs de saison à partager avec moi ?

A bientôt !

 

 

Wild new chapter

Tout a changé. Nous avons emménagé dans notre maison il y a 9 jours exactement. À présent, il s’agit pour nous de recréer un quotidien, des habitudes et des repères. Le silence absolu nous perturbe un peu, on n’avait plus l’habitude. Le noir total, lorsque la nuit tombe, nous surprend encore. Pas de réverbère autour de la maison, pas de phares, de néons… A peine, au loin, la fenêtre éclairée d’un voisin qu’on devine derrière les branches de sapins. Le carrelage froid glace nos pieds habitués au parquet de l’appartement bien chauffé. Mais on va s’y faire, il faut juste s’adapter. Ce moment de chamboulement me rappelle la naissance de Little : un moment de joie immense accompagné d’un sentiment de bouleversement total. La panique et la peur que rien ne soit plus jamais comme avant. Et puis, avec un peu de temps, les habitudes reviennent, de nouveaux repères se créent, et on est rassurés : la vie continue. C’est un peu ce qu’on vit en ce moment : la plongée dans l’inconnu. Même si c’est un rêve qui se réalise, cette maison, la nature partout, le calme, cela ne se fait pas sans inquiétude et sans moment de doute. A-t-on pris la bonne décision ?

Mais lorsque mes inquiétudes m’assaillent, je m’assois dans mon nouveau salon, face aux baies vitrées qui surplombent une vallée, le village, et des champs. J’observe tout ce vert. Les branches des sapins qui ondulent doucement. Et au loin, les monts du Beaujolais qui se découpent dans la ouate des nuages. Et je suis rassurée. Bien sûr qu’on a pris la bonne décision. Reste plus qu’à rendre familière cette nouvelle maison. Et cela ne se fait qu’avec un peu de temps passé entre ses murs.

Ce que tout de suite, j’ai aimé dans cette maison, c’est son potentiel. Lorsque je l’ai visitée, la première fois, j’imaginais tout ce qu’on allait pouvoir en faire. Elle n’était pas assez exploitée par ses propriétaires, elle n’était pas mise en valeur. J’avais plein d’idées.
Aujourd’hui, on y est, et lorsque je dresse la liste des changements à opérer pour transformer cette bâtisse en une maison idéale pour nous, j’ai le vertige tant il y a à faire. Mais ça ne me fait pas peur. On a le temps. C’est notre maison, on y fait ce qu’on veut, et au rythme que l’on veut.

Pour vous donner une idée, je peux vous dire par exemple que toutes les peintures sont à refaire : les murs sont enduits d’un crépi de papier horrible, blanc râpeux. Nous avons fait venir un peintre qui va nous proposer des devis pour lisser les murs et y coller de la toile à peindre (le rendu est vraiment plus propre que lorsqu’on peint directement sur le plâtre). Autre exemple : au sol de notre séjour, du couloir et de la cuisine, il y a de la tommette. Certains s’extasient sur ce matériau, moi pas du tout ! Je suis une extrémiste des sols en bois, je ne veux que du parquet, du plancher, du bois partout ! Le carrelage, la tommette, sont trop froids pour moi. J’aime la chaleur des planchers qui craquent. Et puis, notre tommette est rouge foncé, couleur que je n’affectionne pas particulièrement et qui ne se marie pas vraiment avec notre intérieur. On projette donc de refaire le sol des pièces concernées. En attendant, je glisse en chaussons sur la tommette pour ne pas geler sur place !

Notre grand projet, aussi, est d’abattre la cloison entre la cuisine, le couloir, et le salon, afin de créer une grande pièce séjour avec cuisine ouverte, plus moderne, correspondant mieux à un mode de vie familial où l’on passe beaucoup de temps en cuisine, ou à table, ou encore tous ensemble sur les canapés. Nous avons donc réfléchi à un projet mêlant tout cela, les peintures, le parquet, les cloisons à enlever… on dessine et on s’imagine à quoi cela va ressembler, c’est vraiment chouette de se lancer là-dedans avec Robinson, on a hâte de commencer tout ça (même si on va faire faire une grosse partie des travaux car nous sommes trop novices en la matière et avons peur de rater notre pièce principale ! On s’essaiera aux travaux dans les pièces du sous-sol, moins « importantes »).

 

Ce week-end, je prenais mon petit déjeuner devant la baie vitrée, et sur la terrasse face à moi, un petit écureuil pas farouche du tout est venu sautiller, faire le clown, puis sauter de branche en branche dans notre sapin. Il était si près… On a l’habitude d’en voir car il y en a beaucoup au parc de la Tête d’Or (où j’ai passé à peu près 40% de mon temps ces quatre dernières années!!!). Mais là, on avait l’impression qu’il n’était venu que pour nous saluer, nous ses nouveaux voisins, voir à quoi on ressemblait et si on avait l’air sympas ! Little était fasciné, immobile il regardait, le sourire aux lèvres.

En parlant de lui, il est celui qui semble s’acclimater le mieux au changement. Il adore la « nouvelle maison », sa nouvelle chambre, et surtout le terrain de jeux gigantesque que notre jardin et le village lui offrent. On fait de grandes balades dans le froid, matin et soir, on commence à s’occuper du jardin, à ramasser les pommes tombées et pourries au pied de l’arbre, à ratisser les feuilles. Little participe un peu, il est comme un poisson dans l’eau en pleine nature (tiens tiens, je me demande de qui il tient cela…?).

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(Little en bas de notre allée)

Vendredi matin, le soleil à peine levé, un camion est monté en haut de notre allée pour déverser 6 mètres cubes de bûches pour la cheminée. Little, collé au carreau de la fenêtre de sa chambre, n’a pas loupé une miette du spectacle. Puis, toute la journée, Robinson et moi avons chargé les bûches éparses dans notre brouette (rutilante et neuve) et entassé notre bois dans le garage. Cela nous a pris des heures, mais à la fin de la journée, nous étions si satisfaits de notre effort et du résultat : des murs recouverts de bûches minutieusement alignées et empilées. J’ai hâte que notre cheminée fonctionne (le ramoneur doit venir au début du mois de décembre) pour profiter de belles flambées chaleureuses…

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J’aimerais vous montrer quelques photos, mais j’ai cassé mon téléphone il y a quelques jours… J’ai tout de même pu prendre deux photos dernièrement, que je poste ici en attendant de faire mieux voire même, de vous écrire un billet « avant/après travaux », une fois que tous nos projets se seront mis en place.

D’ici là, je vous souhaite un bon week-end, et à très bientôt.

Education, bienveillance, école et maison

Bonjour !

Ce billet, je dois l’écrire depuis un moment mais j’avoue ne as savoir par où commencer tant j’ai à dire, à expliquer, tant le sujet m’inspire.

L’école et l’éducation. Tout a commencé lorsque je suis devenue enseignante, sans doute. Je me suis intéressée à la transmission du savoir, et le monde de l’enfance s’est ré-ouvert à moi. Au fil des années, l’enfant et son bien-être est devenu quelque chose de fondamental à mes yeux. Évidemment, lorsque je suis devenue maman, cela a pris une tout autre dimension, c’est devenu une évidence : l’éducation et la pédagogie sont devenues comme une passion. Lorsque je repense à mes premiers pas d’enseignante… j’étais enfermée dans ma vision traditionnelle de l’école et j’ai fait beaucoup d’erreurs. Heureusement, j’ai depuis appris plein de choses, rencontré des personnes merveilleuses et intéressantes, enrichi ma vision de la pédagogie, et le plus fabuleux dans tout ça c’est que je ne suis qu’au commencement de ce cheminement! Il me reste encore des tas de choses à apprendre, à approfondir.

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J’ai rencontré des enseignants extraordinaires qui dépoussiéraient notre métier et posaient un œil bienveillant sur leurs élèves. J’en ai aussi rencontré beaucoup dont les méthodes me choquaient et les propos moqueurs sur les enfants me mettaient hors de moi. Petite fille, j’ai été très bonne élève, mais l’école n’a pas toujours été facile pour moi. Je crois que c’est grâce à cela, en partie, que je mesure aujourd’hui l’importance de créer une bulle où les enfants vont se sentir bien, en confiance, et apprendre à leur rythme.

Après sept ans d’enseignement, plusieurs années en REP mais aussi dans les beaux quartiers de Lyon, après un passage par la pédagogie Freinet qui m’a ouvert les portes des pédagogies dites alternatives, et surtout après beaucoup, beaucoup de lectures, de rencontres et d’expérimentations, je sens aujourd’hui que j’approche de mon objectif : trouver l’équilibre dans ma manière d’appréhender l’instruction.

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Mon but est simple, surtout depuis que j’ai moi-même un enfant et son éducation à charge : je suis convaincue que l’autonomie et le respect du rythme naturel de l’enfant sont la clé des apprentissages heureux. Bien sûr, j’ai lu Céline Alvarez et je rejoins ce qu’elle énonce, j’étais déjà convaincue par la pédagogie Montessori auparavant et je trouve que l’éclairage moderne d’Alvarez (grâce aux neurosciences) est plus que bienvenu pour relancer le débat au sein de notre société. Vous remarquerez que je ne dis pas « au sein de l’éducation nationale ». Non. L’éducation des enfants devrait concerné tout le monde, parents ou non, enseignants ou non. N’oublions pas qu’il s’agit des électeurs de demain. De futurs citoyens. Ce sont les enfants que nous éduquons aujourd’hui qui gouverneront dans le futur, qui feront des choix pour notre planète, qui décideront quoi faire de l’héritage qu’on leur laissera. Souvent, j’ai le sentiment que les débats sur l’école et l’éducation sont relégués auprès d’un public ciblé : les trentenaires et quadragénaires, parents, et les enseignants. Alors que l’avis d’un jeune bachelier ou d’un cadre célibataire sont tout aussi importants, et qu’il est nécessaire qu’eux aussi se sentent impliqués dans la question de l’éducation.

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Bref, je m’égare.

L’éducation, comme l’a dit Nelson Mandela, est l’arme la plus puissante que l’ont ait pour changer le monde. Une arme de paix, disait Maria Montessori. Je trouve cela si juste, si vrai, mais aussi si impressionnant! Grâce à l’éducation, on peut tout. Tout se joue lors de ces premières années. Bien sûr, la résilience permettra qu’une fois adulte, un enfant qui a été traumatisé, violenté, mal éduqué, pourra toujours se remettre sur les rails, se re-sociabiliser et apprendre la douceur. Heureusement, la nature a pensé à tout, et elle permet les corrections tardives (croyez moi, je suis passée par là). Mais il est tout de même indispensable de mieux penser l’éducation de nos jeunes, et de prendre enfin mesure de l’ampleur de l’enjeu actuel. Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans l’actualité, on se rend bien compte que ce ne sont pas les actions correctives, à-posteriori, qui ont un impact sur l’évolution de notre société (attentats, climat…). il faut agir à la base, à la racine. Diffuser les valeurs justes et humanistes le plus tôt possible plutôt que réprehender, incarcérer, punir lorsque les fautes sont commises.

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Plus je vis l’école au quotidien, plus je m’en éloigne. Je ne comprends plus cette institution, qui, je m’en rends compte, ne correspond pas aux valeurs primordiales pour moi. A ceux qui me disent qu’un enfant a besoin de se sociabiliser et que l’école joue ce rôle de sociabilisation, je réponds, oui bien sûr l’enfant doit côtoyer d’autres humains. Mais quel adulte vivrait bien de passer de longues journées avec trente autres adultes exactement du même âge que lui, assis à écouter puis faire ce qu’on lui demande (je grossis le trait bien sûr, mais la réalité n’est pas si éloignée). Personnellement, j’ai des amis de tout âge : l’une des personnes que je fréquente le plus est mon petit frère, de trois ans mon cadet. Je dîne souvent avec d’anciennes collègues qui ont entre 40 et 45 ans. J’adore les longues discussions que j’ai avec parents, sexagénaires. Mes amis ont souvent un, deux ou trois ans de plus que moi. Je suis très proche d’une de mes cousines qui a dix ans de moins que moi. J’adore faire la fête avec mes oncles, qui ont entre 45 et 50 ans. Le grand-frère de Robinson a douze ans de plus que moi et on est très proches, je discute énormément avec lui, on partage beaucoup. Bref, pas la peine de vous faire un dessin : personne ne se se contente de se sociabiliser avec des gens nés uniquement la même année. Tout simplement parce-que ce n’est pas enrichissant. Pourtant, on impose cela à nos enfants. Des classes surchargées composées uniquement d’enfants du même age. Évidemment, ça tourne en rond, ça se dispute, ça n’avance pas, on a l’impression de tirer de force une mule bien têtue qui a décidé d’aller dans la direction opposée à la nôtre. Celine Alvarez évoque cela dans son livre et je suis tout à fait d’accord avec elle. Je me suis « battue » avec mes collègues deux rentrées de suite pour que l’on compose des classes à plusieurs niveaux, pour diversifier, brasser nos groupes d’élèves, dynamiser et rendre nos classes plus vivantes, plus réelles. En vain, mes collègues n’étaient pas prêtes à travailler plus et à changer leur vision traditionnelle de l’école. Cela m’a un peu découragée, et, même si je suis restée en très bons termes avec cette équipe, c’est en partie l’une des causes de mon changement d’école.

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Donc, je disais : nous, adultes, vivrions très mal de devoir passer nos journées enfermés dans de petites salles avec trente autres personnes. Pourtant, on l’impose aux enfants. Souvent, cette situation s’étend sur plusieurs années : de la petite section au CM2, les classes restent les mêmes (sauf dans les grosses écoles où il y a plusieurs classes de CM1 par exemple, et où l’on peut rebrasser les groupes chaque année). Ce qui signifie qu’un enfant peut passer 8 ans entouré uniquement des mêmes vingt-cinq autres enfants, sans en connaitre beaucoup d’autres. En terme de sociabilisation, on a vu mieux, non ? Ce système aurait plutôt tendance à rendre fou plutôt qu’à développer les facultés sociales de n’importe quel être humain (ou animal même !).

Cet argument de sociabilisation n’est pas valable à mes yeux. Il y a plein d’endroits et de moments pour créer du lien, sauf qu’aujourd’hui, dans notre société, on les a un peu perdus de vue. La famille est le premier, mais aussi le voisinage, ainsi que l’implication dans la vie locale, ou encore les infrastructures culturelles, bibliothèques, ludothèques… Les aires de jeux ou squares sont bien sûr de hauts lieux de sociabilisation pour les enfants. Et puis, n’oublions pas les activités périscolaires : sport, musique, activités manuelles… Autant de moyens de rencontrer d’autres enfants, sans passer par la case « école ».

Je suis de moins en moins d’accord avec l’institution scolaire, le rôle que l’on attribue à l’école et surtout, surtout, les méthodes utilisées. J’avais vu une vidéo, une fois, d’un homme qui mettait en regard l’évolution de plusieurs éléments de nos vies, depuis une cinquantaine d’années. Il montrait comment la technologie avait évolué, avec les voitures très différentes de celles de l’époque, ou l’arrivée de l’informatique. Il montrait l’évolution des vêtements, des conditions de travail, etc (je ne sais plus exactement, c’était il y a plusieurs mois déjà!) et puis il montrait l’école il y a cinquante ans, et l’école aujourd’hui. Et on pouvait constater que rien n’avait changé : le maitre debout face à ses élèves assis, sommés de rester tranquilles, d’écouter, de comprendre et de retenir. Le savant déversant le savoir. Et, même si de plus en plus d’enseignants innovent et s’éloignent de ce modèle traditionnel, croyez-moi, ce que j’ai vu durant sept ans à droite et à gauche, au gré de mes diverses affectations, m’a fait comprendre que l’école avait très peu changé et qu’on imposait encore et toujours aux enfants de se « tenir », de faire ce qu’on leur demande, et de refréner leurs pulsions de curiosité, leur spontanéité, leur élans pleins de fraîcheur et d’innocence, leur soif d’apprendre et de savoir. Si l’on se place du point de vue de l’enseignant, on peut comprendre cela : comment gérer vingt-cinq à trente enfants, en même temps? Comment leur faire comprendre et apprendre TOUT le programme de l’année alors même que les programmes sont intenables (tout le monde vous le dira)? On demande aux instits de faire des miracles, alors ils font ce qu’ils peuvent : et ce sont les enfants qui en pâtissent.

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Depuis que je suis maman, je pense avec angoisse au moment où Little va devoir aller à l’école (oui, c’est une enseignante qui vous dit ça, et je ne suis pas la seule instit terrifiée à l’idée que ses enfants aillent à l’école) : le système me déplait, le rythme infernal me déplait, la non-considération des besoins propres à chaque enfant me déplait, l’éducation de masse me déplait, le moule dans lequel on veut enfermer les enfants me déplait, le carcan imposé par notre société me déplait. Bien sûr, mon discours est souvent mal reçu, puisque notre société ne tolère pas de penser qu’on puisse faire différemment. Qu’on puisse être normal, équilibré, humain, tout en n’entrant pas dans la norme. Je ne le vois que maintenant. Même si je sais que la petite graine de ces idées-là germe depuis bien longtemps en moi.

Il faut être très courageux pour oser défier la norme. Je suis admirative de ces familles qui osent franchir le pas. Je les envie. Et depuis la naissance de Little, je travaille doucement mais sûrement Robinson pour que ces mêmes-idées germent aussi en lui ^-^

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Céline Alvarez, qui a publié un désormais célèbre livre : Les lois naturelles de l’enfant

Après ma prise de conscience « pédagogique » (Freinet, puis Montessori, les pédagogies alternatives et innovantes pour faire bref), je suis entrée dans une phase plus familiale, plus maternelle de ma réflexion. Et ce, d’abord, en lisant un billet sur le blog de Bambichoses. C’était la première fois que j’entendais parler du unschcooling. Ou plutôt, la première fois que quelqu’un de « normal », une femme moderne bien dans ses baskets, avec des aspirations et une vie qui ressemblent aux miennes, évoquait ce sujet. Pour moi, l’école à la maison (l’IEF – instruction en famille, pour le jargon), le unschooling, était un truc de hippie, de personnes marginales vivant en rejet total de la société (coucou les idées reçues, hein !?!). J’ai lu l’article de Bambichoses (et un second là) avec passion et étonnement, et quelque chose a résonné en moi, cette idée s’est mise à m’obséder. C’était la suite de mon cheminement, ce processus enclenché avec le constat de l’échec de l’institution scolaire.
Ce jour là, je me suis mise à considérer l’IEF d’un autre regard, avec compréhension, empathie, et envie. De fil en aiguilles, j’ai découvert et lu d’autres blogs de familles qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école, et j’ai découvert tout un monde parallèle que j’avais pas soupçonné, des gens tout à fait normaux, éduqués, humains et généreux, qui décidaient de retirer leurs enfants de l’éducation nationale en désaccord avec leurs principes de vie, leurs valeurs. J’ai trouvé ça très beau et surtout courageux. Et puis, évidemment, j’ai trouvé ça excitant. Imaginez, le challenge !
C’est là aussi, que j’ai découvert le blog d’Eve Hermann, qui vit à Lyon, prend des photos sublimes de ses deux filles « non-sco » et de leurs activités et escapades dans la nature. Son blog est magnifique, inspirant, bien écrit, il donne vraiment envie d’envisager un retour à un état plus naturel de l’éducation, une éducation en famille, en petit groupe, qui suivrait le rythme de l’enfant et respecterait ses envies, ses besoins, sans pressions extérieures, sans carcan, sans moule à intégrer à tout prix.

J’ai eu la chance de croiser Eve il y a quelques jours, sur le chemin du parc. Elle était avec ses deux filles, ce sont elles que j’ai reconnues. Je me suis arrêtée pour discuter cinq minutes avec elles, j’étais très heureuse de la rencontrer, et je voulais lui dire que son blog m’inspirait beaucoup. Liv et Emy sont deux petites filles magnifiques, sauvages et pleines de vie.

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Peut-être que vous me prenez pour une dingue. Peut-être que vous avez été le/la bonne élève étant enfant, que l’école ne vous a pas traumatisé(e). C’est aussi mon cas. C’est difficile, dans ce cas, de comprendre le point de vue que j’expose aujourd’hui. C’est en rencontrant de plus en plus d’enfants « hors du moule », des jeunes malheureux car incapables de s’adapter au système (coercitif) de l’institution, des élèves en échec, qui progressivement s’isolent de cette même société qu’on veut leur imposer à tout prix. Des enfants incompris qui finissent par ne plus comprendre, et parfois par ne plus pouvoir empathir. Évidemment, les bons élèves ne vivent pas toujours mal l’école, ils en comprennent les codes, les attentes, ils respectent le moule, ils l’intègrent. Mais combien d’enfants n’y parviennent pas? Et se sentent responsables de ne pas y parvenir? Alors que les responsables, c’est nous adultes, acteurs de l’éducation, parents, citoyens. Laisser perdurer notre école vieillissante, notre système traditionnel et poussiéreux, sous prétexte que ça a toujours été ainsi et qu’on ne voit pas pourquoi ça changerait, c’est notre erreur à nous et la cause du mal-être de certains enfants, de l’échec de beaucoup d’entre eux, mais aussi de la radicalisation de certains, de la souffrance et de la rage que d’autres peuvent ressentir à l’égard de la société, à l’égard de l’autre, des institutions, de la République, etc… Comment pouvons-nous croire que nos enfants deviendront des adultes capables de penser, de prendre les bonnes décisions, de contrôler leurs émotions, de dispenser douceur et amour et empathie, de respecter l’autre et la planète, si on n’agit pas de la sorte avec eux? Nos écoles manquent de souplesse, manquent de temps, manquent d’amour, manquent d’empathie, manquent d’émotions. Le cadre est rigide, l’élève doit s’adapter, pas l’école. Les moutons doivent suivre le troupeau, parce-que c’est comme ça. Les enfants doivent tous apprendre la même chose au même moment (alors que, bon, un enfant de CP né en janvier n’a pas la même maturité intellectuelle et motrice qu’un enfant de CP né en décembre, on est d’accord??!), sans aucun respect pour leur besoin, leur rythme, leur envie, leur préférence, leur situation personnelle, leur vécu, leur intelligence. Je ne vois pas nos élèves développer empathie et compétences relationnelles dans les écoles. Je vois des enfants subir des rythmes effrénés, des enfants bouillonner sur des chaises, des enfants qui ne rêvent que d’aller courir dehors ou d’apprendre naturellement, en jouant, en se questionnant, en rencontrant. Tout est dématérialisé, tout est superficiel dans les classes d’aujourd’hui. Je me revois, en REP, tenter d’enseigner les différents paysages géographiques à mes élèves : paysages maritimes, montagnes, campagnes, déserts… Alors que la plupart n’étaient jamais sorti du quartier bétonné, hyper-urbain, qui les avait vus grandir! C’était tellement décalé! Il aurait fallu les emmener là-bas, sur place, les faire voyager, découvrir, toucher, expérimenter ces différents paysages. Mais comment? Et donc, à quoi leur servira ce genre de connaissances? Je ne sais pas, je me pose encore la question… Peut-être à quelque chose oui, je ne vois juste pas encore quoi.

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Aujourd’hui, je suis sûre d’une chose : j’ai envie que mon fils apprenne librement, quand il se sent prêt, quand il en ressent l’envie. Je l’observe depuis deux ans : il est curieux, volontaire, il veut comprendre, il veut savoir. Tous les enfants qu’on n’aura pas préalablement abrutis devant des écrans, ont cette soif de savoir. J’ai de plus en plus l’impression que c’est l’école (et la société) qui bride cette pulsion de connaissances, cette vitalité chez l’enfant. Franchement, il n’y a rien de moins naturel que de forcer un enfant à s’assoir et à apprendre. « Tiens! Apprends. Connais. Comprend. » Ce ne sont pas des verbes qu’on peut conjuguer à l’impératif… ( <- ce n’est pas de moi, je crois que c’est Céline Alvarez qui disait cela. Tellement vrai !).

J’ai envie de préserver l’innocence et la spontanéité de Little, d’encourager sa curiosité, de la nourrir, de la respecter, pas de la brusquer et de la forcer. J’ai envie qu’on prenne le temps, chaque jour, d’apprendre ensemble, de manière naturelle. Je rêve de journées passées au rythme de mon enfant, ponctuées de découvertes imprévues, d’activités rassurantes et connues et aimées, de lectures choisies par lui, en fonction de son centre d’intérêt du moment. J’aimerais qu’il développe les talents qu’il souhaite, et pas ceux qu’on attend d’un enfant de son age, de son sexe, ou de son milieu. Je rêve de journées passées au grand air, à contempler, observer, étudier le nez en l’air selon l’inspiration du moment, en fonction de l’étincelle qui jaillira, inattendue, dans le regard de mon fils. J’aimerais tant qu’il n’apprenne pas trop tôt les réveils aux aurores, les longues journées fatigantes, les contraintes incohérentes… Pourquoi nos enfants devraient-ils avoir si tôt des vies de petits adultes, des horaires de cadres, du stress et de la pression….? Je ne comprends pas…

J’ai peur pour Little, j’ai peur que l’école n’éteigne sa flamme, j’ai peur qu’il ne se mette la pression pour rentrer dans le moule. Je sais qu’il aura la chance d’avoir eu une maman enseignante qui sait exactement ce qu’il est censé apprendre à tel ou tel age. Évidemment, je lui donne déjà des billes, je le nourris intellectuellement, car il est demandeur et que j’adore passer du temps à partager avec lui. Je sais que faire des puzzles déjà si petit, va développer tout un tas de compétences primordiales pour la suite (motricité fine, coordination motrice, logique, structuration de l’espace, entre autres…). Je suis sûre qu’il réussira à l’école, scolairement je veux dire, je ne me fais pas de doute. Ce n’est pas ça qui m’inquiète. C’est simplement : est-ce-que les valeurs de l’école, son mode de fonctionnement, ce système, correspond à mes valeurs et à ce que j’aimerais transmettre à mon enfant? Est-ce qu’on ne va pas le brusquer, le pousser pour qu’il suive les apprentissages « de son age », ou au contraire, le freiner sur certains apprentissages qu’il maitrisera déjà mais par lesquels il faut passer car c’est de son age? Je le constate quotidiennement à l’école : chaque enfant est unique, avance à son rythme, est intéressé par des choses diverses, variées, mais surtout différentes de celles de son voisin. Impossible de mettre tout le monde dans le même sac, de secouer bien fort pour que le groupe s’imprègne de manière homogène de ses connaissances « imposées », et de s’imaginer qu’on peut passer à la compétence suivante, hop le tour est joué. Non, impossible. On le sait bien. Tout le monde le sait. Et pourtant, ce système perdure. Le changer, le repenser, demanderait trop de travail. Trop fatigant. Laissons les choses telles qu’elles sont. Envoyons nos enfants au casse-pipe. Il y en aura toujours bien un ou deux qui s’en sortiront.

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Je ne supporte plus ce système, je cherche des solutions, des alternatives. Pour moi, aujourd’hui, une éducation LIBRE et HEUREUSE se fait hors de l’école. Je rêve de faire l’école à la maison, comme ces familles : Add fun and mix, Bambichoses, Liv et Emy, entre autres… Je trouve ça alarmant que des enseignants tiennent un discours pareil, c’est bien le signe que quelque chose ne va pas. Si j’ajoute que mes deux seuls amis enseignants (c’est-à-dire, qui n’ont pas été au préalable des collègues mais que je connaissais avant l’éducation nationale) ont démissionné 4 ou 5 ans après avoir débuté dans le métier, je pense que mon tableau s’assombrira davantage encore. Je sais que mes propos peuvent surprendre, voire choquer, ou même faire sourire. Mais pour une fois, je suis sûre de moi. Je suis certaine que les valeurs humanistes et environnementales sont les plus importantes. Et clairement, l’école n’est pas leur lieu de propagation.

Voilà, je vais m’arrêter là, ce billet est on ne peut plus décousu, je l’ai écrit comme ça venait, avec mes tripes comme on dit 🙂 En tous cas, il me tenait à cœur de vous en parler , car je suis sûre que beaucoup ne savent pas ce qui se passe dans nos écoles aujourd’hui, au XXIème siècle. Voilà, maintenant vous savez : il ne se passe rien de plus qu’à votre époque, au XXème, et ce n’est peut-être même pas très différent du XIXème ! (Ah, si, on n’a plus le droit de taper sur les enfants! Ouf!). Peut-être aussi que certain(e)s d’entre vous partagent en partie mon opinion (radicale, oui je sais). Peut-être enfin que je vais faire définitivement fuir quelques uns d’entre vous. J’assume. Je sais que c’est un peu extrême, mais ça me semble si important… J’ai besoin de semer des graines autour de moi, même si je sais que je ne m’y prends pas forcément de la meilleure manière qui soit (trop vindicative, non?).

Si vous avez envie d’en savoir plus sur le sujet, je vous invite à lire Céline Alvarez et tous les blogs cités plus hauts. Et il y en a plein d’autres, faciles à trouver sur internet.

N’hésitez surtout pas à me laisser votre avis, je suis curieuse de voir l’effet de ce pavé (dans la mare) que j’ai écrit aujourd’hui. Bravo si vous avez réussi à me lire jusqu’au bout. Même moi, je n’ai pas le courage de me relire! Désolée pour les fautes!

Et, en attendant, portez-vous bien, et à bientôt !

PS : non, mais, sinon, j’aime bien mon métier hein? Ce sont juste les conditions de travail et les mentalités poussiéreuses qui me font hurler ^-^….

 

 

Soir d’automne

Oh que j’aime ces dimanches soirs d’automne… Là, je sirote un verre de vin rouge ouvert hier pour un apéro entre voisins (il est délicieux, Robinson est parti ce matin en racheter deux autres bouteilles ^-^), une savoureuse odeur de beurre fondu et de persil emplit la pièce et me fait saliver à l’idée de déguster la poêlée de champignons que prépare Robinson. Little est couché, j’ai allumé une bougie, étalé sur la table une jolie nappe blanche et noire à grosses fleurs. Ce matin et cet après-midi, nous sommes sortis nous promener à vélo, profiter du soleil revenu après la météo apocalyptique d’hier. Pendant la sieste de Little, on a rangé et emballé des affaires, le déménagement se prépare tranquillement, mais la douceur de notre cocon actuel est toujours bien agréable. J’ai hâte de le quitter, mais je profite des derniers moments, avant que les cartons n’aient envahi l’espace, avant que le stress ne sature de ses tensions l’atmosphère de notre petit foyer.

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Pour accompagner ces jolies journées d’automne (mes préférées ! ), je lis un Fred Vargas, je trouve ces romans tellement doudous, tellement réconfortants (plutôt étrange d’utiliser ces adjectifs, lorsqu’on parle d’un polar, non ?… °-°), je tartine mon pain de gelée de coings pour accompagner mon thé du matin, je fais des tartes aux pommes et des gâteaux à la vanille. Je regarde des films anglais, parce-que j’adore ça, et que ça va tellement bien avec l’ambiance paisible, élégante et surannée de cette saison particulière.

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En automne, comme tous les ans, j’ai envie d’une paire de bottes en caoutchouc pour affronter la pluie sans avoir peur de me salir (mais, à vrai dire, je ne suis pas du genre à avoir peur de me salir… #teamgarçonmanqué), de la fabuleuse parka qui me fait rêver depuis plusieurs années à présent, de bottines à lacets, en cuir marron, toutes souples et gavroches, de rouge à lèvres aubergine et bordeau foncé, de me teindre les cheveux en roux, de ne plus sortir de chez moi sauf pour passer au marché me ravitailler en champignons et en châtaignes (mais qui ne se nourrit que de ça…?), de dormir et de lire, et de regarder des films en amoureux. L’automne, saison hautement cocooning…

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D’ailleurs, si vous avez envie d’un petit film parfait pour la saison, j’ai vu et beaucoup aimé Mémoires de Jeunesse (Testament of Youth en VO), avec le très beau Kit Harrington (John-Ohmygod-Snow de Games of Thrones), et l’irrésistible Alicia Vikander, que je découvrais ici et dont j’ai envie de regarder tous les films (belle, talentueuse, intelligente… Cette fille est impressionnante !). C’est une histoire vraie, d’amour et de guerre, de littérature et de femmes intelligentes et indépendantes. Ça se passe en Angleterre au début du siècle, et rien que ça, c’est suffisant pour me faire aimer ce film (les paysages de campagne m’ont fait rêver…).

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Je vous laisse, la poêlée de champignons est servie, Robinson a re-rempli mon verre, et un vieux film nous attend (on va même faire éclater du pop corn ! #commeaucinémaquandtuasunenfant). J’espère que vous profitez vous aussi de ces belles journées rousses et or, et que ce rapide billet vous a plu.

A très bientôt,

 

La maison

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J’aime la façon dont les anglais désignent leur foyer, leur maison, leur « chez-nous », un seul mot : home. A la fois le toit, et le coeur palpitant refuge de la famille. Le foyer chaleureux. Les racines. La maison douillette. Home.

On a cherché pendant deux années. On a visité des tonnes de biens. D’abord des appartements à Lyon, puis, Little étant né, la maison hors de Lyon devenait notre Graal et nous abandonnions l’idée de vivre en ville dans un appartement exigu. On a cherché, écumé les sites et les agences, passé nos weeks-ends, nos soirées à visiter des logements. J’ai passé des heures au téléphone à prendre des renseignements, sur Google Maps à chercher des localisations… Le bruit de la ville, les travaux qui ont envahi notre quartier, le stress des trajets, des embouteillages, la saturation des routes et des commerces, tout nous poussait à partir et notre recherche de maison devenait quasiment une quête de survie. Fuir pour reprendre de l’air, retrouver de l’espace et un rythme de vie normal. A la fin de ces deux ans, croyez le, nous étions découragés. Les tensions s’accumulaient, on en avait clairement marre. On ne voyait pas ce qui allait suivre, on n’arrivait plus à se projeter, il nous fallait trouver l’étape suivante pour reprendre souffle et forces et continuer à avancer.
A un moment, Robinson m’a dit : on se donne encore un mois. Si on n’a pas trouvé d’ici là, on change de projet, on n’achète rien, je lâche mon boulot, on quitte la région, voire le pays.

°_°         (radical, hein?)

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C’est là qu’on a visité notre maison. Elle n’était pas là où on avait cherché au départ, un tout petit peu plus éloignée que prévu. Mais parfaite et pleine d’imperfections. Je rêvais d’une maison isolée, au calme, je voulais une cheminée et un immense jardin arboré. Je voulais de la place, des pièces pour ranger, des pièces pour jouer avec Little, et dans mes rêves les plus fous, cette maison fantasmée aurait été à la lisière de la forêt. Robinson, lui, rêvait d’une vue. La vue imprenable de notre appartement allait être son seul regret de notre vie en ville, en étage élevé. Tous ces critères, vue, forêt, cheminée, jardin, espace… évidemment, lorsqu’on les verbalisait à un agent immobilier, on percevait bien le ton dubitatif et condescendant de sa réponse : « oui, bien sûr, mais vous savez, pour un premier achat, on met de côté ses rêves et idéaux, il s’agit bien souvent de faire le deuil de la maison idéale pour commencer par quelque chose de simple, de petit, mettre le pied à l’étrier avant un futur achat plus conséquent… Faire des compromis. Faire des sacrifices. Faire des concessions… »

Ces mots, on les a entendus, encore et encore. On était à deux doigts d’acheter une maison minuscule (90 m carrés) avec un jardin lilliputien (100 mètres carrés) dans un lotissement (!) à 30 minutes de Lyon, pour 50 000 euros de plus que la maison que l’on a finalement achetée. Une maison chère, sans cheminée, sans vue, sans immense jardin, sans forêt bien sûr, sans espace… !  On était prêts à faire ces concessions. Mon dieu heureusement qu’on ne l’a pas fait ! Il a suffit qu’on ouvre notre compas un tout petit peu plus, qu’on s’éloigne de Lyon de cinq minutes supplémentaires aux trente minutes qu’on s’était fixées comme limite, pour que nos critères deviennent réalisables et non plus des extravagances de jeune couple plein de rêves.

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(Cette affiche (d’un magazine Flow) est sur notre mur dans le séjour, je déjeune face à elle chaque jour. Elle était là, durant tous ces mois, pour me rappeler mon rêve, et pour me donner la motivation de continuer à chercher malgré tous les échecs de nos visites immobilières. A chaque fois que je la regardais, je me disais qu’il devait forcément y avoir un moyen d’obtenir ça, ce rêve, juste une maison au milieu d’un jardin, la possibilité de faire pousser des légumes, et de vivre au calme. En famille. Un rêve qui semblait fou mais pourquoi renoncer à le poursuivre pour autant ? Pourquoi ne serions nous pas parvenus à réaliser cela ? Lorsque je pensais à la somme que nous étions prêts à débourser pour un appartement ou une petite maison de lotissement, je me disais qu’il devait bien y avoir, quelque part, un peu plus loin sans doute, une maison comme celle-là qui nous attendait, pour y mener une vie paisible… Cette affiche est précieuse pour moi aujourd’hui.)

*

Aujourd’hui, je me dis : ces deux années de cheminement n’ont pas été vaines. Elles nous ont amenés exactement là où on devait aller. A cette maison. A renoncer aux sacrifices. Sans quoi, on aurait sans doute été un peu malheureux, dans une maison riquiqui au milieu de cinquante minuscules maisons les unes sur les autres, avec un prêt de vingt ans sur le dos…

On a donc élargi notre secteur de recherches, et on a visité une maison.
Une maison avec un immense jardin, en lisière d’un bois. En haut d’une colline, avec une vue imprenable sur le village, les champs, les fermes, la campagne. Avec une cheminée, et 160 mètres carrés d’espace, complétés par deux énormes terrasses de trente et cinquante mètres carrés éventuellement réaménageables en agrandissement de la maison. Une maison pas forcément jolie, plutôt simple et fonctionnelle, avec des rafraichissements à faire et des petits travaux à prévoir pour exploiter tout son potentiel. Une maison tranquille, un peu dans les arbres, dans un tout petit village au bord de la Saône, entre le Beaujolais, l’Ain et le Rhône. Une maison quelconque mais parfaite à mes yeux. Notre maison. Pour ma petite famille que je veux mettre au vert. Pour Little qui pourra courir, patauger dans la boue, marcher sur la route, ramasser des champignons, être couvert de terre et de feuilles mortes, faire des cabanes, inviter ses copains, avoir une petite piscine gonflable, faire un élevage d’escargots, ou de grenouilles, faire de la peinture sans avoir peur de salir, et respirer. Pour moi, pour avoir du vert autour de moi, pour lire au coin du feu, pour passer mes journées dehors avec mon fils, même quand il pleut, pour ne plus avoir peur des voitures qui saturent l’espace urbain, pour couper quand je rentre du travail, pour ne plus faire mes courses dans un Market de centre-ville hors de prix et au choix réduit, pour sortir et être immédiatement en pleine nature, pour pouvoir courir, marcher, faire du vélo quand j’ai envie, pour m’isoler et écrire, pour m’éloigner du centre névralgique qu’est Lyon, tentaculaire, emprisonnante, asphyxiante parfois… Pour Robinson aussi, pour les mêmes raisons que moi même si lui ressent moi cette pesanteur de la ville car il travaille déjà à la campagne.

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Voilà, au bout de deux ans, on l’a visitée, on a signé, on a obtenu notre prêt, on change de vie.

On a trouvé notre chez-nous. Home.
Je suis vraiment heureuse et j’ai hâte de commencer cette nouvelle aventure.

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Septembre, la rentrée

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Je l’avait évoqué par ici il y a quelques semaines : après trois années passées dans mon école en REP avec des CP et une équipe formidable, à la rentrée je change d’école. C’était très improbable mais c’est arrivé : j’ai obtenu une école de centre-ville à cinq minutes à pieds de chez moi (le chez-moi actuel, hein… dans 2 mois, lorsque nous déménagerons à la campagne, je serai bien éloignée, mais tout autant que si j’étais restée à Villeurbanne dans mon école REP). Une toute petite école dans laquelle je ne pensais jamais obtenir un poste avant d’atteindre 15 ans de carrière ! Mais le « mouvement' » a ses mécanismes mystérieux et me voilà changeant d’école (et de niveau de classe) alors que je ne m’étais pas vraiment préparée à cette éventualité… Rassurez-vous, je le vis très bien, j’adorais mon ancienne école et mes collègues mais j’avais aussi envie de changement et de changer un peu de quartier !

L’autre grand changement de cette rentrée, c’est que je travaillerai à mi-temps, seulement les fins de semaine, ce qui est vraiment extrêmement confortable, j’en suis bien consciente. Mais je voulais profiter de la dernière année où Little sera à la maison avant qu’il n’aille à l’école lui aussi. Et avec le déménagement et les travaux qui nous attendent dans notre maison, je vais avoir beaucoup de choses à gérer. Cet emploi du temps allégé, il m’était indispensable pour aborder au mieux ce que cette nouvelle vie nous réserve. Des tas de routines différentes vont devoir être mises en place : moi qui faisais tout à vélo, je vais avoir à nouveau une voiture, faire de longs trajets… Vivre à la campagne signifie aussi la fin des petites courses quotidiennes au Market du coin, et le nouveau rythme des « grosses » courses hebdomadaires dans les grands supermarchés à une dizaine de kilomètres de la maison… Bref, une toute nouvelle organisation nous attend, matinée de petits et gros travaux d’aménagement qui vont eux aussi être une grande découverte pour les bricoleurs novices que nous sommes !

Mes deux journées de repos – lundi et mardi – seront consacrées à Little, à des promenades, et des jeux et ateliers d’éveil (j’ai bon espoir de parvenir à aménager une pièce qui serait notre atelier d’expériences et de jeux, à la manière de cette maman dont j’adore le blog * et qui m’inspire beaucoup), mais aussi à la maison, son organisation, le ménage, le jardin, et un tout petit peu de temps sera dédié à ma classe pour me permettre de préparer mes journées de travail et de corriger fiches et cahiers (mais j’ai aussi la ferme intention de travailler de plus en plus en système d’ateliers de manipulation Montessoriens et donc d’évaluer de manière continue plutôt que finale, ce qui me demandera beaucoup plus de travail en classe mais moins à la maison (désolée pour le jargon, les non-PE ^-^)) (j’ai déjà bien amorcé cette transition l’an passé, en faisant beaucoup travailler mes élèves à partir de centres et d’ateliers, mais j’espère faire évoluer encore ce cheminement et parvenir, un jour, à obtenir une classe totalement Montessori en Cycle 2 ! Je consacrerai peut-être un article à ce propos si cela vous intéresse). J’espère aussi qu’il me restera une petite heure ou deux pour écrire : j’ai achevé deux tiers de mon projet, je pense qu’il me faudra encore une année de travail pour terminer, relire et corriger tout cela. C’est vraiment porteur d’avoir réussi à mener aussi loin ce travail, car à présent je ne peux plus abandonner, j’y ai consacré trop de temps et d’énergie, et c’est plutôt positif car ça me pousse à continuer, à aller jusqu’au bout. Je vous en donnerai des nouvelles de temps en temps.

Voilà pour cette rentrée 2017 : plutôt excitante car pleine de promesses, de renouveau, de projets… et d’inattendu !

Et vous votre « rentrée » ? Le mois de septembre vous fait-il le même effet « nouvelle année » qu’à moi ?

A bientôt !

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-> ma tenue de rentrée : du doré, du bariolé, du confortable… !

 

* si le sujet vous intéresse, le blog d’Elsa (merci qui? merci montessori) est une mine d’or, mais je vous préviens, une fois qu’on commence, on ne peut plus s’arrêter de lire et de s’émerveiller… il faut un peu de temps devant soi pour véritablement éplucher ces articles passionnants et détailler les photos toutes plus parlantes les unes que les autres…!

NB : pour la rentrée, quoi de plus adéquat qu’une photo des acteurs d’Harry Potter, le jour de leur rencontre lors du tout premier tournage ? Je ne sais pas vous, mais moi, je rêve toujours d’une école qui ressemblerait à Poudlard, d’uniformes rouges et or, de grandes tablées d’élèves qui festoient, et de tournois de balais volants… J’ai beau être de l’autre côté du pupitre, je reste une grande enfant… ^-^
Source de la photo : ici